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Temps libre et intégration sociale - Réussir l’éducation au XXIe siècle

L’intégration sociale ne passe plus uniquement par l’apprentissage d’un métier et le temps libre devient de plus en plus un espace d’éducation, de culture et d’intégration.

Par Georges Friedrich

L’intégration sociale ne passe plus uniquement par l’apprentissage d’un métier et le temps libre devient de plus en plus un espace d’éducation, de culture et d’intégration. Un espace que les mouvements d’éducation populaire souhaitent accessible à tous, dans une démarche qui favorise la réduction des inégalités sociales, génératrices de violences.

Dans toute société, l’éducation a pour objet de permettre à chacun de s’insérer en intégrant les usages de la dite société. En France, aujourd’hui, cela passe notamment par l’apprentissage des valeurs républicaines et démocratiques. Dans ce contexte commun à la plupart des sociétés industrielles, la violence n’est pas considérée comme un mode de régulation normal des rapports sociaux. Synonyme d’insécurité matérielle et psychologique, la violence est incompatible avec un développement stable recherché par les dynamiques sociales contemporaines.

On peut donc voir dans l’expression de violences autant de marques de dysfonctionnements sociaux et institutionnels, indicateurs collectifs d’une certaine détérioration de la vie sociale, dont l’origine doit être recherchée dans des facteurs économiques, culturels, politiques, sociaux... Face à ces dysfonctionnements, on est souvent tenté de mettre en cause le système éducatif, mais il ne faudrait pas oublier de ré-interroger le rapport entre éducation et société.

Cultiver les aptitudes de chacun

Dans la société industrielle, l’intégration passe par l’apprentissage d’un métier, clé d’accès à l’emploi et à l’insertion sociale. L’entreprise créatrice des richesses occupe une place centrale au sein de la sphère sociale. Mais depuis plusieurs années, ce mode d’intégration sociale ne fonctionne plus. La société du XXIe siècle est synonyme de mobilité, d’autonomie, d’initiative, de réactivité L’intégration sociale ne passe donc plus seulement par l’apprentissage de savoir-faire professionnels. La mobilité géographique, culturelle, l’anticipation sont autant de compétences à maîtriser pour participer activement à la dynamique sociale et ne pas être laissé au bord du chemin. L’éducation devrait donc davantage concourir à cultiver les talents et les aptitudes que chacun porte en soi. Comment faire accepter aux enfants les normes d’un modèle éducatif quand ils vivent dans des familles qui connaissent le chômage depuis trois générations ? Comment s’étonner dans ces conditions que les familles mettent en cause l’école puisque cette dernière n’est plus porteuse de perspectives pour leurs enfants ?

Si l’on ne peut contester la réalité des moyens mis en uvre (qu’il s’agisse des structures d’accueil, des différents intervenants, des partenariats mis en place ou de la requalification de l’espace), il reste que, bien souvent, la plupart de ces moyens ont été créés dans une logique de rattrapage. On peut craindre l’échec de ces mesures si elles devaient rester inscrites dans un cadre éducatif traditionnel.

De ce point de vue, l’émergence de dispositifs comme le contrat éducatif local, le contrat temps libres ou encore les contrats villes et les contrats de pays font s’entrouvrir une porte nouvelle. Ils développent une approche globale de l’éducation et cherchent à prendre en considération la diversité des temps de vie de l’enfant. Il reste cependant à faire en sorte que ces dispositifs soient utilisés par les acteurs éducatifs dans une perspective nouvelle. C’est dans ce contexte que la dimension éducative du temps libre prend tout son sens.

La spécificité éducative du temps libre

Traditionnellement considéré comme un temps résiduel ayant d’abord une fonction de récupération et de repos, le temps libre a pris au fil des ans une dimension nouvelle. Il n’est plus un temps marginal. Avec la généralisation du travail féminin, la mobilité géographique, le développement des villes la majorité des enfants et des jeunes a vu ces dernières années s’accroître de manière très sensible ce temps interstitiel entre l’école et la famille.

Accompagnant le développement de la société postindustrielle, le temps libre devient progressivement un espace à part entière d’éducation, de culture et d’intégration. Il offre, d’une part, aux enfants et aux jeunes, une grande diversité de situations à vivre : c’est le temps privilégié de la découverte de soi, du développement d’aptitudes propres à chacun (culture, sport, sciences et techniques...). Il est, d’autre part, le temps privilégié de la découverte des autres et de la vie sociale : il permet l’exercice de la citoyenneté, la rencontre avec d’autres systèmes de valeurs, de comportements, permettant aux enfants et aux jeunes de mieux se situer dans la communauté humaine.

Non régulé, le temps libre est source d’exclusion, donc de violences

Le temps libre permet de développer des compétences personnelles tout à fait en phase avec les contours de la société émergente. Il peut être une école de créativité, de responsabilité, d’initiatives Pour autant, il est rare de voir les responsables des politiques publiques mettre en valeur cette dimension du temps libre. De fait, celui-ci est aujourd’hui un facteur important d’inégalités sociales, culturelles, ainsi qu’une source d’isolement et d’exclusion, donc de violences.

Le travail conduit depuis plusieurs années dans le cadre du projet « Place de l’enfant » des Francas, a permis de souligner la nécessité d’organiser une régulation globale de l’accès des enfants et des jeunes au temps libre. Cette régulation, qui doit s’inscrire dans un cadre national, garant de l’égalité des citoyens, pourra prendre des formes diverses selon les situations locales mobilisant les divers acteurs du territoire local. Cela suppose de reconnaître l’existence à part entière de ce nouveau temps social qu’est le temps libre et de la nécessité de l’organiser a minima pour le rendre accessible à tout le monde. L’éducation est un facteur à part entière du développement local. Parce qu’elle engage toute la société, elle doit être l’affaire de tous et engager la diversité des citoyens quels qu’ils soient. Chacun à sa manière doit se sentir en charge de l’accueil des enfants au sein de la sphère sociale. Le temps libre, parce qu’il est un temps ouvert sur le monde, peut être un très bon espace d’investissement pour les citoyens, aux côtés des professionnels. G. F.

Mai 2000

Adels
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