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Les quatre conduites du Bodhisattva

Par Maître Dogen

BODAISATTA SHISHOBO [ 89 ]

Les quatre actions du Bodhisattva pour le bien des êtres humains sont : fuse, aigo, rigyo et doji.

Le FUSE c’est le contraire de l’avidité, de la convoitise et de la quête de faveurs. C’est partager ce que l’on a de plus précieux avec un inconnu. C’est en oeuvrant avec l’esprit du partage que l’on instaure la paix dans le monde. Nous devrions montrer ce qui est juste, même aux puissants de ce monde. Offrir une fleur provenant d’une lointaine montagne au Tathagata, comme partager nos richesses dans cette vie-ci, tant spirituelles que matérielles, est digne d’estime.

Il est vrai que rien ne nous appartient, mais cela ne devrait pas nous dispenser du partage. La valeur du fuse importe peu, c’est la sincérité du geste qui est essentielle.

Si nous abandonnons la volonté de disposer de la Voie pour nous y adonner totalement, il nous sera possible de parvenir à la compréhension. Si nous ne percevons pas nos richesses comme une propriété, le fait d’en posséder est un présent. En partageant, nous donnons à autrui l’opportunité d’en faire autant. Le fuse a une répercussion tant sur les êtres humains que sur les saints. Ceci est dû à la fonction réunificatrice du partage.

Le Bouddha disait que lorsqu’un généreux donateur vient rendre visite à l’assemblée des moines, ces derniers lui montrent parfois de l’intérêt. Nous ne devrions pas être troublés par la nature du fuse. Parfois, il suffit de vouloir partager une seule phrase ou un simple texte pour qu’ils deviennent la semence du bien, autant dans cette vie-ci que dans une prochaine vie. Nous pouvons partager ce que l’on a de plus précieux, une seule piécette, un seul brin d’herbe et ce fuse prendra racine maintenant et dans l’avenir. Le Dharma est un trésor et inversement. Cela est dû à la compassion des Bodhisattvas. Sachez que le partage repose sur notre seule volonté.

Prenez par exemple cet empereur respecté par ses sujets qui, voulant guérir son ministre malade, lui donna en guise de potion les cendres de sa propre barbe. Et cet enfant qui jouait sur un tas de sable qui offrit une poignée de sable à Bouddha en guise de repas et qui plus tard, en récompense de ce geste, devint roi. Dans les deux cas, ils n’ont fait que ce qu’ils pouvaient sans attendre quoi que ce soit en retour.

Fournir un bateau ou construire un pont pour permettre la traversée de la rivière est un aussi faire fuse. Dès que nous comprenons le sens véritable de ce qu’est le fuse, nous nous apercevrons qu’obtenir ou perdre un statut social pour le bien d’autrui est aussi un acte de générosité. Nous recevons en gage un mode de vie, afin de produire le bien, comme en accord avec les saisons les fleurs se répandent au vent et les oiseaux chantent.

Ceux qui donnent et ceux qui reçoivent devraient prendre exemple sur le roi Asoka qui, un jour, a partagé une demi mangue en guise d’offrande à cent moines , et faire en sorte de ne jamais manquer d’en faire autant

Bouddha disait que le fait de payer de sa personne était aussi un fuse. D’ailleurs, nous devrions faire le don de soi à nos parents, nos femmes et à nos enfants. Bien que nous puissions le faire pour nous-mêmes, le bien qui en résultera sera un don pour nos parents, nos femmes et nos enfants. Si nous pouvons offrir ne serait-ce qu’une petite chose, nous devrions être discrets, car en agissant ainsi, nous transmettons cet esprit aux autres comme une facette du Bouddha. De plus, cela vaut la peine de pratiquer une des actions du Bodhisattva.

Nous ne pouvons pas changer l’état d’esprit des êtres sensibles, mais si nous leur offrons quelque chose de concret, nous aurons la possibilité de leur montrer ce qu’est le véritable esprit de la Voie du Bouddha et leur donner la possibilité de changer en faisant l’expérience de la pratique, pour qu’ils parviennent à la compréhension. Agir ainsi, c’est faire un premier pas vers la pratique du partage. C’est pour cette raison que le fuse figure en tête des six paramitas. La grandeur et la petitesse de l’esprit ne peuvent être évaluées, comme d’ailleurs les dimensions d’un objet, car il y a un moment où l’esprit change la valeur des choses comme il y a des dons qui parviennent à changer l’état d’esprit.

AIGO veut dire que lorsque nous rencontrons des êtres sensibles, notre élan de compassion nous mène naturellement à nous adresser à eux avec gentillesse. Ainsi, rien ne nous pousse à être grossier. En société, nous faisons usage de la politesse pour nous enquérir de la santé d’autrui. Dans le bouddhisme aussi, nous usons de formules comme « prenez soin de vous » ou « comment allez-vous ? ». Aigo veut dire que nous nous adressons à tous les êtres avec circonspection comme s’ils étaient nos propres enfants. Avec un tel esprit, il nous est possible d’avoir un parler vrai. Si quelqu’un avait quelque aptitude, nous devrions en faire l’éloge et si c’était le contraire, nous devrions lui montrer notre compassion. Plus nous pratiquons aigo, plus nous en userons, plus ses bienfaits seront grands et dans notre quotidien ce parler vrai qui se terre en nous émergera naturellement. Durant toute notre vie et tout particulièrement la présente, nous devrions nous adonner au parler vrai. Que cela soit dans ce monde ou dans un autre, n’oublions jamais qu’il est le fondement de notre vie future. Il est fondamental d’en faire usage si l’on veut se réconcilier avec son ennemi, ou faire la promotion de l’harmonie entre belligérants. Entendre des propos plaisants à son sujet nous procure de la joie et du bonheur. Ils nous vont droit au cœur. Nous devrions savoir que le parler vrai, c’est « témoigner » de l’affection dont la source est la compassion. Il a le pouvoir de changer les situations et il a un impact positif sur autrui. Ce n’est ni de la condescendance, ni de la complaisance, ni de la flatterie.

RIGYO c’est être bienveillant à l’égard des gens sans distinction, et peu importe s’ils occupent une position importante ou non. Nous devrions seulement l’être, afin qu’ils puissent eux aussi développer leur qualité présentement et dans le futur.

Il y a fort longtemps en Chine, vivait un homme répondant au nom de Koyu qui avait acheté à un pêcheur une tortue fraîchement capturée pour ensuite la remettre à l’eau. Durant la période Gokan, il y avait un homme nommé Yoho du mont Kain qui sauva un moineau à la patte brisée. Quand ils ont vu la tortue et le moineau, ils ont été touchés et ils ont agi sans attendre quoi que ce soit en retour. Ils ne pouvaient agir différemment ; leur état d’esprit les amené à le faire tout simplement.

Les sottes gens s’imaginent que se préoccuper du sort d’autrui nuit à leurs intérêts, mais cela n’est pas vrai. Rigyo est l’entièreté du Dharma et cela fait du bien autant à soi-même qu’aux autres.

Il y a cette vieille histoire du roi Shu. Si quelqu’un venait à lui rendre visite et qu’il était dans son bain ou en train de manger, il sortait de son bain et se nouait les cheveux ou cessait de manger pour le recevoir. Il faisait de son mieux pour venir en aide aux autres, sans faire de distinction. Il traitait avec la même déférence les personnes hostiles ou amicales.

Par conséquent, nous devrions faire en sorte de traiter nos ennemis, nos amis et nous-même avec respect. Si nous agissons avec un esprit de bienveillance, nous pourrons nous apercevoir que le vent, l’eau les arbres et les herbes l’ont aussi. Nous devrions nous efforcer tout particulièrement de protéger les sottes gens.

DOJI veut dire ne pas se dissocier des autres, à l’instar de Shakyamuni qui est né et a passé toute sa vie en étant un être humain. Toute sa vie il a œuvré dans la voie de doji, autant dans ce monde-ci que dans les autres mondes. Quand nous faisons l’expérience de doji, nous ne faisons plus qu’un avec nous-même et avec les autres. Il y a un adage qui dit : être ami avec le keito , avec la poésie et le saké . Toutefois, dans le bouddhisme, le keito, la poésie et le saké se lient d’amitié avec les êtres humains, les êtres célestes et les dieux. Cela veut tout simplement dire que les êtres humains se lient d’amitié avec le keito, la poésie et le saké, comme le keito, la poésie et le saké avec le keito, la poésie et le saké, les êtres humains avec leurs semblables, les êtres célestes avec les êtres célestes et les dieux avec les dieux. C’est de cette façon qu’il nous faut étudier doji.

DOJI veut aussi bien dire comportement, qu’attitude digne, qu’harmonie avec soi-même et avec les autres. De ce fait, les autres peuvent être assimilé à soi et par la suite soi avec les autres. La relation que nous entretenons avec les autres est infinie, comme notre relation avec le temps.

Dans le Kanshi, il est écrit : « l’océan ne refuse aucune eau, c’est pour cette raison qu’ il est si vaste ; les montagnes ne refusent aucune terre, c’est pour cette raison qu’elles parviennent à être si grandes . Un excellent roi accepte tout le monde et tous les pays, c’est ainsi qu’il peut régner sur un grand nombre de sujets et de pays. Un excellent roi qui agirait ainsi ne peut que devenir un empereur ».

Un empereur ne déteste pas ses sujets, il les récompense, mais cela ne veut pas dire qu’il ne sévit pas. Il y a fort longtemps, quand les gens étaient simples et honnêtes, sévir n’était pas nécessaire, à présent c’est différent. Il y a des personnes, aujourd’hui, qui recherchent la Voie sans attendre de récompense et encore moins de remontrance. Il n’y a que les sots qui peuvent imaginer cela.

Un excellent roi a une grande connaissance de la nature humaine, il ne juge et ne rejette personne. C’est pour cette raison que le peuple s’amasse autour de lui, c’est ainsi que naissent les pays et les états. Ils recherchent tous un excellent roi. Ils sont tout simplement heureux de ne pas être exclus. Parfois, ils n’y pensent même pas et le soutiennent. En quelque sorte, un excellent roi et un sot peuvent vivre en harmonie. C’est ainsi que le peuple [les êtres sensibles] demande au roi [le bodhisattva] de les aider.

C’est avec un grand respect que les Bodhisattvas font en sorte de sauver les êtres sensibles. Il est important que nous abordions chaque chose avec un esprit ouvert et bienveillant. Fuse, aigo rigyo et doji se contiennent mutuellement , ce qui donne un total de seize.

5 mai 1243

Fuse vient du terme sanskrit dana. Nous avons parfois traduit par partage ou par don.

Aigo vient du terme sanskrit priya-akyana, le parler vrai, le parler intentionné.

Rigyo vient du terme sanskrit artha-carya, la bienveillance.
Doji vient du terme sanskrit sama-arthata, que l’on pourrait traduire par empathie, ou tout simplement aussi coopération.
Original archive JK-2000-2002
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ESBN 60549-041230-183551-18

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