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Rév. Yuko Masuda

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Vivre vraiment

Par Rév. Yuko Masuda

Vivre vraiment :
pratiquer l’identification avec tous
les êtres des millions de fois

Quand le soleil se couche, qu’il fait
sombre, est-ce que vous ne vous
sentez pas parfois seul ? Un auteur
japonais bien connu, Eiji Yoshikawa,
disait, qu’après cinquante ans, quand il
se sentait seul, il avait l’habitude de
prendre son poignet et de toucher son
pouls. Est-ce que vous avez un pouls ?
Est-ce qu’il existe quelqu’un qui n’en ait
pas ? Quand vous trouvez votre pouls,
vous sentez ce son, et alors : « Il y a
trente ans ce son était déjà là ; et il y a
quarante ans. Il y a quarante ans,
j’avais auprès de moi mes parents, mes
frères et soeurs, mes amis... »

Yoshikawa se rappelait ce genre de
choses, les plats que sa mère lui
préparait, les balades avec ses frères.
De cette façon, il comprenait qu’il
n’était pas seul. A travers le battement
de son pouls, il se rappelait à nouveau
qu’il était relié à de nombreuses
personnes. « En remontant dans le
temps, il y eut un moment où ma mère
me tenait dans ses bras et changeait
mes couches. Un temps où elle me
donnait son lait ». Allant encore plus
loin, il y avait un temps où il était dans
le ventre de sa mère, et encore plus
loin, où sa mère était dans le ventre de
sa propre mère, et la mère de sa mère,
etc.... Il y eut tant de personnes,
d’allaitement, de couches, nous
sommes tous dans cette continuité.
Cela nous apprend que nous sommes
connectés à la vie de si nombreuses
personnes, et de si nombreuses
choses, dans cette vie même. Je pense
que c’est important que nous
choisissions de reconnaître toutes ses
vies auxquelles nous sommes reliés
avec affection, familiarité et
reconnaissance. « Causalité » est
l’enseignement du Bouddha qui dit que
tout est relié et existe en tant que
support pour autre chose. Et en même
temps, tout change sans cesse ; c’est
impermanence.

Un ami à moi, en vérifiant son pouls,
disait : « Le son de ce pouls est
comme le son d’un avion emportant
ma propre vie ». Combien d’années
pensez-vous que vous avez encore à
vivre ? Est-ce que l’avez prévu ? Ma vie
peut se terminer demain, ou bien je
peux vivre encore trente ans. Mais dans
tous les cas, sa durée en est limitée, et
donc le nombre de battements de mon
pouls est aussi limité. Ce pouls limité bat
en ce moment pour moi. A chaque
pulsation, il me rappelle que le nombre
de pulsations décroît. Ainsi chaque
pulsation est comme le son d’un avion
emportant la vie. Dogen Zenji nous
rappelle fréquemment que nos vies sont
éphémères...

« Dharma » est le mot qui représente
« causalité » et « impermanence ». Le
Bouddha n’a pas réalisé cela facilement :
d’abord il a pris plaisir à tous les
privilèges de la jeunesse et de la
richesse qui l’entouraient. Il le raconta
plus tard à ses disciples. Mais confronté
à la souffrance de la vieillesse, de la
maladie et de la mort – choses
auxquelles on ne peut échapper – il s’est
senti honteux de voir qu’il essayait
toujours d’y échapper. Et c’est à
l’intérieur de la souffrance et des
difficultés que Shakyamuni Bouddha a
découvert, à travers de nombreuses
années de pratique , la signification de la
vie.

(...) Omichi Zenji, dans ses voeux de
Nouvel An pour l’école Soto a écrit :
« (...) Essayons d’aller au-delà des
barrières de l’égocentrisme et de
l’attachement à l’ego, et marchons
ensemble dans la Voie du Bouddha,
cette Voie dans laquelle nous nous
aidons les uns les autres. Ceci est
l’enseignement de M°Dogen dans le
Shushogi : l’identification avec les
autres ».

M°Dogen parle toujours de notre
« pratique » : notre activité, les choses
que nous pensons sont importantes,
mais le Zenji insiste sur l’importance de
changer nos actions. Et pourtant il est
difficile de pratiquer l’identification avec
les autres. Pourquoi cela ?

Dans nos coeurs, nous voulons avoir
plus que les autres. Nous voulons faire
peu, et recevoir beaucoup de
compliments. Nous voulons être
reconnu. C’est à cause de cet esprit qu’il
est difficile de pratiquer l’identification
avec les autres, n’est-ce pas ? Cela ne
s’applique pas aux autres, mais à vous.

La pratique de l’identification avec les
autres ne peut se faire que lorsque
nous nous débarrassons de cet esprit
qui veut tout pour lui.

Et la façon d’y réussir est zazen. Quand
nous nous asseyons en zazen, notre
esprit est envahi par de nombreuses
pensées, généralement pas très
intéressantes. Gardant une distance
avec ces pensées, nous les laissons
silencieusement disparaître. En
répétant indéfiniment cette pratique,
nous réalisons kakusoku enseigné par
Keizan Zenji : « Ceci est le moi qui est
libre de tout attachement ».

Rev. Yuko Masuda, Enseignant de
l’Ecole Soto. Extrait du magazine de
l’Ecole Soto : « Dharma Eye », trad.
Joshin Sensei.

La Demeure Sans Limites
Riou la Selle
07320 St Agrève


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