BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Même rubrique

Massages, onctions et frictions : mode d’emploi - Alexandre Koehler
La chronobiologie : notre horloge biologique interne - Marie-Pierre Bécas
L’approche spirituelle de la dépression - Jean-Claude Cartier
Le roi des parfums d’orient : l’encens - Georges Charles
Des moines heureux : La vie au nouveau Monastère de Thupten Mindolling en Orissa, Inde - Michèle Béran
Le Feng Shui des couleurs - Georges Charles
La peinture thérapie - Jean-Baptiste Loin
Autres textes
Les yeux de la compassion doivent être capables de voir loin - Jetsun Pema
La vie à l’hôpital du Bouddha - Thanissaro Bhikkhu
La spasmophilie et ses causes - Alexandre Koehler
La porte de la montagne - Khoa Nguyen
Conte d’amitié : Le Vent et la Lune - Fondation bouddhiste Vihara Lemanique
Communauté globale et nécessité de la responsabilité universelle - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Le feu libérateur (2) : le chapitre du coeur - Pierre Lévy
Sa Sainteté Dudjom Rinpoche

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Intégration > Art de vivre > Bien être


Les méfaits du tabac

Le Guide qui écarte l’aveugle du mauvais chemin qui aboutit au précipice

Par Sa Sainteté Dudjom Rinpoche

INTRODUCTION

Il est très remarquable que la civilisation bouddhiste tibétaine semble être la seule à avoir toujours considéré l’usage du tabac et des drogues non seulement comme nocifs pour la santé mais comme la source d’obstacles majeurs au développement spirituel.

Dans ce texte Sa Sainteté Dudjom Rinpoche explique l’histoire de ces substances et en commente les défauts. Il a rassemblé les principales déclarations de Gourou Padmasambava à ce sujet, prédictions qui furent révélées comme Termas tout au long de l’histoire tibétaine par de grands Terteuns tels que Machik Lapdreun (1l° siecle), Rinzin Gueudem (1327 1387), Sangyay Lingba (1340-1396), Ratna Lingba (1403-1478), Deundeul Dorje (1615- 1672), Longsel Nyingbo (1615-1672), Drodeul Lingba (17ème siècle), et Tougcho Dorje (18ème).

Puisse ceci être auspicieux ! Ayant rendu hommage avec un profond respect au Grand Orgyan, Corps de Sagesse des Boudhas et Bodhîsattvas, Union de toutes les Familles de Bouddhas, je vais raconter ici l’histoire du tabac.

Il y a longtemps, environ cent ans après que le Bouddha soit entré en Nirvana, dans le pays de Chine, il y avait une femme de la classe des démons qui, rendue folle par le désir passionnel, proféra ces paroles au moment de mourir :

« Je souhaite que mon corps devienne le support qui mènera une multitude d’êtres de ce monde vers les royaumes inférieurs. Enterrez mon corps intact et dans quelque temps, de mes entrailles naîtra une fleur différente de toutes les autres. Le seul fait d’en sentir l’odeur conduira les êtres à s’enivrer d’une félicité et d’une joie incomparables, de loin supérieur au plaisir sexuel.

« Cette plante se répandra jusqu’à ce que tous les êtres du monde soient esclaves de ses plaisirs. »

A présent l’accomplissement de son souhait est très évident. Les substances telles que l’opium et similaires, que l’on absorbe par la bouche, le nez ou en fumée, non seulement ne possèdent aucune qualité d’apaiser la faim ou la soif, mais n’ont même pas un goût délicieux ou sucré. Ils sont nocifs pour le corps, la force et l’énergie vitale ; de plus ils causent des maladies, respiratoires, circulatoires, phlegmatiques et pulmonaires. De nos jours presque tous les êtres, soient-ils riches ou pauvres, ont une attirance irrésistible pour ces substances qu’ils passent à consommer de façon continue et incontrôlée. Cela est bien la preuve que les fruits de la prière de l’ogresse ont mûri.

Dans le Terma (2) de Chogyal Ratna Lingba on trouve : « Alors que le grand Maître Padmasambava liait sous serment les neuf frères briseurs de Samaya le cadet d’entre eux a dit : Mes frères, ne vous désespérez pas, écoutez-moi ; je me manifesterai en Chine sous la forme du tabac, le nom de ce poison deviendra le Venin Noir. Il poussera d’abord dans les pays limitrophes du Tibet et sera ensuite progressivement introduit au Tibet Central. Les gens trouveront cette substance agréable, la consommeront et il en adviendra un accroissement des cinq poisons grossiers. Rejetant les dix actions vertueuse, les êtres préféreront les dix actions néfastes. La vie des Grands Etres détenteurs de la Doctrine deviendra précaire et ils partiront pour les Terres des Bouddhas. La fumée de ce poison, pénétrant la terre, anéantira cent mille cités des Nagas. La pluie ne tombera plus ; les moissons et les troupeaux ne seront plus prospères, il y aura des troubles civils, des épidémies et des catastrophes de toutes sortes.

La fumée empoisonnée montera au ciel et détruira les demeures des dieux, entraînant des éclipses et des comètes inopportunes. Les fluides essentiel ; et les veines des fumeurs se dessécheront et les 404 maladies surgiront. Quiconque fume

renaîtra dans les royaumes inférieurs ; enfumer les autres produit le même résultat que si l’on arrachait le cœur à six millions d’êtres.

Aussi dans le Terma de Sangye Lingba : « Dans cet age décadent les gens se livreront à diverses activités malsaines. En particulier, au lieu de manger de bonnes choses savoureuses, les hommes consommeront les pires substances qui sont à la fois toxiques et malodorantes. Cessant toute autre activité, ils consommeront ces poisons avec frénésie. Ils cracheront et leur nez coulera de façon incontrôlable ; leur santé et leur teint se flétriront. »

Dans le Terma découvert par Rinzin Gueudem se trouve la prédiction : « A l’âge final et décadent les gens absorberont de la vomissure empoisonnée, nourriture de Gandharvas(5) Le simple fait d’en respirer conduira à l’enfer Avici(6). Pour cette raison rejetez cela dès maintenant. »

D’après les prédictions découvertes par Dondeul Dorje : « Les moines et les nonnes prendront plaisir à respirer la fumée de ces plantes et à en priser les poudres ; le pays sera ainsi envahi par des briseurs de Samaya. La frénésie insatiable de leurs passions prouvera qu’ils sont le jouet de Mars (le démon) ; les larmes incontrôlables qui coulent de leurs yeux prouveront que leurs mérites sont épuisés. »

Longsel a révélé la prédiction suivante : « L’époque où les gens fumeront ces substances maudites est aussi l’époque où les bons amis s’empoisonneront mutuellement ».

Dans les révélations retrouvées comme Terma par Tukcho Dorje on trouve : « A cause des cinq poisons grossiers, les passions, les haines, les troubles, les querelles et les chagrins des êtres flamboieront comme un enfer. Les dix vertus seront rejetées, les dix actions néfastes feront rage, telle une tempête.

On négligera les actions saines tandis que les pratiques perverses se propageront. En cet âge sombre les dieux protecteurs disparaîtront au fur et à mesure que les démons prendront le pouvoir. Les hommes avaleront la fumée du tabac, les canaux subtils de la Sagesse Discriminante seront donc bouchés, l’agitation et les émotions obscurcissantes s’intensifieront.

Le canal central sera obstrué et en conséquence directe la clarté limpide de la conscience éveillée s’opacifiera. L’épuisement du mérite collectif entraînera des troubles dans le monde entier. Les objets religieux, réceptacles des bénédictions, se détérioreront ; des vues erronées et des fausses religions se répandront. Les divinités protectrices détourneront les yeux (des êtres) pour ne regarder que Mont Méru. Des étrangers envahiront le Tibet central et les habitants seront forcés d’errer dans les pays limitrophes. Les doctrines de Mars se répandront et la terre deviendra un véritable enfer."

Drodeul Lingba découvrit les prédictions suivantes « Le seul fait de respirer l’odeur des plantes, herbes ou feuilles issues de la goutte de sang d’une ogresse mènera droit à L’enfer du Vajra. »

D après les prédictions de Machik Lapdreun : « La fin des temps sera une époque de conflits ; les gens porteront à leur bouche une substance dotée de tous les cinq poisons(7). Cela viendra de Chine, se répandra en Mongolie et sera consommé par les habitants du Tibet aussi. Il en résultera des chutes de pluies irrégulières, de grands gels et des tempêtes de grêle dans le monde entier. Si des méditants absorbent ces substances, ils pourront bien pratiquer pendant des siècles, ils ne réaliseront pas la déité. Dans les vies futures ils erreront sans fin dans les royaumes inférieur . Même la compassion des Trois Joyaux ne pourra les protéger ».

On trouve donc référence au tabac et aux drogues dans de nombreuses prédictions. Aussi l’usage de toutes ces substances a été spécialement interdit par de nombreux écrits des sages accomplis, autant de l’ancienne que de la nouvelle tradition. Les paroles de Vajra de Orgyen Rimpoche ne trompent jamais, aussi ne soyez pas hypocrites en disant : « Comment peut-il y avoir autant de tares dans le fait de fumer une plante naturelle ? » L’aconit est aussi une plante naturelle mais d’en absorber qu’une toute petite quantité provoque la mort physique. Alors pourquoi le fruit des vœux pervers d’une démone ne provoqueraient-ils pas la mort spirituelle ?

Les personnes avisées se rendront donc un grand service en renonçant complètement à ces substances.

Puisse le fidèle et le sage qui éviteront le chemin qui termine en précipice cueillir la bonne fortune de trouver le bien être dans le jardin bienheureux de la Libération.

A la requête de Golok Serta Jigmé ceci fut écrit par Vajra Jnana. Puisse ceci être suspicieux

NOTES

1) Gourou Padmasambava ou Orgyen Rimpoche est le « second Bouddha » qui a établi le boudhisme au Tibet, construit le premier monastère de Samyé et traduit les Sutras et les Tantras en collaboration avec les grands traducteurs (Lotsawa ). Pour le bien des générations futures il a caché d’innombrables enseignements ou Termas 2), qui devaient être découverts à une époque donnée par des Lamas prédestinés, appelés Terteuns ou « découvreurs de Trésors ».

3) Ceci s’applique à toutes les sortes de drogues.

4) Samaya est le lien spirituel avec le Maître et les enseignements ainsi que les engagements pris envers ces derniers.

5) Litt. Mangeurs d’odeurs, une classe d’esprits se nourrissant de mauvaises odeurs. 6) « L’enfer sans rémission » ainsi appelé parce que on y endure des souffrances constantes et extrêmes pour une période de temps très longue.

7) Le désir la haine, la stupidité, l’orgueil et la jalousie.

Traduction anglaise : Konchog Tenzin et Khenpo Pema Sherap

Traduction française d’après le tibétain et l’anglais Colombe et Anne.

Photocopies : Chanteloube.






Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling