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Adélie Miguel Sierra

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> Bouddhisme > Intégration > Société > Solidarité internationale


Voyager pour trouver le Sud

Approcher des cultures différentes et entamer un dialogue entre le Nord et le Sud... En ce terrain aussi les voyages forment-ils la jeunesse ?

Par Adélie Miguel Sierra

PARTIR dans un pays du Sud, quotidiennement les ong reçoivent des demandes de jeunes qui le souhaitent. Face à ce phénomène grandissant, iteco s’est penché sur la question dans le cadre d’une recherche-action en éducation au développement qui vise à connaître les orientations culturelles des jeunes par rapport au développement et à proposer des stratégies éducatives pour mobiliser les jeunes dans des actions de solidarité.

Los voyages sont souvent considérés comme des actions d’éducation au développement. Ils seraient un outil pertinent pour approcher des cultures différentes, pour entamer un dialogue entre le Nord et le Sud et pour en comprendre les interdépendances.

Le tourisme est devenu l’une des plus importantes activités socio-économiques de notre époque. Et le débat sur le lien développement et tourisme est à l’ordre du jour de nombreuses organisations.

Ce type d’activité est souvent intégré dans le projet pédagogique des mouvements et organisations de jeunes, des universités, de l’enseignement secondaire général, technique ou professionnel, des ong. L’offre varie notamment en fonction de la durée, du coût financier et de la démarche proposée. Voici quelques exemples de la diversité en la matière :

- Les chantiers internationaux qui ont pour objectif de permettre à des jeunes de vivre une expérience collective en participant sur le terrain à des projets comme la construction d’une école, d’un dispensaire...

- Les jumelages, des conventions d’échanges s’établissent entre écoles ou associations du Nord et du Sud. Dans ces cas-ci, le voyage permet de voir l’environnement de son " alter ego " et de concrétiser des projets communs.

- Le tourisme alternatif : il s’agit de ne pas voyager idiot ! Pour cela, des groupes planifient leur séjour en fonction des possibilités de contacts avec des communautés locales, le logement s’effectuant chez l’habitant. Ce qui prime ce sont les relations humaines et le dépaysement, loin du tourisme de masse organisé.

- Les échanges d’études, d’expertises et de pratiques : des groupements du Nord et du Sud se rencontrent afin d’échanger sur leur travail et, dans certains cas, de construire des stratégies d’actions collectives, comme des camps internationaux ou des échanges inter-universitaires.

On épinglera aussi le projet d’envoi de jeunes chômeurs conçu par le ministère de l’emploi et soutenu par le secrétaire d’État à la coopération. Ce projet s’adresse à des jeunes en stage d’attente qui peuvent faire un séjour de maximum un an dans le tiers monde, au sein d’une association partenaire d’une ong belge. Cette initiative est a placer parmi l’ensemble de mesures d’insertion des jeunes chômeurs.

Qu’est-ce qui pousse à partir ?

Explicites ou non, les motivations font référence à des désirs, des représentations, des manques et des besoins complexes. Cependant, le moteur pour partir est l’envie de rencontrer l’autre différent, dans un environnement plus proche de la nature. Les sociétés du tiers monde véhiculeraient des valeurs et des cultures que les Occidentaux ont perdu dans leur course matérialiste. Échanger avec ces populations serait une opportunité, une richesse culturelle et morale pour les nantis du Nord, en recherche de sens. Tous citoyens du monde, nous devrions nous rencontrer, échanger, afin de mieux comprendre nos similitudes et différences dans le respect mutuel.

Les jeunes souhaitent participer à l’amélioration des conditions de vie de leurs partenaires du Sud tout en n’interférant pas dans leur modèle de société. La dimension concrète, locale et humaine de la solidarité est valorisée par rapport à la dimension internationale et macro. Pour les jeunes, le contact direct avec les populations exclues favorise une meilleure compréhension de la situation et permet une aide plus efficace vis à vis des pays du tiers monde.

Et le Sud, chez nous ? Face à ce phénomène des voyages, on ne peut que constater que l’inverse est presque impossible. Les personnes du Sud qui souhaitent visiter nos contrées sont confrontées à une série de freins qui démotivent plus d’un ( difficulté d’octroi de visa, prise en charge obligatoire dans de nombreux cas, garantie financière exigée... ). Elles sont systématiquement suspectées de vouloir rester à long terme chez nous.

Alors que nous sommes en recherche de sens, des milliers de personnes fuient leur pays en vue d’une sécurité matérielle et humaine. Nos sociétés répondent par la fermeture des frontières, le refoulement de la majorité et l’enfermement en système pénitencier de certains. Si la rencontre est possible en allant au Sud, elle semble plus difficile dans le sens inverse !

Une démarche formative

Face à cette diversité d’initiatives, quels sont les critères à définir pour déterminer que nous sommes dans un processus d’éducation au développement ? Nous n’avons pas de kit prêt à l’utilisation, mais des interrogations et des propositions de pistes d’analyses que nous avons élaborées à partir de notre expérience de formateurs, plus particulièrement dans le travail d’accompagnement de préparation aux voyages.

Il nous semble fondamental d’aborder différents axes afin que le voyage soit formatif pour l’ensemble des personnes concernées :

- Un travail sur les logiques de développement. Avant tout échange, il faut éclaircir le sens que l’on donne au concept de développement. Quelle est ma propre conception de l’organisation de la société ? Quelle est la vision de ceux que je vais rencontrer ? Un véritable partenariat exige une définition commune des priorités de développement. Quelle type de société voulons-nous ? Est-ce seulement une amélioration des conditions de vie ?

- Une approche à la communication interculturelle. Dans une rencontre interculturelle, les acteurs en présence sont tous porteurs de culture. Nombreux sont les facteurs qui amènent inévitablement le choc culturel. Celui-ci peut être source d’apprentissage et d’entente à condition d’être convenablement analysé. S’informer sur la culture de l’autre peut déjà m’aider mais ce n’est pas suffisant ! Est-ce que je perçois l’autre dans sa dimension politique, sociale et économique ?

- Un travail sur la notion d’échange et de partenariat. Qui prend l’initiative de cette démarche ? Les partenaires du Sud y sont-ils impliqués ? Si oui, à quelle étape ? Quels sont les intérêts de chacun, organisateurs, jeunes, groupes du Sud, financeurs ? Qui échange et quoi ? Qui a le pouvoir de décision ? Que voulons nous faire ensemble ? Et pourquoi ?

L’échange souvent reste l’octroi d’une aide matérielle. Il est nécessaire d’approfondir ce type d’action. Qu’est-ce qui me pousse à aider ? Qui me l’a demandé ? Qui aide qui ? Quel est le rapport qui s’établit entre celui qui est aidé et moi ?

Même si de nombreux jeunes ne perçoivent pas la pertinence d’une formation en ce sens, il nous semble important de réserver des espaces de discussion-formation tout au long de la démarche ( avant le départ, pendant le voyage et lors du retour ) avec les différents acteurs concernés. Il s’agit de déterminer qu’est-ce qu’on recherche à travers le voyage et qu’est ce qu’on en retire. A-t-on envisagé ce projet comme une finalité ou comme un moyen pour atteindre d’autres objectifs ? Cette phase d’analyse est souvent bâclée et réduite à quelques heures avant le départ. Nous constatons que les animateurs de ces groupes sont souvent dans un fonctionnement d’urgence, préoccupés par la recherche de financement et des questions pratiques. Loin de nous de vouloir porter un jugement de valeur. Nous sommes tous confrontés à nos propres contraintes institutionnelles ou personnelles. Mais si nous souhaitons nous inscrire dans une démarche éducative qui vise un changement d’attitudes et de valeurs en vue d’un monde plus juste, nous devons clarifier nos priorités idéologiques et pédagogiques fin que cette rencontre soit porteuse d’apprentissages, de compréhension mutuelle et de changements .

1999

Iteco
2, rue Renkin
B - 1030 Bruxelles
Tél (32 2) 243 70 30 - fax (32 2) 245 39 29


http://www.globenet.org/iteco





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