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P. Chodron et J. Kornfield

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> Bouddhisme > Enseignements


Le merveilleux chemin des difficultés

Par P. Chodron et J. Kornfield

« Une chose, c’est que nous avons du mal à nous rapprocher des autres parce que nous ne faisons pas confiance à notre coeur. Nous ne croyons pas que notre coeur a la capacité de s’ouvrir aux chagrins aussi bien qu’à la beauté du monde. Nous avons souvent été blessés, et en chemin nous avons appris que nous ne pouvons pas supporter le monde. Un des grands enseignements du bouddha – c’est comme une sorte de médecine, pourrait-on dire – est de nous rappeler, à nous et aux autres, que nous avons un coeur très vaste. Nous avons à l’intérieur la nature de bouddha, la capacité de faire tenir toutes les joies et tous les chagrins du monde. Et un aspect de cette grande ouverture est notre possibilité à supporter la souffrance.

Chacun a ses propres fardeaux. Chacun a sa propre mesure de chagrins. Cela fait partie de la condition humaine.

Quand vous parlez de la première Noble Vérité, vous reconnaissez que ceci est notre incarnation humaine. Quand vous vous asseyez avec quelqu’un, vous pouvez voir que cette personne a son poids de chagrins, tout comme vous. Si vous pouvez partager comment vous avez lutté avec vos propres chagrins, comment vous avez travaillé avec eux, cela adoucit la rencontre et partage la vulnérabilité.

Cela rend le rapprochement possible. Ne soyons pas idéaliste à ce propos. Le coeur s’ouvre ou se ferme, et il peut y avoir des moments où vous avez le besoin de reculer, de vous protéger, comme on dit. Vous devez vous inclure vous-même dans la compassion, pas seulement les autres. Nous avons des problèmes quand le cercle de la compassion oublie une personne –

Quand elles regardent à l’intérieur d’elles-mêmes, elles ne voient qu’impatience, que mauvaise humeur, et plein de bien/pas bien. Kongtrul Rimpoche, avec qui je travaille maintenant, dit qu’afin de progresser sur le sentier spirituel, nous devons être capable d’autoréflexion, de nous voir nous-même honnêtement. Il dit que c’est là que s’arrêtent net la plupart des occidentaux. Ils s’assoient, ils commencent à méditer, ils commencent à se voir, à voir clairement leurs réflexes de comportement habituels, leurs pensées, leurs émotions. Alors, tout est immédiatement tordu en haine de soi, en auto-dénigrement, en auto- désapprobation. Il parle beaucoup de la culpabilité. Il parle du poison de la culpabilité, qui nous empêche d’avancer, de grandir. Quand vous vous sentez coupable, vous n’avancez plus.

Pour que l’autoréflexion marche, il faut qu’elle s’accompagne de beaucoup de metta – de gentillesse aimante, d’amitié envers vous-même. Ce qui ne signifie pas l’auto-indulgence. La meilleure analogie que j’ai entendue est de vous traiter vous-même comme vous élèveriez un enfant. Un enfant que vous aimez beaucoup, vous savez que vous devez lui donner beaucoup d’amour et de soins, mais qu’il a aussi besoin de limites. Vous n’allez pas le laisser manger tous les bonbons, ou courir près des voitures. De même dans votre coeur, vous savez ce dont vous avez besoin pour grandir ; au début, vous ne le savez peut-être pas très bien, mais vous allez apprendre, et cela signifie aussi apprendre ce qui va vous aider à devenir plus patient, plus aimant, moins agressif. C’est par l’autoréflexion que vous trouvez cela, mais si vous la tordez, si vous utilisez ce que vous voyez contre vous, vous pas aussi de compassion pour soi. Si on entend cela, on peut se dire :

« Oui, très bien, et alors, par où je commence ? » Nous avons besoin d’enseignements qui développent maitri, la gentillesse aimante envers soi-même, qui va apporter confiance et force à notre sagesse. Nous devons abandonner notre biographie. La pratique de la méditation qui nous enseigne à remarquer nos pensées, à les toucher, et à les laisser partir nous permet de laisser partir notre biographie. Nous pouvons alors entrer en contact avec la culpabilité brute qui se trouve à la racine. C’est le maintenant dont on parle : être complètement présent avec l’inconfort qui vient avec la culpabilité et ne pas seulement la nourrir avec nos pensées.

(...) Nous sommes experts à mettre de l’huile sur le feu. Pour faire redescendre le cycle de la souffrance, il faut du courage, beaucoup de courage, parce que le besoin profond de faire ce qu’on a toujours fait – que ce soit crier, pleurer, frapper, peu importe – est comme un aimant. Il vous tire vers le bas comme un poids. Tenir bon, ne pas céder à cette agressivité demande du courage. Ce n’est pas seulement pour les bouddhistes.

Martin Luther King aussi enseignait cela. Nous parlons d’une communauté aimante. Nul n’est guéri jusqu’à ce que tous soient guéris ». P.Chodron.

Conversation entre P.Chodron et J.Kornfield. Buddhadharma. Trad. Joshin Sensei

Source : http://www.larbredeleveil.org/




http://www.larbredeleveil.org/





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