BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Amour - Maïtri
L’instant d’aimer - Thich Nhat Hanh
L’amour bienveillant et la Compassion - Mingyur Rinpoché
La médecine au risque de la compassion - Dr Jean-Marc Mantel
Se découvrir au travers de l’enseignement du Bouddha - Lama Thubten Yeshe
L’échange humain et l’acte d’amour - Philippe Labro
L’amour bienveillant - Yongey Mingyour Rinpoché
Aimer selon le Christ et Bouddha - Claudine Vernier-Palliez
Médecine
Itinéraire d’un médecin bouddhiste hospitalier - Dr. Daniel Chevassut
Les bienfaits de la méditation - Jon Kabat-Zinn
Mourir avec esprit d’Eveil - Lama Zopa Rinpoché
Les douze voeux du bouddha Médecin - Kalou Rinpoche
La compassion, une énergie de guérison - Sofia Stril-Rever
Le secret de tonglen - Sogyal Rinpoché
Le cœur de la compassion - Sogyal Rinpoché
Médecine / Santé
Trouver l’espoir face à la mort - Christine Longaker
Enseignement du Bouddha et art de soigner - Dr. Daniel Chevassut
Principes de la médecine hospitalière mohammadienne et son influence en Europe - Cheikh Khaled Bentounès
Pouvoirs supra normaux et préscience - Lama Thubten Yeshe
Le médecin, garant des droits humains fondamentaux - Professeur David Khayat
Le trésor incomparable de la compassion - Maître Hsing Yun
Méditation de Powa pour le moment de la mort - Eicie Hursthouse
Sofia Stril-Rever
« Je m’appelle Dorjé Tseten » ou des hommes descendus du ciel pour me sauver - Sofia Stril-Rever
Titre : « Atteindre l’Eveil en tant que femme » ou le destin singulier d’une jeune anglaise devenue nonne bouddhiste - Sofia Stril-Rever
Le bouddhisme à l’épreuve de la vie - Sofia Stril-Rever
Ce que j’ai appris en recueillant l’Autobiographie spirituelle du Dalaï-lama - Sofia Stril-Rever
Le chant des Dakinis - Sofia Stril-Rever
Tenzin Dhargyal, dit Tendhar, peintre de Kalachakra - Sofia Stril-Rever
Le même goût de la douleur et de la joie - Sofia Stril-Rever
Même rubrique

Les douze principes du bouddhisme -
Aniruddha, vingt-deuxième et actuel roi-kalkin de Shambhala - Sofia Stril-Rever
Science et bouddhisme : à la croisée des chemins - Trinh Xuan Thuan
Dans cette vie et dans toutes les vies - Phakyab Rinpoche et Sofia Stril-Rever
Le bouddhisme, science de l’esprit - Luc Marianni
Trouver une nouvelle source - Fondation bouddhiste Vihara Lemanique
La légende de Kouan-Yin déesse de la compassion - Jean-Pierre Chambraud
Autres textes
Le Tao du sommeil - Georges Charles
Les Tülkous, ou Lamas réincarnés : continuité sans identité - Michel Henri Dufour
Améliorer l´humanité ? - Jacques Testart
Franc-maçonnerie et bouddhisme - Didier Planche
L’économie solidaire en pratique - Bernard Eme
Le Yi King : 64 hexagrammes pour exposer la totalité des affaires humaines - Khoa Nguyen
Thich Nhat Hanh et le mouvement "Bouddhisme engagé" - Michael von Brück et Whalen Lai
Sofia Stril-Rever

"L’autobiographie spirituelle" du Dalaï-lama recueillie par Sofia Stril-Rever ou le bilan de 50 ans d’exil par Sofia Stril-Rever
Aller à Lhassa, oui, mais certainement pas en otage de la Chine par Sofia Stril-Rever
Danses tibétaines interdites à Katmandou par les Chinois par Sofia Stril-Rever
De coeur à coeur avec Jetsun Pema par Sofia Stril-Rever
De coeur à coeur avec soeur Emmanuelle par Sofia Stril-Rever
Dilgo Khyentsé Rinpotché, une montagne immuable par Sofia Stril-Rever
Entretien avec Nicole Lattès, éditeur de Matthieu Ricard par Sofia Stril-Rever

Bookmark and Share
envoyer l'article par mail envoyer par mail - imprimer

> Bouddhisme > Essais

Maitri, joyau de la vacuité

La vacuité est le lien universel unissant tous les vivants, sans distinction d’un soi séparé. Maitri est le joyau de la vue profonde de la vacuité.

Par Sofia Stril-Rever

Quand Siddharta paraît se détourner de la souffrance,

il se détourne en fait d’une illusion

Dans le livre, Sur les traces de Siddharta, maître Thich Nhat Hanh a reconstitué la vie du Bouddha. Il présente le jeune prince Siddharta comme très uni à son épouse, Yashodhara qui, selon maître Thich Nhat Hanh, « discutait souvent avec Siddharta des moyens de soulager les tourments des plus pauvres. Elle sollicitait les conseils de son mari pour ses projets d’aide sociale ». Dans le couple princier, Yashodhara incarne l’amour et la compassion qui s’efforcent de vaincre les manifestations ponctuelles de la souffrance. Alors que Siddharta développe une compassion plus profonde et radicale, visant à nous libérer non seulement de la souffrance actuelle, mais aussi des causes de cette souffrance : « Conscient de l’importance du travail de Yashodhara, Siddharta pensait que cette seule voie n’arriverait néanmoins jamais à apporter la paix. Les gens étaient non seulement pris au piège de leurs maladies ou de l’injustice sociale mais aussi prisonniers des afflictions et des passions qu’ils avaient eux-mêmes créées dans leurs cœurs. »

Et plutôt que de s’engager dans une œuvre sociale aux côtés de Yashodhara, Siddharta préféra quitter son épouse et le palais de son père, agissant ainsi pour le bien de tous les êtres, à la recherche de la vérité qui permet la délivrance ultime de toute souffrance. Dans cette reconstitution de la vie du futur Bouddha, le message de maître Thich Nhat Hanh est clair : c’est la vérité qui libère, non la nourriture donnée à celui qui a faim, ni les soins aux malades, ni le vêtement à celui qui a froid. Car la vérité traite les causes de la souffrance, pas seulement ses symptômes.

On saisit la distance avec le message évangélique. Jésus se penche concrètement vers la souffrance humaine, il nourrit les affamés, guérit les malades, rend la vue aux aveugles, console ceux qui pleurent. Alors que Siddharta paraît se détourner de la souffrance des hommes en choisissant la solitude de l’ascèse, puis de la voie méditative. Pourtant, quand il paraît se détourner de la souffrance, il se détourne en fait d’une illusion. L’illusion que l’existence dans le samsara pourrait être exempte de souffrance, que la souffrance pourrait être évitée.

Siddharta prend la décision de se retirer du monde après avoir compris la réalité inéluctable de la souffrance, qui est la nature même du cycle des existences. Loin de se couper de la souffrance, il s’immerge totalement dans la réalité de cette souffrance. Il s’engage dans une quête de la vérité où il est foncièrement solidaire de tous ceux qui souffrent. En s’éveillant, il s’éveille pour tous.

Le nirvana, essence d’une compassion et d’un amour incommensurables

L’acte d’Eveil est devenu possible parce qu’il est accompli pour le bien de tous les êtres. Siddharta est devenu le Bouddha lorsqu’il a été capable de prendre tous les êtres dans son coeur et de vouloir leur bien. Or vouloir le bien de tous les êtres implique d’avoir levé le voile du concept qui sépare, oppose et discrimine, pour accéder à des états de conscience non-duels.

Au nom d’une compassion qui s’efforce de soulager les symptômes de la souffrance accompagnant inévitablement l’existence dans le samsara, on a mal compris ce qu’aimer sur la voie du Bouddha signifie réellement. Les propos du pape Jean-Paul II, dans l’encyclique Entrez dans l’espérance, ou ceux, par exemple, du philosophe André Comte-Sponville privilégiant la charité de l’Occident chrétien par rapport à la compassion de l’Orient bouddhiste, illustrent les malentendus naissant d’une interprétation du bouddhisme à partir de références philosophiques étrangères. C’est ainsi que le pape décrit le nirvana comme « une indifférence totale envers le monde ». Mais le nirvana qui est l’accomplissement de la nature de Bouddha est au contraire l’essence même d’une compassion et d’un amour de tous les vivants qu’on qualifie d’incommensurables.

Amour se dit en sanskrit maitri, or étymologiquement, maitri signifie "devenir un, s’unir". Et dans l’acte d’Eveil, par la compréhension de la vacuité, le Bouddha a réalisé le lien universel qui l’unit à tous les êtres, à toutes les formes de vie, sans distinction d’un soi séparé. Maitri est le joyau de la vue profonde de la vacuité.

Dans le Grand véhicule, on précise que le nirvana est non statique, c’est un nirvana où l’on ne demeure pas. Par la réalisation de la sagesse, l’état de nirvana correspond à la libération du cycle des existences, mais, par compassion, l’être qui a réalisé ce degré de conscience suprême refuse de s’absorber dans la paix de la délivrance, aussi longtemps que se perpétuent les souffrances du samsara. Par la puissance de leurs voeux et leurs mérites accumulés au cours des vies antérieures, les bouddhas émanent des corps de Forme et se manifestent pour guider les êtres qui transmigrent.

Tel est l’amour de l’Eveillé qui libère de la souffrance et de ses causes, inspirant l’attitude extraordinaire de la grande compassion, active et illimitée du bodhisattva, comme l’exprime cette prière de Shantideva, reprise par le Dalaï-Lama :

Aussi longtemps que durera l’espace,

Aussi longtemps que dureront les êtres sensibles,

Puissé-je moi aussi demeurer

Afin de dissiper les souffrances du monde !


http://www.buddhaline.net




Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling