BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Vacuité
Le Dharma en deux mots - Dzongsar Khyentse Rinpoché
La vacuité - Stephen Batchelor
Partager ce qu’on ressent ici et maintenant - Suzuki Roshi
L ’écrit sur le moi - Maître Sosan (VII°)
Calmer paroles et pensées - Maître Sheng-Yen
Yoga
La méditation bouddhique, une voie vers la libération de l’esprit - Dr Trinh Dinh Hy
L’art de réciter les Mantras - Gyatrul Rinpotché
Kalachakra ou l’expérience du lien universel - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Même rubrique

A l’écoute des pensées - Ajahn Sumedho
« Les gens ordinaires voient cette fleur comme s’ils étaient dans un rêve » - Nan Ch’üan
Le Non-Soi - Ajahn Chah
Ni corps ni esprit : voilà la Voie suprême - Houang-po
Mourir avec esprit d’Eveil, comment être utile aux mourants - Lama Zopa Rinpoché
Comprendre le fonctionnement de son esprit - Lama Thubten Yeshe
La loi de causalité - Vénérable Thich Huyen-Vi
Autres textes
La douleur est un ébranlement qui provoque la chute de l’arrogance - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Le message essentiel du Dalaï-lama pour le monde et les générations futures -
Vivre et laisser vivre, ou le développement de la bienveillance - Michel Henri Dufour
L’idéal de bodhisattva dans le bouddhisme - Yukai Sensei
Treize pièges à éviter quand on invite des artistes étrangers - Edith Sizoo
Le Yi King : 64 hexagrammes pour exposer la totalité des affaires humaines - Khoa Nguyen
Le contact des sens, la fontaine de sagesse - Ajahn Chah
Lama Shérab Namdreul

Ecoute, réflexion et méditation par Lama Shérab Namdreul
Les Trois Piliers du Dharma par Lama Shérab Namdreul

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Enseignements


Yoga bouddhique

Par Lama Shérab Namdreul

Transcription extrait d’un enseignement de Neldjorpa Shérab Namdreul

I. Introduction

Le yoga a son origine en Inde. A l’époque du Bouddha Shakyamouni , le yoga est très largement, et depuis très longtemps pratiqué et expérimenté. Le Bouddha Shakyamouni n’apporta pas de nouvelles méthodes à proprement parler, que ce soit au niveau de l’octuple sentier, de la méditation (samatha et vipassana), des tantras et du yoga.

Par sa réalisation du Parfait éveil, l’enseignement du Bouddha Shakyamouni consistait à établir une cohésion entre trois principes indissociables d’une voie spirituelle. Ce sont la Vue, la Pratique et la Conduite.

Ce Parfait éveil se définit comme la coémergence de l’expérience de la vacuité et de l’établissement de la compassion. Par l’entraînement spirituel nous dissipons (tib. Sang) les voiles (du plus grossier au plus subtil) qui obscurcissent la nature ultime de notre esprit. La réalisation de la Vacuité est l’ultime expression de la Pureté non-duelle, primordiale. La compassion innée de notre nature s’épanouit (tib. Gyé) instantanément dans tout l’espace incréé de notre esprit.

La Vacuité est mère de Bouddha (tib. Sangyé) et Bouddha est Compassion.

La Vue bouddhique est donc basée sur l’expérience directe et ultime de la Vacuité (sct. Shounyata). Par Vacuité, on entend une double affirmation qui frise le paradoxe. Il est affirmé l’absence d’entité dans tous les phénomènes et dans l’esprit même et que ces phénomènes comme l’esprit sont un continuum claire d’apparences transitoires. On ne trouvera pas d’entité, c’est à dire, une chose absolument indépendante qu’on pourrait désigner dans une co-ordination d’une unité de temps et de trois unités d’espace. C’est la base de la relativité et de l’interdépendance des phénomènes et de l’expérience.

La nature de Bouddha est vacuité. La nature de la vacuité est compassion.

Il ne faudrait pas penser que le mot Bouddha désigne une entité plus absolue et transcendante que le reste du monde. Bouddha est le terme pour désigner l’expérience directe de la vacuité au delà de toute dualité.

Avant de pratiquer une méthode particulière, il est important de comprendre les instructions concernant la Vue. La Vue expose la base, le moyen et son objet, puis le fruit. Il faut en avoir une conception certaine pour établir une aspiration claire et une adhésion intelligente à la Pratique. Si nous n’avons pas écouté et réfléchi correctement à la Vue, notre Pratique, notre Application aux méthodes, ne pourra pas nous amener à l’expérience directe de la Vacuité. Nous penserons peut-être avoir en main des méthodes ultra secrètes et puissantes. Notre confusion nous fera peut-être même faire "des expériences" sensationnelles. Mais nous n’échapperons pas à l’illusion d’une entité et aux souffrances du samsara.

C’est la cohésion entre la Vue et la Pratique qui rend efficientes les méthodes. L’objectif fondamentale de la Pratique est d’intégrer la Vue à la Méthode. Une fois cette intégration, nous avons l’opportunité de réaliser la Vacuité. L’objectif bouddhique de la méthode n’est pas tant l’expérience spécifique à cette méthode, mais plutôt l’assimilation de cette expérience à la vacuité. Pour cela il est indispensable de comprendre et d’appliquer la Vue dans la Méthode.

La Conduite consiste alors à appliquer cette assimilation (expérience et vacuité) dans l’action, dans tous les aspects de la vie et de la mort. C’est la Conduite ultime du Yogi (tib. Neldjorpa) dénué de doute, d’hésitation et de honte. C’est l’union de la Pratique et de l’Action.

Les méthodes spirituelles sont nombreuses et toutes ont leur spécificité. Quand elle est menée avec la concentration (tib. Samtèn), la méthode entraîne une expérience. Cette expérience est elle-même intégrée dans la Vue juste et par l’habileté de la méditation de Vipassana on en reconnaît la Vacuité. La saisie en l’expérience est un obstacle à l’éveil. L’esprit qui se concentre et s’adonne à des méthodes peut faire des expériences de toutes sortes : l’apparition d’images non-conceptuelles en rapport avec la Pacification, des effets de Félicité plus ou moins probante, un positionnement dans la Connaissance non-obstruée etc... Toutes ces expériences sont le signe d’une adéquation de la concentration et de la méthode. Si nous avons conçu une finalité dans ces expériences nous aurons du mal à établir fermement la Vue juste dans notre pratique. Il faut donc pouvoir user de l’opportunité d’une expérience spirituelle pour en réaliser la Vacuité. C’est ce qu’on appelle les moyens habiles (tib. Tab Kyé). C’est une phase difficile dans la voie spirituelle bouddhique. Il faut avoir obtenu suffisamment de souplesse dans la Méthode et de fermeté dans la Vue de la vacuité. Tab Kyé représente l’alliance de la technique et du talent. C’est la huitième Paramita avant le "contrôle" (tib. Ouang) et l’intégration ultime en la sagesse primordiale (tib. Yéshé).

J’ai essayé d’expliquer ce qu’est le yoga bouddhique. Il n’y a pas à proprement parler de méthodes boudhistes. Il y a une Vue bouddhique et surtout une cohésion bouddhique de la Vue et de la Méthode qui conduit au Fruit. En fin de compte, ce qui fait une tradition authentique c’est cette cohésion. Que ce soit une Vue théiste, brahmique ou autre, l’enseignement se doit de transmettre leur cohésion propre. D’un autre côté, l’élève doit exiger de l’instructeur qu’il lui expose dans son ensemble, la Vue, la Méthode et la Conduite de sa tradition. L’élève ne devrait pas se contenter d’une désignation strictement géographique d’un yoga. D’ailleurs "yoga tibétain" n’a aucun sens en soi.

En yoga, les méthodes sont très simples en soi. La subtilité relève plutôt de la cohésion exigée entre la Vue et la Méthode. Il est demandé au yogi d’avoir une certitude et une confiance dans la Vue et la Méthode avec une perspective claire du Fruit. Ces acquis lui permettront de s’appliquer avec simplicité et non plus avec technicité. Si l’élève n’a pas obtenu cette confiance dans la perspective du Fruit cela veut dire qu’il n’a pas même établi une fermeté dans la Vue et une certitude dans la bouddhéité inhérente à son esprit. Il n’abordera pas les yogas avec simplicité et pourrait alors en être déçu puis faire le reproche de son insuccès au Dharma lui-même. En cela, les yogas sont dit secrets. Ils sont surtout préservé de la déception et du gâchis. Il serait plus juste de dire que ces yogas sont "intimes" et demandent donc une certaine pudeur. Il est indispensable d’avoir cette confiance simple, sincère et pudique dans les instructions et l’instructeur, dans le potentiel d’éveil (sct. Tathagatagarba) et son actualisation.

L’enseignement principal de la lignée Changpa est celui des cinq Dharma d’Or qui est comparé à un arbre.
La racine représente les six yogas transmis par Nigouma et Soukhasiddhi.
Le tronc représente le Mahamoudra
Les trois branches sont les trois intégrations
Les fleurs sont les deux Dakinis Khéchari blanche et rouge.
Le fruit est l’immortalité sans cofusion

II. Les six yogas

1) "Le chemin de la méthode où la chaleur-félicité flamboie spontanément"

C’est le yoga de "toumo" qui est soutenu par des exercices d’assouplissement des canaux, souffles et bindus.

2) "Le yoga du corps illusoire où attachement et aversion disparaissent spontanément"

3) "le yoga du rêve où l’illusion du rêve est purifiée spontanément"

4) "le yoga de la claire lumière où l’ignorance se dissipe d’elle-même"

5) "l’éjection de la conscience par laquelle on obtient l’état de bouddha sans avoir pratiqué"

6) "le yoga du Bardo où l’on réalise le Sambhogakaya (corps de gloire) du bouddha"

Yogi Ling
La Galerie
03160 Ygrande
tél 04 70 66 39 72


http://www.yogi-ling.net





Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling