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Chogyam Trungpa Rimpoche

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Une immense responsabilité : prendre le voeu de bodhisattva

Par Chogyam Trungpa Rimpoche

Chogyam Trungpa Rimpoche, extrait de Tricycle, trad. Joshin Sensei
Le 4 février 2009

Prendre le voeu de bodhisattva implique qu’au lieu de se tenir sur son propre territoire, et le défendre bec et ongles, nous nous ouvrons au monde qui nous entoure. Cela signifie que nous voulons prendre une plus grande responsabilité, une immense responsabilité.

En fait, cela veut dire saisir une grande occasion. Mais cette occasion n’est pas l’occasion d’un faux héroïsme, ou d’une excentricité personnelle. C’est une occasion qui a été saisie dans le passé par des millions de bodhisattvas, d’êtres éveillés et de grands enseignants. Une tradition de responsabilité et d’ouverture qui a été transmise de génération en génération ; et maintenant nous aussi nous y participons dans la dignité.

C’est aussi la bonne santé fondamentale de cette tradition qui se manifeste. Ce que nous faisons en prenant ce voeu de bodhisattva est splendide, mais rejoindre cette tradition nous met aussi au pied du mur. Car nous ne pouvons plus nous satisfaire de rechercher notre propre confort ; nous travaillons avec les autres. Cela implique de travailler avec cet autre qui est nous aussi bien qu’avec les autres.

Notre autre, ce sont nos projections, notre sens du territoire, et notre désir que tout soit pour le mieux toujours pour nous. Les autres autres, c’est le monde phénoménal au-dehors, qui est rempli de gamins hurlants, de vaisselle sale, de pratiquants à l’esprit embrouillé, et de toutes sortes d’êtres vivants.

Ainsi, prendre le Voeu du bodhisattva est un engagement réel basé sur la compréhension de la souffrance et de la confusion, notre souffrance et notre confusion comme celles des autres. Le seul moyen de rompre cette réaction en chaine de douleur et de problèmes et de chercher notre chemin au-dehors vers l’esprit éveillé, c’est de prendre la responsabilité de nous-mêmes.

Si nous ne commençons pas par là, rien ne se fera. Nous ne pouvons pas compter sur les autres pour le faire pour nous. C’est notre responsabilité et nous avons l’immense pouvoir de changer le karma du monde. En prenant le Voeu du bodhisattva, nous décidons de ne plus être les instigateurs de plus de chaos et de souffrance dans le monde, mais nous allons en être les libérateurs, les bodhisattvas, travaillant pour nous-mêmes ainsi que pour et avec les autres.

Décider de travailler avec les autres est une aide incroyable. Nous n’essayons plus de bâtir notre propre stature, nous essayons seulement de devenir des êtres humains capables d’aider véritablement les autres, c’est-à-dire en développant cette qualité d’oubli de soi qui manque tant dans notre monde. Suivant l’exemple de Gautama Bouddha, qui abandonna son royaume pour se dédier à tous les êtres, nous pouvons devenir utile à toute la société.

Chacun de nous peut avoir découvert une petite vérité – comme la vérité sur la poésie, ou la vérité sur la photo, ou la vérité sur les amibes - qui peut aider les autres. Mais nous avons tendance à utiliser cette vérité pour nous faire apprécier. Mais travailler juste avec nos petites vérités, petit à petit, est une approche plutôt lâche.

Au contraire le travail du bodhisattva est sans appréciation. Nous pourrions être battu, insulté, ou seulement impopulaire, mais nous demeurerons gentil et désireux de travailler avec les autres. C’est une situation qui ne rapporte strictement rien. Elle est vraiment authentique et très forte.

Entrer dans cette approche Mahayana de la bienveillance signifie abandonner toute notion de possession, de « privé », et développer une vision plus large. Plutôt que nous concentrer sur nos propres petits projets, nous élargissons notre vision pour englober le reste du monde, le reste de la galaxie, tous les univers.

Mettre en pratique une telle vision demande que nous traitions chaque situation avec un esprit clair et soigneux. Afin de lâcher notre égocentrisme, qui limite notre vue et rend nos actions floues, il nous est indispensable de développer notre compassion.

Traditionnellement, cela se fait en développant d’abord la compassion envers nous-même, puis envers une personne proche, enfin envers tous les êtres, même nos ennemis. A ce point, nous pouvons regarder tous les êtres avec les mêmes sentiments que s’ils étaient notre propre mère. Ce n’est pas nécessaire d’attendre d’être comme cela pour faire le premier pas vers l’ouverture et la gentillesse. L’important, c’est que quelqu’un doit faire ce premier pas.

D’habitude, nous sommes dans cette impasse avec notre monde : « Est-ce que je vais attendre qu’il me dise qu’il est désolé, ou bien est-ce que je vais m’excuser près de lui en premier ? » Mais en devenant un bodhisattva, vous brisez cette barrière : nous n’avons pas besoin d’attendre que l’autre fasse le premier geste, nous avons décidé de le faire nous-même.

Des millions de personnes dans le monde souffrent à cause de leur manque de générosité, de discipline, de patience, d’efforts, de méditation et de cette intelligence qu’est prajna. Faire le premier pas en prenant les voeux de bodhisattva ne veut pas dire essayer de convertir les gens à notre point de vue personnel ; mais nous pensons que nous devons apporter quelque chose au monde rien que dans notre façon d’être, par notre gentillesse.

La Demeure Sans Limites
Riou la Selle
07320 St Agrève


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