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> Bouddhisme > Enseignements


La méditation : une discipline spirituelle

Par Sa Sainteté le Dalaï Lama

Que signifie le mot méditation ? Du point de vue bouddhiste, la méditation est une discipline spirituelle qui nous permet d’exercer – dans une certaine mesure – un contrôle sur nos pensées et nos émotions.

Pourquoi ne réussissons-nous pas à jouir du bonheur permanent que nous recherchons ? Pourquoi sommes-nous si souvent confrontés à la souffrance et au malheur ? Le bouddhisme indique que notre état d’esprit naturel est sauvage et indiscipliné, et, comme la discipline mentale nous fait défaut, nous sommes impuissants à le contrôler. En conséquence, ces émotions nous contrôlent. A leur tour, elles sont contrôlées plutôt par nos pulsions négatives que positives. Il faut renverser ce cycle afin que nos pensées et nos émotions soient délivrées de leur asservissement aux pulsions négatives et qu’ainsi, en tant qu’individus, nous soyons à même de contrôler notre esprit.

L’idée d’effectuer un changement si fondamental en nous peut à première vue paraître irréalisable, pourtant, nous pouvons y parvenir grâce à la discipline de la méditation. Choisissons un objet particulier à méditer et, ensuite, entraînons notre esprit en développant notre capacité à rester concentré sur cet objet. Ordinairement, si nous prenons le temps de réfléchir, nous constaterons que notre esprit n’est absolument pas concentré. Nous sommes en train de penser à un sujet précis, et tout à coup, nous sommes distraits par une idée qui nous traverse l’esprit. Nos pensées sont perpétuellement à la poursuite de ceci ou cela parce que nous n’avons pas la discipline de nous concentrer. Par la méditation, nous pouvons acquérir la capacité de centrer notre esprit et de concentrer à volonté notre attention sur n’importe quel objet.

Evidemment, vous pourriez choisir de vous concentrer sur un objet négatif au cours de votre méditation. Si, par exemple, vous êtes amoureux d’une personne et que vous concentrez votre esprit uniquement sur cette personne et ses attributs désirables, cela aura pour effet d’accroître votre désir sexuel pour cette personne. Mais ce n’est pas le but de la méditation. D’un point de vue bouddhiste, la méditation doit être pratiquée en relation avec un objet positif, c’est-à-dire un objet qui aidera votre capacité de concentration. Grâce à cette habitude, vous vous approcherez de plus en plus de l’objet et vous éprouverez un sentiment d’intimité avec lui. Dans la littérature classique bouddhiste, cette sorte de méditation se nomme shamatha, ou tranquillité constante, méditation centrée sur un objet unique.

Le shamatha seul ne suffit pas. Le bouddhisme associe la méditation centrée à la pratique de la méditation analytique nommée vipasyana, ou aperçu pénétrant. Dans cette pratique, nous utilisons le raisonnement. En identifiant la force et la faiblesse des divers types d’émotions et de pensées avec leurs avantages et leurs inconvénients, nous sommes capables d’accroître un état d’esprit positif qui contribue à un sentiment de sérénité, de calme et de contentement, et diminue ainsi les comportements et les émotions qui conduisent à la souffrance et à la frustration. La raison joue un rôle important dans ce processus.

J’aimerais faire observer que les deux sortes de méditations que je viens d’évoquer ne sont pas distinctes parce qu’elles se fondent chacune sur un objet différent. La différence entre elles réside dans la manière dont chacune est pratiquée, non dans l’objet choisi.

Afin de clarifier ce point, j’emploierai l’exemple de la méditation sur l’impermanence. Si la personne qui médite demeure uniquement centrée sur la pensée que tout change d’un instant à l’autre, il s’agit d’une méditation centrée, tandis que si une autre personne médite sur l’impermanence en appliquant constamment à tout ce qu’elle rencontre des raisonnements divers concernant la nature impermanente des choses, renforçant sa conviction de l’impermanence de l’univers par ce processus analytique, elle pratique alors une méditation analytique sur l’impermanence. Toutes deux partagent un objet commun, l’impermanence, mais la façon dont chaque méditation est pratiquée diffère.

Je crois que les deux sortes de méditation sont pratiquées dans la plupart des grandes religions traditionnelles. Dans l’Inde ancienne, par exemple, les deux méditations sont appliquées dans les principales traditions, bouddhiste autant que non bouddhistes. Au cours d’une conversation que j’ai eue il y a quelques années avec un ami chrétien, il m’a assuré que le christianisme – la tradition grecque orthodoxe en particulier – a une longue histoire de méditation contemplative. De même, des rabbins m’ont parlé de certaines pratiques mystiques du judaïsme qui appliquent une forme de méditation centrée sur un objet unique.

Il est donc possible d’intégrer les deux sortes de méditation dans une religion monothéiste. Un chrétien, par exemple, peut se plonger dans la contemplation en réfléchissant aux mystères du monde ou au pouvoir de la grâce de Dieu, ou à quelque autre objet qui l’inspire et, par cela même, il accroît sa foi envers le Créateur. Par un tel procédé, le pratiquant aboutit à une méditation centrée sur Dieu grâce à un raisonnement analytique. Ainsi les deux aspects de la méditation sont-ils présents.








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