par Sofia Stril-Rever qui a recueilli l’Autobiographie spirituelle du Dalaï-lama
Le Dalaï-lama se présente depuis toujours comme un être humain sur la scène internationale, ainsi qu’il le fit à Oslo, en recevant le prix Nobel de la Paix en 1989, ou encore devant le Congrès américain quand lui fut décernée la Médaille d’or en 2007. J’ai été particulièrement émue par cette dernière cérémonie du 17 octobre 2007 à Washington. Le chef d’un gouvernement en exil, privé de reconnaissance officielle à ce jour dans la plupart des pays, avait une noblesse et une dignité impressionnantes.
Je me suis demandé pourquoi. La seule réponse à mon sens, est parce qu’il assumait pleinement son humanité. Face à lui, George W. Bush était seulement le Président des Etats-Unis et, au fur et à mesure que le Dalaï-lama s’adressait aux membres du Congrès, cette fonction éminente passait au second plan derrière la force tranquille d’un être humain, s’exprimant au nom de l’humanité. Comme le Dalaï-lama est à ma connaissance le seul à se présenter en public en tant qu’être humain, je me dis que si les chefs d’Etat de par le monde se rappelaient qu’ils sont des êtres humains, au lieu de n’être que des gouvernants, notre planète en serait transformée. A notre niveau de gouvernés, il serait bon de toujours agir, parler et penser comme des êtres humains. En Inde, pour caractériser le comportement très négatif de quelqu’un, on dit parfois : « Ce n’est pas un être humain ! » Je crois n’avoir vraiment compris cette expression qu’en rédigeant l’Autobiographie spirituelle du Dalaï-lama.
De plus, en revendiquant son humanité, Sa Sainteté nous rend la nôtre. Je lui suis infiniment reconnaissante d’avoir reçu le prix Nobel ou la médaille d’or du Congrès en tant qu’être humain, car il a associé ainsi à son œuvre de paix tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs humaines essentielles. Comme le dit Mgr Desmond Tutu, le Dalaï-lama nous rend heureux d’être vivants à une époque où une personne telle que lui existe. C’est ce bonheur que viennent partager les foules qui se pressent à chacun de ses enseignements.
NOTES
[1] Presses de la Renaissance, sortie le 5 mars 2009