BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter Phalyab Rinpoche

Espaces
Dalaï-Lama
Responsabilité Universelle
Kalachakra
Village des Pruniers
Théravada
Matthieu Ricard
Sofia Stril-Rever
Namgyal Archives
Enfants du Tibet
Menla Ling
Soignants bouddhistes
Pratique de la méditation


Articles
Spiritualité
Art de vivre
Société
Annuaire de sites
Bouddhisme général
Théravada
Mahayana/Zen
Vajrayana
Spiritualité
Art de vivre
Société

Participer
Forum
Newsletter
Partenaires

LES BRÈVES
Tantra de Kãlachakra, fiche de lecture par Fabrice Midal

mercredi 15 août 2001


Le Tantra de Kâlachakra est un texte fondamental du bouddhisme, représentatif de cette tradition religieuse que le Dalaï-Lama considère comme « une science de l’esprit ". La traduction de ce texte nous révèle des modes de fonctionnement de la pensée inédits, définissant un nouveau rapport de l’être humain au monde : notre coeur bat au rythme de l’univers.

L’initiation de Kalachakra, souvent donnée par le Dalaï-Lama, est la plus connue et le plus significative du bouddhisme tibétain. Elle constitue le cœur des enseignements ésotériques. Elle a comme particularité de pouvoir être transmise à un grand nombre de personnes alors que la plupart des autres initiations sont limités à vingt-cinq personnes au plus. Cette initiation plante des germes de paix dans la conscience de ceux qui la reçoivent. Ce n’est pas une coïncidence si sa Sainteté la donne fréquemment ; elle fait partie de son activité pour développer la paix dans le monde.

Selon la tradition, le Bouddha se manifesta, il y a 2500 ans dans le sud de l’Inde, et transmit le tantra de Kalachakra à la requête du roi de Shambhala, Suchanda. Le royaume existe sur un plan spirituel et est une source d’inspiration profonde pour tous les peuples de la route de la soie.
Six générations après le roi de Shambhala qui reçut du Bouddha cet enseignement fondamental, un autre roi monta sur le trône de Shambhala et composa le Tantra abrégé de Kalachakra, tandis que son fils et héritier spirituel en écrivit le commentaire intitulé La lumière immaculée. Ces deux textes sanskrits ont survécu. Ils furent introduits au Tibet au XIe siècle et aussitôt traduits en tibétain.

Ce tantra a la particularité d’être l’un des plus complets. Son étude permet d’entrer en rapport avec les plus profonds et subtils enseignements de l’enseignement ésotérique du bouddhisme.
Cet ouvrage particulier présente les enseignements d’anatomie et d’astrologie subtiles qui constituent le second livre du Kalachakra.
L’auteur propose ici la traduction d’une partie de la source sanscrite de cet enseignement. C’est donc un élément essentiel pour la connaissance de cette tradition spirituelle.
Les chapitres que l’auteur propose ici n’ont jamais été traduits et ce dans aucune langue occidentale. Que la France soit ici en avance dans les études extrême-orientales avec des chercheurs de qualité mérite d’être souligné.

Le Kalachakra interne, ou Livre du corps subtil, explique la formation puis la résorption des veines subtiles et comment l’énergie s’y déplace. Dans le système de Kalachakra l’infiniment grand et l’infiniment petit se rejoignent, l’infiniment près et l’infiniment loin communiquent au travers de complexes correspondances. L’auteur montre ainsi les relations qui existent entre le mouvement binaire de la respiration humaine et des rythmes luni-solaires.
Autrement dit, suivant le schéma d’une parfaite intégration réciproque, le macrocosme du monde et le microcosme du corps humain, dans leurs dimensions d’infini et d’incréé s’expriment en rythmes respiratoires corrélés. La mesure du temps est notre propre souffle. Le temps est donc incarné, rythmé par le mouvement-source de la vie, celui de notre respiration.
Ainsi les jours physiques du monde, astronomiquement calculés, sont aussi des jours subtils, corrélés aux souffles, aux lotus et aux veines du corps vajra.

Par des pratiques sur ses souffles, le pratiquant peut être à même d’épuiser ses tendances karmiques, se purifier et atteindre l’éveil. En effet par une telle initiation, nous avons la possibilité de nous relier à l’aspect de clarté-vacuité de nos énergies subtiles.
En un sens, notre corps devient celui de la déité, nous quittons le samsara pour être en relation au monde véritable.

Le livre décrit ainsi le processus d’expansion et de résorption, articulé en quatre phases : développement, durée, dissolution et enfin latence. Se met ainsi en place une véritable alchimie spirituelle.
Un des intérêts majeur de cet ouvrage est de nous montrer, que dans la perspective de la spiritualité tibétaine, le corps n’est pas séparé de l’esprit. Développer une attention précise à notre corps, c’est transformer notre esprit. L’éveil inclut une transformation complète de tout notre être.

L’auteur possède le rare talent de présenter un sujet difficile, qui comporte un aspect ésotérique et symbolique d’une surprenante complexité avec un véritable talent pédagogique. Ce n’est nullement un travail ardu d’érudit. À la rigueur scientifique, l’auteur a su joindre le souffle spirituel de la tradition qu’elle étudie. Les citations nombreuses des grands textes mystiques donnent du relief aux aspects plus théoriques de l’ouvrage. Nous sommes ainsi constamment ramenés à l’unité profonde de la doctrine bouddhique qui vise à libérer tous les êtres de la souffrance.

Ce talent pédagogique est dû aussi en partie à l’humilité de l’auteur qui lui donne, paradoxalement, une très grande liberté. Elle peut ainsi faire mieux comprendre l’enjeu décisif de ce texte.
Un livre qui fera date dans l’histoire des études du bouddhisme.

par Fabrice Midal



Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling