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Vesak

Traditionnellement, dans les pays où le bouddhisme possède une influence marquante, la pleine lune de mai commémore le triple événement de la naissance, de l’Éveil et de la mort du Bouddha

Par Michel Henri Dufour

« Sukho buddhaana“m uppaado

sukkhaa sadhammadesanaa

Sukhaa sa“nghassa saamaggii

sammaggaana“m tapo sukho. »

(Source de bonheur est la naissance des Bouddhas,

Source de bonheur est l’enseignement de l’excellent Dhamma,

Source de bonheur est l’harmonie de la Sangha,

Source de bonheur est la discipline de celui qui est unifié. )

Dhammapada, verset 194.

Traditionnellement, dans les pays où le bouddhisme possède une influence marquante, la pleine lune de mai (vesaakha) commémore le triple événement de la naissance, de l’Éveil et de la mort (le parinibbaana) [1] du Bouddha. Nous entrerons à ce Vesak dans l’an 2545, les années bouddhiques étant décomptées à partir du parinibbaana du Bouddha (avec quelques variantes selon les pays d’Asie).

Une fête populaire

À cette occasion les fidèles bouddhistes se rassemblent dans les temples et se remémorent leur engagement à suivre le chemin du Bouddha vers l’Éveil. C’est un jour pendant lequel chacun est invité à faire des efforts tout particuliers en termes de méditation et de réflexion, à observer les Préceptes plus strictement et à développer le don. Le repas des moines est organisé par les communautés laïques, ils reçoivent également des objets nécessaire à leur vie quotidienne On offre de la nourriture aux visiteurs, de la littérature bouddhique est distribuée. Beaucoup d’asiatiques y voient, de façon plus prosaïque, une opportunité de développer des “mérites” [2]. La journée commence le plus souvent par une circumambulation du temple (dans le sens solaire), chaque fidèle tenant dans les mains une bougie, de l’encens et un bouton de lotus, symbolisant respectivement la lumière de la sagesse dispersant l’ignorance, les actions positives et la potentialité d’Éveil.

Les fidèles se rassemblent ensuite dans le temple où les moines sont en train de psalmodier des Textes du Canon Paali (le plus souvent des “parittaa” [3]) et, largement aspergés d’eau lustrale par un moine, reçoivent ainsi des “bénédictions”. Ceux qui sont plus dédiés à la pratique (les disciples laïcs, upaasaka et upaasikaa) sont habillés en blanc et c’est une occasion pour eux de renouveler leur engagement dans la Voie en récitant les Refuges [4] et les Préceptes en présence de la communauté monastique (soit les cinq Préceptes de la discipline ordinaire, soit les huit Préceptes [5] réservés à une discipline plus poussée en cette journée spéciale).

Généralement un moine donne un sermon, utilisant un thème de base, accessible à tous, la nécessité d’une conduite correcte par exemple, ou les avantages spirituels et matériels du don. Certains fidèles peuvent demeurer dans le temple pour méditer.

La fête se poursuit ensuite pendant toute la journée de manière beaucoup plus informelle. On mange beaucoup ; la sonorisation, poussée au maximum diffuse de la musique populaire, des marchands et des artisans proposent leurs produits. Il ne faut pas oublier qu’en Asie le monastère joue également le rôle de foyer social pour le village, de lieu où l’on rencontre ses amis, ses parents, et où l’on fait la fête…

Les enseignements du Vesak

En Occident les groupes et associations bouddhiques ne manquent jamais de célébrer le Vesak, hautement significatif pour tous les pratiquants. Bien que nous soyons séparés, pour la plupart d’entre nous, des aspects spirituels et festifs liés à cet événement, nous pouvons néanmoins utiliser vesaakha puujaa (la cérémonie de la pleine lune de mai) comme support de réflexion et de contemplation.

Deux enseignements fondamentaux nous sont offerts par le Vesak. Le premier est la foi (saddhaa) [6] en la réalité de l’Éveil et la possibilité d’y parvenir par nos propres efforts, comme le Bouddha l’a lui-même accompli.

La naissance du Bouddha nous rappelle que nous vivons à une époque où son message de libération est encore connu et que naître en tant qu’être humain est une opportunité précieuse à exploiter pour étudier et pratiquer. L’Éveil du Bouddha reflète la réalité de la délivrance et nos propres potentialités de développer les qualités et les vertus les plus hautes. Sa mort, tout en montrant le caractère totalement humain du Bouddha et l’inéluctabilité de la décrépitude et de la disparition, exemplifie des traits essentiels de son Enseignement : son intemporalité et son impersonnalité. Tout comme les trois Refuges, ces trois événements ne sont pas en fait des concepts extérieurs à nous-mêmes mais des réalités intérieures à développer et à incarner.

Le second enseignement est l’importance de l’harmonie de la Sa“ngha, représentée par les moines, les nonnes, les anagaarika [7] et les laïcs.

L’harmonie de la Sa“ngha, l’assemblée de ceux qui pratiquent ensemble dans la même direction, a toujours été louée par le Bouddha. Il en a fait une des conditions fondamentales de la survie de son Enseignement. Les conventions moine/laïc semblent établir une hiérarchie mais cette hiérarchie, pouvant être cultivée négativement par des moines avides d’autorité ou subie par des laïcs naïfs, n’est que la traduction d’une perception exacerbée de l’ego qui pense constamment en termes de “moi” et “les autres”, de “supérieur”, “inférieur” ou “égal”. Nous sommes en fait, moines ou laïcs, tous des kalyaa.namitta [8], des compagnons sur la Voie, dont la pratique et les rôles sont complémentaires, des disciples du Bouddha dont l’esprit est orienté vers le “Bien et le Beau”. Le Vesak doit donc être une opportunité toute spéciale de consolider cette indispensable harmonie au sein de la Sa“ngha.

Notes

[1] parinibbaana

Dissolution des cinq agrégats, ou constituants psychophysiques, d’un être éveillé. En langage conventionnel : la mort d’un bouddha.

[2] mérite

Tous les aspects positifs ou fastes permettant d’évoluer dans la pratique. Traduit généralement le concept de puñña.

Dans l’acception populaire les “mérites” sont plutôt considérés dans une perspective accumulationniste, comme un “crédit” favorisant une “renaissance” favorable.

[3] parittaa

“Protection”. Textes canoniques récités par les moines dans le but d’induire des conditions mentales bénéfiques.

[4] Refuges

Points d’ancrage, de référence. Aspiration à ce qui est le plus élevé :

1 buddha“m sarana“m gacchaami

Je prends refuge dans l’Éveil suprême.

2 dhamma“m sarana“m gacchaami

Je prends refuge dans l’Ordre des choses.

3 sangha“m sarana“m gacchaami

Je prends refuge dans la compagnie du Bien et du Beau.

(Ces Refuges sont récités trois fois).

[5] Ils impliquent un renoncement plus important que les cinq Préceptes de base. Dans ces derniers le numéro 3 devient abrahmacariyaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de toute activité sexuelle), puis on ajoute :

6. vikaalabhojanaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de manger après le passage du soleil au zénith)

7. naccagiita vaadita visuukadassanaa maalaagandha vilepana dhaara.na ma.n.dana vibhuusana.t.thaanaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de danser et de chanter, d’écouter ou de jouer de la musique, d’aller au spectacle, de mettre des parfums ou des ornements),

8. uccaasayana mahaasayana verama.nii sikkhaapada"m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de trop dormir (littéralement : “de couches hautes et imposantes”, trop confortables ou luxueuses).

[6] saddhaa

Foi non aveugle. Confiance fondée sur la connaissance, une certaine dose de sagesse et la claire vision du but, confiance raisonnée.

N’est en aucune façon une croyance en quelque chose ou en quelqu’un.

[7] anagaarika

Littéralement. : “sans-foyer”.

– D’une façon générale : tous ceux qui ont quitté la “vie de famille”.

– Laïc vêtu de blanc qui vit généralement dans un monastère, observant les huit Préceptes. Outre sa propre pratique méditative, il aide les moines ou les nonnes dans certaines tâches. On le nomme “postulant” car c’est, en règle générale, le stade préparatoire à l’ordination monastique.

[8] kalyaa.namitta

– Ami, compagnon sur la voie spirituelle.

L’une des nombreuses épithètes du Bouddha.

– Désigne également le Maître spirituel.

(kalyaa.na. Beau, bienfaisant.

Pratiquement synonyme de nibbaana.

– Vertueux. )

Mai 2001

Association Bouddhique Theravâda
c/o Michel Henri Dufour, 22 rue de la Grange Aubel, 71000 SANCÉ -
Tél. : 03 85 20 14 42


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