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Une diététique pour le cerveau

« What you eat, you are », nous sommes ce que nous mangeons, disaient les Beatles. L’alimentation a, en tout cas, une influence énorme sur le fonctionnement de notre cerveau. Que faut-il donc manger pour être serein et psychologiquement équilibré ?

Par Alexandre Koehler

Un esprit sain dans un corps sain

D’une manière générale, ce qui est bon pour l’organisme est bon pour le psychisme. On imagine mal un régime qui assurerait au corps la santé la plus parfaite, et qui abrutirait d’autre part l’esprit. Inversement, un aliment qui perturberait le foie ou les reins ne saurait, non plus, être favorable au mental.

Cela dit, l’humanité a, depuis toujours, tenté d’utiliser certains types d’aliments spécifiques dans des buts magiques ou spirituels, autrement dit dans l’optique d’une transformation psychique.

Pour le Yogi de l’Inde, tout ce qui peut désintoxiquer (comme le lait), drainer les intestins (comme les fruits), nettoyer les reins (comme les grands verres d’eau consommés au réveil), tout ce qui est blanc, ou transparent, tout ce qui est gorgé de soleil, contribue à purifier l’être, et, par conséquent, à rendre l’esprit de plus en plus limpide.

Inversement, les aliments d’origine souterraine, tels que les racines, carottes, navets, radis, pommes de terre ou autres, sont impurs, car ils n’ont pas vu le soleil.

Beaucoup de moines Zen, quant à eux, mangent pratiquement tous les jours la même chose : soupe de riz au petit déjeuner, riz complet et légumes à midi, repas léger composé de céréales et de crudités, le soir. Pour eux, la céréale apporte indubitablement le calme, un calme plein d’une énergie soutenue.

Si les fruits du Yogi stimulaient l’éveil de son mental et le rendait plus réceptif, les céréales complètes du moine Zen lui apportent une certaine sérénité et renforcent son pouvoir de pénétration dans l’intimité secrète des phénomènes. Le régime céréalien est en effet très pacifiant, à condition de prendre son temps à mastiquer et à insaliver longuement les céréales ; toutefois, ce temps n’est pas perdu, puisqu’il est, finalement, consacré, lui aussi, à l’apprentissage de la patience, du calme et de la sérénité.

Les régimes diététiques occidentaux, quant à eux, sont peut-être plus proches de l’approche yoguique que d’une conception “ Zen macrobiotique ” de l’alimentation. Ils reposent généralement sur des bases extrêmement simples et saines : réduire ou éviter les produits animaux, ainsi que les aliments d’origine industrielle, pour leur préférer ceux provenant de l’agriculture biologique ; boire un litre et demi d’eau de source par jour ; choisir des huiles végétales de première pression ; consommer les fruits en quantité relativement importante, et séparément des autres aliments ; consommer pain complet bio au levain, céréales complètes et graines germées ; et enfin utiliser les compléments nutritionnels, minéraux, vitamines et oligo-éléments pour contrebalancer les carences vertigineuses engendrées par le monde moderne.

En fait, nos méthodes diététiques s’attachent, elles aussi, à nous purifier, puis à nous revitaliser à l’aide des nutriments spécifiques qui nous manquent.

Le cerveau et le système nerveux, bien évidemment, n’échappent pas à cette tentative de revitalisation, et trouvent, dans certains aliments et compléments nutritionnels, de quoi se refaire une santé...

L’art d’une table sereine

Il ne faut toutefois pas se borner à considérer le seul aspect physico-chimique de l’aliment. La façon dont on le mange, et par conséquent la façon dont on assimile son énergie, comptent certainement autant, sinon plus, que sa composition, pour retrouver ou conserver un équilibre nerveux et une santé psychique.

Avant tout, qu’on le mange cru ou cuit, il est indispensable de respecter les vitamines et les enzymes de l’aliment, car toute nourriture ne contenant plus d’énergie vitale devient stressante.

Il est, d’autre part, très utile de prendre de l’exercice physique (loin des repas), de lutter contre la constipation, et d’éviter les mauvais mélanges comme les acides avec les amidons.

Toutefois, le maître mot d’une diététique de la santé psychique reste d’être attentif à l’acte de manger, à la forme, à la couleur et à la saveur des aliments, à l’énergie qu’ils dégagent.

Les Japonais, notamment, sont passés maîtres dans l’art de présenter les plats d’une manière agréable à l’œil, et de découper les aliments de diverses façons, dans l’idée d’apprêter l’énergie aussi bien que la substance. Mais ils savent aussi et surtout aménager une atmosphère sereine autour de la table.

Et il est un fait que, si l’on veut se construire un moi calme et équilibré, mieux vaut oublier ses contrariétés avant de passer à table, mieux vaut manger dans le calme et dans une atmosphère aérée, bannir les disputes, se tenir droit, éviter musiques, TV, radio et bruits divers, et prendre le temps d’apprécier la nourriture, une nourriture saine, vivante, énergétique, et préparée avec amour.

Les nutriments du système nerveux

Certains aliments ont un effet particulier, soit calmant, soit excitant, mais tous ont, finalement, une action sur le système nerveux. Tous contiennent, en effet, des glucides, des lipides, des protéines, des sels minéraux, des vitamines qui nourrissent, directement ou indirectement, les neurones.

Cependant, il est vrai que ces neurones sont plus sensibles à tel type de glucides ou de lipides qu’à d’autres. Voyons donc de quels nutriments se nourrit exactement le cerveau...

Les sucres

Alors que les muscles consomment majoritairement des graisses pour se fournir en énergie, les cellules nerveuses trouvent exclusivement leur énergie dans le glucose. Autant dire que l’hypoglycémie est l’ennemi numéro un du cerveau. Pour éviter ce mal insidieux, il convient donc de consommer, dés le petit déjeuner, une quantité suffisante de sucres lents (céréales complètes), et de s’abstenir de sucres rapides (sucre blanc ou roux, pâtisseries, confitures, bonbons).

Il y a donc de bons et de mauvais sucres ; et la consommation régulière et intense de sucres rapide, entretenant un état plus ou moins chronique d’hypoglycémie, entraîne, au niveau psychique, morosité, apathie, pessimisme, crainte et découragement.

L’oxygène

La cellule nerveuse consomme 30% d’oxygène de plus que n’importe quelle autre cellule organique. Cet oxygène ne se trouve évidemment pas dans l’alimentation ; encore que certains nutriments, oligo-éléments et vitamines, participent à l’assimilation de l’oxygène par la cellule. On trouve, bien sûr, l’oxygène dans l’air ; et son apport est assuré par une bonne respiration, calme et profonde, un minimum d’exercice physique, éventuellement un peu de Yoga, et un mode de vie naturel à l’abri des excès de pollution atmosphérique et surtout du tabac.

Les acides aminés

Utiles à la synthèse des enzymes intervenant dans le métabolisme nerveux, les acides aminés se trouvent dans les protéines que nous absorbons habituellement dans les céréales complètes, les légumineuses, les oléagineux, les laitages, les poissons ou la viande.

Il est rare que l’homme moderne souffre de carence en acides aminés.

Les oligo-éléments et minéraux

La plupart des fruits et légumes produits par l’agriculture conventionnelle sont très riches en nitrates et malheureusement passablement carencés en sels minéraux, oligo-éléments et vitamines. Or, l’équilibre minéral est essentiel à la synthèse enzymatique et à la protection de la cellule, ainsi qu’aux échanges de cette dernière avec le milieu extérieur. Il est, par conséquent, indispensable de faire une grande consommation de végétaux issus de l’agriculture biologique.

Quant à la complémentation en sels minéraux, elle revêt une importance vraiment très particulière dans le cadre de la santé nerveuse. Toutefois, cette complémentation peut s’avérer relativement complexe.

ü En effet, beaucoup de minéraux sont utiles, mais certains se trouvent souvent en excès et prennent alors la place d’autres éléments tout aussi indispensables. C’est le cas, par exemple, du fer et du cuivre qui chassent le zinc ainsi que le manganèse et le magnésium, provoquant indirectement insomnie, dépression et agitation.

ü D’autres, sans entraîner de telles réactions, présentent malgré tout une relative nocivité quand ils sont en excès. C’est notamment le cas du sodium, ou du phosphore.

ü D’autres constituent de véritables poisons pour la cellule nerveuse, comme l’aluminium, l’argent, le bismuth, le cadmium, le mercure, l’or, le platine, le plomb, le tellure, et le thallium.

ü D’autres, encore, sont actuellement à l’étude, et porteurs des plus grands espoirs. Ce sont, par exemple, l’arsenic, l’étain, ou le lithium.

ü D’autres, enfin, peuvent être considérés comme de véritables médicaments nerveux. Tout le monde les connaît et les emploie. Ce sont le magnésium, le zinc, le manganèse, le calcium, et le cobalt.

Les vitamines

Bien que toutes les vitamines soient utiles, le système nerveux réclame avant tout les vitamines suivantes :

ü Vitamine E : anti-fatigue ; antioxydant majeur (protège les membranes des cellules nerveuses) ; anti-radicaux libre.

ü Vitamine C : anti-stress ; antioxydant ; tonifiant.

ü Vitamine B1 : aliment et protecteur du système nerveux ; préside à la dégradation des sucres ; stimulant.

ü Vitamine B2 : indispensable aux processus énergétiques.

ü Vitamine B3 : participe aux transports d’oxygène vers la cellule.

ü Vitamine B5 : anti-stress ; anti-fatigue.

ü Vitamine B6 : importance essentielle dans les processus métaboliques cérébraux, notamment dans la synthèse des neurotransmetteurs.

ü Vitamine B12 : régulatrice du système nerveux ; indispensable au métabolisme du fer (végétariens, attention : cette vitamine ne se trouve que dans les produits animaux, d’où nécessité de la consommer en complémentation).

ü D’autres vitamines du groupe B, comme la B9 et la B15, sont quelquefois utilisées dans le traitement de maladies mentales avérées. Leur carence peut être grave, mais reste rare.

ü Vitamine D : n’a pas d’action directe sur la sphère nerveuse mais permet néanmoins l’assimilation du calcium et du phosphore, eux-mêmes si importants pour le système nerveux ; indirectement, donc, elle peut relaxer et améliorer le sommeil.

ü Vitamine I : tonique des nerfs.

ü Vitamine J : calme et équilibre le système nerveux ; stimule la mémoire.

Les phospholipides

Avec les phospholipides, nous touchons à l’une des substances les plus indispensables au bon fonctionnement du système nerveux. D’autant plus, d’ailleurs, que les carences, en la matière, sont extrêmement fréquentes, même en présence d’une alimentation parfaitement équilibrée.

Ces phospholipides, comme tous les lipides, entrent dans la constitution des membranes cellulaires. Mais ce sont les phospholipides qui composent l’essentiel des gaines de myéline protégeant les axes nerveux. Molécules très complexes, les phospholipides sont normalement synthétisés à partir des lipides alimentaires, mais seulement jusqu’à l’âge de 10 ans. Après quoi, nos métabolismes ne semblent plus pouvoir accomplir ces transformations, probablement à cause de nos modes d’alimentation carencés et déséquilibrés.

Le meilleur moyen de palier cette dysfonction consiste donc à consommer des phospholipides cérébraux animaux qui, seuls, peuvent passer la barrière intestinale et parvenir au niveau de la cellule nerveuse sans être dégradés par les mécanismes de la digestion.

Les divers fabricants proposent aujourd’hui des phospholipides cérébraux sous forme de compléments nutritionnels associés à certains oligo-éléments et vitamines (notamment E). La cure de deux ou trois mois améliore généralement la mémorisation, l’attention, l’équilibre nerveux, et diminue la fatigue nerveuse et l’insomnie. On l’emploie également dans le sevrage des tranquillisants.

Les neurotransmetteurs

Les neurotransmetteurs sont des substances que les fibres nerveuses libèrent afin de transmettre un certain “ message ” à d’autres éléments nerveux ou à des tissus musculaires. Globalement, il existe deux grandes familles de neurotransmetteurs : les catécholaminiques, qui excitent ; et les sérotoniniques, qui calment.

Sur le plan de l’alimentation, les protéines animales apportent des précurseurs (des acides aminés) qui vont se transformer en catécholaminiques ; alors que les protéines végétales, grâce à une abondance relative en tryptophane, permettent une neurotransmission à effet plus relaxant. La neurotransmission ne s’effectue donc pas de la même manière selon que l’on mange des produits végétaux ou animaux.

Bien avant ces découvertes scientifiques, les sages antiques affirmaient déjà que le régime végétarien contribuait à atténuer les tendances passionnelles et les troubles émotionnels, et à rendre l’individu plus sensible, plus ouvert, plus intuitif et plus réceptif aux analogies.

Les poisons du système nerveux

Les poisons les plus dangereux pour les nerfs et le cerveau sont évidemment les drogues. Par ce mot terrible, il ne faut toutefois pas entendre seulement l’héroïne, la cocaïne, ou le haschich, mais aussi et surtout toutes ces drogues autorisées qui sont d’autant plus dangereuses qu’elles ne passent pas pour telles, dans l’opinion publique.

A preuve, ces quelques chiffres :

* 87% des Français boivent du café au moins une fois par jour ;

* 75% boivent des alcools ;

* 39% fument du tabac ;

* 13% prennent des tranquillisants...

Et encore ! Ces statistiques ne rendent pas compte de certaines aggravations de la situation, puisque, par exemple, 80% des femmes de 25 ans fument, alors que 70% des femmes de plus de 45 ans n’ont jamais fumé. On sait aussi que, parmi les buveurs de vin, 14% en consomment plus d’un litre par jour ; ou que 20% des femmes de plus de 55 ans usent et abusent, de manière tout à fait régulière, des tranquillisants...

Cet état de fait est d’autant plus préoccupant qu’il semble annoncer une époque où l’on ne s’autorisera plus à vivre qu’à travers des moyens chimiques : une pilule pour dormir, une autre pour se réveiller, et d’autres encore pour stimuler telle ou telle fonction physique ou intellectuelle, ou au contraire les désactiver...

En attendant cette triste époque, nous avons déjà beaucoup à faire, dans la nôtre, pour éviter les toxiques nerveux semés par l’industrie alimentaire et le mode de vie de nos contemporains. Car les poisons du systèmes nerveux ne s’arrêtent pas aux drogues. Certains additifs alimentaires, notamment les conservateurs et les exhausteurs de goût, les pesticides, insecticides, mais aussi certains fruits de mer, moisissures ou microbes, peuvent s’avérer responsables de troubles neurologiques plus ou moins graves...

Novembre 2000






Buddhaline

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