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Naissance et développement de l’esprit d’éveil

L’esprit d’éveil a sa source dans la prise de conscience de l’impermanence de tous nos objets d’attachement comme de notre propre ego. Tant que l’on reste attaché au moi et au mien, l’esprit d’éveil ne peut se développer, et même si on fait zazen et croit suivre la Voie de Bouddha, on reste à l’extérieur.

Par Roland Rech

En effet, on peut continuer zazen pour ses bienfaits, pour notre bien-être, mais alors la racine de l’esprit avide qui provoque l’attachement et la haine de tout ce qui le contrarie n’est pas tranchée, et nous tournons le dos à la Voie de l’éveil. Alors, comment produire l’esprit d’éveil, sinon en pratiquant profondément zazen, un zazen où on ne se contente pas de cultiver sa concentration mais où on accepte de regarder lucidement en soi-même et d’éclairer ses illusions.

Pour cela, il faut une confiance suffisante dans la Voie dont pourtant on n’a pas encore vraiment l’expérience. C’est là qu’intervient souvent la rencontre avec l’ami spirituel, la personne déjà plus avancée sur le chemin et qui peut nous y introduire et nous y accompagner. L’exemple et l’enseignement du Bouddha et des patriarches ont aussi cette fonction. Cependant, la Voie doit être pratiquée et réalisée par chacun, et rien ne peut remplacer l’expérience personnelle : il ne suffit pas de croire. Lorsque l’on a pris conscience du tréfonds de son être de l’impermanence de tout ce qu’on aime et désire obtenir et de l’inconsistance de ce qu’on prend habituellement pour son moi, et qui n’est qu’une certaine idée que l’on se fait de soi, l’esprit d’éveil peut se développer. Cela signifie un complet renversement de nos priorités dans la vie. Même si on ne quitte pas le monde et ne se sépare pas de sa famille, la chose la plus importante devient de pratiquer et étudier la Voie avec le même empressement que si l’on avait à éteindre un feu sur sa tête. Toute notre énergie est canalisée en direction de la pratique et on n’a même pas besoin de faire tellement d’efforts pour cela.

Mais il se peut alors que notre but soit de nous sortir d’abord nous-mêmes de nos souffrances et de nos attachements, oubliant du même coup les êtres sensibles et qui souffrent eux aussi. C’est l’attitude de ceux qu’on appelle les « auditeurs », qui sont bien convaincus de la justesse des quatre nobles vérités prêchées par le Bouddha et s’efforcent de gagner l’émancipation par la pratique de l’octuple sentier. Ils ont bien un esprit qui place la motivation de l’éveil au-dessus de tout autre désir humain. Mais comme les maîtres du Mahayana l’ont souligné, il leur manque la grande compassion et, de ce fait, leur éveil est limité. Non parce qu’il est mal d’avoir peu de compassion, mais parce que c’est le signe d’un manque de réalisation de la véritable nature de notre existence, et donc finalement un manque de sagesse.

Si l’on voit clairement que non seulement tout ce qui constitue notre personnalité est sans substance, mais que nous n’existons que dans des relations d’interdépendance avec tous les êtres, alors il n’est plus possible d’être indifférent à la souffrance des autres. Leur peine devient la nôtre et le sens de notre pratique va devenir d’actualiser pleinement notre solidarité avec eux. C’est toute la démarche du bodhisattva qui met en premier le vœu d’aider tous les êtres à se libérer de leurs souffrances mais comprend aussi qu’il ne peut le faire qu’à travers son propre progrès spirituel. D’où les trois autres vœux : se libérer de ses attachements, approfondir l’enseignement et réaliser l’éveil du Bouddha.

Alors, même s’il a provisoirement renoncé à sa propre libération du cycle des renaissances pour continuer à aider ceux qui se débattent dans ce monde de souffrance, il est en réalité déjà libéré, déjà sur l’autre rive du nirvana vivant, qui n’est pas un refuge mais la vie éveillée en harmonie avec l’ultime réalité. Ceci est développé dans le Shobogenzo Hotsubodaishin de Maître Dogen dont voici résumées les grandes lignes.

Résumé du Shobogenzo Hotsubodaishin

Il y a trois sortes d’esprit : l’esprit de discernement, l’esprit universel et l’esprit embrassant l’essentiel. C’est par l’esprit de discernement que nous nous éveillons à bodaishin. Mais cet esprit est différent de bodaishin qui consiste à faire le vœux d’aider les êtres sensibles à traverser vers l’autre rive avant de le faire nous-mêmes. Seul un lien spirituel entre soi et Bouddha peut éveiller bodaishin, par une relation i shin den shin, de mon âme à ton âme, appelée aussi kanno doko.

Ceux qui se sont éveillés à bodaishin s’efforcent par leur corps, leurs paroles et leur esprit d’éveiller cet esprit chez les autres et de les conduire à l’éveil.

S’éveiller à bodaishin et à la pratique-réalisation, c’est être au-delà de l’illusion et du satori, des trois mondes de transmigration et de la réalisation des sravakas et des pratyeka-bouddha.

Bodaishin, l’esprit qui aspire à l’éveil et l’éveil lui-même sont deux, mais au fond il n’y a pas de différence entre les deux car bodaishin signifie aider tous les êtres sensibles à réaliser l’éveil avant soi-même. Alors, bodaishin est équivalent à l’éveil suprême.

Si nous gardons constamment à l’esprit le vœux d’aider les autres à réaliser l’éveil avant nous-mêmes, tout ce que nous touchons est changé : la terre devient de l’or.

Le don pour favoriser l’éveil des autres est la manifestation vivante de bodaishin.

Bodaishin existe dans les relations de causalité. Donc, quand on éveille bodaishin, tout contribue à son développement. Bodaishin et le satori sont soumis à shoji, naissance et mort, apparition et disparition ; sinon le mal passé ne pourrait disparaître ni le bien présent apparaître. Ceux qui ont réalisé shobogenzo nehanmyoshin, l’œil du trésor de la vraie loi, l’esprit serein du nirvana, ont réalisé la vérité de shoji de chaque instant. Nous ne devons pas être fiers de notre compréhension de bodaishin dont nous ne pouvons pas plus saisir l’ensemble que l’instant et l’éternité.

Sans un instant de répit, notre karma nous fait transmigrer continuellement. Même si, attachés au corps et à l’esprit, nous refusons de nous éveiller à l’esprit d’éveil, il n’y a pas moyen d’échapper à la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort car, à long terme, notre corps et notre esprit ne nous appartiennent pas.

Nous, moines, ne devons pas oublier même un instant que notre vie est dans un état constant de naissance et mort. Si, gardant cela à l’esprit, nous faisons le vœu d’aider les autres à traverser sur l’autre rive avant nous-mêmes, la vie éternelle apparaît immédiatement devant nous. Hotsu bodaishin, c’est réaliser l’éveil d’un bodhisattva différent de Bouddha. Parmi ceux qui pratiquent la Voie actuellement, il n’y a personne qui réalise clairement qu’il est un bodhisattva et non un shravaka.

Nous devons rapidement faire le vœu d’aider les autres à traverser sur l’autre rive avant de le faire nous-mêmes. C’est bodaishin.

Parce qu’il préserve les trois trésors, l’esprit d’éveil est la Voie de l’éveil. Les trois trésors sont protégés par bodaishin. Quand cet esprit a été développé, il doit être soigneusement protégé. Ainsi, un bodhisattva est capable de réaliser la plus haute sagesse de l’éveil. Il est doté des quatre mérites de l’éveil : éternité, béatitude, soi absolu et pureté.

Si on devient relâché dans la pratique, on risque de perdre bodaishin. Il en va de même si on ne rencontre pas un vrai maître et si on n’entend pas le véritable enseignement. On risque de nier la causalité, l’éveil, les trois trésors, les trois mondes, etc. Stupidement devenu attaché aux cinq désirs, on sera incapable de réaliser l’éveil dans le futur.

Dire qu’il faut réaliser l’éveil soi-même avant de tenter d’aider les autres est un enseignement erroné.

Le démon des cinq agrégats est la source des désirs. Nous ne devons pas en devenir la victime et perdre bodaishin.

Zen - Bulletin de l’Association Zen Internationale
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