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Houei Neng

Mahâprajnâpâramitâ par Houei Neng

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> Bouddhisme > Enseignements


Soutra de l’Estrade

Par Houei Neng

Soutra de l’Estrade, chapitre 14. Hui-neng

Le « Samâdhi de l’unique », c’est la constante pratique de la droiture. Dans le Soûtra de Vimalakirtî, il est dit que la « la droiture est le lieu de la pratique ; la droiture est une terre pure ».

Le samâdhi de l’unique en paroles seulement n’est guère la pratique de la droiture et ne convient pas aux disciples de l’Éveillé. C’est le seul exercice de la droiture à l’égard de tous les phénomènes, sans attachement ni croyance à leur existence réelle, qu’on appelle samâdhi de l’unique.

Les égarés s’attachent à l’apparence des choses et croient qu’il existe réellement quelque « samâdhi de l’unique ». Ils redressent leur esprit et restent assis sans bouger, chassent les illusions sans plus produire de pensées – telle est leur « absorption unifiante ». Mais alors, ils s’adonnent à une méthode qui les assimile à des objets inanimés et, par surcroît, dresse maints obstacles sur la Voie.

La Voie n’est que communication et fluidité : à quoi bon ces figements ? Quand la pensée s’arrête, fluidité et communication s’arrêtent aussi, et l’on se trouve enchaîné. S’il s’agissait uniquement de rester assis sans bouger, Vimalakîrti aurait eu tort de gourmander Shâriputra, lequel passait sont temps assis dans la forêt.

Ô mes amis, j’en ai même vu qui apprenaient aux autres à s’asseoir pour examiner leur esprit, en examiner la pureté sans bouger, sans penser, et ainsi produire des mérites. Privés d’illumination, les égarés s’attachent jusqu’à la perversité, dont il existe des centaines d’espèces. Ceux qui expliquent ainsi la pratique commettent la plus vieille des grandes erreurs.

Traduit du chinois par Patrick Carré.
Le Soûtra de l’Estrade du Sixième Patriarche Houei-neng (638-713).
Editions du Seuil, 1995



Kalyanamitra Fasheng
Une fenêtre sur le Dharma : textes fondamentaux du Ch’an et d’autres traditions de la Voie de Bouddha.


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