BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Même rubrique

Treize pièges à éviter quand on invite des artistes étrangers - Edith Sizoo
Construction européenne et ouverture au Sud - Jean Chesneaux
Qu’est-ce que l’éducation au développement ? - Carmelina Carracillo
Faire bouger les mentalités " La coopération décentralisée est idéologique " - Sylvie Barnezet
De l’ american way of life pour tous à la recherche en commun d’alternatives - Jacques Bastin
Voyager pour trouver le Sud - Adélie Miguel Sierra
Peu à peu, une nouvelle coopération apparaît - Gilles Strawczynski
Autres textes
Les trois esprits de Maître Dogen - Harada Sekkei
Soi-même et les autres - Dilgo Kyentsé Rinpoché
Le Sutra du Coeur de la Grande Perfection de Sagesse - Nagarjuna
La relation à l’autre, dans le bouddhisme - Stephen Batchelor
Donner du sens à l’argent : l’épargne solidaire - Michel Dughéra
Zenki : Zen Attitude - Maître Dogen
L’accompagnement, un chemin spirituel - Association Semdrel
Claudine Drion

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Intégration > Société > Solidarité internationale


Que font les ONG ?

Il ne servirait à rien de culpabiliser les gens. Donnons-leur plutôt le goût de comprendre

Par Claudine Drion

C’était en juin 1992, à Rio de Janeiro, au Brésil. Les ONG de toute la planète étaient massivement présentes au Forum global lors de la Conférence de Rio. Déjà réunies à Paris en décembre 1991, pour une première mondiale, des ONG du Nord et du Sud, des ONG de développement et d’environnement s’étaient rencontrées et ont adopté des positions communes. Etait-ce les prémisses de la structuration de la société civile mondiale, dont le moindre des défis ne serait pas de se situer face aux autres acteurs supranationaux économiques ( Banque mondiale, sociétés multinationales, GATT, FMI ) et politiques ( Conseil de sécurité, ONU )... ?

En France, les ONG d’environnement et de développement ont ainsi été amenées à se coordonner et de part et d’autre cela a amener certains changements. La manière dont les ONG d’environnement envisagent les relations Nord-Sud peut apporter une nouvelle approche. A côté de la politique de coopération basée sur les projets au Sud que défendent encore la majorité des ONG de développement, un travail de lobbying sur les entreprises du Nord pourrait être mené. En effet, même si certaines ONG ont une action politique certaine sur leurs gouvernements, elles se sont contentées de critiquer le milieu industriel et la collusion de celui-ci avec le monde politique, sans mener d’actions concrètes à son égard.

Depuis Bhopal, Seveso et Tchernobyl, l’opinion publique est consciente des catastrophes écologiques que certaines entreprises peuvent provoquer. Plus largement les activités industrielles font l’objet d’une préoccupation grandissante quant aux pollutions qu’elles peuvent engendrer. Partant de ce sentiment dans l’opinion, les ONG pourraient mener des actions informant le public des agissements de certaines sociétés au Sud, sur le plan social comme sur le plan de la dégradation de l’environnement : destruction de la forêt tropicale par des compagnies pétroliéres, déplacement de population... Des actions peuvent être envisagées pour faire pression sur ces entreprises, comme des boycotts de produits, des campagnes de dénonciation, des prises de participation de capital pour avoir la possibilité de s’exprimer aux assemblées...

Un autre type d’action possible consiste à dénoncer les menaces sur les droits de l’homme que certaines entreprises font peser sur des populations. Une ONG internationale, le FIAN ( Food International Action Nerwork ), s’est spécialisée dans l’action pour le droit à l’alimentation. Des actions d’envoi de lettres, telles celles d’Amnesty international, sont déclenchées lorsque ce droit est menacé par un pouvoir public ou privé par une entreprise. Aucun don d’argent n’est fait aux associations du Sud : il s’agit d’une action strictement basée sur la pression de l’opinion publique. Bien sûr, le droit à l’alimentation est très lié au respect de l’environnement puisqu’il s’agit souvent de pollutions, expropriations, destruction de la forêt...

Contrôle démocratique

Depuis le début des années septante, et sous l’impulsion des Etats-Unis, l’économie et les finances mondiales sont tombées sous les diktats de ces enceintes pour le moins libre-échangistes et non démocratiques ! Les Etats eux-mêmes, au Sud et maintenant à l’Est, mais aussi au Nord, sont dépossedés du contrôle sur ces instances supra-nationales.

Après avoir dénoncé les conséquences dramatiques de la dette pour les populations et l’environnement, les pays du Sud, d’Amérique latine d’abord, ont attiré l’attention des ONG sur cette nouvelle donne du pouvoir mondial... Mais la riposte est lente et la société civile, au Nord comme au Sud et à l’Est, ne voit pas encore les leviers sur lesquels peser pour exercer un contrôle démocratique sur ces instances.

A cet égard, on peut considérer les sommets économiques alternatifs ( Berlin, Paris, Bruxelles ), les mobilisations organisées en marge du sommet de Rio et l’activité croissante de recherche critique et de résistance au GATT et à l’Organisation mondiale du commerce comme des jalons de ce qui devrait aboutir à la mise sur pied d’un contr™le plus démocratique,à l’échelon international, de ces institutions.

C’est techniquement possible, faut-il le faire ?

Dans l’important rôle éducatif que jouent les ONG, la découverte d’autres cultures est sans doute un aspect essentiel. Or, s’il y a bien une valeur que l’Occident a perdu et que l’on trouve encore bien vivante -par la force des choses souvent- dans d’autres civilisations, c’est celle de l’autolimitation.

Imposée par les ressources naturelles disponibles ou le niveau des techniques, par une croyance religieuse, la régulation sociale ou par une certaine vision du monde, beaucoup de cultures non-occidentales attachent une valeur essentielle à la capacité individuelle ou collective de l’autolimitation.

Chez nous, il semble que plus rien ne nous donne de limites. Que ce soit dans le domaine des manipulations génétiques, ou la production d’énergie nucléaire, dans les standards de consommation, dans les prouesses techniques ou sportives : pour le meilleur ou pour le pire, il semble que nous n’ayons pas de raison d’arrêter quoi que ce soit.

Ni l’éthique, ni les répercussions pour les générations futures, ni la diminution des ressources naturelles, ni même parfois certaines conséquences sociales ne semblent capables de résister à la doctrine du progrès." Si c’est techniquement possible, il faut le faire ! ", ainsi pourrait-on caractériser l’attitude que nous adoptons en jouant aux apprentis-sorciers.

Or le défi que pose aujourd’hui notre propre survie nous oblige à envisager certaines limites, pour diminuer les émissions de CO2, pour éviter les dérives du génie génétique, pour permettre à tous une vie décente. En se mettant à l’écoute de ce que d’autres cultures ont à nous dire, peut-être pourrons-nous découvrir le sens que peut avoir l’autolimitation pour nous, aujourd’hui.

A contre courant

De par leurs contacts avec les réalités du Sud, les ONG sont bien placées pour donner des exemples concrets d’inter-relations entre les comportements des populations du Nord et les situations vécues au Sud. Si cela s’est déjà fait dans les années septante dans les grandes dénonciations de l’impérialisme occidental et du pillage du tiers monde, aujourd’hui le besoin d’une éducation systémique se fait cruellement sentir.

En effet, pour ne pas exporter nos déchets, que faire sinon en produire moins ? Pour laisser au Sud la possibilité d’un développement industriel, ne faut-il pas réduire nos propres émissions de CO2 ?... Pour arrêter la déforestation, nous voilà amenés à utiliser du papier recyclé, et à consommer moins de viande...

Nous voilà amenés à une consommation responsable, certes à contre courant du matraquage publicitaire dans lequel nous bai

gnons. Il ne servirait à rien de culpabiliser les gens, mais donnons-leur plutôt le goût de comprendre ces liaisons et de se sentir responsables de notre avenir à tous .

par Claudine Drion, formatrice à l’Institut d’éco-pédagogie et au Monde selon les femmes

Juin 2001

Iteco
2, rue Renkin
B - 1030 Bruxelles
Tél (32 2) 243 70 30 - fax (32 2) 245 39 29


http://www.globenet.org/iteco





Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling