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Repartir à zéro

Je suggère que le temps est venu pour une coalition de paix rassemblant tout ceux qui souhaitent apporter la paix à cette planète fatiguée et en grande souffrance.

Par Bernie Glassman

On célèbre ces jours-ci dans le monde juif le Nouvel An juif, et ce sont des jours terribles, des jours d’effroi mêlés de respect. Les tours jumelles ont été détruites à New York, des milliers de personnes sont mortes, les marchés financiers sont en déroute, les entreprises licencient leurs employés par milliers, et on se demande tous où va le monde …

Les faiseurs de paix du monde entier nous disent qu’un grand changement est en train de se produire. Nous savons tous que les Gardes Nationaux ont été appelés, nous entendons parler des mouvements de troupes, de navires de guerre et des avions de combat.

Mais je ne veux pas parler de ce changement là. Je veux parler de la nouvelle réalisation que nous avons qu’aucun endroit sur terre n’est sûr. Certains d’entre nous ont visité des zones de combat ; on a vu des villages africains ravagés par le SIDA et quelques-uns des 30 000 enfants de moins de cinq ans qui meurent de faim ou de maladie tous les jours. Nous savons cela depuis longtemps. Nous n’avions pas à aller très loin : il nous suffisait de visiter quelques bidonvilles en marge de nos grandes villes, ou faire quelques pas dans une de nos forêts attaquées par les pluies acides ou le long d’une de nos rivières pollués pour ressentir la grande fragilité de notre vie. Si tout cela n’était pas encore évident avant le 11 septembre, maintenant nous n’avons plus de doute.

Trois principes servent de base spirituelle à notre communauté des Peacemakers, et ceci quelque soit la tradition religieuse à laquelle nous appartenons : ne pas avoir d’idées préconçues sur les choses (not-knowing), porter témoignage, et l’action désintéressée pour l’amour des autres. Les évènements du 11 septembre nous ont permis de comprendre que nous ne savions pas, comme jamais auparavant. Nous avons été choqués, abasourdis, outragés, terrifiés et désorientés. On ne savait plus que faire, que ressentir, où aller. Notre manière habituelle de vivre en a été complètement bouleversée.

Cela a été un moment horrible mais aussi un moment puissant, car il nous a donné l’occasion de tout remettre à plat et de recommencer à zéro. Et c’est bien ce que beaucoup d’entre nous sont en train de faire. Nous réexaminons notre vie et la vie des autres. Nous portons témoignage : aux inconsolables veuves et veufs, aux parents qui ont perdu leurs enfants et aux orphelins ; aux voix de la haine, de la colère et de la revanche ; et à la voix calme de la raison et à celle de l’amour. C’est comme si les morts terribles de tant de gens, parmi eux des sauveteurs, ont réveillé en nous le pouvoir de l’amour.

Car en portant témoignage surgit l’action aimante, comme celle des pompiers et les policiers qui couraient le long des escaliers pour essayer de sauver des gens, pour finalement périr eux-mêmes. Je crois qu’ils savaient qu’ils étaient en grand danger, qu’ils n’avait aucune garantie qu’ils s’en sortiraient eux-mêmes, et pourtant ils se sont dévoué. Maintenant c’est à notre tour à nous éveiller à cette même réalisation. Qu’allons-nous faire ? Comment allons-nous nous comporter ?

Allons-nous participer à la machine de guerre pour mettre fin à toute guerre ? et au monde entier dans la foulée ! Je suggère que le temps est venu non pour une coalition de guerre mais pour une coalition de paix rassemblant les chefs religieux, les activistes et tout ceux qui souhaitent apporter la paix à cette planète fatiguée et en grande souffrance. Notre Communauté des Peacemakers représente une telle coalition pour la paix.

Il nous faut saisir le moment, reconnaître que la douleur des autres est notre douleur, leur souffrance notre souffrance, leur faim notre faim…, et soulager. Il nous faut apporter des alternatives constructives à la coalition de guerre, en nous engageant dans des dialogues inter-religieux par exemple, et plus spécialement avec nos frères d’Islam ; il nous faut contribuer à mettre en place une solution juste à la violence entre Israéliens et Palestiniens ; il nous faut protéger des sentiments de haine et de revanche les Musulmans vivants parmi nous ; il nous faut examiner les graines de violence où qu’elles apparaissent, quelque soit leurs formes ou manifestations et, avec une foi tranquille et une grande détermination, réparer les injustices, nourrir les affamés, soigner les malades et prendre soin de nos frères et sœurs sur cette planète.

Bernie Glassman

Bernie Glassman est un maître zen dans la lignée de Taizan Maezumi Roshi et le co-fondateur de l’Ordre Zen de la Communauté des Peacemakers. Il est l’auteur de « l’art de la paix », un maître zen engagé dans le monde d’aujourd’hui, Albin Michel 2000 et le co-auteur des « Instruction au cuisinier ».

Traduction Daniel Millès, octobre 2001






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