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Déchoung Rinpotché

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> Bouddhisme > Pratique


Les neuf étapes de Samatha

A l’heure actuelle, en cette époque dégénérée, tous ceux qui comme moi-même désirent tourner leur esprit vers la méditation doivent d’abord méditer le calme mental. C’est un point très important. Pourquoi ? Parce que dans une eau troublée, le reflet de la lune n’apparaît pas clairement et parce qu’il faut une lampe à beurre lumineuse et non agitée par le vent pour contempler les peintures murales d’un temple auparavant dans la pénombre. De même un esprit qui n’est à aucun moment dépourvu de pensées ne pourra identifier la sagesse de la vue pénétrante. Même s’il en a de vagues aperçus, il n’en obtiendra jamais la stabilité. Si un débutant garde l’esprit mêlé à des distractions, il ne pourra même pas méditer le calme mental. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir le corps et l’esprit dans la solitude.

Par Déchoung Rinpotché

Cet enseignement de Déchoung Rinpotché est extrait du livre "Le Flambeau de la Libération" aux éditions Yogi Ling.

1 - LE PLACEMENT DE L’ESPRIT

a) Pour le placement de l’esprit, il faut :

- Avoir un support immobile

- Garder le corps immobile

- Ne pas cligner des yeux

- Percevoir clairement l’apparence du support

Concernant la première condition : dans un endroit retiré et agréable, on place devant soi à une distance appropriée un support convenable. Cela doit être quelque chose de beau, tel qu’une représentation picturale du Corps du Bouddha, etc.

Cela ne doit pas faire mal aux yeux, tel qu’une fleur bleue ou une pièce de brocard bleu, etc. Bien qu’une grande variété de supports de concentration ait été enseignée, fixer l’esprit sur le Corps du Bouddha est une visualisation supérieure car elle permet de se souvenir du Bouddha et ainsi d’accumuler un mérite infini, de purifier les voiles et de se rappeler le Bouddha au moment de la mort. Cela sera ultérieurement d’une grande utilité pour les méditations des divinités. Il est ainsi expliqué beaucoup de bienfaits à contempler le Corps du Bouddha. Il est enseigné de ne pas le visualiser avec un aspect matériel, tel qu’un dessin, etc, mais de faire s’élever l’apparence réelle du Bouddha. De plus, ce n’est pas un objet perceptible par les sens, mais juste une image mentale. Concentrer son esprit sur la forme générale, approximative de son Corps est suffisant.

Il est aussi enseigné que se concentrer sur les souffles en comptant les respirations a des bienfaits excellents car c’est la meilleure des pratiques pour purifier les voiles et pour prolonger la vie.

b) Pour le calme mental, la posture du corps et la façon de placer le regard sont très importantes.

- Les jambes sont en posture vajra.

- Les mains sont dans le geste d’équanimité, à quatre largeurs de doigts en-dessous du nombril.

- La colonne vertébrale est droite comme une flèche.

- Les épaules sont redressées.

- Le menton est rentré en pressant la pomme d’Adam.

- Les lèvres et la langue sont dans leur position normale, détendues avec le bout de la langue touchant le palais.

- Les yeux regardent tranquillement un point fictif à huit largeurs de doigt du bout du nez.

- La respiration n’est pas bruyante ni violente ni désordonnée. Autant que possible, on inspire et expire doucement, de façon imperceptible et naturelle.

C’est ainsi qu’est enseignée la posture. On s’assied donc sur un siège confortable en prenant tous les points de la posture de concentration et l’on reste droit et immobile.

c) Les yeux sont mi-clos, les paupières supérieures recouvrant la moitié des pupilles. Ils regardent doucement vers le support de concentration. Si des larmes surviennent, on ne frotte pas les yeux, on laisse le regard posé naturellement sur le support. Si cela devient douloureux, sans se focaliser sur la douleur on continue à diriger fermement l’esprit vers celui-ci.

d) Quel que soit l’aspect du support, on n’en examine pas les qualités et les défauts, mais on fait s’élever d’une façon très lucide une conscience de celui-ci qui est dépourvue de conceptualisation.

2 - LE PLACEMENT CONTINU

En méditant ainsi, au début cela ne durera pas longtemps. On se place donc en prolongeant le courant de la concentration par de courtes séances répétées.

3 - LE RAJUSTEMENT

S’il se produit une distraction, on la reconnaît, puis on ramène l’esprit sur le support.

4 - LE PARFAIT PLACEMENT

Pour éviter l’éparpillement mental, on utilise le rappel qui rassemble l’esprit sur le support.

5 - LA MAÎTRISE

L’esprit apprécie avec joie les qualités du Samadhi. Grâce à cela on est capable de discipliner l’esprit par un antidote quand surviennent de la torpeur ou de l’agitation.

6 - LA PACIFICATION

Lorsque l’esprit est ennuyé par des distractions, etc, on le dirige à nouveau vers le support de visualisation et il s’apaise.

7 - LA PARFAITE PACIFICATION

S’il apparaît des états d’esprit défavorables à la méditation tels que la convoitise, etc, on les pacifie à l’aide du support de visualisation.

8 - L’UNIFICATION

Ayant appliqué les antidotes qui font abandonner la torpeur et l’agitation, l’esprit n’est plus distrait et l’on reste établi en cet état-même.

9 - LA PARFAITE EQUANIMITE

Par la force de l’habitude, sans avoir besoin de faire d’effort, l’état de Samadhi se présente de lui-même, naturellement. C’est le calme mental unifié en un seul point qui reste à volonté jusqu’à ce que naisse la félicité du parfait assouplissement. Une fois qu’elle est apparue, le véritable calme mental est obtenu. Il est constitué par les terres de concentration.



Yogi Ling
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