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Suzuki Roshi

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Partager ce qu’on ressent ici et maintenant

Conférence de Suzuki Roshi donnée en mars 1970 à des étudiants en visite à Tassajara, le centre de retraite qu’il avait fondé dans les montagnes près de Carmel en Californie.

Par Suzuki Roshi

Je suis venu ce matin sans rien préparer. Mais je voulais partager ce que nous ressentons juste ici, juste maintenant. Partager ce qu’on ressent ici et maintenant est la chose fondamentale de la pratique du Zen. Zen est, en un mot, le partage de ce que nous ressentons avec les gens, les arbres et les montagnes où que nous soyons. C’est la pratique du Zen.

Mais souvent notre esprit est rempli avec quelque chose, comme une glace ou une limonade ou des bananes ou le prix du savon dans un magasin comparé à un autre magasin. Et regarder dans un journal pour voir s’il y a quelque vente. De sorte qu’il est presque impossible de partager ce que nous ressentons réellement, là où nous sommes en ce moment.

C’est comme cela que notre vie s’écoule, toujours avec quelque détritus, sans fin, . Ce n’est pas un détritus quand vous l’utilisez. A ce moment là, c’est une chose importante pour vous. Mais après, ce n’est pas nécessaire de la garder. C’est la même chose dans notre vie de tous les jours. Parce que nous avons trop de détritus sans intérêt dans notre esprit, nous ne pouvons pas partager ce que nous ressentons avec les gens, les arbres et les montagnes. Alors même que nous sommes au milieu des bois, nous ne pouvons pas apprécier le sentiment des bois. C’est, je pense, pourquoi nous faisons zazen.

Bouddha a atteint l’éveil après avoir tout abandonné et étudié avec de nombreux maîtres. Il en avait assez de la souffrance humaine, d’étudier plein de choses, de s’intéresser à une religion ou une philosophie et de faire un grand effort pour étudier pour ensuite être pris par cet effort. C’est ce que la plupart des gens font, y compris les religieux. Il était fatigué de ce type d’effort. Alors il abandonna tout, il perdit son intérêt dans tout cela.

A la fin il alla sous un arbre et atteignit l’éveil. Nous disons ’Il atteignit l’éveil’, mais il serait mieux de dire ’Il oublia tout !’. Il n’avait rien dans son esprit à ce moment-là. Alors il vit l’étoile du matin se lever à l’Est. Ce fut, je crois, son éveil. Lorsqu’il vit l’étoile du matin, ce fut la première chose qu’il vit venir de son esprit vide. C’est pourquoi il fut si heureux à la vue de cette étoile. En d’autres mots il partagea son sentiment, le sentiment de l’étoile du matin. Nous ne savons pas. Il est difficile d’analyser si c’est le sentiment du Bouddha ou le sentiment de l’étoile du matin. De toute façon il partagea son sentiment avec l’étoile du matin.

Je pense qu’il fut le premier à avoir ce genre d’expérience. C’est pourquoi il est appelé le Bouddha. Etre un bouddha veut dire être soi-même, être complètement avec chacun et avec chaque chose. Mais pour être Bouddha il est nécessaire d’abandonner les différents détritus dans notre esprit.

L’enseignement du Bouddha est celui qui vient ou devrait venir du vide, du vide de l’esprit. En d’autres mots de l’esprit pur. Vous pourriez dire de l’esprit ’saint’. Si vos mots viennent du vide pur, quels qu’ils soient, c’est l’activité de Bouddha. C’est possible pour nous de faire cela. La raison pour laquelle nous méditons ou récitons les noms de Bouddha ou lisons les textes, est d’une part pour vider notre esprit et d’autre part pour apprécier les mots de Bouddha venant de l’esprit vide.

Aussi quand vous lisez des textes vous pouvez vider votre esprit en lisant. Et quand votre esprit devient de plus en plus clair, votre lecture deviendra de plus en plus profonde. Quand vous récitez un soutra, vous élargirez votre vie dans son sens réel. Aussi il est nécessaire que vous lisiez des textes et que vous fassiez zazen. Ou si un texte est trop long ou trop difficile, vous pouvez simplement répéter le nom de Bouddha. C’est peut-être la solution pour la plupart des gens.

On peut s’asseoir dans la posture de zazen avec l’esprit vide. Mais il faut expliquer ce point. Le but de notre pratique est d’ouvrir notre esprit. Vous devez l’ouvrir comme une boîte de conserve. Vous devez couper fortement le métal et ouvrir la boite pour pouvoir manger son contenu.

Mais ouvrir ne suffit pas. L’esprit de répétition est aussi nécessaire. Si vous n’avez pas cette sorte d’esprit, ou si votre vie de tous les jours n’est pas basée sur cette sorte d’esprit de répéter sans fin, vous ne pouvez pas faire face aux problèmes que vous aurez jour après jour. Tant que vous vivez vous devez manger quelque chose. Après avoir mangé vous aurez peut-être une grande pile de détritus de boîtes et de papiers.

Aussi constamment nous devons y travailler. Nous devons nettoyer notre table chaque jour. Mais même si vous nettoyez ou avez le sentiment de tout nettoyer sur votre table, si cette activité n’est pas fondée sur l’esprit de continuer toujours, alors c’est juste comme ce que vous sentez après avoir pris du LSD ou de l’alcool.

La grande différence entre une expérience psychédélique et l’expérience d’éveil — nous ne devrions pas les comparer —, mais la différence est que l’une est fondée sur le vœu du boddhisattva et que l’autre est juste une expérience passagère obtenue à l’aide d’une substance chimique. L’une est une expérience que vous pouvez avoir toujours, de manière répétée, continuellement. Pour l’autre il vous faut un moyen extérieur. Je ne compare ces expériences que pour clarifier notre pratique. Je deviens facilement critique. Je ne me sens pas très bien quand je critique. Donc je ne dois pas poursuivre trop loin.

Quoiqu’il en soit, nous devons nettoyer notre table chaque jour. Et même si elle est propre nous devons poursuivre l’effort de la nettoyer. C’est un autre point important. Car si vous nettoyer votre table parce qu’elle est sale, cet esprit est sale car il a reconnu quelque chose de sale. Le fait de penser que quelque chose est sale veut dire que votre esprit est sale. Donc nous devons abandonner notre esprit discriminatoire : ’sale’ ou ’propre’, ’bien’ ou ’mal’. Le point est d’abandonner la discrimination, de nettoyer les choses, non parce qu’elle sont sales, mais parce que c’est quelque chose que nous devons faire tant que nous vivons. C’est tout.

Il n’y a pas de raison pour pratiquer zazen. Quand je suis venu aux USA, j’étais très intéressé de comprendre pourquoi tant de gens voulaient faire zazen – croiser les jambes, s’asseoir droit et garder le dos tendu. Je ne pouvais pas comprendre. Je leur demandais, ’Pourquoi êtes-vous venu ?’. La plupart répondaient, ’Je ne sais pas’. Certains pensaient qu’ils devaient me donner une raison, donc ils m’en donnaient une. Mais ces raisons n’avaient pas beaucoup de sens et je m’interrogeais. Mais ’Je ne sais pas’ est juste, je crois. Et même si vous ne savez pas ce que c’est ou pourquoi vous le faites, si vous comprenez ce point et commencez à pratiquer une activité religieuse, pas seulement zazen mais aussi d’autres activités, alors c’est la pratique du bouddhisme. C’est l’attitude fondamentale de notre pratique.

Il n’est pas difficile de garder cette pratique pure si vous comprenez ce qu’elle est réellement. Donc, dans ce sens il vous est nécessaire d’avoir une certaine compréhension de la pratique Bouddhiste.

Je pense que nous devrions être très reconnaissants envers le Bouddha et les nombreuses personnes qui ont transmis cette pratique pendant des milliers d’années. Je pense aussi que nous devrions être reconnaissants envers ceux qui font l’effort d’une pratique spirituelle même s’ils ne savent pas ce qu’est la réelle et pure pratique, parce qu’à la fin ils trouveront ce qu’est la pratique réelle – comme le Bouddha.

Zendo du Boulay
39, rue Raymond Losserand, 75014
Tél. : 06 70 76 24 38


http://www.zen-boulay.com/





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