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Pourquoi sommes nous ici ?

"Attahi atano natho" Faites de vous même un refuge pour vous même".

Par Ajahn Chah

A cette retraite de pluie je n’ai pas beaucoup de forces. Je ne vais pas bien et je suis venu sur cette montagne pour avoir un peu d’air frais. Les gens viennent me voir, mais je ne peux pas vraiment les recevoir comme d’habitude, j’ai un peu perdu le souffle. Vous pouvez le considérer comme une bénédiction que ce corps soit encore assis là comme vous pouvez tous voir. C’est une bénédiction en soi. Bientôt vous ne pourrez plus le voir. Le souffle sera terminé et la voix disparue. Ils vont dépendre des conditions favorables ou défavorables, comme toute chose composée. Le Seigneur Bouddha l’appelait khaya vayam, le déclin et la dissolution de tout phénomène conditionné.

Comment parviennent-ils au déclin ? Imaginez un morceau de glace. A l’origine c’était simplement de l’eau. Elle a été gelée et est devenue de la glace. Mais cela ne dure pas - bientôt le bloc dégèle. Si vous prenez un gros morceau de glace, grand comme ce magnétophone et l’exposez au soleil, vous pouvez voir comme il se détériore, tout comme le corps. Il va se désintégrer petit à petit. Dans peu de temps tout ce qui restera est une flaque d’eau. Ceci s’appelle khaya vayam, le déclin et la dissolution de toute chose composée. C’est comme cela depuis bien longtemps, depuis le début du monde. Quand nous naissons, nous apportons ce phénomène avec nous, inhérent à notre corps. Nous ne pouvons pas l’éviter. Dès la naissance nous apportons la vieillesse, la maladie et la mort.

Donc c’est pour cela que le Bouddha a enseigné khaya vayam, le déclin et la dissolution de toute chose composée. Tout les gens maintenant assis dans cette salle, les moines, les novices, les hommes laïque et les femmes laïques, sont sans exception des "tas de matière en détérioration". Pour l’instant le tas de matière est dur, comme le morceau de glace. Il commence comme l’eau, devient glace pour un moment et redevient eau ensuite. Pouvez vous voir ce déclin en vous même ? Regardez ce corps. Il vieillit chaque jour... les cheveux vieillissent, les ongles vieillissent, tout vieillit !

Vous n’étiez pas comme cela avant, n’est ce pas ? Vous étiez probablement plus petit. Maintenant vous êtes devenu adulte et arrivé à l’âge mûr. A partir de maintenant vous allez suivre le chemin du déclin exactement comme le morceau de glace. Bientôt, tout aura disparu comme la glace qui a fondu.

Tous les corps sont composés des quatre éléments : terre, eau, air et feu. Un corps est un assemblage de ces éléments et ce sommes nous qui l’appelons une personne. A l’origine c’est difficile de lui trouver un nom, mais maintenant nous l’appelons ’’une personne". Nous nous entichons ’ dire que c’est un homme, une femme. Nous donnons des noms comme Monsieur, Madame et ainsi de suite, pour que nous puissions les différencier l’un de l’autre plus facilement. Mais en fait il n’existe pas de personne. Il y a juste de la terre, de l’eau, de l’air et du feu. Quand ces éléments sont réunis sous cette forme connue nous appelons le résultat une "personne". Mais ne vous enthousiasmez pas. Si vous regardez profondément il n’y a personne.

Ce qui est solide dans le corps, la chair, la peau, les os ainsi de suite, est appelé l’élément de terre. Les aspects du corps qui sont liquides sont l’élément d’eau. La chaleur dans le corps est l’élément feu. Quant à l’air qui fouette à travers le corps c’est l’élément vent.

Les gens ignorent ces choses. Certains vont à Wat Ba Pong, dans la grande salle et ils voient les squelettes... et ressortent en courant ! Ils ne supportent pas cette vue. Ils ont peur - peur des squelettes. Je suppose que ces gens ne se sont jamais vus auparavant.

Peur des squelettes... ils ne réfléchissent pas sur la grande valeur d’une squelette. Pour arriver au monastère, ils ont du venir en voiture ou à pied... s’ils n’avaient pas d’os comment auraient-ils pu venir ? Auraient-ils été capable d’aller et de venir comme cela ? Mais ils font leur tour en voiture à Wat Ba Pong, entrent dans la grande salle, voient les squelettes, et sortent immédiatement en courant ! Ils n’ont jamais vu une telle chose auparavant. Ils naissent avec mais ne l’ont jamais vue. C’est une chance pour eux qu’ils aient l’occasion d’en voir un maintenant. Même les personnes âgées voient le squelette et sont effrayés... Ceci montre qu’ils ne sont pas du tout en contact avec eux mêmes, ils ne se connaissent pas vraiment. Peut-être qu’ils rentrent chez eux et ils ne peuvent plus dormir les trois, quatre jours qui suivent... bien qu’ils dorment avec un squelette ! Ils s’habillent avec, prennent les repas avec, font tout avec... et quand même, ils en ont peur.

Ceci montre que les gens ne sont pas en contact avec eux même. C’est pitoyable ! Ils regardent toujours en dehors, les arbres, les autres gens, les objets extérieurs, disant "ceci est grand", "cela est petit", "ceci est de petite taille", "cela est immense". Ils sont tellement préoccupés à observer d’autres choses qu’ils ne se voient jamais eux même. Franchement, les gens sont vraiment pitoyable. Ils n’ont aucun refuge.

Dans les cérémonies d’ordination les ordonnés doivent apprendre cinq thèmes de base de la contemplation du corps : kesa, les cheveux de la tête ; loma, les poils du corps ; nakha, les ongles ; danta, les dents ; taco, la peau. Certains étudiants et gens instruits pouffent de rire quand ils entendent cette partie de la cérémonie de l’ordination... ’’Qu’est-ce le Ajahn essaye de nous apprendre là ? Il nous apprend quelque chose sur les cheveux alors que nous les avons depuis toujours. Il n’a pas besoin de nous instruire sur cela, nous le savons déjà. Pourquoi se préoccuper de nous apprendre quelque chose que nous savons déjà ?" Les gens stupides sont comme cela, ils pensent qu’il sont déjà capables de voir les cheveux. Je leur dis que quand je dis "voir les cheveux" je veux dire les voir vraiment comme ils sont. Voir les poils comme ils sont vraiment, voir les ongles, les dents et la peau comme ils sont vraiment. C’est ce que j’appelle "voir". Il ne s’agit pas de voir d’une manière superficielle mais de voir conforméent à la vérité. Nous ne serions pas si préoccupés par les choses, si nous pouvions les voir comme elles sont vraiment. Cheveux, ongles, dents, peau, comment sont ils vraiment ? Sont ils jolis ? Sont ils propres ? Ont ils vraiment une substance réelle ? Sont ils stables ? Non... rien de tout cela. Ils ne sont pas jolis, mais nous nous imaginons qu’ils le sont. Cheveux, ongles, dents, peau... les gens sont vraiment accrochés à ces choses-là. Le Bouddha a établi ces choses comme un sujet de contemplation, il nous a appris à les connaître. Elles sont impermanentes, pleines de souffrance et ne nous appartiennent pas ; elles ne sont pas "moi" ou "eux". Nous sommes nées avec et trompés par ces choses, et elles peuvent vraiment être dégoûtantes. Supposons que nous ne prenions pas de douche pendant une semaine. Pourrions nous supporter d’être près l’un de l’autre ? Nous sentirions vraiment mauvais. Quand un grand groupe de gens travaillent durement et qu’ils transpirent beaucoup, l’odeur est épouvantable. Nous rentrons à l maison et nous nous frottons au savon et à l’eau et l’odeur s’apaise quelque peu, le parfum du savon la remplaçant. Frotter le corps avec du savon semble le parfumer, mais en fait la mauvaise odeur est toujours là. Elle n’est que supprimée temporairement. Quand l’odeur du savon disparaît, celle du corps revient.

Maintenant nous avons tendance à penser que ces corps sont jolis, délicieux, durables et solides. Nous avons tendance à penser que nous n’allons jamais vieillir, être malade ou mourir. Nous sommes charmés et trompés par le corps, et comme cela nous restons ignorants du vrai refuge en nous même. Le vrai lieu de refuge est l’esprit. L’esprit est notre véritable refuge. Cette salle est peut-être grande, mais elle ne peut pas être un vrai refuge... des pigeons et des lézards y prennent habitent. Nous pensons que la salle nous appartient, mais ce n’est pas vrai. Nous vivons ensembles ici avec tout le reste. Ceci est seulement un abri temporaire et bientôt nous devrons le quitter. Les gens prennent ces abris pour un refuge.

Le Bouddha nous a enseigné de trouver notre vrai refuge. Cela signifie de trouver votre véritable cœur. Ce cœur est très important. En général, les gens ne font pas attention aux choses importantes et ils passent leur temps à regarder des choses sans importance. Par exemple, quand ils font le ménage dans leur maison, ils ont tendance à nettoyer la maison, faire la vaisselle ainsi de suite, mais ils ne notent pas leur propre cœur. Celui-ci peut être corrompu, ils peuvent être en colère en faisant la vaisselle avec une expression de mécontentement. Ils ne voient pas que leurs propres cœurs ne sont pas très propres. C’est ce que j’appelle "prendre un abri temporaire pour un refuge". Ils embellissent leurs maisons, mais ne pensent pas à embellir leurs propres cœurs. Ils n’examinent pas la souffrance. Le cœur est la chose qui importe. Le Bouddha enseigne que nous y trouvons un refuges :

’’Attahi atano natho" Faites de vous même un refuge pour vous même".

Qui d’autre pourrait être votre refuge ? Le véritable refuge est ce cœur, rien d’autre. Vous pouvez toujours essayer de dépendre d’autre chose, mais ce n’est pas très sûr. Vous pouvez seulement dépendre d’autre chose si vous avez déjà un refuge en vous même. Il faut avoir votre propre refuge avant de dépendre d’autre chose, comme d’un professeur, de la famille ou d’amis.

Alors vous tous, laïques et moines qui êtes venus me rendre visite aujourd’hui, je vous prie de prendre cette enseignement en considération. Posez vous la question, "Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici ?" Demandez vous, "Pourquoi suis-je né ? "Il y a des gens qui ne le savent pas. Ils veulent être heureux, mais la souffrance ne s’arrête pas. Riches ou pauvres, jeunes ou vieux, ils souffrent tous. Tout est souffrance. Et pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas de sagesse. Les pauvres sont malheureux parce qu’il n’ont pas assez, et les riches sont malheureux parce qu’ils a trop de choses desquelles ils doivent prendre soin.

Dans le passée, étant un jeune novice, je donnais cours de Dhamma (enseignement du Buddha). J’ai parlé du bonheur, de la richesse et des possessions, d’avoir des serviteurs ainsi de suite... d’avoir cent servants masculins, cent servants féminins, cent éléphants, cent vaches, cent buffles... une centaine de chaque ! Les laïques ont vraiment tout avalés. Mais imaginez être responsable de cent buffles. Ou de cent vaches, de cent servants masculins etc... pouvez vous vous imaginer de vous occuper de tout cela ? Serait-ce amusant ? Les gens ne voient pas les choses sous cet angle là. Ils ont le désir de posséder... de posséder les vaches, les buffles, les servants... par centaines. Mais moi je pense que cinquante buffles seraient déjà de trop. Déjà enrouler les cordes de tous ces bêtes. C’est trop ! Mais les gens ne prennent pas cela en considération, ils pensent seulement aux plaisir d’acquérir. Ils ne considèrent pas les problèmes que cela implique.

Si nous n’avons pas de sagesse, tout autour de nous sera une source de souffrance. Yeux, oreilles, nez, langue, corps et esprit... Les yeux ne sont pas nécessairement une bonne chose, vous savez. Si vous êtes de mauvaise humeur, il suffit que vous voyiez d’autre personnes et cela vous irritera même au point de vous empêcher de dormir. Ou bien vous pouvez tomber amoureux d’une autre personne. L’amour est une souffrance aussi, si vous n’obtenez pas ce que vous désirez. L’amour et la haine sont des souffrances causées par le désir. De désirer est une souffrance, de désirer de ne pas avoir est une souffrance. Vouloir acquérir des choses... même si vous les obtenez il y a de la souffrance, parce que vous avez peur de les perdre. Il n’y a que de la souffrance. Comment allez vous vivre avec cela ? Vous pouvez être en possession d’une grande maison luxueuse, mais si votre cœur n’est pas bon, cela ne va jamais marcher comme vous avez désiré.

C’est pourquoi vous devriez tous vous contempler vous même. Pourquoi naissons nous ? Obtenons nous vraiment quelque chose dans cette vie ? Ici, à la campagne’ les gens commencent à planter du riz dès l’enfance. Quand ils ont dix-sept ou dix-huit ans ils ont hâte de se marier, de peur de ne pas avoir assez de temps pour faire fortune. Ils commencent à travailler dès un jeune âge, en pensant que de cette façon, ils seront riches un jour. Ils plantent du riz jusqu’à 70, 80 ou 90 ans. Je leur demande : "Depuis le jour où vous êtes nés vous avez travaillé. Maintenant qu’il est bientôt temps de partir, qu’allez vous emmener avec vous ?" Ils ne savent pas quoi répondre. Tout ce qu’ils savent dire est : "cela me renverse". Nous avons un proverbe dans cette région, "Ne tardez pas ici à ramasser les fruits sur le chemin... avant que vous ne le sachiez, la nuit tombe". Ils y réagissent avec seulement cette phrase : "Cela me renverse" ! Ils ne sont pas vraiment ici ni vraiment ailleurs, satisfaits de juste dire : "ça me renvrse".... assis dans les branches du fruitier, savourant les fruits... "ça me renverse, ça me renverse"

Quand vous êtes jeunes vous pensez que d’être célibataire ce n’est pas très bien, vous vous sentez seul. Alors vous cherchez un partenaire pour vivre avec. Mettez deux personnes ensemble et il y a des frictions ! La vie seule est trop calme, mais la vie avec d’autres comporte des frictions.

Quand les enfants sont petits les parents pensent : "Quand ils seront grands, nous serons bien à l’aise". Ils élèvent leurs enfants, trois, quatre ou cinq en pensant que quand les enfants seront grands, leur propre fardeau sera plus léger. Mais quand ceux-ci ont grandi, ils deviennent un poids encore plus lourd. C’est comme pour deux morceaux de bois, un grand et un petit. Vous jetez le plus petit et vous prenez le plus grand en pensant qu’il sera plus léger, mais bien sûr ce n’est pas le cas. Quand les enfants sont petits, ils ne vous font pas trop d’ennuis. Il leur faut juste un bol de riz et une banane de temps en temps. Quand ils grandissent, ils veulent une moto ou une voiture ! Et comme vous aimez vos enfants, vous ne pouvez pas leur refuser. Donc vous essayez de leurs donner ce qu’ils veulent et les problèmes commencent. Quelques fois les parent se disputent à cause de cela... "Ne va pas lui acheter une voiture, nous n’avons pas assez d’argent !" Mais quand vous aimez vos enfants vous en venez à faire u emprunt. Peut-être les parents sont obligés de se priver pour pouvoir offrir ces choses à leurs enfants. Et il y a l’éducation. "Quand ils auront fini leur éducation, nous serons bien". Il n’y a pas de fin aux études ! Quand vont ils terminer ? Seule l’étude de la science du Bouddhisme connaît une fin. Toute les autres sciences tournent en rond. A la fin, cela vous donne le mal de tête. Dans une maison avec quatre ou cinq enfants, les parents se disputent tout les jours.

La souffrance qui nous attend dans le futur, nous ne pouvons pas la voir, nous pensons qu’elle ne viendra jamais. Mais quand elle arrive, nous comprenons. Cette sorte de souffrance, celle qui est inhérente au corps, est difficile à prévoir. Quand j’étais enfant et que je gardais les buffles, je prenais du charbon que je frottais sur mes dents pour les blanchir. Je rentrais à la maison pour me regarder dans le miroir et je les voyais, si jolies et blanches.. Je me faisais avoir par mes propres os, c’est tout. Arrivé à l’âge de cinquante ou soixante ans, mes dents commençaient à tomber. Quand cela arrive cela fait mal et quand vous mangez c’est comme si quelqu’un vous frappait dans la bouche. Cela fait vraiment mal. Je suis déjà passé par là. C’est pourquoi je les ai fait tirer. Maintenant j’ai des fausses dents. Mes propres dents m’ont donné tant de mal que je les ai toutes fait tirer, seize d’un seul coup. Le dentiste n’était pas heureux de tirer seize dents à la fois, mais je lui ai dit : "Tirez-les, j’en pends la responsabilité". Il les a donc toutes tirés de suite. Il y en avait qui étaient encore bonnes, au moins cinq d’entre elles. Elles ont toutes été tirées. Après je n’ai pas pu manger pendant deux ou trois jours.

Avant, étant petit enfant gardien de buffles, je pensais que polir les dents c’était quelque chose de bien à faire. J’adorais mes dents, je pensais qu’elles étaient bien. Mais à la fin j’ai dû m’en séparer. La souffrance m’avait presque tué. J’avais souffert des dents pendant des mois et des années entières... Quelquefois fois mes deux gencives étaient enflées en même temps.

Quelqu’un parmi vous aura peut-être l’occasion d’en faire l’expérience lui même un jour. Si vos dents sont encore bonnes et vous les brossez tout les jours pour les rendre blanches et jolies...faites attention ! Elles peuvent vous jouer un tour plus tard.

Maintenant je vous fais part de ces choses là... de la souffrance qui surgit de l’intérieur de nos propres corps. Il n’y a rien à l’intérieure de votre corps sur lequel vous puissiez vous appuyer. Quand vous êtes encore jeune cela ne va pas trop mal, mais dès que vous prenez de l’âge les choses commencent à se détériorer. Tout commence à tomber en morceaux. Ce qui est conditionné prend son chemin naturel. Que nous en rions ou que nous en pleurions, elles continuent leur chemin quand même. Il importe peu comment nous vivons ou comment nous mourons. Pour le corps cela ne fait aucune différence. Et il n’y a aucune connaissance ou science qui pourrait empêcher le cours naturel des choses. Vous pouvez faire examiner vos dent par un dentiste, mais même s’il les soigne, elles vont changer à leur façon. Même le dentiste finit par avoir des problèmes. Tout tombe en morceaux à la fin.

Ceci sont des choses que nous devons contempler tant que nous avons toujours de la force. Nous devons pratiquer quand nous sommes encore jeunes. Si vous voulez avoir des mérites dépêchez vous d’en faire, n’attendez pas..... La plupart des gens attendent qu’ils soient vieux pour aller dans un monastère et essayer de pratiquer Dhamma. Femmes et hommes disent la même chose... "J’attends d’être vieux." Je ne sais pas pourquoi ils disent cela ? Est-ce qu’une personne âgée a beaucoup de vigueur ? Faites les entrer en compétition avec un jeune et voyez la différence. Pourquoi attendent-ils d’être vieux ? Comme s’ils n’allaient jamais mourir. Quand ils ont cinquante, soixante ans ou plus..."Bonjour mamie ! Allons au monastère !" " Vas y tout seul, je n’entends plus très bien. " Vous voyez ce que je veux dire ? Quand son ouïe était bonne, a-t-elle écouté ? "Cela me renverse".... dit -elle en caressant les fruits. " Finalement quand elle n’aura plus d’ouïe, elle ira au temple. C’est sans espoir. Elle écoutera le sermon, mais elle ne comprendra rien. Les gens attendent ce qu’ils soient tout usés avant de penser à la pratique de Dhamma.

Le récit d’aujourd’hui peut être utile pour ceux d’entre vous qui comprennent. Ce sont des choses que vous devriez commencer à observer, ils sont notre héritage. Ils vont graduellement peser de plus en plus, un fardeau à porter par chacun d’entre nous. Dans le passé mes jambes étaient costaud, je pouvais courir. Maintenant juste en me promenant un petit peu, elles me semblent lourdes. Dans le passé elles me portaient. Maintenant c’est moi qui les porte. Quand j’étais enfant je voyais les vieux se lever de leur chaise... "Oh !" Quand ils se lèvent ils gémissent : "Oh !" Il y a toujours ce "Oh !" Mais ils ne savent pas ce qui les fait gémir ainsi...Même à ce moment là, les gens ne voient pas la misère du corps.

Vous ne savez pas quand vous allez être séparé du corps. Ce qui cause toute cette peine sont tout simplement les choses conditionnées qui vont leurs chemin naturel. Les gens appellent cela arthrite, rhumatisme, goutte et ainsi de suite. Les docteurs leurs prescrivent des médicaments, mais cela ne guérit jamais vraiment. A la fin tout tombe en morceaux, même le docteur ! Ces choses conditionnées prennent leurs chemin le plus naturel. Ceci est leur chemin, leur nature.

Réfléchissez bien à tout cela. Si vous le voyez venir tant mieux pour vous. C’est comme de voir un serpent venimeux sur le chemin devant vous. Si vous le voyez, vous pouvez vous écarter de son chemin et éviter d’être mordu. Si vous ne le voyez pas, vous continuez à marcher et finalement vous lui marchez dessus et il vous mord.

Quand la souffrance est là, les gens ne savent que faire. Où aller pour se faire traiter ? Ils veulent éviter de souffrir, ils veulent en être libérés, mais ne savent pas comment se faire traiter quand cela arrive. Et ils continuent à vivre ainsi jusqu’à ce qu’ils deviennent vieux... malades... et qu’ils meurent..

Dans le temps on disait que si une personne avait une maladie mortelle quelqu’un de la famille doit chuchoter "Bud-dho, bud-dho" dans son oreille. Qu’est ce que ce ’’Buddho’’ va leur apporter ? Quel bénéfice vont ils avoir de " Buddho " lorsqu’ils sont à deux doigts d’être incinérés ? Pourquoi n’ont ils pas appris " Buddho " quand ils étaient jeunes et en bonne santé ? Maintenant que leur respiration devient saccadée on leur chuchote : "Mère... Buddho, Buddho !" Pourquoi gaspiller votre temps ? Vous allez seulement la rendre confuse - laissez la partir en paix.

Les gens ne savent pas comment résoudre les problèmes de leur propre cœur, ils n’ont pas de refuge. Ils se fâchent facilement et sont pleins de désirs. Pourquoi est-ce comme cela ? Parce qu’il n’ont pas de refuge.

Quand ils viennent de se marier, ils s’entendent bien, mais passé la cinquantaine, ils ne peuvent plus se voir. Le mari trouve intolérable tout ce que dit la femme et la femme n’écoute pas ce que dit le mari. Ils se tournent le dos.

Vous allez me dire j’ai beau parler car je n’ai jamais eu de famille. Pourquoi n’en ai-je pas eu ? En analysant le mots "ménage" j’ai su de quoi il s’agissait. Qu’est-ce que c’est un "ménage" ? (en anglais household composé de house =maison et hold = prendre, saisir). Il s’agit d’une "prise" (hold). Si quelqu’un prenait une corde et nous ficelait, à quoi cela ressemblerait-il ? On dirait que nous avons été saisis (being held). Il y a cercle d’emprisonnement. L’homme vit dans son cercle d’emprisonnement, et la femme vit dans le sien.

Quand je lis ce mot "ménage" (household)... je sens une lourdeur. Ce mot n’est pas une chose insignifiante, c’est un vrai tueur. Le mot saisir est un synonyme de souffrance. Vous ne pouvez pas aller où il vous plaît. Vous devez rester dans votre cercle de d’emprisonnement.

Maintenant nous arrivons au mot "maison". En thaï cela veut dire "ce qui tracasse". Avez vous jamais fait griller du piments ? Toute la maison étouffe et éternue. Ce mot "ménage" est identique avec " confusion ". Il n’en vaut pas la peine. A cause de ce mot j’ai pu prendre la robe et ne pas la quitter.

Un ménage c’est effrayant. Vous êtes coincé et vous ne pouvez aller nul part. Il y a des problèmes avec les enfants, avec l’argent et tout le reste. Mais où pouvez vous aller ? Vous êtes attaché. Il y a des fils et des filles, de nombreuses disputes jusqu’au jour de votre mort. Il n’y a aucun endroit où la souffrance ne vous suive pas.

Les larmes tombent et continuent a tomber. Les larmes ne vont jamais s’arrêter avec leur "ménage", vous savez. S’il n’y a pas de ménage, vous pourriez peut-être sécher vos larmes, mais pas autrement.

Réfléchissez à tout cela. Si vous n’en avez pas encore fait l’expérience vous la ferez peut-être plus tard. Certain en ont déjà fait l’expérience jusqu’à un certain point. Certains sont déjà au bout de leur forces... "Dois-je rester ou partir ?" A Wat Ba Pong il y a environ 70 ou 80 cabanes (kuti). Quand le monastère est presque plein, je dis au moine en charge d’en laisser quelques-unes libres, au cas où quelqu’un aurait eu une dispute avec son époux ou épouse... Comme prévu, peu de temps après une dame arrive avec ses bagages... "J’en ai assez du monde, Luang por." " Oh ! Ne dites pas cela. Ces mots sont vraiment forts". Ensuite arrive le mari qui lui aussi dit qu’il en a assez. Après avoir passé deux ou trois jours au monastère, leur lassitude du monde a disparu. Ils disent qu’ils en ont assez, mais ils se trompent. Quand ils se dirigent vers une de nos cabanes et s’assoient là tout seuls dans le calme, après un certain temps les pensées arrivent : "Quand est-ce que ma femme va venir me demander de rentrer à la maison ?" Ils ne savent pas vraiment ce qui se passe. Quelle sorte de lassitude du monde éprouvent-ils ? Ils s’énervent pour un rien et courent au monastère.

A la maison tout semble de travers... après trois jours de réflexion ils pensent... "Hmmm, ma femme avait raison après tout. C’est moi qui avait tort". "Chéri avait raison, ne n’aurais pas dû m’énerver". Ils changent d’avis. C’est comme cela. C’est pourquoi j’ai choisi de vivre comme moine.

Je voudrais vous donner la discussion d’aujourd’hui comme devoir. Si vous êtes dans les champs ou si vous travaillez en ville, contemplez ces propos... "Pourquoi suis-je né ? Que vais-je pouvoir emmener avec moi ?" N’arrêtez pas de vous poser la question. Si vous vous la posez souvent vous allez devenir sage. Si vous ne la vous posez pas, vous resterez ignorant. Réécoutez la discussion d’aujourd’hui, vous pourriez y trouver quelque chose. Peut être pas maintenant, mais peut-être quand vous serez entré chez vous. Peut-être ce soir. Pendant que vous écoutiez ici tout était embué, mais peut-être une compréhension vous attend elle dans la voiture. Quand vous monterez dans la voiture peut-être que vous comprendrez. Ou peut-être tout deviendra-t-il clair quand vous serez rentré chez vous... "Oh, c’est cela que Luang Por a voulu dire. Je n’avais pas saisi".

Je pense que c’est assez pour aujourd’hui. Si je parle trop longtemps ce vieux corps devient fatigué.

Source

Centre Bouddhique International

7, rue Cité Firmin Bourgeois

93350 LE BOURGET

Tél. : 01 48 35 10 71 ou bien 01 48 35 22 49

Fax : 01 48 37 63 14

Email : chandaratana@lycosmail.com

http://www.centrebouddhique.net/

Le Dhamma de la Forêt


http://www.dhammadelaforet.org/





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