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> Bouddhisme > Enseignements


Méditation et non méditation

Par Yongey Mingyour Rinpoché

MINGYUR RINPOCHE À HALIFAX SHAMBALA CENTER
Nouvelle Ecosse, Canada

MÉDITATION ET NON MEDITATION 1ere PARTIE
le 21 Janvier 2004

Traducteur en anglais : Tyler Dewar
Transcription : Ben Tremblay
Editeur : Judith Smith

Bon après midi à tous. Tashi Délek. Bonjour. Peut être Bonsoir. Dans certaines régions du Canada, il fait jour pendant six mois et nuit les six autres mois. Ainsi ces expressions "bonjour" et "bonsoir" ne sont pas toujours appropriées. C’est "bien quoi qu’il en soit !".

SHAMATHA

Ce soir nous allons discuter de la méditation du calme mental ou shamatha [Skt].

Le titre de cette série de conférence est "Méditation et Non Méditation" et il semble que ces deux termes soient en contradiction. Mais si nous comprenons vraiment ce qu’est la méditation nous constaterons qu’ils sont identiques.

Le mot Tibétain pour le calme mental ou shamatha est shi-ne.

La première syllabe est shi,e qui signifie pacifier. Que signifie "pacifier" ? Nous n’avons aucun contrôle sur notre esprit ordinaire, l’esprit en lequel nous faisons l’expérience de la souffrance, et l’esprit qui se comporte comme un "singe fou". Shirenvoie à la pacification de notre esprit. Une fois notre esprit pacifié, nous parvenons à en prendre le contrôle et pacifions ces qualités indésirables telles que l’agitation.

La seconde syllabe, ne,signifie "demeurer" ou "rester tranquille". Cela signifie que nous pouvons exploiter notre esprit quelque soit l’objectif que nous avons. Si nous voulons que notre esprit reste tranquille, notre esprit reste tranquille ; et quand nous voulons qu’il accomplisse quelque chose, il l’accomplit. Nous avons un contrôle complet sur notre esprit. C’est ce à quoi ne renvoie.

Demander si habituellement nous en avons le contrôle ou si nous en sommes libres. Non ! Il n’y a pas un tel contrôle ou une telle liberté. Bien que nous ne souhaitions pas être en colère, nous nous mettons en colère. Même si nous pensons qu’être en colère n’est pas une bonne chose, la colère s’élève. De la même façon, nous ne voulons pas être triste ou déprimé, nous ne voulons pas que notre esprit soit tendu, mais tout cela nous arrive quoi qu’il en soit.

En particulier, notre esprit crée de nombreux problèmes là où il n’y en a pas.

L’ESPRIT DU SINGE

Si nous amenions un singe fou ici et le laissions errer, il ferait deux choses : il nous donnerait du travail là où aucune tâche n’était à accomplir, et il créerait des problèmes l à où il n’y en avait pas. Le singe mettrait le désordre là où il n’y en avait pas. Il viendrait arracher les œuvres d’art sur l’autel et les mettrait sans dessus dessous. Il ferait tomber toutes les décorations et déplacerait tous les coussins en les éparpillant de part et d’autre.

Mais le singe n’a pas besoin de faire tout cela. Il serait bon pour le singe de venir s’asseoir sur un confortable coussin et simplement s’y détendre. Si le singe avait soif, il pourrait peut-être monter sur l’autel et boire un peu d’eau ; il y en beaucoup ! Cela mis à part, le singe n’a pas vraiment besoin de faire quoique ce soit.

Cela est semblable à ce que notre esprit fait. Notre esprit est bouleversé par de très petits problèmes ; il prend un petit problème et le transforme en un très gros problème et nous devenons de plus en plus tendus à son sujet. Pourquoi est-ce ainsi ? C’est ainsi parce que nous nous lions de nos propres fixations et parce que nous ne savons pas comment nous détendre. Lors des enseignements sur l’amour bienveillant, ce principe selon lequel nous transformons des problèmes mineurs en problèmes majeurs était illustré par l’exemple de la position de la tasse.

Lorsque nous travaillons, nous nous fixons sur les petits problèmes de notre travail, et cela occupe toute notre attention, si bien que nous passons complètement à côté du gros problème. Lorsque nous étudions, si notre esprit est tendu, nous ne sommes pas capables d’apprendre convenablement parce qu’il n’ y a aucune place dans notre esprit pour les nouvelles informations à assimiler. Lorsque nous conduisons, nous nous demandons toujours qui se trouve devant nous, comment lui passer devant et combien le temps passe. (Rinpoche mime quelqu’un de très anxieux et pressé). Si nous conduisons ainsi, il est très facile pour nous d’avoir un accident ; nous tournerons là où ne nous ne devrions pas tourner et il nous prendra plus longtemps pour arriver où nous voulons aller. De cette manière, nous agissons comme un singe fou.

Pour donner un autre exemple, nous pourrions prendre la manière dont nous regardons notre visage. Nombreux sont ceux qui ont beaucoup de fixations et sont très tendus quant à leur propre visage. (Rinpoche mime la scène à nouveau). "J’ai besoin d’un beau visage". Nous nous regardons dans le miroir avec cet esprit tendu et figé. Même s’il n’y a rien de particulier quant à votre visage, si vous le regardez avec cette attitude assez longtemps, à un moment vous trouvez qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Vous trouverez que vous avez un nez légèrement crochu, ou qu’une de vos joues est plus grosse que l’autre, ou quelque chose de ce genre. Et vous devenez plus agacé, et plus figé sur ce "problème". En ce qui concerne votre propre perception, ce "défaut" deviendra de plus en plus grand. Et après avoir agi ainsi pendant un mois, vous vous regardez dans le miroir et penserez, "mon nez est extrêmement crochu", même s’il n’est absolument pas crochu. Vous deviendrez très embarrassé par vous-même, et vous refuserez de vous rendre là où des gens pourraient vous voir. Vous pourriez même souhaiter ne plus parler ou communiquer avec qui que ce soit parce que vous pensez que tout le monde regarde votre nez crochu, même si personne ne le regarde.

Même si aucun de ces exemples n’est réel, du point de vue de notre propre perception, nous considérerons que nous ne sommes pas attirants, et de cette manière, notre esprit aura créé un problème là où il n’y en avait pas du tout. Nous devrions comprendre que c’est ce qui se passe ici. Si nous comprenons cela, c’est ce qui est connu sous le nom de connaissance primordiale, ou prajna [Skt.].

Il y a de nombreuses choses que notre esprit nous fait subir de la même manière et que ces choses soient une création de notre esprit est la seule raison pour laquelle elles se produisent. Mais nous croyons toujours notre esprit et pensons que notre esprit à cent pour cent raison. Les perceptions sont créées par l’esprit, l’esprit croit en ces projections alors cela devient comme un cercle. Cela fonctionne de cette manière, l’esprit finit par croire en ses propres perceptions.

UN ESPRIT SOUPLE

Lorsque nous pratiquons la méditation du calme mental, ou shamatha, nous rendons notre esprit plus souple, et de cette manière nous en obtenons le contrôle. Nous donnons de la force à notre esprit, tout comme lorsque nous faisons de l’exercice. Nous faisons de l’exercice et prenons des vitamines en même temps, cela révélera la force naturelle qui se trouve en notre esprit. Si nous révélons la force qui se trouve naturellement en notre corps, les maladies dont nous souffrions seront alors supprimées et notre bonne santé nous aidera à prévenir l’apparition de futures maladies.

Cette approche liée au fait de faire de l’exercice et de prendre des vitamines de cette manière est meilleure que celle qui est liée à la prise de médicaments pour les maladies que nous avons, parce que si, par exemple, nous prenons des médicaments pour une maladie reliée à nos lungs, cela pourra nuire à notre foi ou à nos reins. Si nous prenons des médicaments pour soulager nos reins, cela pourra nuire à d’autres parties de notre corps - les médicaments ne développent pas originellement la force naturelle et le potentiel qui sont disponibles dans notre corps. C’est pourquoi nous pratiquons shamatha, le calme mental : développer le potentiel et la force qui sont originellement dans de notre esprit.

De plus, lorsque nous pratiquons la méditation, nous réveillons ce qui est appelé la "paix intérieure", une paix intérieure qui ne dépend pas de causes et de conditions extérieures. En essayant de dépendre de causes extérieures pour réveiller cette paix, nous agissons de la même manière que lorsque nous prenons des médicaments pour un soulagement rapide d’une maladie.

Si nous sommes particulièrement subjugués par une tasse, et si nous nous fixons sur elle, cela pourra nous permettre de nous sentir bien pendant un court instant. Mais si cette tasse se casse, cela nous causera une grande peine. Si nous jouons à la Game boy, ou à tout autre jeu, alors, temporairement, cela sera très agréable. Mais si nous avons une grande fixation quant à ce jeu, lorsqu’il ne fonctionnera plus, il nous causera une grande peine. Et ne plus fonctionner est dans la nature de tels objets car il s’agit de phénomènes composés.

Ce sont là des idées générales qui expliquent les raisons pour lesquelles il est important de pratiquer la méditation, de pratiquer shamatha.

Il est très important pour nous de comprendre ces idées générales, avant d’apprendre à méditer formellement.

Par exemple, si nous tirons un coup de feu, nous avons besoin de savoir quel est et où se trouve la cible. Autrement, nous ne saurons pas où la balle va frapper. En ce qui concerne la pratique de shamatha, il y a deux points essentiels : les points clés du corps et les points clés de l’esprit.

CORPS ET ESPRIT

Lors des premières étapes sur le chemin de la méditation, lorsque nous n’avons pas encore accompli un degré de réalisation élevé, notre corps et notre esprit se relient l’un à l’autre en terme de ce qui est support et de ce qui est supporté. Notre corps fonctionne en tant que support de notre esprit, qui en retour est supporté par notre corps.

Si l’on compare cette vue avec ce que les scientifiques contemporains disent de nos jours, c’est très semblable.

Dans le bouddhisme, nous parlons de trois différentes qualités qui forment les aspects les plus subtils du corps physique, et qui sont reliées à notre méditation. Il s’agit des canaux, des souffles et des essences (goûte essentielle de conscience, ndr). La science contemporaine parle de neurones, ondes cérébrales, et de cellules. Les neurones sont semblables aux canaux, les ondes cérébrales sont semblables aux souffles, et les cellules sont semblables aux essences.

De plus, ce que dit la science contemporaine au sujet de ce qui se produit dans l’intégralité du corps est semblable à ce que présente le Bouddhisme. Le corps est semblable à cette tasse, et l’esprit est comme l’eau que l’on y verse. Jusqu’à ce que nous atteignions la libération, aussi longtemps que nous bougerons cette tasse, l’eau qui s’y trouve bougera aussi. Si nous buvons l’eau, nous boirons notre esprit (Rire).

A ce stade, notre corps et notre esprit vont de pair, dans un continuum très similaire. Notre corps évolue depuis le stade du corps de notre vie actuelle jusqu’au corps de l’état intermédiaire, entre la mort et la naissance de notre vie prochaine, et devient alors le corps de notre prochaine vie. De la même façon, notre esprit suit exactement le même continuum. Telle est la présentation en accord avec les enseignements bouddhistes.

LA POSTURE EN SEPT POINTS

Lorsque nous méditons, il y a sept points clés relatifs à la posture de notre corps qui sont très importants. Le premier point est de croiser les jambes - tout comme vous êtes assis à présent. C’est une très bonne posture. Si vous êtres capables de supporter ce que l’on appelle la posture Vajra, plus communément connue sous le nom de posture du lotus, c’est la manière numéro Un de vous asseoir. Cependant, nous devrions être attentifs à ce que notre corps nous dit ; si cela est très douloureux de nous asseoir dans une telle posture et si nous essayons de nous pousser pour y parvenir, bien que nous ne souhaitions pas nous asseoir ainsi, alors cela peut véritablement nous faire très mal. Même si nous sommes assis avec les jambes croisées de manière régulière, si nos jambes nous font mal, il n’y pas de problèmes à les étendre. Aussi, nous pouvons nous asseoir sur une chaise.

Le second point clé de la posture est de mettre les mains dans la position de l’équilibre, avec notre main gauche sous notre main droite posée sur elle, ou avec notre main droite sous notre main gauche posée sur elle. Le point le plus important est de les poser d’une manière détendue. Nous pouvons aussi mettre nos mains sur nos genoux. Certains ont des bras assez courts et il n’est pas confortable pour eux de poser leurs mains sur les genoux, aussi ils peuvent les poser vers le haut de leurs cuisses.

Le troisième point clé de la posture est de détendre nos épaules convenablement. Il devrait y avoir un léger espace entre notre torse et nos avant bras. Si nous détendons nos épaules de manière égale et si nous avons nos mains sur nos genoux, il y aura naturellement un léger espace entre nos avant bras et notre torse. Si nous prenons la posture selon laquelle nos mains font face à notre nombril, nous pouvons étendre nos avant bras légèrement de sorte qu’il y ait un léger espace entre eux et le torse. Ainsi, ils sont semblables aux ailes du vautour.

Une fois lorsque je voyageais en France, j’ai rencontré une personne qui était assise au beau milieu du parc où je me promenais. Il lançait ses bras vers le haut toutes les secondes environ. Cette personne leva les yeux et me vit, me parla et me demanda si j’étais l’un de ces moines bouddhistes qui pratique la méditation. Je répondis que oui. La personne me demanda si j’avais des difficultés avec la méditation, et je répondis que non, que je n’avais pas de problèmes, vraiment. Cette personne dit alors : "Et bien, quand je médite, c’est en quelque sorte difficile, parce qu’il faut faire ça avec les bras, n’est-ce pas ?" Je répondis : "non, je n’ai jamais entendu parler de cette technique, où l’avez-vous apprise ?". La personne dit qu’elle l’avait lu dans un livre. Alors je lui demandai ce qui était dit dans ce livre, et la personne me répondit qu’il était dit que les bras devaient être semblable aux ailes d’un vautour. (Rire). C’est peut-être parce que les vautours tibétains sont différents des vautours français. (Rires). Je plaisante.

Le quatrième point clé est le point le plus important de tous : S’asseoir avec le dos droit. Nous ne devrions pas nous affaisser ainsi. Si nous essayons de trop étendre notre dos, alors nous tomberons en arrière. Ainsi, nous devrions nous asseoir avec le dos droit. Ce n’est pas un problème si l’on finit par se pencher un peu en arrière ou en avant. Nous devrions garder notre esprit détendu et ne pas être trop figé quant à cela. Nous n’avons pas besoin de nous inquiéter des points les plus subtiles, à savoir si nous devons sortir ou rentrer notre poitrine, ou tout autre point similaire.

Le cinquième point clé est de rentrer la mâchoire légèrement en se reposant sur elle et en la laissant absorber le poids général de notre tête. Nous laissons le poids de notre tête reposer de telle façon que notre mâchoire fait légèrement pression sur notre pomme d’Adam. Si nous voulions tourner notre tête d’un côté comme de l’autre, elle serait complètement prête à agir ainsi. Certains ont tendance à pencher la tête vers l’arrière, ou vers l’avant, une d’un côté ou d’un autre, etc. mais nous devrions garder notre tête dans une position centrale.

Le sixième point clé de la posture est que notre bouche devrait être détendue de sorte que nos dents supérieures et inférieures ne se touchent pas, et que nos lèvres supérieures et inférieures ne se touchent pas non plus - il y a un léger espace entre elles. Nous pouvons respirer par la bouche, respirer par le nez ou respirer par les deux.

Le septième point clé est de poser nos yeux de la manière dont ils sont naturellement. Nous pouvons poser le regard légèrement vers le bas, directement devant nous ou encore légèrement vers le haut. C’est en fait préférable de changer notre regard de temps en temps. Si nous essayons de maintenir notre regard dans la même direction pour un long moment, cela nous fatigue, ainsi si nous changeons notre regard occasionnellement, cela nous permet de maintenir une certaine fraîcheur. Il est possible de cligner des yeux lorsque l’on médite.

NON MEDITATION

Ainsi se termine la posture du corps. Parmi tous ces points clés, il est très important de garder à l’esprit que la détente de notre corps est essentielle. Nous devrions nous asseoir avec les muscles de notre corps détendus. Essayons ensemble, de pratiquer simplement cette posture du corps. Nous n’avons pas besoin de méditer.

Tenez vous droit, votre corps détendu d’une manière générale, et détendez votre esprit aussi. Vous n’avez pas besoin de penser à quelque chose de particulier - nous nous asseyons simplement, notre corps détendu et notre esprit détendu. Nous ne parlons pas encore de méditation. Nous allons simplement nous asseoir avec notre corps et notre esprit détendus, tout comme lorsque nous avons fini un long travail qui nous a épuisé. (Rinpoche guide les participants à travers cet exercice).

Lorsque nous avons terminé un travail ou un exercice intense, et que nous avons véritablement travaillé durement, nous sommes fatigués, et nous sommes complètement détendus dans notre corps. Pratiquons ainsi ensemble. (Tous pratiquent). C’est tout. Comment était-ce ? Avez-vous été capable de vous détendre ? Bien.

Cette détente est la méditation. Mais Je ne vous ai pas encore enseigné comment méditer. Mais il est dit, la non méditation est la suprême méditation. En conséquence, nous n’avons pas besoin de méditer. Nous détendons notre corps et nous détendons notre esprit.

Nous faisons l’expérience de ces états de détente dans notre corps et notre esprit fréquemment dans notre vie quotidienne. Pourquoi cela ne nous est d’aucun bénéfice lorsque cela se produit ? Parce que nous ne reconnaissons pas que cela se produit. A présent, nous sommes détendus alors même que nous savons que nous sommes détendus. C’est ce que l’on appelle la vigilance. Ainsi, si nous nous détendons, l’attention suit. Habituellement, nous nous fatiguons puis nous nous détendons ensuite, sans réaliser que nous nous détendons - notre attention est toujours tourner vers l’extérieur, regardant vers d’autres choses.

HIci nous nous détendons dans notre esprit et notre corps, tout en étant conscient que c’est ce que nous faisons. En étant conscient que nous nous détendons quand nous nous détendons, nous parvenons à obtenir le contrôle de notre esprit. C’est simple, n’est-ce pas ? C’est très simple. Vous n’avez pas besoin de faire quoique ce soit. Vous n’avez pas besoin de méditer. Vous n’avez pas besoin de créer quoique ce soit. Vous n’avez pas besoin de travail durement. Ainsi c’est plus simple que de dormir ! Lorsque nous voulons dormir, nous avons besoin de faire notre lit et d’être sûr qu’il y ait un bon oreiller et alors seulement nous nous allongeons et nous nous détendons.

Lorsque nous nous détendons de la sorte, à quoi ressemble notre esprit ? Notre esprit est détendu et confortable mais nous ne pouvons toujours pas l’identifier ; nous ne pouvons montrer notre esprit et dire "c’est mon esprit détendu" ou "c’est mon esprit confortable". Cette technique de méditation qui vient juste d’être décrite est appelée shamatha ou méditation du calme mentale sans objet.

Les débutants ne pourront probablement pas faire l’expérience d’une telle méditation plus d’une, deux, trois ou cinq secondes, mais c’est bien. Nous devrions pratiquer de courts moments, de nombreuses fois. Si nous prenons un large container et le posons là où il pourra se remplir de gouttes d’eau, ces gouttes d’eau, une à une, permettront de remplir complètement le container. De la même manière, si nous pratiquons de courts moments, de nombreuses fois, notre méditation s’améliorera. Nous ne devrions pas avoir des pensées comme "J’ai besoin de pratiquer un long moment", "J’ai besoin d’arrêter mes pensées", parce que les pensées apparaîtront et nous ne pouvons les arrêter. Nous ne pouvons éliminer nos penser, nous ne pouvons éteindre nos pensées, et même si nous posons une bombe, cela n’arrêtera pas nos pensées. Telle est la nature de notre esprit. Nous n’avons pas besoin d’arrêter nos pensées. De quoi avons-nous besoin ? Nous avons besoin de vigilance. Le point essentiel de la méditation de Shamatha est la vigilance, ou, en d’autres termes, être conscient.

C’est pourquoi nous pouvons dire que lorsqu’il y a vigilance, il y a shamatha, il y a méditation. Mais lorsqu’il n’y a pas vigilance, il n’y a pas méditation. Nous ne sommes pas en train de dire que lorsqu’il y a des pensées, il n’y a pas méditation, et que lorsqu’il n’y a pas de pensées, il y a méditation ; il ne s’agit absolument pas de cela. Le point est de savoir s’il y a ou non vigilance.

Ainsi, la méditation est de cette manière très simple, mais il y a une difficulté : C’est si simple que c’est difficile. C’est difficile parce que nous n’avons pas confiance. Nous pensons constamment que la méditation se réfère à quelque chose de très particulier. (Rinpoche se montre de manière amusante "sous un air béni") Détenduuu ! Paiiix ! Ouvertuuure ! Bieeen ! Il ne s’agit pas là de méditation.

Nos attentes quant à la méditation lient notre esprit. Cette manière de méditer est si proche de nous que nous ne la voyons pas. C’est tout comme le dessin de la tasse que je tiens. Si l’on met le dessin juste en face de nos yeux, nous ne serons pas capables d’en voir les détails. La méditation, c’est pareil. Ainsi, pour les débutants, c’est un peu plus simple de pratiquer une méditation qui est un peu plus difficile.

MÉDITATION

A présent, je vais vous donner une méthode pour méditer. (Rire). Elle est en rapport avec la série des consciences que nous possédons. Le bouddhisme enseigne qu’il y a six différentes consciences :
La conscience de l’œil, qui voit les formes, la conscience de l’oreille qui entend les sons, la conscience du nez qui sent, la conscience de la langue qui perçoit les goûts, la conscience de notre corps qui perçoit les objets, et notre conscience mentale qui perçoit les pensées. Nos états mentaux perturbateurs, notre souffrance et notre comportement semblable à celui du singe, se produisent en raison de cette même série de consciences qui comporte six différentes parties.

Nous pouvons voir comment, à partir de la simple perception d’une forme, nous avons de l’attachement, nous ressentons de la colère, de la jalousie, de la peur et toutes sortes d’émotions perturbatrices. Pour donner un petit exemple : Si nous disons à quelqu’un, "Eh, eh !" et que cette personne nous dit "eh, eh !" en retour, nous en serons alors content. Mais si nous disons "Eh, salut" et que la personne nous regarde en faisant la grimace, cela nous rendra triste et agacé, et sera une expérience difficile pour nous.

C’est ce qui se passe en relation avec les formes. Il en va de même avec les sons. Si quelqu’un nous dit, "vous êtes bon", cela nous rendra heureux ; si quelqu’un nous dit, "vous êtes nul", alors cela nous agacera. Idem pour les goûts : Lorsque nous goûtons à une nourriture délicieuse, cela provoque une sensation agréable en notre esprit ; et lorsque nous goûtons à une nourriture qui n’est en rien délicieuse, nous ressentons de l’agacement dans notre esprit.

Que se passerait-il si nous mangions des piments forts ? Les piments forts ont-ils du goût ou non ? (Diverses réponses enthousiastes de l’assemblée ; Rinpoche rit). Combien pensent qu’ils ont du goût, levez la main. Ah, moi aussi ! Combien pensent qu’ils n’ont pas de goûts ? Les piments forts eux-mêmes ne peuvent dire quoique ce soit quant à leur goût ; cela dépend de ceux qui y goûteront. En fait, il en va exactement de même pour tout, dans le monde - bon et mauvais sont créés par notre propre esprit.

Si avoir du goût ou non étaient des qualités qui existent au sein du piment fort lui-même, alors il serait apprécié exactement de la même manière par tout le monde. Si le piment fort existe en fait en tant qu’il a du goût, alors il devrait être perçu comme ayant du goût par tout ceux qui en mangeraient. Mais parce que ces qualités n’existent pas dans le piment lui-même, alors, pour certains, les piments forts ont du goût, pour d’autres, ce n’est pas le cas. Il en va de même pour les odeurs, les objets tangibles, etc.

Lorsque certaines personnes qui immergées dans la méditation considèrent que les pensées qui apparaissent en voyant des formes, en entendant des sons, en sentant des odeurs, etc., elles pensent en fait que ces pensées nuisent à la méditation, qu’elles sont des ennemis de leur méditation. Mais pour ceux qui comprennent réellement le point essentiel de la méditation, toutes ces pensées peuvent devenir les supports et les alliés de notre méditation. Regardons la manière dont nous pouvons faire de ces pensées le support de notre méditation.

LA MÉDITATION AVEC LA FORME

Tout d’abord, quant à la forme, nos yeux perçoivent deux sortes de choses : les figures et les couleurs. Il serait préférable de commencer avec un petit objet. Nous pouvons regarder un objet très petit et en même temps que nos yeux le regardent, notre esprit devrait également le regarder. Si notre esprit peut regarder cet objet, c’est ce que l’on appelle shamata avec objet. Nous n’avons besoin de rien d’autre que de nos yeux, qui doivent regarder l’objet à cent pour cent. A deux cent pour cent, cela n’est pas indispensable ! (Rinpoché lève sa main). Voyez vous ma main ? Même si nous la regardions pendant une heure entière, notre esprit pourrait-il regarder la main pendant toute cette heure ? Si notre esprit peut voir la main, c’est shamatha. C’est facile, n’est ce pas ?
Nous n’avons pas besoin de méditer sur notre main. Nous n’avons pas besoin de la visualiser dans notre esprit, ou de se demander à quoi ressemble une main. Nous avons simplement besoin de la regarder. (Rinpoché déplace sa main et dit "main" après chaque mouvement)

La méditation pour les débutants est comme une grenouille- elle saute d’un endroit à un autre et puis revient, ensuite elle revient et repart de l’autre côté, revient et repart dans une autre direction. Au début nous concentrons notre esprit sur un objet particulier, et il se concentre en fait sur cet objet puis il se disperse vers un autre objet, revient sur son objet d’origine et se disperse à nouveau. Nous n’avons pas besoin de maintenir notre esprit avec tension, ou de déployer beaucoup d’énergie pour que notre esprit reste concentré. Nous avons simplement besoin de regarder.

Nous parvenons à regarder l’objet avec notre esprit pendant un bref instant puis il s’en va faire tour quelque part à Halifax. Nous le ramenons et l’esprit regarde à nouveau l’objet pour un moment il peut rentrer chez lui pour un instant puis nous le ramenons de nouveau afin qu’il regarde l’objet C’est ainsi que nous méditons lorsque sommes débutants. Il faut simplement ramener l’esprit vers l’objet de concentration à chaque fois, C’est comme faire de l’exercice !

Si nous pratiquons de cette manière, notre attention deviendra de plus en plus grande. En contemplant la forme, notre esprit restera concentré plus longtemps.

Nous pouvons maintenant pratiquer ensemble cette méditation. Vous pouvez choisir n’importe quel objet à regarder. Vous pouvez regarder la nuque de la personne qui est assise devant vous, si vous le souhaitez. Ne pensez pas, "Oh quelle est sa nature de cheveux ? Comment fait-elle pour se coiffer de cette façon ?" ou bien " Tiens elle a peu de cheveux !" Vous n’avez pas besoin de penser à cela !

Tout d’abord, détendez votre esprit. (Pause). Maintenant regarder une forme. (Pause) Maintenant, sans regarder particulièrement la forme, continuez à pratiquer ainsi avec l’esprit détendu. (Tous pratiquent).

Lorsque nous prenons une forme comme objet de notre méditation, il se peut que se produisent quatre expériences qui pourraient nous gêner. La première est que l’objet que nous regardons se dédouble. La seconde est que la perception de l’objet devienne obscure si bien que nous ne pouvons plus du tout discerner l’objet clairement. La troisième est que tout se met à bouger si bien que l’objet ne reste pas en place. C’est un peu comme avoir des vertiges. La quatrième est que nous commençons à avoir mal aux yeux comme si la forme était en fait en train de pénétrer dans nos yeux d’une manière inconfortable. Il n’ y a rien de mauvais dans ces expériences. Nous pouvons simplement regarder tout ce qui apparaît à nos yeux. Si l’objet se dédouble nous pouvons continuer à regarder ce qui est devenu double.

Lorsque nous pratiquons ainsi, il est bien d’alterner comme nous venons de le faire, en regardant de temps en temps les formes, et quelque fois en ne les regardant pas particulièrement mais simplement en demeurant l’esprit détendu. Si nous sommes fatigués de regarder les formes, restez simplement détendus. Si nous sommes fatigués ou si nous nous ennuyons, alors regardez les formes.

Y a-t-il des questions sur cette technique de méditation particulière avec les formes.


LA MÉDITATION AVEC LE SON

Maintenant nous pouvons travailler avec la technique qui est liée au son. Est-ce que vous entendez un son ? Et quels sons ? Y a t-il un son provenant du toit ? Nous allons méditer ensemble et être attentifs à ce que l’on entend. Cela peut être n’importe quel son. Nous n’avons pas besoin de nous concentrer sur un seul son. Nous regardons simplement avec cette pensée : "Qu’est ce que mes oreilles entendent ?" Nous ouvrons grand nos oreilles. Si nous n’entendons rien de particulier, alors il s’agira de shamatha sans objet, puis en plaçant notre attention avec vigilance sur ce que l’on entend, il s’agira de shamata avec objet. Lorsque l’on pratique ce type de méditation reliée au son, deux expériences peuvent se produire, en alternance - shamatha avec objet et shamatha sans objet.

Tout d’abord, laissez votre esprit se détendre. (Pause)

Maintenant écoutez un son (Pause)

Maintenant, laissez votre esprit se détendre. (Pause)

Lorsque nous accomplissons ces pratiques, comme regarder les formes et que notre esprit les regarde ou écouter un son et que notre esprit les écoute, lorsque notre esprit regarde aussi les formes ou écoute aussi les sons, nous pratiquons et développons notre attention.
Plus notre esprit est capable de rester avec ces objets de perception, plus notre attention deviendra grande et se développera. En continuant à pratiquer de cette manière, notre esprit sera dompté, il sera plus paisible, plus heureux et joyeux. Nous parvenons à obtenir le contrôle sur notre esprit, nous obtenons de la souplesse dans notre esprit qui devient beaucoup plus souple.

Question : J’étais en train d’écouter à la fois le tic-tac d’une montre et le son de l’air dans les conduits d’aération. Je me demandais pourquoi je ne pouvais pas percevoir cela comme un son unique. Je vois cela comme deux sons différents. Même si mon esprit souhaite vraiment entendre tout cela comme un son unique, il y a toujours ces deux sons en alternance, et jamais un seul son.

Rinpoché : Ce n’est pas un problème. Vous n’avez pas besoin d’assimiler tout ce que vos oreilles entendent comme si c’était un seul son. Vous pouvez simplement placer votre attention soit sur ce qu’il y a de plus plaisant à écouter, ou soit sur ce qui semble plus clair ou plus apparent à écouter. Vous êtes là, assis, vos oreilles grandes ouvertes, vous demandant ce que vos oreilles entendent. Quel que soit le son le plus apparent qui s’élève ou le son qui vous intéresse le plus, vous pouvez l’écoutez avec votre esprit.

Quelques fois, même s’il y a un son, il se peut que vous ne soyez pas capable de l’identifier comme un son particulier. Il y a un son…. (Rinpoche utilise le microphone pour faire un son) mais vous ne pouvez pas identifier ce son comme un son particulier. Cela non plus n’est pas un problème. Ceci est similaire à la pratique de shamatha sans objet. Et lorsque cela se produit, c’est très bien.

En particulier, si vous aimez méditer sur shamata sans objet, ces manières de pratiquer shamatha en utilisant les sons, les formes, etc., peuvent en fait améliorer votre méditation. Vous vous apercevrez que les moments de méditation de shamatha sans objet seront meilleures que votre pratique habituelle de shamatha sans objet. Pour les étudiants plus avancés qui ont reçu les instructions qui montrent la nature de l’esprit, leur reconnaissance de la nature de l’esprit deviendra même plus claire lorsque les sons ne seront pas identifiés.

Questions

Q : Quelle est la différence entre écouter une conférence ou une discussion en plaçant ensemble vos oreilles et votre esprit sur ce son, et placer simplement vos oreilles sur un son lorsque vous pratiquez shamatha ?

R:La différence est principalement liée à la présence ou l’absence de reconnaissance lorsque vous pratiquez. Si vous écoutez un enseignement bouddhiste et que vous utilisez la voix de l’enseignant comme le support de votre attention en étant conscient de cela, que vous êtes détendu et attentif à ce moment-là, et que vous êtes conscient que c’est ce que vous faites, alors il s’agit de méditation ! Mais si vous ne faites pas cela, si vous ne prenez pas intentionnellement cela comme le support de votre attention et que vous écoutez juste les mots, alors ce n’est pas différent que d’écouter quelqu’un parler, d’un point de vue ordinaire. La différence tient à la présence ou l’absence d’attention

D’habitude, quand nous écoutons un son, nous nous égarons. Mais lorsque l’on pratique ce type de méditation sur les sons, nous ne nous égarons pas.

Q : Est-ce que vous donnerez des explications sur la méditation sur le goût ?

R :Oui. Demain j’enseignerai la méditation sur le goût et le toucher avec les pensées.

Q : En supposant que je commence à méditer tous les jours, en tant que débutant, combien de temps devrai-je méditer ?

R : Cela dépend de votre emploi du temps, évaluez le temps libre dont vous disposez en générale, mais au début si vous pouvez commencer par méditer pendant une heure c’est bien. Et, si vous pouvez méditer pendant deux heures, c’est vraiment bien. Aussi, lorsque vous commencez la méditation, il est important de développer une certaine vigilance dans votre vie quotidienne. Par exemple, si vous buvez de l’eau, vous pouvez déplacer le couvercle de la tasse et placer votre attention sur ce mouvement. Puis placez votre attention sur la pose du couvercle. En levant votre main à nouveau, placez votre attention sur votre main, puis lorsque vous prenez la tasse, placez votre attention sur ce mouvement. Portez ensuite votre attention sur le goût, tout en étant conscient que vous êtes en train de reposer la tasse. Placer votre attention et être conscient de ce que vous faites est la même chose.

Q : Merci.

R : Je vous en prie. Les débutants ont besoin d’être détendus. Lorsque vous serez plus familiarisé avec la pratique de shamatha, vous pourrez faire les choses plus rapidement tout en maintenant votre attention. Vous pouvez développer une certaine attention de cette façon. Lorsque nous appliquons la méditation dans notre vie quotidienne nous n’avons pas à agir comme des machines.

Q : Rinpoché, j’ai entendu Ringu Tulku Rinpoché conseiller à une dame qui était irritée par les aboiements de chiens, de se boucher les oreilles (Rinpoché rit)

R : Si vous pouvez vous boucher les oreilles avec votre esprit, alors c’est très bien. La meilleure manière de faire cela est de ne pas penser aux aboiements du chien comme si ils étaient un ennemi mais au contraire d’y pensez comme si ils étaient un ami. Si votre esprit peut considérer ce son comme un ami, c’est la même chose que de se boucher les oreilles.

Voici une histoire qui est très ancienne : Un célèbre musicien de l’Inde, un excellent guitariste, était invité par de nombreuses personnes à jouer dans plusieurs endroits. Il fit, une fois en Inde, une tournée qui lui prit six mois. Quand il rentra chez lui, il découvrit que sa femme entretenait une relation avec un autre homme. C’est alors qu’il eut avec sa femme une longue conversation (rires).

A la fin de la conversation, il décida de tout abandonner et d’aller méditer. Il lui donna toutes ses possessions et partit dans les montagnes en prenant seulement sa guitare.

Sur le chemin il vit un yogi qui méditait au fond d’une grotte. Ses cheveux étaient attachés avec un nœud au dessus de sa tête. Il portait de gros ornements en os à ses oreilles. Il regardait droit dans le vide. L’homme vit le yogi et en fut si inspiré qu’il développa, envers lui, une foi immense. Il s’approcha du yogi et lui demanda des instructions de méditation. Le yogi avait un petit peu de ventre !!

Le Maître apprit au jeune musicien comment méditer. Il lui dit " pratiquez, l’esprit détendu ! ". Il reçut cette instruction et commença à méditer juste à côté du yogi qui méditait aussi.

Il essaya de mettre en pratique ces instructions, en maintenant son esprit détendu. Seulement il n’y arrivait pas ; son esprit était rempli de pensées. En particulier, il ne pouvait pas s’empêcher de penser à sa guitare.

Quelquefois, il méditait puis repensait à sa guitare. Finalement, il abandonnait sa pratique, prenait sa guitare et se mettait à jouer pendant un moment. Mais il se disait " Non, c’est un obstacle à ma méditation " et il laissait sa guitare de côté et essayait de pratiquer à nouveau, mais redevenait distrait.

Le jour suivant, il retourna voir le yogi et lui dit "Précieux guru j’ai un si mauvais karma ! Je n’ai pas un bon karma pour méditer, je n’y arrive pas du tout. Je vous en prie, posez votre regard sur moi avec compassion". Le lama lui demanda "Quel est votre problème ?" Le musicien répondit "C’est parce que j’ai accumulé le mauvais karma de jouer de la guitare que je ne peux m’empêcher d’y penser. La seule chose à laquelle je pense c’est jouer de la guitare". Le lama lui dit "Ce n’est pas du tout un problème ! Je vais vous donner une nouvelle méthode"

Le lama lui donna une méthode de méditation selon laquelle il devait se concentrer sur le son de sa guitare et le musicien en était ravi. Il retourna dans sa grotte et médita tout en jouant de la guitare. Le début de sa pratique commençait lorsqu’il commençait à jouer de la guitare. Sept ans après environ il devint un grand mahasiddha.

Il devint vraiment un grand siddha, et j’espère que cela vous arrivera. Vous pouvez pratiquer ainsi avec votre ordinateur, ou peut être avec le téléphone ou encore avec votre voiture.

Q :Qu’est il arrivé à sa femme ?

R : Elle eut un nouveau et bon mari et une nouvelle et belle maison…. parce qu’il lui avait tout laissé.

[Fin et Dédicaces]


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Buddhaline

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