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André Bareau

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> Bouddhisme > Découverte


Les quatre rencontres

Le jeune prince Gautama vivait dans le luxe, l’oisiveté et les plaisirs, protégé de toute souffrance par son père, le roi Suddhodana. Mais quatre rencontres cruciales - celles d’un vieillard, d’un malade, d’un mort et d’un moine - vont lui révéler les dures réalités de la vie et faire naître en lui l’esprit d’éveil.

Par André Bareau

Le Bodhisattva eut, dans sa jeunesse, l’intention de quitter la vie de famille. Le roi, son père, craignant qu’il n’étudiât la Voie de la délivrance, l’entoura constamment des plaisirs des cinq sens. Quand il eut quatorze ans, il fit atteler son char pour aller se promener et il sortit par la porte orientale de la ville.

Il vit par hasard un vieillard à la tête blanche, au dos voûté, qui, appuyé sur un bâton, marchait avec peine. Il demanda à son coche :

- Quel est cet homme ?

- C’est un vieillard.

- Qu’appelle-t-on un vieillard ?

- Il a vécu de nombreuses années, ses facultés déclinent, son aspect a changé, son teint s’est altéré. Quand il est assis, il lui est pénible de se lever, il lui reste très peu de vitalité. C’est pourquoi on l’appelle un vieillard.

- Échapperai-je moi-même à ce sort ?

- Pas encore.

Alors, il fit faire demi-tour à l’attelage et revint au palais. Comme il n’était pas encore libéré de la loi de la vieillesse, il devint tout triste et n’éprouva plus aucun plaisir. Le roi demanda au cocher :

- Le prince est-il content de sa promenade ?

- Il en est mécontent.

- Pourquoi ?

- Il a vu par hasard un vieillard, c’est pourquoi il est mécontent.

Le roi craignit que les devins n’aient dit la vérité et que le prince ne quittât bientôt la vie de famille. Aussitôt, il fit augmenter les plaisirs des cinq sens.

Longtemps après, le Bodhisattva ordonna de nouveau à son cocher d’atteler son char pour aller se promener et il sortit par la porte méridionale de la ville. Il vit par hasard un malade dont le corps était maigre et faible et qui, appuyé contre une porte, respirait avec peine. Il demanda à son cocher :

- Quel est cet homme ?

- C’est un malade.

- Qu’appelle-t-on un malade ?

- Ses quatre grands éléments La terre, l’eau, le feu et le vent qui composent le corps humain et dont le déséquilibre est la cause des maladies selon la médecine indienne antique. augmentant ou diminuant, il ne peut plus boire ni manger, son souffle est faible et ténu, sa vitalité est diminuée par les impuretés qui se trouvent en lui. C’est pourquoi on l’appelle un malade.

- Échapperai-je moi-même à ce sort ?

- Pas encore.

Alors, il fit faire demi-tour à l’attelage et revint au palais. Pensant qu’il n’était pas encore libéré de la vieillesse et de la maladie, il devint plus triste encore. Le roi demanda de nouveau au coche :

- Le prince est-il content de sa promenade ?

- Il est encore plus malheureux.

- Pourquoi ?

- Il a vu par hasard un malade et c’est pourquoi il est mécontent.

Le roi craignit que son fils ne quittât bientôt la vie de famille et fit encore augmenter les plaisirs diurnes et nocturnes des cinq sens.

Longtemps après, le Bodhisattva ordonna de nouveau à son cocher d’atteler un char pour aller se promener et il sortit par la porte occidentale de la ville. Il vit par hasard un mort qui, porté par des hommes, était suivi de parents affligés et gémissants. Il demanda au cocher :

- Quel est cet homme ?

- C’est un mort.

- Qu’appelle-t-on un mort ?

- Son souffle a cessé, son esprit s’en est allé, il n’a plus connaissance de rien, il a abandonné son village vide C’est-à-dire son corps vide de soi., il est à jamais séparé de ses parents. C’est pourquoi on l’appelle mort.

- Échapperai-je moi-même à ce sort ?

- Pas encore.

Pensant qu’il n’était pas encore libéré des lois de la vieillesse, de la maladie et de la mort, il fut encore plus triste. Aussitôt, il fit faire demi-tour à l’attelage pour rentrer.

Il vit par hasard un homme dont les cheveux et la barbe étaient rasés, qui portait le vêtement de la loi monastique, tenait un bol à la main et marchait en regardant le sol. Il demanda à son cocher :

- Quel est cet homme ?

- C’est un religieux errant.

- Qu’appelle-t-on un religieux errant ?

- Il s’est bien dompté lui-même, il a des manières dignes, il se conduit toujours avec patience et compassion envers les êtres. C’est pourquoi on l’appelle religieux errant.

Quand il eut entendu cela, le Bodhisattva s’écria trois fois : « Très bien ! » Ayant réfléchi à cela, il devint joyeux. Aussitôt, il descendit de son char, rendit hommage à l’ascète et lui demanda :

- Pourquoi ton aspect et tes vêtements sont-ils différents de ceux des gens qui vivent dans le monde La réponse est semblable à ce qui a été dit plus haut. ?

De nouveau, le Bodhisattva s’écria trois fois : « Très bien ! » Ayant réfléchi à cela, il devint joyeux. Il remonta sur son char et se dirigea vers le palais. Il y avait une femme qui, voyant par hasard le Bodhisattva, eut une pensée d’amour pour lui et prononça cette stance :

Heureuse la mère qui possède un tel fils !

Bienheureux aussi son père !

Heureuse la femme qui possède un tel époux !

Il atteindra le nirvana !

Lorsqu’il entendit prononcer le nom de nirvana, le Bodhisattva bondit de joie et pensa : « Obtiendrai-je moi-même ce nirvana suprême ? » De retour au palais, il réfléchit sur le fait qu’il n’était pas encore libéré des lois de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Le roi demanda au coche :

- Le prince est-il content de sa promenade, aujourd’hui ?

- Au début de la promenade il ne fut pas joyeux mais au retour il fut très heureux.

- Pourquoi donc ?

- Durant sa promenade, il vit par hasard un mort et c’est pourquoi il ne fut pas joyeux. Au retour, il vit un moine mendiant et c’est pourquoi il devint tout heureux.

Le roi pensa de nouveau : « Les devins ont dit la vérité : il quittera certainement la vie de famille. » Alors il fit encore augmenter les plaisirs diurnes et nocturnes des cinq sens.

(Extraits du Vinaya pitaka, traduit par André Bareau dans En suivant Bouddha)

Avril 1995

Zen - Bulletin de l’Association Zen Internationale
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