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Prière interreligieuse

Tandis que nous évoluons vers des rencontres toujours plus profondes par la prière interreligieuse, nous pourrions vivre cela comme un pèlerinage où nous réalisons que la prière en elle-même est une voie ouverte, comme un signe pointant vers le mystère de Dieu.

Par DIMMID

Réflexions théologiques sur la prière interreligieuse

(Bose, Italie, sept. 1997)

On se rend compte aujourd’hui de plus en plus, que notre monde est marqué par la pluralité en matière religieuse. Des personnes de religions différentes se rencontrent et réfléchissent sur la signification de la diversité religieuse. Parfois naît le désir d’une rencontre à un niveau plus profond, un niveau qu’on a pris l’habitude d’appeler ‘prière interreligieuse’.

A partir de la simple réalité d’une vie partagée par des personnes d’appartenances religieuses différentes, que ce soit dans le cadre familial ou dans le voisinage, se fait sentir un appel à partager les uns avec les autres la vie et la spiritualité. Des célébrations d’événements vécus en commun, comme le mariage et d’autres cérémonies, mais aussi des calamités et des catastrophes naturelles, peuvent amener des personnes d’appartenances religieuses différentes à entrer dans une expérience de prière interreligieuse.

Partant de là, le Bureau des Relations Interreligieuses du Conseil Oecuménique des Eglises et le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, ont décidé, en 1994, d’examiner la question du culte et de la prière interreligieux. Ils ont envoyé un questionnaire à des églises, des centres d’études et des institutions théologiques. Lors d’une consultation organisée conjointement par le CPDI et le BRI au centre oecuménique chrétien de Bangalore en Inde, en juillet 1996, les participants ont échangé leurs expériences de prière et de méditation interreligieuse.

Le document que nous présentons est le résultat d’une nouvelle consultation qui a eu lieu à la Communauté de Bose, près de Magnano, en Italie, du 25 au 29 septembre 1997. Il présente, à partir d’un point de vue chrétien, quelques réflexions théologiques et des suggestions pratiques sur la prière interreligieuse. Nos réflexions ne prétendent nullement être définitives mais invitent plutôt à poursuivre la réflexion. Suite aux recommandations de la consultation de Bangalore, nous avons, lors de la présente consultation, examiné les perspectives bibliques de la prière interreligieuse ainsi que ses implications théologiques et pastorales.

Perspectives bibliques

Dans la Bible, nous rencontrons Dieu comme créateur du monde entier, un Dieu de justice, de pitié, d’amour et de paix au milieu des vicissitudes de la vie. Nous voyons Jésus-Christ comme Fils de Dieu réconciliant l’humanité avec le Père et les hommes entre eux. Nous rencontrons le Saint Esprit qui donne et qui soutient la vie, lui, la véritable source de la prière et de l’intercession.

Dans le Saint Esprit, nous sommes appelés à devenir disciples du Christ, suivant le chemin de la croix dans lequel le double commandement de l’amour est non seulement symbolisé mais encore réalisé : la poutre horizontale représentant l’amour entre les hommes, et la poutre verticale figurant l’amour entre Dieu et nous, l’une ne pouvant exister sans l’autre. Dieu est amour. L’amour pour Dieu et l’amour pour le prochain ne pouvant être séparés. Dieu est lumière et nous engage dans un combat contre les ténèbres, le mal et l’injustice, nous invitant à passer de l’obscurité à la lumière. Dieu veut nous libérer de nos idoles et que nous rencontrions les autres avec humilité et ouverture. Dieu nous appelle à aimer chacun, même nos ennemis. La prière interreligieuse peut être envisagée comme une manière de pratiquer l’amour du prochain et de tendre, dans un commun effort, vers la construction d’un monde plus pacifique et plus juste.

Lorsque nous écoutons attentivement la Parole de Dieu, nous découvrons au moins deux manières de parler de la prière dans d’autres traditions religieuses.

La Bible nous enseigne que Dieu, dans sa bonté, a parlé avec des êtres humains et a conclu avec eux des alliances depuis les premiers commencements et tout au long des âges de l’histoire humaine. Une tradition, qui remonte aux commencements de l’Eglise, nous rapporte plusieurs alliances : avec Adam et Eve, avant le déluge, du temps de Noé, après le déluge, du temps de Moïse avec le don de la loi et, finalement l’alliance en Christ qui introduit l’humanité dans une nouvelle proximité avec Dieu.

La Bible mentionne également des êtres humains qui répondent à Dieu par des prières et des sacrifices qui lui plaisent, comme dans les histoires d’Abel, de Noé et de Melchisédech. Dans une telle prière authentique, les chrétiens peuvent reconnaître et apprécier le travail de l’Esprit Saint. Sans compter la tradition biblique de l’hospitalité sacrée qui devrait nous encourager à une ouverture généreuse envers les fidèles d’autres religions.

Ces perspectives bibliques, brièvement mentionnées ici, peuvent fournir la base d’une approche fondamentalement ouverte aux expressions variées de prières telles qu’on peut les trouver dans les différentes traditions du monde. Toutefois, le message biblique a aussi une autre dimension que l’on retrouve dans les deux Testaments et qui met en garde contre un culte qui encouragerait l’idolâtrie et qui blesserait la dignité humaine.

Cette mise en garde adressée avant tout au peuple de Dieu à propos de son propre culte, exige de nous tous un sens aigu de prudence, de discernement et de courage afin de ne pas céder à des formes de culte et de prière qui défigurent l’image de Dieu et font du tort au tissu moral et social de la communauté et de la société humaine. Aux yeux des chrétiens, la Bible oriente les regards vers Jésus-Christ comme étant la pleine révélation de Dieu. Il nous a appris à prier en son nom et à partager sa relation avec le Père. Son Evangile inspire notre prière aussi bien que notre vie, de telle sorte que, vivant avec lui, nous priions toujours avec lui et par lui dans l’Esprit.

Horizons théologiques

La prière est un phénomène universel qui embrasse une diversité d’expressions religieuses. Bien que dans chaque tradition religieuse, on trouve la prière et la méditation sous une forme ou une autre, toutes les prières ont leur caractère particulier et unique ; les prières de quelque tradition religieuse que ce soit ne sont pas simplement les variantes d’une même espèce même si, prises en elles-mêmes, elles communiquent un sens et une intuition qui dépassent leur propre contexte religieux.

La prière révèle plusieurs dimensions de spiritualité et de vie religieuse qui peuvent fournir des points de contact pour la prière interreligieuse. La prière sert comme occasion de communication spirituelle. Elle peut également offrir la possibilité d’une rencontre critique et réflexive avec soi-même et d’une prise de conscience de la contingence humaine. L’humilité et le sens de la dépendance de l’Autre, voilà le principal.

La prière est à la fois expérience personnelle et événement communautaire. Elle a lieu dans le contexte d’une communauté religieuse dont elle est la respiration spirituelle. Comme événement communautaire, la prière peut servir à manifester et à affirmer une identité particulière :une prière est toujours la prière d’une religion particulière appartenant d’ailleurs souvent à une tradition identifiable en rapport avec une communauté particulière de cette religion. Comme événement personnel, la prière est privée et intime. L’acte de prier révèle l’identité religieuse et indique un engagement et un choix. La personne en prière est vulnérable, dès lors le contexte de la prière comme intimité sacrée demande toujours et partout, à être respectée.

La prière a de multiples facettes : il y a beaucoup de manières de prier. Elle revêt de multiples formes comprenant l’engagement personnel, l’attente méditative, le repos dans l’obscurité de l’abandon ; elle embrasse tout à la fois l’expression joyeuse et la lamentation angoissée. Pour les chrétiens, la prière est une réponse à la parole de Dieu qui toujours la précède.

Une perspective chrétienne de la prière percevra le Christ comme l’icône de la Divinité, à la fois base théologique et horizon de la prière. Comprendre la prière à la manière chrétienne c’est commencer par apprendre du Christ lui-même, spécialement quand Il nous enseigne le Notre Père. Ainsi donc, une perspective chrétienne sur la prière se fonde sur l’exemple et l’enseignement du Christ lui-même. Nous regardons la prière interreligieuse comme le partage du ‘gémissement de toute la création’ qui soupire après la plénitude du salut et de la libération, prenant sa part des ‘gémissements de l’Esprit’, cet Esprit qui nous soutient dans notre faiblesse puisque nous ne savons comment prier.

La prière interreligieuse est une expression du rassemblement de tous les ‘enfants de Dieu dispersés’. C’est partager l’itinéraire commun vers l’accomplissement du Royaume de Dieu.

Les réflexions sur le caractère universel de la prière et sur la notion particulière de la prière du Christ permettent aux chrétiens de partager la prière des autres dans la confiance et l’espérance. Prier ensemble est une invitation à l’amitié, au partage de la réalité du Dieu aimant qui nous crée, nous sauve et nous soutient. C’est une invitation à entrer dans le mystère de ce Dieu qui est au-delà de l’appréhension intellectuelle humaine, au-delà de l’entendement. C’est un signe de l’unité de l’humanité. Nous reconnaissons la réalité de la diversité religieuse qui constitue pour nous un mystère théologique.

La prière interreligieuse peut être vue comme un pont relationnel : entre des peuples, entre des communautés de foi, entre des religions. Une telle prière n’est pas simplement le but du dialogue mais peut être considérée comme le point de départ de l’engagement dialogal. La prière interreligieuse peut nous conduire à reconnaître la présence du sacré dans l’expérience religieuse de l’autre.

La réflexion théologique identifie deux formes principales de prière interreligieuse : une première forme en réponse à des sollicitations extérieures, l’autre se réalisant à l’intérieur d’une communauté religieuse.

La première forme de prière interreligieuse est occasionnée par une situation extérieure , elle est ‘orientée vers le dehors’ où on peut discerner à la fois des besoins humains et une impulsion de l’Esprit qui appelle une réponse priante. Cette prière répond à des occasions de crises communautaires et d’autres événements significatifs appelant une réponse religieuse ; en d’autres circonstances, ce sont des célébrations civiles qui fournissent l’occasion d’insérer quelque élément ou contribution d’ordre religieux. La raison d’être de la participation légitime des chrétiens dans des événements ‘interreligieux’ et ‘multireligieux’ repose sur l’impératif évangélique de l’amour du prochain : servir, être solidaire, affirmer et prendre un soin pastoral de l’oecumene de Dieu.

La deuxième forme de la prière qui naît d’une situation d’accueil mutuel ou d’hospitalité vise les occasions où l’on est soit l’hôte qui reçoit soit celui qui est reçu. La raison d’être théologique repose sur cette conviction que, partout et toujours, nous sommes tous hôtes du Divin, que, quoi que nous fassions à notre prochain, nous le faisons à Dieu ; et qu’en effet Dieu, en Christ, marche devant nous et vient à nous sous l’habit du voisin et de l’étranger.

Un engagement interreligieux qui découle de l’hospitalité contient en lui-même une relation asymétrique. Ni à l’hôte ni à son invité, on ne demande de se renier soi-même. Chacun prend des risques et accepte d’être vulnérable. Il y a des limites que l’on prévoit et que l’on accepte et des paramètres à l’intérieur desquels un engagement authentique peut avoir lieu ; si les règles sont respectées, l’intégrité mutuelle est sauve.

Réflexions pastorales

La réponse chrétienne à la réalité de la rencontre interreligieuse varie de lieu en lieu. C’est un fait notoire que des missions chrétiennes étaient connues pour leur ignorance des autres appartenances religieuses. Or le respect pour les appartenances religieuses différentes est crucial pour la qualité de notre existence conviviale. En même temps, dans notre quête commune de la vérité, nous devrions accepter de nous stimuler mutuellement dans un esprit de confiance et d’enrichissement mutuel.

Nous croyons à l’interconnexion de notre vie de prière avec la vie de rencontre qui crée des contacts avec nos frères et soeurs de différentes confessions avec qui nous partageons la vie et le soin les uns des autres.

Notre participation à la prière interreligieuse ne nie pas notre engagement à proclamer l’événement ‘Christ’. Notre expérience de prière partagée est bien plutôt une partie de notre proclamation du Christ et de notre vie en Lui. Notre prière avec des personnes d’autres confessions exprime, au contraire, notre désir de franchir les barrières et les préjugés qui nous opposent les uns aux autres et de laisser s’épanouir cette vie que Jésus apporte au monde.

Participation aux cultes respectifs

Il est clair que cette participation se fait sur invitation, invitation qui n’est pas supposée acquise d’avance. Se rendre là où l’autre prie c’est comme se rendre à son domicile ; on ne doit pas faire irruption sans être invité - une invitation reçue ou requise et acceptée d’avance permettra à la communauté d’accueil de se préparer à recevoir ses hôtes. Quand on assiste au culte d’une autre communauté, une présence respectueuse est recommandée. Elle se définit comme une attention à l’expression symbolique d’autres communautés religieuses. Quand des chrétiens reçoivent leurs hôtes qui sont membres de communauté d’appartenances religieuses différentes, ils ménageront leurs sensibilités mais ils seront prêts également à témoigner de leur propre foi par l’expression liturgique. Il faut en tout cas rester conscient que des communautés de foi ont leurs règles et leurs traditions propres. L’observance de ces traditions ne doit pas être ressentie comme quelque chose de choquant, même si cela impose aux hôtes certaines restrictions.

Prière multireligieuse

Par là on entend une cérémonie ou une occasion au cours de laquelle des prières de différentes confessions de foi sont juxtaposées ou présentées l’une après l’autre. Pendant que les représentants d’une communauté expriment leurs prières, les autres participants écoutent dans un silence respectueux. De pareilles occasions naissent spontanément ou peuvent être programmées à l’avance. Dans ce dernier cas, ces services religieux doivent être préparés sur une base multireligieuse. Chaque participant doit connaître d’avance le déroulement de l’office pour que d’éventuels éléments choquants puissent être évités. L’attitude de base est celle d’un respect total pour l’intégrité de chaque communauté de foi. Ce qui n’implique pas l’acceptation de tout ce qui est exprimé ou exécuté ni l’indifférence à la vérité. On veillera particulièrement à éviter deux écueils : que le service religieux ne devienne un pur spectacle ou ne soit l’occasion de rivalités malsaines. Il faut avant tout favoriser un véritable climat de prière.

Et ceci peut y contribuer : quand les prières qui composent cet office ne sont pas choisies au hasard mais plutôt suivant un thème peut-être suggéré par un événement ou un souci partagé. D’un point de vue chrétien, le sens de l’unité qui peut en résulter peut être envisagé comme un témoignage à l’action de l’Esprit Saint.

Prière interreligieuse commune

L’intention ici est de construire un plan de prière où tous sont invités à entrer. Ces offices de prières seront préparés avec le même soin que les prières multireligieuses. Avec plus de soin même car il sera peut-être difficile de trouver des expressions de prière agréées de tous. On peut demander à certains membres de différentes communautés de foi de présider afin que d’autres croyants puissent réciter la prière avec eux. Des psaumes, des chants, des poèmes d’une nature plus universelle peuvent parfois convenir. On peut aussi utiliser la musique, le silence et des symboles à signification universelle tels que l’eau, le feu, la lumière, etc.

En tous ces cas, le danger existe de réduire la prière au plus petit commun dénominateur et de perdre la richesse propre à chaque tradition. Dans cette approche réductionniste, on sacrifie le particulier au bien de l’harmonie générale. A mesure que grandit la confiance entre les communautés, elles seront sans doute davantage prêtes à accepter que l’on fasse un usage plus étendu de prières et d’actions symboliques typiques de leurs traditions de fois respectives.

C’est peut-être difficile de tirer une ligne dure et ferme entre ces différents types d’offices interreligieux. Il peut y avoir des allers et retours entre les deux. Dans la prière multireligieuse, il pourrait y avoir des moments où tous les participants sont unis dans quelque réponse ou action symbolique alors que dans une prière interreligieuse commune, on pourrait permettre à des communautés de fois particulières de fournir une contribution spécifique.

Il importe de reconnaître l’ambiguïté du langage et des symboles utilisés dans les prières des personnes des différentes professions de foi. C’est l’être entier qui est concerné par la prière et cela donne lieu à des mouvements corporels et à des postures particulières dont certaines peuvent être le bien commun de plusieurs religions, d’autres relevant de traditions particulières. Il faut voir qu’il y a ici un défi ou une invitation à s’ouvrir à de telles formes et postures diverses et à les considérer comme une source possible d’enrichissement pour la spiritualité qu’on représente.

De même que la prière transforme nos vies, ainsi la prière interreligieuse devrait avoir un impact positif sur la vie et les relations dans nos communautés. Tandis que nous évoluons vers des rencontres toujours plus profondes par la prière interreligieuse, nous pourrions vivre cela comme un pèlerinage où nous réalisons que la prière en elle-même est une voie ouverte, comme un signe pointant vers le mystère de Dieu.

Pro Dialogo, 1998/2

Septembre 1997

DIMMID
Commissions pour le Dialogue Interreligieux Monastique
Pierre-François de Béthune
Monastère de Clerlande B-1340 Ottignies Belgique
Tél. : 32 010 42 18 33 - Fax 32 010 41 80 27


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