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Jean-Claude Carrière

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> Bouddhisme > Entretiens


Un certain bien-être

Le scénariste et écrivain français Jean-Claude Carrière met l’accent sur ce qu’il éprouve en présence de Sa Saineté

Par Jean-Claude Carrière

En 1994, Jean-Claude Carrière, scénariste, dramaturge et écrivain français, a passé deux semaines à Dharamsala, écrivant un ouvrage composé d’entretiens avec Sa Sainteté le Dalaï Lama. Il a une compréhension fascinante de la façon d’être et de penser de Sa Sainteté depuis ces rencontres, qui se produisirent à intervalles très réguliers.

Un certain bien-être

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Il me donne l’impression avant tout d’aller tout droit à l’essentiel. C’est mon impression la plus forte, que chaque rencontre renouvelle. Il est un chef d’Etat, il dirige un gouvernement en exil, la moitié de sa vie est évidemment consacrée à des questions diplomatiques complexes, à des missions, des déclarations, des prises de position, des audiences d’ambassadeurs, des négociations dont certaines sont très probablement secrètes, mais ce chef d’Etat ne possède rien. C’est même ce qui le différencie radicalement des autres chefs d’Etat que nous pouvons connaître. Il est un moine. Il a renoncé à tout attachement à ce que nous pourrions appeler les biens de ce monde, et chacun sait combien ce renoncement est rare parmi les hommes de pouvoir.

Cette condition particulière -rien n’est à moi- lui donne par là-même une légèreté enviable, désarme d’avance toute critique, toute attaque qui pourrait porter sur des chaussures trop chères ou sur des comptes en Suisse clandestins, et lui permet, sans effort, avec un naturel qui peut surprendre, d’entrer immédiatement dans le sujet que nous sommes là pour traiter.

Il est comme débarrassé de l’accessoire. Personne, en le rencontrant, ne songe à lui demander des nouvelles de sa famille, de ses affaires, pas même de sa santé, personne ne le complimente sur la qualité de sa robe, ne lui demande ce qu’il a mangé ou bu à son déjeuner, et ainsi de suite. Toutes ces phrases de convenance, ou simplement de sociabilité, que nous répétons jour après jour en n’écoutant que distraitement les réponses qui nous sont données, et qui dévorent poliment notre temps, sont ici inutiles, et même inconcevables.

Nous allons droit à la substance de l’entretien, au vif, au précis du sujet. Substantially est un des mots qu’il utilise le plus souvent. Il s’intéresse à la substance et la recherche dès le premier contact. Fort de cette méditation quotidienne, par laquelle il commence toute journée et où personne ne pénètre, il se place immédiatement, tout entier, dans le sujet même de la rencontre.

L’effet de cette entrée en matière soudaine, qui est à l’opposé de nos précautions oratoires, pourrait nous faire craindre qu’un excès inhabituel de concentration, auquel nous nous soumettons rarement, va nous fatiguer assez vite ; que la tension requise à chaque instant va rapidement réduire, avant de l’épuiser, notre faculté attentive.

Je pourrais aussi parler de sa sympathie, de son sourire toujours proche du rire (comme si un enfant se cachait constamment en lui, ne demandant qu’à éclater de rire), de la transformation soudaine de son visage, qui devient en un instant le siège d’une attention physique sensible ; et aussi de la simplicité chaleureuse de son accueil.

Etrangement, il n’en est rien. C’est même, semble-t-il, tout le contraire qui se passe. Ce travail direct et tendu paraît sensiblement plus reposant que l’autre. Comme si le superflu nous épuisait, tandis que l’essentiel nous maintient en très bonne forme. Serait-ce un secret de l’esprit ? On sait que ses possibilités sont immenses, mais on sait aussi qu’il est paresseux, souvent réducteur, que les solutions faciles le séduisent et qu’il s’y fixe volontiers.

Cette paresse ne serait-elle qu’une illusion supplémentaire, qui donnerait à la somnolence le masque trompeur du repos ? La concentration véritable, c’est-à-dire l’état d’alerte permanent, serait-elle finalement plus reposante que l’acrobatie mondaine des conversations de salon ?

En tout cas, lorsque je revins à Delhi après avoir travaillé très durement sur notre livre (je préparais nos entretiens, je déchiffrais les cassettes, je vérifiais, je corrigeais, parfois son assistant Lhakdor restait à m’aider jusqu’à une heure du matin), mes amis me trouvèrent très visiblement reposé. Pendant plusieurs semaines, j’avais travaillé au moins douze ou treize heures chaque jour. Ceux qui ne le savaient pas me demandaient où je venais de prendre des vacances.

Quand je pense à lui, je m’en tiens cependant à un sentiment simple, qu’il n’est pas utile d’analyser : sa présence est un bien-être.

Je pourrais aussi parler de sa sympathie, de son sourire toujours proche du rire (comme si un enfant se cachait constamment en lui, ne demandant qu’à éclater de rire), de la transformation soudaine de son visage, qui devient en un instant le siège d’une attention physique sensible ; et aussi de la simplicité chaleureuse de son accueil. Après trois heures d’entretien, l’après-midi, quand approchait la fin de l’audience, il se contentait de remettre ses mocassins, m’indiquant par là que nous allions devoir nous séparer bientôt. Pas de cérémonial inutile chez un homme qu’on dit pourtant le plus sollicité du monde. Nous avons parlé, nous avons traité notre sujet, nous nous reverrons demain.

Je pourrais aussi raconter que le lendemain, quand arrivait l’heure de l’audience, il attendait sur la galerie, devant la porte de la salle de réception, les bras ouverts, très souriant, les hautes montagnes derrière lui, et que, à peine étions-nous assis l’un près de l’autre, la conversation touchait aussitôt à l’essentiel, comme la veille. Je pourrais parler de la vive curiosité qu’il manifeste pour tout ce qui n’est pas le bouddhisme, pour les recherches scientifiques, pour le monde atomique, pour l’exploration du cerveau. Je ne crois pas qu’il y ait de la complaisance dans cette curiosité. Elle est apparemment sincère, elle est même intéressée, comme si la tradition qu’il représente avait tout à gagner dans ces connaissances nouvelles.

A cause de son exil, de son combat pour le Tibet, du prix Nobel, de ses voyages, de sa personnalité, de ses interventions aux quatre vents, il ne laissera pas le bouddhisme dans l’état où il se trouvait à sa naissance. Il l’a ouvert, dépoussiéré, il l’a confronté aux grands enjeux politiques du temps, il l’a préparé au siècle qui vient.

Tout cela est sans doute vrai. Quand je pense à lui, je m’en tiens cependant à un sentiment simple, qu’il n’est pas utile d’analyser : sa présence est un bien-être. Cela ne peut pas se discuter. Dans sa personne, comme dans sa manière d’exercer sa fonction, dans son écoute comme dans sa parole, on peut sentir, on peut toucher du doigt une qualité de pensée qui -rien n’est plus bouddhiste- favorise le repos fertile de l’esprit, à qui le corps donne vie et forme.

Jean-Claude Carrière s’est vu décerner de nombreux prix et a travaillé avec des célébrités du monde du théâtre et du cinéma, tout au long de sa longue carrière en tant que scénariste, dramaturge et écrivain. Mise à part sa longue collaboration avec Louis Bunuel, il a travaillé également avec Jean-Luc Godard, Milos Forman, Volter Schlöndorff, Andrzej Wajda, Louis Malle et Nagisa Oshima. Au théâtre, avec Peter Brook et Jean-Louis Barrault. Son intérêt passionné pour la culture asiatique l’a amené à rencontrer le Dalaï Lama de nombreuses fois, et en 1994, leurs entretiens à Dharamsala sont parus sous le titre « La Force du bouddhisme » (Paris, Robert Laffont, 1994)

Publié par The Tertön Sogyal Trust

Voir les articles :

En hommage à Sa Sainteté le Dalaï Lama

Editorial

En hommage à Sa Sainteté

Un hommage poétique de Kyabjé Trulshik Rinpoché, l’un des maîtres les plus éminents de la tradition Nyigma, l’Ecole Ancienne du bouddhisme tibétain

Un certain bien-être

Le scénariste et écrivain français Jean-Claude Carrière met l’accent sur ce qu’il éprouve en présence de Sa Saineté

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- L’avenir du bouddhisme (4 essais de Sogyal Rinpoché)

- Dzogchen, l’essence du coeur de la grande perfection (Sa Sainteté le Dalaï-Lama)

- Rigpa, revue internationale

Prix

- L’avenir du bouddhisme (4 essais de Sogyal Rinpoché)

Disponible au prix de 45FF + frais de portage (France : 7FF, Europe : 8FF, Canada : 15FF)

- Dzogchen, l’essence du coeur de la grande perfection (Sa Sainteté le Dalaï-Lama)

Disponible au prix de 130FF + frais de portage (France : 16FF, Europe : 35FF, Canada : 52FF)

- Rigpa, revue internationale

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