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LES BRÈVES
Première biographie de Bouddha par Marco Polo (1271-1295)

dimanche 8 juin 2003


« lls le tiennent pour le meilleur homme du monde, et qui fut saint selon
leur croyance ; et fut fils, selon leur dit, d’un Roi grand et riche qu’ils
avaient ; et fut de si bonne vie qu’il ne voulut jamais se mêler des
affaires mondaines, ni être Roi. Et quand son père vit qu’il ne voulait pas
être Roi ni se mêler d’aucune affaire, il en eut grande colère et le tenta
par de grandes promesses. Mais il ne voulait rien entendre, et le père en
avait très grande douleur, et aussi parce qu’il n’avait nul autre fils à
qui il pût laisser son royaume après sa mort. Le Roi, ayant réfléchi, fit
faire un grand palais et fit mettre là son fils ; et le faisait servir par
un grand nombre de pucelles, les plus belles qu’il avait pu trouver ; et
leur commanda qu’elles jouassent avec lui, tout le jour et toute la nuit,
et qu’elles chan- tassent et dansassent devant lui afin que son cœur puisse
se laisser prendre aux choses mondaines. Et vous dit qu’il était si sérieux
damoiseau que jamais il n’était sorti du palais et n’avait jamais vu un
homme mort ni nul autre qui ne fût sain dans ses membres, car le père ne
lui laissait voir aucun voyageur ni aucun homme. Or, il advint que ce
damoiseau, chevauchant un jour sur un chemin, vit un homme mort, et il en
fut tout étonné, parce qu’il n’en avait jamais vu aucun. Et le voilà qui
demande à ceux qui étaient avec lui ce que c’était ; et ils lui dirent que
c’était un mort.

Comment ? fit le fils du Roi. Tous les hommes meurent donc ?

Oui, voirement, ils meurent... Et ne dit rien le damoiseau, mais il
continua à chevaucher. : tout pensif. Et après avoir chevauché quelque
temps, il rencontra un très vieil homme qui ne pouvait marcher et n’avait
dent en bouche, les ayant toutes perdues de vieillesse. Et quand le fils du
Roi vit ce vieillard, il demanda quelle chose c’était et pourquoi il ne
pouvait marcher. Et ceux qui étaient avec lui dirent que la vieillesse
l’empêchait de marcher et lui avait fait perdre ses dents ; et quand le
fils du Roi eut entendu cela du mort et du vieil homme, il revint dans son
palais et se dit à lui même qu’il ne resterait plus dans ce triste monde et
qu’il irait à la recherche de celui qui ne meurt jamais. Si bien qu’une
nuit, il sortit tout seul du palais et s’en alla dans de grandes montagnes
très écartées. Et il demeura très honnêtement, et menait âpre vie, et
faisait grande abstinence, comme s’il avait été Chrétien. Car si il l’avait
été, à cause de la bonne et honnête vie qu’il menait, il aurait été un
saint comme Nôtre- Seigneur Jésus-Christ. Et quand il fut mort, il fut
trouvé et apporté à son père. Et quand le père vit mort celui qu’il aimait
plus que lui-même, il s’en fallut de peu qu’il ne devînt fou de douleur. Et
il fit faire à sa ressemblance une image d’or et de pierres précieuses, et
le faisait adorer par tous ceux du pays. Et ils disaient tous qu’il était
dieu, et ils le disent encore. Et ils disent qu’il mourut
quatre-vingt-quatre fois : la première il mourut homme, et puis devint
bœuf, et bœuf il mourut, et devint cheval. Et mourut quatre-vingt-quatre
fois, et chaque fois d’une autre espèce de bête. Et la dernière fois qu’il
mourut, il devint dieu, selon ce qu’ils disent. Et ils le tiennent pour le
plus grand dieu qu’ils aient. Et, comme ils disent, ainsi fut faite la
première idole que les idolâtres ont jamais eue, de telle sorte que toutes
les autres idoles sont descendues de celle-là. Et ce fut dans l’île de
Ceylan, dans l’Inde. Et vous dis encore que les Sarrasins viennent de très
loin en pèlerinage à son tombeau, et ils disent que c’est celui d’Adam. Et
les idolâtres y viennent aussi de très loin en pèle- rinage à grande
dévotion, comme les Chrétiens vont à Saint- Jacques, en Galice : et ils
disent que c’est le fils du Roi, comme je vous ai dit et conté. Et sont
encore sur la montagne les cheveux et les dents et l’écuelle de celui qui y
vécut, qu’ils appel- lent Sagamoni. Mais ce qu’il fut vraiment, Dieu seul
le sait, car, selon la Sainte Écriture de notre Église, le monument d’Adam
n’est pas en cette partie du monde. »

Marco Polo

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