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Pour ne pas entrer dans le XXIè siècle sans le Tibet

Parce qu’il existe des valeurs universelles qu’on ne marchande pas, parce qu’il est impensable d’accepter qu’un enfant, le Panchen Lama demeure détenu pour des motifs politiques, des parlementaires français soutiennent la cause du peuple tibétain et défendent la sauvegarde de sa culture.

Par Groupe d’information sur le Tibet

Déclaration des Sénateurs Claude HURIET et Louis de BROISSIA

et du député Richard CAZENAVE,

Présidents des Groupes d’Études parlementaires

sur le Tibet – édité à l’occasion du

FESTIVAL DE FILMS BOUDDHISTES

de l’Université Paris 8

Si le droit d’ingérence humanitaire – fondé sur le respect universel des droits fondamentaux de l’homme – a émergé comme nouveau référent dans les relations internationales, il est loin de s’exercer uniformément ou comme s’il s’agissait d’un devoir sacré de la Communauté internationale. La logique des États demeure intacte et, avec elle, le poids écrasant des considérations économiques, diplomatiques et stratégiques.

Ainsi, alors que le cap symbolique de l’an 2000 a été franchi, nous ne saurions oublier qu’il y a un demi-siècle, les armées de la République populaire de Chine envahissaient le Tibet : années au terme desquelles, dans le silence coupable des Nations, ce pays, son peuple et sa culture, ont été presque définitivement anéantis. Pourtant – et l’évasion du jeune Karmapa vient de le démontrer de façon spectaculaire – la résistance des Tibétains à cette annihilation demeure admirable.

Bien entendu, nous ne saurions dresser le moindre parallèle, même si les mêmes causes produisent des effets semblables, entre la situation des Balkans ou du Timor, et celle du Toit du monde. Nous ne saurions encore moins recommander de recourir aux mêmes solutions. Rien ne serait en outre, plus étranger la philosophie et aux desseins pacifiques et non-violents de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et du Peuple tibétain.

Il existe bien des voies de tolérance et de respect de la diversité ethnique, culturelle et spirituelle. Que l’on se souvienne, par exemple, de la très discrète naissance, le 1er avril 1999, dans le grand nord canadien, du Nunavut, un État pleinement autonome issu de la volonté patiente et tissée d’espérance des Inuits, et appelé à incarner de nouveau la plénitude de destin de ce peuple. Nous ne saurions cependant assimiler les Tibétains à la minorité Inuit au sein de l’ensemble fédéral canadien. Car, comme l’a reconnu, récemment, la Commission internationale des Juristes de Genève, les Tibétains forment « un peuple sous domination étrangère et, en tant que tel, peuvent se prévaloir du droit à l’autodétermination prévu en droit international. »

Mais nous voulons affirmer une nouvelle fois que les voies du dialogue, du respect e de la bonne volonté peuvent réaliser l’impossible ; dire que nous sommes convaincus que la Chine aurait immensément à gagner à faire, au Tibet, la démonstration éclatante du rôle pacifique et responsable qu’elle aspire à vouloir jouer en Asie et dans le monde ; dire enfin combien nous croyons qu’à l’heure de la « Cité terrestre », la richesse féconde de « l’Humanité planétaire » réside dans sa diversité et dans le respect de chacune de ses parties par toutes les autres. En ce sens, les rencontres cinématographiques de St-Denis autour du Tibet en constituent un vecteur privilégié.

Parce qu’il existe des valeurs universelles que l’on ne marchande pas, parce qu’il est impensable d’accepter jamais qu’un enfant – le Panchen-Lama – demeure retenu prisonnier pour des motifs politiques, les parlementaires français continueront de soutenir ardemment la cause du peuple tibétain et de défendre la sauvegarde de sa culture.

Pour ne pas entrer dans le XXI° siècle sans le Tibet.

Claude HURIET et Louis de BROISSIA, Sénateurs

Richard CAZENAVE, Député

Présidents des Groupes d’Études parlementaires sur le Tibet






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