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Médecine L’alchimie de la souffrance

Par Dilgo Kyentsé Rinpoché

Une souffrance intense peut provoquer une sorte de réveil qui ouvre notre esprit et notre cœur aux autres. Vous pouvez provoquer en vous ce type d’expérience en vous entraînant à échanger mentalement, à l’aide de la méditation, la souffrance des autres contre votre bonheur et à souhaiter que votre souffrance se substitue à celle des autres.

Commencer par susciter en vous un puissant amour pour tous les êtres. Pour cela pensez d’abord à quelqu’un qui vous a témoigné une grande bienveillance, votre mère par exemple. Pensez à sa bonté. Elle vous adonné la vie en supportant les épreuves de la grossesse et les douleurs de l’enfantement. Puis, à mesure que vous avez grandi, elle s’est occupée de vous sans ménager sa peine. Votre bonheur primant sur le sien, elle était prête à tout sacrifier pour vous.

Maintenant, ressentez une immense compassion en imaginant qu’elle subit devant vos yeux de terribles souffrances, qu’on la traîne par terre, qu’on la torture ou la jette dans des braises, qu’elle souffre le martyre ; ou bien qu’elle n’a plus que la peau sur les os parce qu’elle n’a rien mangé depuis des semaines, et qu’elle tend sa main vers vous en vous suppliant : « Mon enfant, as-tu pour moi quelque chose à manger ? »

Imaginez aussi qu’elle est née sous la forme d’une biche et qu’elle est poursuivie par des chasseurs avec leurs chiens. Acculée, terrorisée, elle saute d’une falaise et se brise les pattes ; les chasseurs la retrouvent mourante et l’achèvent de leurs couteaux.

Continuez à imaginer des situations douloureuses auxquelles votre mère (ou une autre personne que vous avez choisie comme objet de méditation) se trouve confrontée. Ressentez au plus profond de vous sa souffrance jusqu’à être véritablement envahi par une immense compassion. Étendez alors cette compassion à tous les êtres, en pensant qu’eux aussi ont droit au même amour et qu’ils ont, eux aussi, le droit d’être libérés de leur malheur. Ne manquez pas d’inclure au nombre de ces êtres tous que vous considérez comme des ennemis et des obstacles. Visualisez-le tous, rassemblés en une immense foule, et rappelez-vous qu’ils souffrent de mille façons dans le cycle sans fin des existences.

Laissez toutes les formes de souffrance possibles se dessiner clairement dans votre esprit. Imaginez des êtres vieux et malades, souffrant terriblement, ou des pauvres qui ont à peine de quoi survivre. Pensez à ceux que tourmentent la faim et la soif, à ceux qui sont esclaves de leurs obsessions et souffrent jusqu’à la folie de l’angoisse provoquée par leur désir ou leur haine irrépressibles.

Lorsque vous ressentez pour tous ces êtres une immense compassion, passez à la pratique dite de « l’échange ». Si vous le pouvez, visualisez devant vous ceux qui souffrent, puis imaginez qu’en même temps que vous expulsez l’air de vos poumons, vous leur envoyez votre bonheur, votre force vitale, votre chance, votre santé, bref tout ce que vous avez de plus précieux, sous la forme d’un nectar blanc, rafraîchissant et lumineux. Priez en même temps pour que tous les êtres qui souffrent reçoivent ce nectar que vous leur offrez sans réserve. Pensez qu’ils l’absorbent jusqu’à la dernière goutte et que cela a pour effet de mettre fin à leurs souffrances et de combler tous leurs besoins. Si leur vie était menacée, elle se trouve à présent prolongée ; s’ils étaient pauvres, ils possèdent tout ce qui leur faisait défaut ; s’ils étaient malades, ils éprouvent désormais un grand bien-être.

Lorsque vous inspirez, considérez que vous prenez sur vous, sous la forme d’une masse noirâtre, toutes les maladies, les voiles et les poisons mentaux de tous les êtres, y compris vos ennemis. Pensez que cet échange les souage de leurs tourments, et que leurs souffrances viennent vers vous comme une brume portée par le vent. Lorsque vous aurez pris sur vous toutes ces souffrances, laissez-vous aller à une grande joie que vous associerez à l’expérience de la vacuité.

Réitérez cette pratique maintes fois jusqu’à qu’elle devienne pour vous une seconde nature. Ne doutez jamais que les êtres ont besoin de votre aide, et n’estimez jamais que vous avez suffisamment fait pour eux.

Vous pouvez effectuer cette pratique essentielle n’importe quand et n’importe où, lorsque vous êtes malade, par exemple. Il est très bénéfique de la poursuivre après vos séances de méditation formelle, et de l’intégrer à l’entraînement de votre esprit dans toutes les activités de la vie quotidienne.

Vous pouvez imaginez qu’au moment où vous expirez votre cœur est une sphère brillante d’où jaillissent des rayons de lumière blanche qui offre votre bonheur à tous les êtres, dans toutes les directions de l’espace. Lorsque vous inspirez à nouveau, pensez que vous prenez sur vous leur confusion mental et leurs tourments sous la forme d’une dense nuée noire qui pénètre dans votre cœur et se dissout dans la lumière blanche sans laisser de trace. Pensez que tous ceux qui sont dans la peine et la douleur s’en trouvent soulagés.

Parfois, imaginez que votre corps se démultiplie en une infinité de formes qui vont partout dans l’univers, prennent sur elles les souffrances de tous les êtres qu’elles rencontrent et leur apportent le bonheur.

Imaginez aussi que vous vous transformez en vêtements pour ceux qui ont froid, en nourriture pour les affamés ou en refuge pour les sans-abri ; imaginez que vous devenez la « gemme qui comble tous les souhaits », un peu plus grande que votre corps et étincelante d’un magnifique bleu saphir, que celle-ci se trouve au sommet d’une bannière de la victoire et pourvoit naturellement aux besoins de quiconque prononce un vœu ou une prière.

Prenez également sur vous la violence des émotions négatives, ces causes de nos malheurs. Pensez que vous allez d’abord vaincre ces émotions en vous-même pour pouvoir mieux aider les autres. Envisagez n’importe laquelle, le désir par exemple, qui peut aller de la simple attirance à l’attachement compulsif envers une personne ou un objet que vous considérez comme agréable ou nécessaire. Évoquez ensuite quelqu’un que vous n’aimez pas ou que vous prenez pour un ennemi, et imaginez que tous ses désirs s’ajoutent aux vôtres. Ressentez pour lui une grande compassion, puis étendez ce sentiment à tous les êtres en pensant que vous vous chargez de tous leurs désirs : « Qu’ainsi tous les êtres soient libérés du désir et parviennent à l’Éveil. » Vous pouvez ainsi pratiquez cette méditation en utilisant la colère, l’arrogance, la convoitise, la confusion ou tout autre état mental qui perturbe et obscurcit l’esprit.

Pour apprendre à traiter les émotions du point de vue de la vérité absolue, provoquez en vous un désir et ajoutez-y mentalement les désirs de tous les êtres. Tournez alors votre regard vers l’intérieur et analysez ce désir. Vous verrez qu’il n’a pas d’existence en soi. Observez la montagne de désirs que vous avez accumulée mentalement, et constatez qu’il n’y a là qu’une accumulation de pensées, vides de réalité. L’esprit, par nature, n’a pas plus de substance que l’espace.

À moins de s’être longuement familiarisé avec ces pratiques, il est difficile de les mettre en œuvre lorsqu’on est directement confronté à la souffrance. Mais, avec l’habitude, on en devient de plus en plus capable, même dans les circonstances difficiles, car les choses nous apparaissent alors sous un jour différent.

Dilgo Khyentsé Rinpotché (1910-1991)

Source : Espace facebook Bouddha Bouddhisme Enseignements
http://www.facebook.com/Bouddha.Bouddhisme.Enseignements


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