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> Bouddhisme > Découverte


Un esprit silencieux, un esprit saint

Réflections d’un lama tibétain à propos de Noël

Par Lama Thubten Yeshe

Je pense que nous avons beaucoup de chance. Nous devrions nous réjouir et être heureux , car nous disposons de ce précieux corps humain qui nous donne la possibilité de découvrir durant cette vie-ci, la Nature Sainte de Jésus, encore appelé Esprit, à l’intérieur de nous-mêmes.

D’un point de vue relatif, Jésus était un homme né tel et tel jour, qui ressemblait à ceci et vivait comme cela. Puisqu’il nous a apporté certain enseignement, nous observons la fête de Noël afin de célèbrer sa naissance. D’un point de vue ultime, cependant, la signification de Noël est de pouvoir réaliser ce jour-là, sa Nature Sainte à l’intérieur de notre psyché, de notre esprit. Nous pouvons développer continuellement et même achever le type de pouvoir que Jésus possédait. Nous pouvons absolument le faire. Ne pensons pas que Jésus et Dieu soient des êtres extérieurs et nous seulement des petites créatures insignifiantes. Il n’y a pas de différence entre la nature ultime du Saint-Esprit de Jésus, la qualité transcendentale de la nature de Dieu, et celle de nos propres esprits.

Au présent, nos esprits sont obscurcis par des vues fausses et des conceptions érronèes et donc temporairement obscurcies. Nous avons pourtant la possibilité de voir clairement, précisément. Au lieu de cela, nous nous maintenons dans les ténébres de l’attachement, nous accrochant au monde halluciné de nos sens. A cause de nos obscurations, nous n’avons pas encore découvert l’Esprit Saint, sa nature absolue à l’intérieur de notre propre conscience. Le caractère véritable de cette conscience, notre âme humaine est pourtant de possèder une connaissance nous permettant de l’unifier à la nature réelle infinie de Dieu : c’est-à-dire l’état de conscience d’éveil universel. Mais nous devons faire la découverte de cette unification. C’est définitivement possible, et ainsi de réaliser l’union-unité avec Jésus et la nature immaculée de son Esprit Saint.

En terme relatif, Jésus était seulement un homme. Mais en terme ultime, il était la nature ultime de l’Esprit Saint. Ceci signifie que chacun, pas seulement chaque être humain, mais chaque être sensible sans exception, peut atteindre ce niveau définitif. Il n’y a pas une seule créature vivante à qui manque cette potentialité.

La Bible nous dit que Jésus est né de l’Esprit Saint, Fils de l’Homme et de Dieu. Nous pouvons nous aussi devenir enfants de Dieu. Nous ne devrions pas penser que nous sommes constamment coincés par le péché. Il n’y a pas un seul être qui souffre en permanence, ni un seul pêché permanent. Nous souffrirons aussi longtemps que nos esprits seront pollués par nos conceptions fausses de la réalité. La souffrance n’est pas éternelle : tout change tout le temps. L’environnement change, et également le caractère de notre souffrance et de notre insatisfaction. Si le péché était permanent, nous le serions également. C’est exactement comme si une partie de notre corps était permanente et ne changeait jamais. Cela encore une fois voudrait dire que nous-mêmes serions permanents. Comme nous aurions alors de la chance : nous n’aurions plus de raison de nous inquiéter de la mort. Nous serions les premiers sur Terre à pouvoir vivre éternellement ! Mais une telle vision des choses manque totalement de logique et n’existe que chez les esprits dérangés. Cela ne correspond pas à la réalité.

Aucun problème humain n’est insoluble. L’idée du pêché permanent et de la souffrance cause finalement un sentiment d’agitation et de culpabilité qui à son tour, produit névroses et autres formes de maladie mentale. Toute personne travaillée par cette incompréhension, atteint un état de désespérance où l’ignorance et la désillusion deviennent dominants. Elle prive ainsi sa vie de sens et n’a rien sur quoi s’appuyer sinon le désespoir.

Mais si nous développons une compréhension toujours plus profonde, nous reçevons des réalisations plus puissantes qui purifient notre psyché. Et comme résultat à cet accés au pouvoir réel de Dieu : le pouvoir de la connaissance et de la pure sagesse de l’amour. Ainsi, il est possible de devenir un avec Jésus et de renaître dans l’Esprit Saint.

Nous avons tant de raisons de nous réjouir, bénis que nous sommes par la liberté et l’opportunité qui nous sont accordées dans notre humanité, de nous réjouir et de contempler l’effet de vivre en tant que Jésus. Nous pouvons ainsi saisir son amour-sagesse divin et le voir comme une force qui n’a rien à voir avec le champ de gravitation de l’attachement dualiste. Voilà pourquoi je pense que nous avons beaucoup de chance, il n’y a aucun doute possible dans mon esprit.

Question : Avez-vous un message particulier pour les Occidentaux à propos de la période de Noël ?

Lama Yeshe : Le but de Noël est pour chacun, d’être en bonne santé et heureux. Donc nous devrions être attentifs à fêter Noël de manière organique, naturelle plutôt que de manière coutumière et concrète. Nous devons être plus attentifs au flux naturel des choses et ne pas être entravès par de vieilles habitudes. Ce flux est celui de nos pensées et de nos actions physiques. Nous devrions être attentifs à notre corps et à notre esprit et au fait qu’ils doivent être sains et en bonne santé.

Question : Noël qui est la célébration d’une naissance, est une période de vacances scolaires pour les enfants. Comment ceci renvoie-t-il à sa célébration naturelle ?

Lama Yeshe : Jésus a dit qu’à moins de redevenir des petits enfants, nous ne pourrions rentrer dans le Royaume du Ciel. Ceci peut être un problème pour certains. Je pense que cela signifie que notre corps et notre esprit ne sont pas sains parce que nos idées- le sens de la vie, etc...- sont trop concrètes, trop figées. Donc redevenir de petits enfants signifie être plus naturel, redécouvrir la réalité naturelle de ce que nous sommes, de ce que nous faisons, plutôt qu’ être piégés par le monde fantasmagorique de nos idées fixes. En temps normal, nous ignorons le naturel et au lieu de cela, glissons dans une image fantasmée de la réalité. C’est un point important à saisir.

Question : En terme de spiritualité, (re)devenir un enfant signifie être plus naturel. Mais pour certains, cela signifie être névrosé ?

Lama Yeshé : La signification du mot "naturel" n’est pas du tout intellectuelle, séche. Elle veut dire être plus près de son corps et cela peut être extrêmement profond ? Les enfant par exemple, possèdent un certain sens de l’ouverture que nous avons tous remarqué. Ils ne se bloquent pas intellectuellement. Au lieu de cela, ils laissent leurs sentiments transparaître et couler. Ils montrent leurs mauvais côtés et leurs bons. En d’autres termes, ils s’expriment ouvertement. Les adultes eux, sont trop contrôlés par leur intellect. Ce type de contrôle rigide met trop de pression sur la partie subconsciente de leur esprit, leur empêchant toute expression propre. Le résultat est anti-naturel : la communication est alors mauvaise et leurs pensées cruelles.

A l’inverse, les enfants sont différents. S’ils sont en colère, ils expriment leur colère immédiatement. S’ils sont heureux, cela se voit. Ils disent : je suis heureux d’être avec vous". Ce type d’ouvertrure est plus naturel, plus prêt de notre nature humaine que les réactions artificiels d’un esprit nerveux.

Des relations souvent insatisfaisantes se développent entre adultes parce que ceux-ci bloquent d’une certaine manière, leur énergie naturelle. Cela donne des relations bloquées. Si par exemple, un mari et sa femme passent par un moment difficile, cela vient souvent d’une communication défaillante. Généralement, tous les types de comportement névrosés et insatisfaisants viennent de ce défaut de communication.

Question : Pour ceux et celles qui ont grandi en bloquant leur énergie, qui ont perdu leur ouverture, y-a-t-il un bon moyen de retrouver l’enfant naturel en eux-mêmes ?

Lama Yeshé : Avant tout, le simple fait de s’accepter comme ils sont, plutôt que de vouloir devenir quelqu’un d’autre. Les gens menés par leur intellect et leurs fantasmes, ne s’acceptent pas tels qu’ils sont. Ils ne sont pas intelligents parce qu’ainsi, ils se privent de découvrir leurs qualités intérieures. Au lieu de cela, ils cherchent des qualités à l’extérieur, en dehors de leur propre réalité. C’est un peu comme s’ils se disaient : "je veux devenir une fleur". Ils seraient beaucoup plus heureux s’ ils pouvaient voir leurs qualités positives et apprendre à accepter leur réalité telle qu’elle est. Ce serait beaucoup mieux ainsi.

Question : Vous avez parlé de naître ou de renaître dans l’Esprit Saint. D’un point de vie bouddhiste, de quoi s’agit-il ?

Lama Yeshé : En termes bouddhistes, le commencement d’une telle renaissance spirituelle est connue comme la "prise de refuge". Cela peut être brivément expliqué ainsi. Dans une vie à un certain moment, une personne réalise l’existence du versant faible, non développé de sa nature propre. Il devient alors clair que cette énergie sombre, non réalisée cause de la confusion, engendre une souffrance qui grandit. En voyant la cause et l’évolution de ses effets, la personne en vient à chercher les qualités libératrices ou -ou Dharma Bouddha- de cette sagesse authentique. L’aspirant prend refuge en ces qualités, souhaitant sincérement actualiser cette sagesse ou compréhension du Dharma et changer ses vieilles habitudes en mieux.

Question : Mais pour un non-bouddhiste, entreprendre un chemin spirituel est en quelque sorte une "prise de refuge" ?

Lama Yeshé : Exactement. Lorsque je conduis une cérémonie de prise de refuge, j’explique toujours que la "prise de refuge" est la culture d’un état d’esprit qui cherche la délivrance de la souffrance et de sa cause. Cependant, les détails spécifiques, techniques de ce qui doit être visualisé pendant la cérémonie, sont à la discrétion du confort des personnes. Celles-ci ne sont pas obligées d’utiliser les figures bouddhistes traditionnelles. Ainsi, si c’est plus facile pour elles, elles peuvent visualiser le Christ.

Question : Cela pose une question voisine. Beaucoup de ceux et celles qui se considérent comme bouddhistes, ont une grande dévotion pour le Christ. Y-a-t-il contradiction ?

Lama Yeshé : pas du tout. En fait, c’est même très beau, c’est mon sentiment. Beaucoup de ceux et celles qui viennent à nos enseignements, qui se sentent bouddhistes, ont une dévotion pour les actes, les actions de "bodhicitta" et les qualités divines de Jésus. Ils ont beaucoup de respect pour lui. Aussi, beaucoup de chrétiens venant à nos cours, y cherchent une sorte de méthode contenue dans les pratiques méditationnelles bouddhistes à travers lesquelles ils pourront exercer leur propre foi. J’ai souvent expérimenté cela. Donc, il m’est arrivé à certain moment de donner des cérémonie de "prise de refuge" en accord avec leur propre experience dévotionnelle.

La pratique de la "prise de refuge" implique la visualisation d’un objet spécifique de refuge et j’encourage les gens à choisir celui qui signifie le plus pour eux. Cet objet - dans certaines écoles de psychologie, appelé archétype - peut être de la tradition bouddhiste ou d’une autre. Un exemple, en 1975, j’étais dans l’Indiana avec un groupe de chrétiens qui étaient trés interessés par la principe du refuge. Ils pensaient qu’il leur serait utile d’avoir une méthode pour canaliser leur énergie dans une perspective de développement spirituel, eh bien, j’ai conduit une cérémonie de "prise de refuge" spécialement construite autour de leur dévotion à Jésus. Récemment en Suisse dans un cours où la plupart des deux cents personnes participantes étaient chrétiennes, nous avons fait de même. Et les gens en ont été trés satisfaits.

Question : Est-ce que vous nous donneriez un schéma simple de méditation pour ceux qui ont une dévotion en Jésus ?

Lama Yeshé : Comme pratique quotidienne, vous pourriez faire ceci. Vous asseoir ou vous mettre à genoux si vous voulez, dans une position confortable, relaché mais avec le dos droit. Et à l’esprit, visualisez Jésus devant vous. Son visage est tranquille, paisible et d’une expression aimante. Une image du Christ ressuscité ou de Jésus en train d’enseigner, peut être un modèle pour cette visualisation.

Ensuite visualisez de la couronne de sa tête radiante, une lumière blanche qui vient vous couronner. Cette lumière blanche d’une nature d’énergie est pleine de béatitude. En entrant dans votre corps, elle purifie la contamination physique du pêché accumulé depuis des vies et des vies incalculables. Cette énergie pleine de béatitude, blanche, purifie toutes les maladies corporelles, y compris les cancers, active et renouvelle le fonctionnement entier de votre systéme nerveux.

De la même façon, visualisez une lumière rouge qui irradie de la gorge de Jésus et entre dans la vôtre, remplissant votre centre vocal d’une sensation de bien-être. Si vous avez des difficultés pour parler - racontant toujours des mensonges, incapable de contrôler votre langue, usant d’une language dur-, cette énergie rouge pleine de bien-être, va vous purifier de toutes ces négativités. Le résultat est que vous découvrirez les qualités divine du langage.

Ensuite du coeur infini de Jésus, une lumière bleue vient remplir votre coeur, purifiant votre esprit de toutes ses préconceptions et préjugés négatifs. Votre ego egoïste, insignifiant qui est le chef ou le président de toutes vos illusions, et les trois poisons de l’avidité, de la haine et de l’ignorance, qui sont comme les ministres de votre ego, sont tous purifiés par cette radiance bleue de bien-être. L’esprit indécis, particulièrement plein de doute entre le "peut-être ça" et le "peut-être ceci", est clarifié. Egalement l’esprit étroit qui ne saisit pas la totalité parce que son "focus" est trop étroit. Et comme cette lumière emplit votre esprit, votre coeur devient comme un ciel bleu, embrassant l’universelle réalité et tout l’espace.

Cette purification tri-partite du corps, de la parole et de l’esprit, peut être très utile pour quiconque a une grande dévotion à Jésus. Si vous êtes incapable de visualiser tout cela, concentrez-vous sur le coeur de Jésus. De ce coeur plein de bienveillance, une radiance d’énergie blanche vient dans votre coeur, purifiant toute souillure. C’est une pratique simplifiée, mais qui peut être encore extrêmement utile.

Vous pourrez conclure cette méditaion en visualisant une fleur de lotus blanche qui éclôt dans votre coeur. La figure compassionnée visualisée devant vous, plonge alors dans votre coeur et se manifeste en cette fleur de lotus. Ensuite ce que vous mangez ou buvez, devient une offrande à ce Jésus à l’intérieur de votre coeur. Si cette méditation est répétée quotidiennement avec une bonne concentration et une motivation pure, elle peut devenir très efficace transformant vos actions ordinaires, vos mots et pensées et en vous rapprochant des qualités divines de Jésus.

Question : Si nous considérons les nombreuses différences culturelles entre les individus, est-il possible ou même bénéfique d’envisager une unité des religions du monde ?

Lama Yeshé : Oui, ce serait très utile.

Question : Même avec toutes ces différences entre les peuples.

Lama Yeshé : Absolument.

Question : Alors quelle pourraît être la base de cette unité ? D’où pourraît-elle venir ?

Lama Yeshe : L’unité- au sens actuel, réaliste- serait pour chacun de suivre les enseignements de sa propre religion exactement comme ils sont donnés. Pourquoi ? Parce que le manque d’unité ou d’harmonie apparaissent lorsque les gens ne pratiquent pas, mais saisissent seulement les opinions séches, intellectuelles des théories philosophiques. Voilà la cause des conflits et du manque d’unité. J’ai pu faire l’expérience personnellement en rencontrant beaucoup de personnes religieuses de différentes traditions, que tous ceux et celles qui actualisaient réellement ces enseignements, arrivaient tous à la même conclusion. Et alors, il n’y a plus aucune disharmonie. C’est une expérience personnelle qui s’est souvent répétée.

Question : Comment résumeriez-vous cette conclusion partagée, cet accord essentiel atteint par les uns et les autres ? Quel est le point de convergence de toutes ces religions ?

Lama Yeshé : C’est tellement simple : l’amour-compassion-tendresse et le service des autres, sincère. L’enseignement essentiel est : aider les autres et détruire l’attachement à sa propre personne.
Dans le bouddhisme tibétain, cette attitude compassionnée est appelée "bodhicitta", c’est l’essence de notre religion. Je crois que toutes les religions et tous les systémes élevés de morale et d’éthique sont d’accord sur le service des autres au délà de notre habituel attachement à notre propre gratification personnelle. Puisque chaque tradition souligne l’importance d’une telle attitude non-égoïste, je pense que chaque religion a sa propre qualité bénéficitaire.
Mais de nos jours lorsqu’ils étudient le bouddhisme ou tout autre religion, les gens se concentrent sur la philosophie et la doctrine. Ils négligent l’application du fondement de la méthode dans leur vie de tous les jours, voilà le problème. Le résultat de cette négligence est que la méthode enseignée à l’origine se perd. A sa place, les personnes chérissent leur théorie individuelle, les philosophies et les idées concrètes qui la soutiennent et n’ont absolument aucune idée du fait que leur philosophie ou théologie est intimement liée à la réalité de l’existence humaine.

La véritable religion doit réaliser le plus haut potentiel humain possible. Donc nous devons rechercher et redécouvrir la clef de l’application, les méthodes effectives pour transformer l’esprit. Tout le monde peut parler de philosophie, mais qui sait comment celle-ci est liée au potentiel intérieur de chacun ? La clef a été perdue. Voilà pourquoi les religions se dissolvent et dégénèrent : par manque d’application à résoudre les problèmes quotidiens.

Question : Vous avez dit que lorsque la période de Noël approchait, souvent elle amenait plus de tristesse que de joie. Selon vos propres mots, les enfants pouvaient devenir complément dingues sous l’influence de leurs parents. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Lama Yeshé : Les parents doivent être particulièrement concernés par leurs enfants. Ils doivent essayer de comprendre le fonctionnement de leur esprit et leurs influences. C’est leur responsabilité. Ils doivent comprendre que leur manière de vivre à la maison, a une influence radical sur les enfants.
Les parents sont généralemment d’accord quant à l’importance d’une bonne éducation, mais souvent c’est seulement pour eux, une question de scolarité et de bien apprendre les mots et les concepts.

Mais l’éducation n’est pas seulement mot ; en fait, la plupart des enfants apprennent en regardant leurs parents agir. Les parents installent une certaine situation et les enfants copient ce qu’ils voient, plutôt que ce qu’on leur dit.
Donc si les parents sont vraiment concernés par l’éducation de leurs enfants, ils devraient être responsables de leur manière d’agir, en particulier quand les enfants sont là. Un exemple, si à l’approche de Noël, tout ce à quoi ils pensent n’est que d’acheter ceci ou de préparer cela, si les enfants les entendent se disputer, se plaindre ou se quereller, quel effet cela va avoir sur eux ? C’est complétement ridicule, bien sûr, mais c’est souvent ce qui arrive. Donc les parents devraient en être conscients et essayer d’être moins impliqués dans cet aspect matériel de Noël. A l’inverse, ils devraient être plutôt concernés par l’esprit profond de Noël : l’accomplissement de leurs qualités uniques d’êtres humains et de leur potentiel intérieur. Voilà ce qui devrait être leur objectif et non pas de faire les boutiques et de préparer des arrangements d’ordre mondains.

Question : Vous avez dit que les vrais changements ne venaient pas tant des activités extérieures que de notre état d’esprit intérieur.

Lama Yeshé : Oui, et que la connaisance obtenue de l’intérieur ne devait pas rester cachée à l’intérieur de son propre esprit : elle doit être partagée avec les autres. Pour ce faire, nous devons explorer l’esprit des autres et comprendre leur fonctionnement. En d’autres termes, nous devons expliquer quelle connaissance intime, nous avons pu obtenir de manière à être utile aux autres. Ce type d’éducation de la réalité intérieure, est un vrai service. Un exemple, si je veux vous aider, la meilleure chose que je peux faire est de vous aider à développer votre propre sagesse. Une aide véritable est de vous amener à votre réalité propre , et de vous permettre ainsi d’être plus lucide et de mieux vous connaître.

Question : Justement afin de développer notre propre esprit et d’aider les autres à développer le leur, y-a-t-il autre chose que nous puissions faire afin d’apporter un changement positif ? Par exemple en Occident, nous pouvons penser à des entreprises caritatives, aider les pauvres et les malades, donner de la nourriture, des vêtements, c’est très important.

Lama Yeshè : C’est bien, très bien. C’est important de faire tout ceci. Nous devons être à l’écoute des souffrances des autres et les aider comme nous pouvons. La question est comment aider au mieux ! D’abord en s’organisant soi-même afin d’être complètement au service des autres. Si nous sommes complétement désorganisés, quel genre d’aide pouvons-nous apporter ?

Cependant, si nous sommes trop organisés dans un sens matériel, cela pose également des problèmes. Parfois une organisation caritative est trop strictement structurée et perd l’objet initial du service. Donc le meilleur type possible d’organisation est interne : comment ordonner notre esprit, c’est le plus important. Si cela réussit, si notre esprit est bien entraîné à la compassion et à la sagesse, alors l’organisation extérieure suivra. Même si cet entrainement intérieur est essentiel, il ne faut pas juger l’activité externe comme peu importante. Elle est importante. Mais si nous voulons véritablement faire du bien aux autres, il faut trouver un équilibre entre développement intérieur et extérieur.

Question : Vous avez suggérez que le meilleur moyen de préparer Noël est de méditer, de regarder de très près le genre de vie que nous avons mené toute l’année durant, au lieu de faire la fête de la façon habituelle. Mais en terme d’une célèbration de Noël, n’y-a-t-il une certaine valeur à faire la fête, à avoir du bon temps ?

Lama Yeshé : Si, absolument. C’est très important dans une célébration, en particulier à Noël. En ce moment particulier de l’année, nous devrions nous rappeler qu’ayant nos qualités uniques d’humains qui sont les plus hautes, les plus distinguées de la nature humaine, nous avons la possibilité précieuse de renaître spirituellement. Nous pouvons faire de nouvelles découvertes, tenter de nouvelles aventures. Nous rappeller les actes de Jésus, ses actions d’amour-tendresse et de divine compassion, reconnaître à quel point nous sommes extrêmement chanceux. Et à la lumière de ce qu’il a fait, être inspirès à penser : " eh bien moi aussi je vais le faire". C’est cet esprit joyeux, enthousiaste qui doit nous porter à la fête de Noël.

Si nous méditons dans cet esprit, nos qualités intérieures et divines peut-être jusque là cachées et inconscientes, seront amenées à fonctionner consciemment.
Ce processus d’éveil peut être continuellement développé si chaque année, nous celêbrons ainsi Noël avec conscience. Ce peut devenir une célèbration où nous nous rejouissons des opportunités que nous avons désormais. Un exemple, si j’étais un poisson, je ne penserais pas. Donc comment développer mon esprit ? Parce que je suis un être humain, j’ai une qualité profonde, unique me permettant d’entrer en communication avec Jésus. Je peux en faire mon exemple et me développer dans sa direction. Voilà une bonne et vraie raison de me réjouir.

Question : La fête de Noël, c’est traditionnellement de la musique, forte et danser. Est-ce que ces amusements ont vraiment leur place dans la célébration de Noël ?

Lama Yeshé : Oui, ils ont vraiment leur place et leur valeur. Un exemple, si des garçons et des filles dansent ensemble, et que cela est comme un présent, à Dieu ou à Jésus, cela peut être de grande qualité. Si nous pensons, "ces actions, je les offre en souvenir de Jésus", cela peut être très beau, très joyeux. Tout dépend de votre attitude. C’est seulement si nous avons une attitude peu motivée que notre envie de faire la fête devient extrême et qu’alors ce type d’attitude extrême ruine la qualité de notre célébration.

Un exemple, si nous dansons à la mémoire des bienfaits de Jésus, toutes nos actions, même nos attachements deviennent offrandes et l’expérience qui en résulte, est transcendentale. Tout est expression de joie, de ce que le bouddhisme appelle "la fierté divine". J’ai vu des fêtes comme cela. Il y avait beaucoup de musique et les danses étaient incroyables, la vibration pure et joyeuse. Tous s’éclataient. Une fête ordinaire, ce n’est pas cela, c’est plus névrosé. Les filles essaient de devenir des objets d’attraction pour les garçons et les garçons également. Tout cela conduit au terrestre, à une stimulation des sens où il n’y a pas de transformation d’énergie. Mais si nous avons la sagesse, nous pouvons faire de notre vie, un expérience de bien-être, bienfaîtrice. Merçi beaucoup.

Fondation pour la Préservation de la Tradition Mahayana (FPMT)
Centre Kalachakra - Centre de bouddhisme tibétain
5, passage Delessert - 75010 Paris
Tél/Fax : 01 40 05 02 22


http://www.centre-kalachakra.net/





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