Le manguier de la forêt est chargé de fruits et les singes s’offrent un festin. Malgré les avertissements de Mahakapi, leur roi, ils gaspillent les mangues qu’ils jettent au sol. Les hommes découvrent alors ces fruits délicieux et veulent être seuls à en profiter. Ils décident de tuer les singes... Mahakapi pourra-t-il sauver son peuple ?
Un vieux singe s’écria :- Ils approchent, le roi a raison ! Ne sentez-vous pas le sol trembler sous les pas de leur armée ? - Que faire ? que faire ? que faire ? répétèrent les membres du clan au comble de la terreur.- Écoutez-moi ! ordonna Mahakapi. Montons sur le grand manguier, l’une de ses branches s’étend au-dessus de la rivière. Nous nous en servirons pour passer sur l’autre rive, jamais les hommes ne pourront nous y suivre. Là-bas, nous chercherons un nouveau territoire.- Cette branche ne sera pas assez longue, ricana Déva. - Vous passerez tous, je vous le promets.
(...)
Devant ses soldats réunis, Brahmâdatta, oubliant son rang de souverain, se précipita pour porter secours au singe. Il avança dans le lit de la rivière et ne tarda pas à le saisir et à le soulever dans ses bras. Mahakapi ressemblait à un pantin désarticulé. La vie s’en allait, elle le quittait peu à peu.Brahmâdatta demanda :- Tu as fait un pont de ton corps pour que ton peuple ait la vie sauve. Un singe, un simple singe pourrait-il montrer tant de bonté ? Qui es-tu donc ? Mahakapi ouvrit les yeux et parla. Il parla la langue des hommes.- Sous cette forme ou sous une autre, je suis l’ami qui toujours revient. La mort ne peut m¹arrêter, ma tâche est infinie. Pour que chacun se libère de la souffrance et franchisse un jour enfin les portes de la sagesse, je suis l’ami qui toujours revient.
Auteur : Patrice Favaro
Illustrations : Miuriel Kerba
Petits contes de sagesse
Ed. : Albin Michel Jeunesse
Avril 2001