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L’homéopathie uniciste

Ou nous sommes tous semblables, et une unique panacée devrait suffire à soigner tous les maux du genre humain ; ou nous sommes différents, et il faut alors choisir, pour chaque individu, un remède bien spécifique.

Par Alexandre Koehler

Un médicament personnalisé : le similinum

Le médicament unique, en homéopathie, c’est le “ similinum ”. Il est censé correspondre trait pour trait au patient, mais est toutefois considéré par de nombreux homéopathes conventionnels comme une utopie.

Pour les unicistes, toutefois, s’il est vrai qu’on ne le découvre pas toujours vraiment, au moins se doit-on d’aller à sa recherche.

Selon le Dr. Grandgeorges, chef de file de l’école uniciste de St. Raphaël, la découverte du similinum passe par la recherche d’un “ fil conducteur ” reliant entre eux les différents troubles qui se retrouvent dans “ l’esprit du remède ”.

Cette conception de l’homéopathie nous ramène, en fait, à ses origines, puisque la frontière entre médecine et psychologie s’est, ici, complètement volatilisée.

Terrains et structures

L’unicisme écarte tout raisonnement sur “ l’homme statistique ”, et, ainsi que l’écrit François Maillé, lutte pour “ la reconnaissance des différences individuelles d’ordre constitutionnel (génotypiques) et la spécificité réactionnelle et adaptative qui en découle pour chacun (phénotypique) ”.

Dans la découverte de l’individualité du malade, l’homéopathe uniciste va, tout d’abord, à la recherche des “ familles ” pathologiques, des terrains et des structures typologiques.

Ces terrains, découverts par le fondateur de l’homéopathie, Hahnemann, étaient au nombre de trois : la Psore, la Sycose, et la Syphilis. Il ne s’agit pas de maladies, à proprement parler, mais de prédispositions morbides pouvant éventuellement s’exprimer par différentes maladies spécifiques. La psore, par exemple, peut se manifester sous forme de psoriasis ou d’eczéma, d’asthme ou d’allergie, d’insomnie, d’angoisse ou d’arthrite...

C’est la raison pour laquelle, lorsqu’on se contente de soigner un psoriasis de manière symptomatique, on voit, à plus ou moins brève échéance, ressortir la psore à travers un autre symptôme : allergie ou arthrite...

Aux trois terrains Hahnemaniens sont venus, par la suite, s’ajouter “ Tuberculinum ” (terrain de la tuberculose) et “ Carcinosinum ” (terrain lié au cancer). Et, à chacun de ces cinq terrains s’articulent, dans des proportions variables, trois structures : Carbonique (dense et rigide), Silice (léger), et Sodique (souple et fort).

Bien sûr, ces terrains et structures ne constituent pas, par elles-mêmes, des maladies, et peuvent donc s’exprimer de manière plus ou moins latente, plus ou moins pathologique. De plus, elles varient au cours de l’existence en fonction du vécu du sujet.

Les caractéristiques individuelles

C’est ce vécu et tout le ressenti qui en découle, qui, en homéopathie uniciste, fait la différence entre les patients. Car un même événement peut effectivement être ressenti très différemment, en fonction du terrain et de la structure de chacun. Un Carbonique, par exemple, reste froid, alors qu’un Silice s’émeut facilement. Par conséquent, on ne peut traiter l’insomnie de l’un de la même manière qu’on traitera l’insomnie de l’autre.

C’est essentiellement pour cette raison que l’homéopathe uniciste part du principe qu’il a affaire non seulement à une maladie, mais surtout à tout un ensemble de causes psychophysiques qui ont suscité cette maladie ; et tout l’art du praticien va alors résider dans la capacité à cerner cet ensemble de causes, ou plus exactement cet ensemble de caractéristiques, pour identifier le profil particulier du patient.

Dans “ Bio-Logique de nos différences ”, François Maillé définit une dizaine de catégories psychiques pouvant se trouver représentées dans chaque structure et chaque terrain. Parmi elles, la morphologie et l’émotionnel jouent évidemment un rôle important, mais on y retrouve aussi l’imaginaire, la communication, le rapport à l’autre, la sexualité, les valeurs, le pouvoir, l’argent, le stress...

Ainsi, la voix, le regard, l’argumentation, les réactions émotionnelles du patient constitueront, pour l’uniciste, autant d’indices lui permettant de découvrir, en quelque sorte, “ d’où vient, qui est et où va ” son patient... et de lui prescrire, en conséquence, le remède précis qui lui conviendra dans l’instant.

Novembre 2000

Alexandre Koehler





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