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Petit Véhicule (Hînayâna)

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Ainsi nommé par les adeptes des 2 autres véhicules - parfois non sans une certaine nuance péjorative... - car il est le plus ancien des enseignements du Bouddha. Dans cette voie, seuls les moines peuvent atteindre le nirvana : la voie de la délivrance ne peut guère être suivie jusqu'au bout que par les ascètes mendiants (bhikshu), subsistant d'aumônes, soumis à une discipline fort austère. Ces moines doivent pratiquer des exercices variés, appelés en général «méditations» (dhyâna) et apparentés au yoga, pour affaiblir et supprimer erreurs et passions, obtenir la vision parfaitement claire de la réalité et la sérénité parfaite du nirvâna.

Le Hînayâna a compté une vingtaine de sectes, nées la plupart avant notre ère et dont seul subsiste aujourd'hui le Theravâda, ou «enseignement des anciens»; florissant au Sri Lanka, en Thaïlande et Birmanie et naguère au Cambodge et au Laos; la littérature en pali, langue indienne ancienne soeur du sanskrit, concerne surtout les moines (bhikshu) auxquels elle apprend la méthode pour devenir des arhant (hommes méritants), c'est-à-dire des saints ayant atteint le nirvâna.

Quant aux fidèles, ils doivent pratiquer l'aumône, s'abstenir comme les moines du meurtre de tout être vivant, de vol, de luxure, de mensonge et de l'usage des boissons enivrantes et par extension de toute substance toxique.

Grand Véhicule (Mahâyâna)

Apparu à la fin du Ier s av. J.-C., a produit de nombreux textes sanskrits. Exhorte ses adeptes à devenir, non pas des arhant, mais des bodhisattva, en portant à leur perfection (pâramitâ) l'exercice des vertus, notamment en aidant et secourant les autres êtres, sans épargner leur peine ni leur vie, et en retardant leur propre entrée dans le nirvâna jusqu'à ce que tous les autres l'aient atteint eux-mêmes. La plupart de ses fidèles ont une vénération particulière pour le bodhisattva Avalokiteçvara, dont la compassion sans limite et toujours active leur sert de sauvegarde et modèle.

D'autres vouent un culte exclusif au bouddha mythique Amitâbha (Lumière infinie), qui accueille, dans son paradis nommé Sukhâvatî, tous ceux qui ont eu même une seule pensée de respect à son égard. Écoles de philosophie : Mâdhyamika, fondée par Nâgârjuna (IIIe s.), démontre et enseigne que tout est «vide» (çûnya) de nature propre derrière le monde illusoire auquel croient et s'attachent les êtres ; Viânavâdin, fondée par Asanga (fin du IVe s.), réduit tout, êtres et choses, à la pure conscience (vijñâna) virtuelle, vide elle-même de nature propre comme de tout contenu autre qu'illusoire: C'est ce que l'on appelle la vacuité. Les penseurs du Mahâyâna voulaient aider leurs disciples à se détacher des objets, des passions et des erreurs en prouvant l'irréalité de ceux-ci. En soutenant la thèse de la vacuité de nature propre, intermédiaire entre l'être et le néant, ils rejetaient l'accusation de nihilisme lancée par les autres philosophes indiens.

Tantrisme bouddhique (Vajrayâna)

Beaucoup le considère, non pas comme un troisième véhicule, mais comme une branche du Mahayana, ce qui semble philosophiquement plus juste. Appelé ainsi parce que sa littérature, en sanskrit, est constituée d'ouvrages nommés tantra (trame).

Ensemble de sectes nées du Mahâyâna à partir du VIIe s., différentes les unes des autres par leurs doctrines et leurs pratiques religieuses, où l'on note une forte influence de l'hindouisme, qui subit à la même époque une évolution parallèle. Elles se distinguent du bouddhisme par un panthéon (ensemble de dieux) riche et complexe et par des activités rituelles, où symbolique et magie exercent des fonctions déterminantes (principe d'identité universelle fondé sur la doctrine de la vacuité).

Jean-Laurent Turbet

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