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Harada Sekkei

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> Bouddhisme > Enseignements


Les trois esprits de Maître Dogen

Par Harada Sekkei

Voici un article, paru au Japon, de Harada Sekkei Roshi, supérieur du temple de Hosshinji. Harada Sekkei Roshi, qui est l’un des grands enseignants du zen au Japon, a été intronisé à la fin du mois de juin, à Milan, kaikysokan pour l’Europe, c’est-à-dire responsable des missions étrangères pour notre continent. Souhaitons-lui bienvenue en espérant que nos relations seront fructueuses.

Dans son recueil de recommandations, Maître Dogen écrit : « Tous les bouddhas et les patriarches ont recherché la Voie. Sans cet esprit d’éveil, sans bodhi, tout ce que l’on entreprend est entrepris en vain. »

Voilà pourquoi les moines et les nonnes doivent manifester l’esprit d’éveil. Manifester l’esprit d’éveil signifie former le vœu de sauver tous les êtres sensibles. Manifester l’esprit d’éveil et former ce vœu, c’est ressentir un grand respect, une grande aspiration à retrouver la manière et la pratique des temps passés. Enfin, former ce vœu, s’efforcer aux manières des temps anciens, c’est montrer l’esprit qui recherche la vérité.

Ces trois esprits ont toujours été étudiés, tant par les débutants que par ceux qui pratiquent la Voie depuis plus longtemps. Ces trois esprits - l’esprit d’éveil, l’aspiration à retrouver la pratique des maîtres passé, et l’esprit qui cherche la vérité - ne peuvent être divisés ou séparés ou utilisés chacun selon son gré, selon l’époque le lieu et la situation. Car ils ne sont toujours qu’un seul esprit jouant un seul et unique grand rôle.

À propos de l’esprit d’éveil, il est écrit dans le sutra Dainichi : « Qu’est-ce que la bodhi ? En vérité, bodhi signifie connaître vraiment son propre esprit. » C’est pour cette raison que bodhi est traduit par éveil car, pour celui qui pratique, cela signifie s’éveiller à la véritable nature de son propre esprit. L’esprit d’éveil, c’est donc s’éveiller à la Voie, au Dharma, comprendre que « la véritable nature des choses est sans forme. » Ainsi se manifeste le souhait, l’aspiration à sauver tous les êtres sensibles.

Dans le chapitre Bodaishin du Shobogenzo de Maître Dogen, il est écrit : « S’éveiller à l’esprit de bodhi signifie faire le vœu de ne pas traverser, de ne pas gagner l’autre rive de l’éveil avant que tous les êtres sensibles en aient fait autant ». Ce serait une grande et dangereuse erreur que d’interpréter cette phrase de façon littérale. Ce point fondamental doit être étudié avec soin, clarifié et bien assimilé.

Mokoshin est employé pour décrire l’aspiration à retrouver la manière et la pratique des maîtres du passé, des bouddhas et des patriarches. Dans le Bouddhadharma, mokoshin signifie rencontrer les bouddhas et les patriarches face à en face, visage à visage. Rencontrer quelqu’un ou quelque chose face à face, c’est shoken. Or, le kanji sho est composé de deux éléments qui signifient respectivement arbre et oeil. Sho, c’est comme lorsque l’on grimpe au sommet d’un arbre et qu’on a une vue vaste, dégagée. Ainsi, shoken représente l’instant où nous voyons chaque chose intimement et clairement.

La première fois que Dogen expérimenta shoken avecMaître Nyojo, il lui dit : « Je suis venu d’un petit pays lointain et je vous demande la permission de bien vouloir me recevoir personnellement pour dokusan (dokusan signifie interroger un maître à propos du Dharma) quelle que soit l’heure, le jour ou la saison. » Maître Nyojo posa son regard sur Dogen et répondit : « Dès cet instant, vous êtes libre de venir dans cette chambre et de poser toutes les questions que vous souhaiterez poser à propos du Dharma, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Je vous le permets comme un père le permettrait à son fils. »

Dans l’expression « chercher la vérité », vérité signifie « Dharma de l’ainséité », c’est-à-dire la source même de l’éveil, de la bodhi. Lorsqu’on s’assied en zazen, toutes sortes de pensées vont et viennent qui ne peuvent être appelées illusion, confusion ou satori. Ces pensées sont le Dharma de l’ainséité, elles sont la vérité. En d’autres termes, elles sont la véritable forme de notre propre esprit. Cependant, le point de vue de l’ego personnel se manifeste et réclame : « Ceci est illusion. Ceci est confusion. » Et bien qu’un tel point de vue égoïste soit aussi le Dharma de l’ainséité, on veut toujours chercher la vérité ailleurs. Le Dharma de l’ainséité est l’ensemble de nos activités quotidiennes. C’est la vie et la mort allant et venant. C’est la souffrance et le bien-être qui se manifestent et disparaissent. Seul le point de vue de l’ego embrume et obscurcit cette vérité. Ce point de vue s’élève et se manifeste parce qu’une séparation est créée entre ce qui y est vu et celui qui voit.

Tenkei Zenji disait : « Ceux qui sont sincères avec le Bouddhadharma sont sincères avec la Voie du monde, l’ordre cosmique. Ceux qui sont sincères avec la Voie du monde sont sincères avec le Bouddhadharma. » C’est l’ego, la conscience personnelle, qui crée une distinction entre l’ordre cosmique et le Bouddhadharma. Le zen est l’instrument qui montre la direction, la manière d’anéantir la conscience de l’ego, afin que nous puissions véritablement connaître la nature de notre propre esprit.

Pour ceux d’entre nous qui veulent pratiquer le zen, il est nécessaire de vivre nos vies à partir de ces trois esprits dont parle maître Dogen dans son recueil de recommandations. Il faut qu’ils soient une devise profondément inscrite dans nos esprits. Et même alors, il faut s’efforcer sans cesse d’oublier l’ego dans chacune de nos activités.

Harada Sekkei
Abbé d’Hosshinji

Zen - Bulletin de l’Association Zen Internationale
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