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Les edits de l’empereur Asoka : Pitié et Charité

Par Vénérable Parawahera Chandaratana


Pitié et Charité (Dharma et Dharmavijaya) :

Comme nous l’avions dit plus haut, après la guerre de Kàlinga. Asoka a complètement arrêté toute action militaire, et a commencé à pratiquer le Dharma pour gagner les autres pays. Il a établi la loi du Dharmavijaya (conquête par la piété). Sur le chemin de Dharma (droiture), Asoka a toujours considéré tous les êtres vivants comme semblables et égaux. C’est pour cela qu’après des victoires causant des milliers de victimes, il a considéré qu’une victoire avec le Dharmavijaya est utile et capitale.

Le XIIIè édit sur rocher d’Asoka mentionne :

« Car l’ami des dieux veut qu’il y ait chez tous les êtres sécurité des sens, équanimité et douceur. Or, la victoire que l’ami des dieux considère comme la première de toutes, c’est la victoire par la loi »(63).

Le Dharma qui conclut les inscriptions est brièvement :

« Abstention du meurtre, douceur envers les créatures, (IVè édit sur rocher) ;
bonne est la liberté familière des parents, Brahmanes et Sramane ;
bonne est l’obéissance au père et à la mère
(IIIè édit.S.R.) ;
pitié, charité, véracité, pureté (IIè édit S.P.),
la maîtrise des sens, la pureté de l’âme, la reconnaissance (VIIè édit S.R.) ;
l’obéissance aux vieillards (IVè édit S.R.) ;
les égards envers esclaves et domestiques, les libéralités aux amis, aux familles et parents, aux Brahmanes et Sramanes (IIIè IX, XIè édit S.R.) ;
sans rudesse, doux, agissant délicatement (XVè édit S.R., IIIé édit S.R.) ;
la tolérance (XIIè édit S.R., VIè édit sur pilier) ;
il est défendu de sacrifier en tuant un être vivant quelconque (1er édit S.R.)
et défendu d’y tenir une assemblée (1er édit S.R.).

Maintenant pour bien comprendre ces principes du Dharma on va les traiter. Sur le IIè édit sur pilier Asoka indique :

« La loi est donnée, mais quelle est cette loi ?
C’est l’absence du péché, l’abondance de bonnes actions : pitié, charité, véracité pureté » (64).
Il y a une très claire et importante inscription sur la droiture (Dharma) d’Asoka. Sur le IVème édit sur rocher datant de la deuxième année de son sacre, i1 dit :

« Mais à présent, grâce à la pratique de la loi par le roi ami des dieux au regard amical, le bruit des tambours est devenu l’annonce de la loi : en faisant voir au peuple des représentations de palais célestes, des représentations d’éléphants, des masses enflammées et d’autres spectacles merveilleux, il grandit grâce à la prédication de la loi due au roi ami des dieux au regard amical, il croît ce qui n’existait pas durant de nombreux siècles : abstention du meurtre, douceur envers les créatures, déférence à l’égard des parents, déférence à l’égard des Brahmanes et Sramanes, obéissance aux pères et mères, obéissance aux vieillards » (65).

Ainsi, Asoka explique la raison de pratiquer la loi :

« Ensuite, maintenant que le Kàlinga est pris,
ardents sont l’exercice de la loi,
l’enseignement de la loi chez l’ami des dieux ».

Asoka a considéré dans son principe de « conquête par la piété », l’inutilité de certaines coutumes dans la société, et il a essayé de montrer le chemin de droiture pour le peuple, par exemple, il dit :
« Les gens pratiquent des cérémonies diverses dans les maladies, aux mariages des garçons ou des filles, à la naissance du fils, en voyage, en ces occasions et d’autres, les gens pratiquent des cérémonies nombreuses. Or dans ce cas les femmes (les mères et les épouses) pratiquent des cérémonies nombreuses, variées, futiles et vaines. Même s’il faut les faire, de pareilles cérémonies sont peu utiles. Mais une cérémonie très utile, c’est la cérémonie de la loi. Elle consiste dans les égards envers esclaves et domestiques, l’honneur rendu aux maîtres, la maîtrise de soi envers des êtres vivants, les libéralités aux Brahmanes et Sramanes ; c’est cela la loi »
(IXè édit S.R.)(66).

La charité est aussi importante dans les principes du Dharma. Dans le même édit Asoka s’exprime :

« Il y a ceci encore. La charité est bonne dit-on, mais il n’y a pas de don ou d’assistance qui vaille le don de la loi ».

Et, également dans le XIé édit sur rocher il indique :

« Il n’y a pas de don pareil au don de la loi : recommandation de la loi, partage de la loi, (ou) confraternité de la loi. Voilà ce que c’est : les égards envers esclaves et domestiques, l’obéissance aux pères et aux mères, les libéralités aux Brahmanes et Sramanes, l’abstention de meurtre. Il faut que : père, fils, frère, maître ou ami, camarade, parent et jusqu’au simple voisin viennent dire : « ceci est bien ceci est le devoir ». En faisant ainsi on gagne ce monde, et pour l’autre monde on crée un mérite sans fin grâce à ce don de la loi »(67).

Asoka ne s’est pas satisfait du seul établissement de la loi sur les édits. Il a nommé différents officiers pour faire fonctionner le Dharma dans son royaume. La nomination de Dharma Mahamatra est un très important point du principe de Dharmavijaya (conquête par la piété). Il y a aussi des Mahàmàtras dans son royaume pour les autres affaires. Mais les Dharma-Mahàmàtras (les ministères pour servir le Dharma = surintendants de la loi) est un nouveau poste créé par le roi Asoka. Ainsi Asoka mentionne : Au temps passé n’existaient pas encore les « surintendant de la loi ».

« Au temps passé n’existaient pas encore les « surintendants de la loi ». C’est moi qui treize ans après mon sacre, ai créé les surintendants de la loi. Ils ont affaire à toutes les sectes pour l’instauration de la loi, pour son progrès et pour le bien et le bonheur des fidèles de la loi parmi les Grecs, Kambodjiens, Gandhariens, Ristika, Pitenika et autres occidentaux. Ils ont affaire aux brahmanes, aux misérables, aux vieillards en vue du bien et du bonheur et de l’assistance aux fidèles de la Loi ». ( Vè édit S.R.) (68).

Dans le même édit, Asoka mentionne d’autres activités de Mahàmàtra :

« A Pàtaliputva et dans toutes les villes extérieures, ils ont partout affaire dans les gynicées de nos frères et soeurs et autres parents. En ce qui concerne le domaine de la loi, l’établissement des charités partout dans mon empire est l’affaire des surintendants de la loi pour les fidèles de la loi ».

Asoka a ordonné à ses officiers (Rajuka et Pradesika) d’examiner les activités du Dharma (droiture) dans son royaume.

Il le cite dans le IIlè édit sur rocher :

« Partout dans mon empire les commis, le contrôleur et le provincial doivent de cinq en cinq ans partir en tournée avec l’édit spécial de la prédication de la Loi aussi bien que pour d’autres affaires » (IIIè édit S.R.) (69).

Et, également il conseille à ses officiers, quant à l’application des lois, de manières diverses :

« Bonne est l’obéissance aux pères et aux mères ;
bonne la libéralité à l’égard des amis, familiers et parents, des Brahmanes et des Sramanes ;
bonne l’abstention de tuer des êtres vivants ;
bons aussi le minimum de dépenses et le minimum de biens. Le conseil aussi donnera ses ordres aux commis touchant les comptes, à la fois pour l’objet et pour le détail » (70).

Asoka a ordonné à ses officiers (les surintendants et à ceux des affaires de la ville) de pratiquer toujours l’impartialité sur les principes du Dharma. Le XVè édit sur rocher mentionne :

« C’est pourquoi vous devez vouloir pratiquer l’impartialité. Mais elle ne se pratique pas avec des penchants comme la jalousie, la cruauté, la précipitation, l’obstination, la paresse, la lassitude. Il faut vouloir échapper à ces penchants. Or le principe de tout, c’est d’éviter l’inconstance et la précipitation dans l’exercice de vos fonctions. Qui est las ne se mettra pas en route ; mais dans l’exercice de vos fonctions il faut bouger, se remuer et aboutir. Et de la même façon celui qui juge cela doit vous dire : pensez à la libération de la dette ; telles sont les instructions de l’ami des dieux »(71).

L’inscription du nom d’Asoka donnait toujours satisfaction pour la conquête de la piété. Il agissait pour répandre partout la compassion, l’amour et la piété (non seulement envers les citoyens de son royaume, mais aussi envers tous les animaux). Il a complètement arrêté la chasse, ce qu’aucun roi antérieur n’avait pu faire. Il a établi à 1a place les lois du pèlerinage (VIIIè édit 5.R.).

Dans plusieurs édits sur pilier, dans les principales villes de son royaume, Asoka déclare sa volonté de gouverner le pays sur les principes du Dharma (droiture-loi). Dans le 1er édit sur pilier, il mentionne :

« Ce monde et l’autre sont difficiles à gagner sans un extrême amour de la loi, une extrême vigilance, une extrême docilité, une extrême circonspection, une extrême énergie. Mais grâce à mes instructions la préoccupation de la loi et l’amour de la loi de jour en jour se répandent et se répandront » (72).

Mes agents aussi, supérieurs, subalternes et moyens s’y conforment et la font appliquer assez pour entraîner les hésitants. De même encore pour les surintendants des frontières. Car c’est là la règle « gouverner selon la loi, administrer selon la loi, contenter selon la loi, protéger selon la loi ».

Dans le IIIè édit sur pilier Asoka parle sur l’humilité :

« On ne considère que le bien « j’ai fait quelque chose de bien » se dit-on ; par contre on ne considère pas le mal, on ne dit pas : « j’ai fait là quelque chose de mal », ou : « c’est là ce qu’on appelle le péché ». A vrai dire c’est un examen difficile.

Mais c’est ainsi qu’il faut considérer les choses : « ce qu’on appelle accès au péché, c’est à savoir méchanceté, dureté, colère, orgueil, envie. Or, pour ces causes-là,
je ne veux pas me perdre »(73).

Dans le VIIè édit sur pilier, Asoka, brièvement, cite toutes les activités du Dhamma (droiture), et indique :

« Les rois du temps passé cherchaient comment faire progresser le peuple par le progrès de la loi ; mais le peuple ne progressait pas du progrès de la loi » (74).

« Voici ce qui m’est apparu. Au temps passé, les rois cherchaient comment faire progresser le peuple par la loi souhaitée, et pourtant le peuple ne faisait pas de progrès par la loi. Comment donc obtenir le consentement du peuple, comment donc le faire progresser par le progrès de la loi souhaitée et comment pourrai-je le redresser par le progrès de la loi ? ».

Donc, Asoka mentionne son impression de prêcher la loi et conseille au peuple d’accepter ses conseils :

« Voici ce qui m’est apparu.
Je vais faire prêcher les prêches de la loi et faire prescrire les prescriptions de la loi.
En les entendant, le peuple s’y conformera, se redressera et fera de grands progrès avec le progrès de la loi.
Voici pourquoi j’ai fait des prêches de la loi,
ordonné diverses prescriptions de la loi en sorte que de nombreux agents aussi ont été affectés au peuple, qui l’instruiront et lui donneront les explications.
Des contrôleurs aussi ont été affectés à plusieurs centaines de milliers de personnes,
et ont reçu de moi cet ordre :
De telle et telle façon instruisez le peuple ordonnez la loi » (75).
(VII édit S.R.).

Toutes les activités d’Asoka n’ont comme but autre que le profit du peuple. Dans le même édit, il dit :

« Mais ce profit à vrai dire est peu de choses. Car c’est de bien de façons que les anciens et moi-même avons travaillé
au bonheur du monde. Mais pour qu’on se conforme à la loi, voici ce que j’ai fait »(76).

De plus, dans le même édit, Asoka mentionne :

« Ceux-là, et de nombreux chefs de service sont occupés aux dépenses charitables,
les miennes et celles des reines ;
et dans tout mon gynécée ils...... de diverses façons les domaines du contentement, ici et partout, et pour mes fils aussi et pour les autres princes fils de mes reines,
j’ai décidé de les occuper aux dépenses charitables de la loi. Car c’est ainsi que grandiront dans le monde le triomphe de la loi et la déférence envers la loi, c’est-à-dire pitié, libéralité véracité, pureté, douceur et bonté ».

Internationalisme :

Asoka avait aussi beaucoup de relations internationales comme l’autre roi de la dynastie Mauriya. Il établit des relations avec la Grèce. Selon le 13è édit sur rocher, il établit des relations avec cinq pays de l’ouest.
Ce sont : le roi de Grèce Antiochus (261-246 av. J.C) Amliyogo namo yonaraja ; le roi Ptolémée II en Egypte (285 -241 av. J.C.) (Tarama ca) ; le roi Antigène en Macédoine (276-239 av.J.C) (Anlekin ca) ; le roi Alexandre (272-255 av. J.C) (Alikasudale)(77).

Asoka a envoyé des équipements médicaux à ces pays amis, avec deux secours médicaux, secours pour les hommes et secours pour les animaux (11ème édit S.R.). Il devance l’Europe, dans l’institution des hôpitaux, puisque le plus ancien hôpital en Europe remonte au 7ème siècle.

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