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Gyétrul Jigmé Norbu Rinpoché

Les dix étapes de la Voie du Boddhisattva par Gyétrul Jigmé Norbu Rinpoché

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Shiné ou le calme de l’esprit

Par Gyétrul Jigmé Norbu Rinpoché

Véritable art de la transformation, la pratique de shiné nous incite au voyage intérieur.

Depuis l’aube de l’humanité, le désir de découvrir et de dépasser les limites du connu s’est toujours trouvé au centre de l’aventure de l’homme. Au fil des siècles et l’intelligence humaine aidant, cette recherche s’est trouvée à l’origine des développements matériels les plus remarquables. On peut même dire qu’aujourd’hui ces progrès ont atteint une apogée, particulièrement en occident. Nous sommes arrivés à ce point où nous avons exploré toutes les situations de confort, saturé tous nos sens des sensations les plus multiples, fait le tour de toutes les satisfactions extérieures, et nous voilà frustrés, insatisfaits. Notre esprit se tourne alors vers de nouvelles recherches, intérieures celles-là, et bon nombre d’entre nous s’engage vers la quête spirituelle.

C’est déjà le cheminement qu’a parcouru Siddharta il y a 2500 ans avant qu’il ne devienne le Bouddha. Grand prince, jeune, riche, il ne manquait de rien, n’avait à se préoccuper de rien. Aux yeux de tous il était comblé et pouvait même faire envie. En s’engageant dans cette aventure personnelle qui l’a conduit à l’apaisement de l’esprit et à la libération, il nous a montré le chemin et aujourd’hui encore, il reste notre exemple. Ses enseignements nous ont aussi révélé qu’il existe deux réalités, l’une relative et l’autre absolue. Gyétrul Jigmé Rinpoché explique : « Lorsqu’on regarde un film au cinéma, la pellicule défile si vite qu’elle crée des paysages, des situations vivantes, des personnages en mouvement, des comédies, des tragédies … Cela semble si réel que nous sommes touchés et que cela nous tire même parfois des larmes. Pourtant, ce n’est qu’une pellicule composée d’une succession de petites images fixes. Une fois le film terminé, l’écran redevient blanc, vide. Le plus bel exemple d’illusion ! ». Il ajoute : « Combien de fois ne nous sommes-nous pas ainsi trompés nous-même sous le coup d’une émotion ? Combien de fois avons-nous fait confiance à cette réalité qui s’appuie sur le niveau ordinaire ? C’est parce que nous sommes en permanence en contact avec cette réalité relative que notre esprit est agité, occupé, dispersé et sauvage. Il faut lui apprendre à se concentrer, s’apaiser ».

Les enseignements bouddhistes montrent en effet qu’il existe un esprit au-delà de cette agitation permanente, au-delà des émotions, un esprit par nature calme et en paix. Cependant, il ne peut pas se montrer car il est submergé par tous les nuages de nos émotions. Pour que ce véritable esprit se manifeste enfin, il faut faire un énorme travail d’éclaircissement et nettoyage de ces émotions qui nous encombrent. Lorsqu’elles commencent à se dissoudre, un espace s’ouvre et il y a alors la place pour que la véritable nature de notre esprit se manifeste.

C’est là qu’intervient la pratique méditative. Elle va nous entraîner à entrer en contact avec l’esprit pour qu’il atteigne le calme, la paix. C’est exactement le sens du terme tibétain Shiné (shi = repos ou pacification de l’esprit, et né = demeurer ) et du sanscrit Shamatha ( shama = paix ou paisible, et tha = demeurer, reposer ). C’est la pratique par laquelle commencent tous les jeunes moines et nonnes bouddhistes en Asie lorsqu’ils intègrent un monastère. Plusieurs méthodes sont utilisées depuis les temps les plus anciens. La première consiste à se concentrer sur un objet extérieur comme un caillou que l’on va placer sur le sol à deux mètres devant soi, c’est l’exercice le plus facile pour débuter. La deuxième fait intervenir un objet intérieur, il n’y a alors plus de caillou mais on le visualise. Enfin la méditation peut se faire sans objet ou encore en se concentrant sur la respiration. Gyétrul Jigmé Rinpoché explique : « En respirant, on sent l’air entrer jusqu’au plus profond de nous –même et on établit la connexion entre le corps et l’esprit en étant simplement conscient. La présence d’esprit va agir comme une caméra de surveillance. Une pensée ou une émotion s’élève ? Elle l’attrape et nous ramène à la concentration et la vigilance ».

Avant de s’engager dans la pratique, il faut bien placer son corps. Gyétrul Jigme Rinpoché précise : « la posture physique ouvre automatiquement la porte de la sagesse et lui permet de s’élever de façon à ce qu’elle puisse rayonner, briller. Nous nous asseyons par terre ou sur un coussin, jambes entrecroisées afin de nous établir sur le sol de façon vraiment stable et sentir la terre. Nous redressons le dos, ouvrons notre poitrine, la cage thoracique s’offre ainsi au monde et nous nous trouvons alors dans une posture vraiment très élégante, digne. C’est aussi un signe de dignité que de bien placer les épaules, tête relevée, les yeux ni trop ouverts ni trop fermés, le regard juste « passionné », c’est-à-dire le regard de la compassion. Il n’y a rien à faire, tout est complètement ouvert. Et dans cette ouverture on peut simplement être ; être présent ».

Au cours de la méditation, des pensées, des émotions vont s’élever, des difficultés surgir. Afin d’éviter de partir dans des interprétations personnelles ou de s’échapper vers des « chemins de traverse », il est nécessaire de se connecter à la transmission d’une énergie accomplie, d’être accompagné par un guide qui sera notre support d’inspiration. C’est là où le Maître, l’ami spirituel et sa lignée interviennent. Dans le bouddhisme tibétain, le maître est celui qui détient la véritable transmission et c’est justement cette transmission qu’il est important de recevoir. Cette lignée d’expérience s’est perpétuée de façon vivante et ininterrompue depuis le Bouddha jusqu’à nos jours et c’est pourquoi les enseignements sont vivants. Il ne s’agit pas seulement d’un respect nourri par les livres et maintenu par des érudits, mais de l’expérience vivante de tous les maîtres jusqu’à nous. Sans le soutien de l’expérience de la lignée, de celle du maître ou de l’ami spirituel, il manque quelque chose et cela peut devenir compliqué. Car cette transmission ininterrompue est chargée d’une énergie particulière, d’une inspiration qui vont nous toucher et nous aider. C’est pourquoi il est vraiment important d’être guidé par un maître, un ami spirituel.

A partir d’un enseignement de Gyétrul Jigmé Rinpoché

Bouddhisme Actualités
Michèle Béran

Centre Ripa international


http://www.padmaling.ch/





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