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> Bouddhisme > Intégration > Art de vivre > Psychologie et développement personnel

Comprendre l’esprit de la P.N.L pour mieux s’en servir

Au carrefour de différents modèles psychothérapeutiques et neurophysiologiques, la P.N.L. étudie essentiellement comment nous gérons l’information reçue en vue d’agir.

Par Alexandre Koehler

[]Origines de la P.N.L.

Créée aux U.S.A., dans les années 70, par Bandler, mathématicien, informaticien et psychologue, et par Grinder qui, lui, était linguiste de son état, la Programmation-neuro-linguistique (ou P.N.L.) s’est notamment constituée à partir des théories et des techniques des thérapies comportementales, de la démarche communicationnelle systémique de Bateson, de l’approche stratégique de Jay Haley, des travaux linguistiques de Chomsky, et surtout de l’hypnose ericksonienne.

Elle s’inscrit donc clairement parmi ces méthodes américaines axées sur la communication et le changement, qui fleurissent depuis une trentaine d’années autour de la fameuse école de Palo Alto. En tant que telle, la P.N.L. se veut thérapie brève, et a pour objectif des changements essentiellement comportementaux.

Riche des découvertes de la cybernétique et de la neurophysiologie du cerveau, la Programmation-neuro-linguistique, selon la formule désormais consacrée, s’applique à “ transformer neurologiquement les programmes inconscients limitant, et à modéliser les programmes d’excellence ”.

[]Où en est-on, et où va-t-on ?

En P.N.L., le premier propos est de permettre au patient de bien savoir où il en est, et de clarifier ses buts. Puis, une fois ses buts expressément identifiés, ce patient sera invité à découvrir ses états ressources, c’est à dire les moyens, tant physiques, que psychologiques ou intellectuels, dont il dispose pour parvenir à ses fins.

Comme dans beaucoup d’approches, on considère, en P.N.L., que le problème à solutionner, ou le mal à combattre, réside dans la répétition des mêmes sempiternelles attitudes, et dans les déplorables limitations qu’elle suscite.

Pour réussir à mettre fin à de tels processus répétitifs, et pour assouplir le comportement de son patient, le praticien de P.N.L. utilise quatre grandes techniques de base : la communication, les ressources inconscientes, l’ancrage et le recadrage.

[]La communication

Chacun aura pu remarquer que la communication n’est pas seulement verbale. Les gestes, les attitudes, les positions du corps, les mimiques, les tics, les rythmes respiratoires, les intonations, etc., constituent autant de signaux qui confirment, ou infirment, le message verbal. Ainsi par exemple, dire je t’aime à quelqu’un, tout en conservant une attitude froide, peut être extrêmement perturbateur. Inversement, lorsque les signes non verbaux accompagnent totalement ce qui est communiqué verbalement, l’impact est prodigieusement décuplé.

Les signaux non verbaux, souvent inconscients, transmettent, plus que tout autre, l’état intérieur de la personne. Il est donc éminemment important que le praticien y soit attentif, qu’il sache les décrypter, et qu’il en tire les conséquences qui s’imposent au plan thérapeutique. Telle ou telle posture indiquera, par exemple, quel système sensoriel le patient privilégie : si c’est le visuel, le thérapeute utilisera plus d’images, si c’est l’auditif, plus de stimulations sonores, si c’est le tactile, plus de références au sensuel...

En tous points, et cela aussi bien sur le plan non verbal que verbal, le praticien s’adaptera au mode de communication de son patient, l’imitant et l’accompagnant afin d’entrer dans son univers et d’orienter le changement dans le sens souhaité.

[]Les ressources inconscientes

La parfaite maîtrise de ces lois de la communication vont permettre au praticien de P.N.L. toutes sortes d’applications, et notamment l’utilisation de techniques d’hypnose ericksonienne - également appelée nouvelle hypnose - induisant une transe relativement légère mais toutefois suffisante pour contourner les résistances et dépasser les limitations du sujet.

Cette forme d’hypnose, extrêmement peu directive, est aux antipodes de l’hypnose classique, souvent très paternaliste. En effet, il s’agit, ici, de faire appel aux ressources inconscientes du sujet, plutôt que d’utiliser la suggestion hypnotique ou de donner des directives.

Ce sont ces ressources inconscientes, tout à fait propres au patient, qui doivent simplement être libérées afin d’entraîner un changement thérapeutique naturellement adapté.

Ces ressources inconscientes sont constituées d’expériences ou de connaissances passées oubliées, de dons encore inexploités, qui ne demandent qu’à s’exprimer... C’est ce que l’hypnose va permettre, en focalisant l’esprit du patient sur ces ressources et en faisant émerger les associations psychologiques utiles.

[]L’ancrage

Autre technique inspirée de l’hypnose, l’ancrage est la nouvelle version de ce que l’on appelait le signe-signal. Il s’agissait, en l’occurrence, d’associer, sous hypnose, un signe quelconque à un comportement. On suggérait par exemple au patient que chaque fois qu’il entendrait un mot donné, il irait ouvrir la fenêtre.

L’ancrage utilisé par le praticien de P.N.L. est toutefois plus sophistiqué que cette ancienne pratique hypnotique. En effet, en P.N.L., le signal n’est plus choisi arbitrairement, mais en fonction de l’état mental du patient. Et il ne s’agit plus tant d’implanter des automatismes comportementaux, que d’ancrer les ressources dont nous avons parlé plus haut, afin de permettre au patient de faire face aux situations problématiques qui se présentent dans sa vie de tous les jours.

Car, c’est évidemment une chose que de reconnaître ses ressources inconscientes sous hypnose, et une autre que de pouvoir les mettre en pratique dans le quotidien ! C’est pourquoi le praticien de P.N.L. juge utile de créer un ancrage, c’est à dire un lien psychique entre la situation problématique et les ressources nécessaires pour y faire face. Ainsi, chaque fois qu’une telle situation se présentera, le patient mobilisera automatiquement ses ressources inconscientes.

[]Le recadrage

Lié ou non à la technique hypnotique, le recadrage consiste à modifier le point de vue du patient face aux situations problématiques. Pour ce faire, le thérapeute replace le contexte émotionnel et mental dans un autre cadre, correspondant, si possible, plus pertinemment aux faits réels se présentant dans la situation problématique.

Watzlawick donne, à ce sujet, l’exemple d’un élève qui ne travaillait plus en classe, pour se venger d’un professeur qui l’avait, un jour, mis à la porte. Le recadrage salvateur avait, dans ce cas, consisté à faire comprendre à l’élève que ce professeur ne l’aimait pas, et qu’il serait très content de le voir redoubler. Dès lors, l’élève mit autant d’acharnement à travailler, qu’il en avait mis à ne rien faire.

Le recadrage propose donc, en quelque sorte, au sujet, un nouveau jeu qui rend l’ancien caduc.

En P.N.L., on s’applique plus particulièrement à permettre au patient de comprendre quels bénéfices secondaires il tire de ses symptômes, puis d’expérimenter de nouveaux comportements, moins pathologiques, susceptibles d’amener les mêmes bénéfices.

En agissant de la sorte, la praticien contourne les attitudes conscientes de son patient, et entre en communication avec les motivations inconscientes.

Mais l’utilisation d’une telle technique impose au thérapeute, comme on l’a dit, de parler la même langue que le patient, et d’orienter l’attention de celui-ci sur une autre appartenance de classe.

Ceci revient à dire que le thérapeute, tout comme le patient, et selon la célèbre formule ericksonienne, doit faire confiance à son inconscient. Tout un art !

[]Aligner les niveaux de logique

Mais faire confiance à son inconscient présuppose d’en avoir tout de même une certaine connaissance, et de posséder une grille de lecture de la pensée.

D’après Robert Dilts, un développeur moderne de la PNL, cette pensée humaine est organisée en six niveaux hiérarchisés :

1/ Le niveau spirituel, qu’il définit par “ ce vers quoi nous orientons notre existence ” ;

2/ Le niveau de l’identité, relatif à la vision de cette orientation de l’existence, et qui entraîne l’établissement d’une mission définissant qui nous sommes ;

3/ Le niveau des valeurs, découlant directement des deux précédents qui orientent naturellement ce que nous considérons comme important, bien, beau…

4/ Le niveau des capacités, correspondant aux compétences que nous utilisons pour satisfaire nos valeurs et accomplir notre mission ;

5/ Le niveau des comportements, recouvrant l’ensemble de nos actions exprimant nos capacités ;

6/ Le niveau de l’environnement, correspondant au contexte, au monde extérieur avec ses contraintes…

Or, c’est à partir du moment où le praticien aligne tous ses niveaux logiques qu’il devient capable de faire confiance à son inconscient pour guider son patient vers un alignement similaire.

C’est la cohérence de ces niveaux qui constitue, en PNL, l’outil d’intervention thérapeutique. C’est sur elle que repose la possibilité de changement.

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Bibliographie

· “ Pour aider à mieux vivre ” - Christine Grau – Jouvence.

· “ Efficace et épanoui par la PNL ” - René de Lassus – Marabout.

· “ Les secrets de la communication ” - R. Bandler et J. Grinder - Le Jour.

· “ La communication par la P.N.L. ” - René de Lassus - Marabout.

· “ La Programmation-neuro-linguistique ” - Alain Cayrol - ESF.

· “ Atteindre son but ” - Cora Besser-Siegmund et Harry Siegmund - Pocket.

· “ La P.N.L. ” - Patrick Sary - Morisset.

· “ Le manuel de la P.N.L. ” - Walter Lübeck - Médicis.

· “ Guide du praticien en P.N.L. ” - Louis Fèvre - Chronique.

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Adresses

· Institut Français de P.N.L. - 15 rue Auguste Vitu - 75015 Paris - Tél. : 01 45 75 30 15 - http://www.ifpnl.fr/

· NLPNL - Association francophone des certifiés en programmation neuro linguistique - http://perso.wanadoo.fr/nlpnl/

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Novembre 2000

Alexandre Koehler





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