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Les anciens manuscrits indiens du bouddhisme

Il n’y pas que le pâli et la langue tibétaine qui ont préservé la tradition littéraire du bouddhisme. Il existe en sanscrit, et dans huit autres écritures anciennes, des textes contenant la pensée bouddhique et qui attendent d’être déchiffrés

Il n’y pas que le pâli et la langue tibétaine qui ont préservé la tradition littéraire du bouddhisme. Il existe en sanscrit, et dans huit autres écritures anciennes, des textes contenant la pensée bouddhique et qui attendent d’être déchiffrés. Le Dr. Satkari Mukhopudhayay, historien et linguiste scinscrit, connciît une douzaine de langues et quelque trente écritures différentes. Il explique les nuances entre ces manuscrits.

Qu’en est-il de la tradition littéraire bouddhique du point de vue des anciens manuscrits ?

En général on croit que les oeuvres bouddhiques sont en pali. Cela n’est pas vrai. A l’origine la langue pali était la langue de l’école Theravada ce qui inclut les écritures cingalaise, cambodgienne, birmane etc. Quatre vingts pour cent des oeuvres en pali sont publiées. Par contre, dans l’Inde du Nord, le sanscrit fut la première langue dans laquelle la pensée bouddhique a pu s’exprimer à un très haut degré conceptuel. Mais une grande partie de cette littérature est inédite. Depuis la période Goupta, c’est-à-dire du 1er siècle avant J.-C. jusqu’au Moyen Age, le sanscrit était la langue principale. Non seulement il contribua au développement de la pensée bouddhique mais plus tard, il devint le véhicule de toute la culture bouddhique.

En langue sanscrite, la tradition littéraire est-elle entièrement intacte ?

Non. Pendant les invasions musulmanes, plusieurs monastères ont été détruits, entre autres Nalanda, Vikramshila, etc. et de nombreux manuscrits furent perdus. Pourtant, des moines réussirent à s’échapper avec certains manuscrits au Népal et au Tibet. Les manuscrits en sanscrit qui étaient au Tibet n’ont vu le jour que lorsque Rahul Sankrityayan les a photographiés. Ces textes sont écrits en Newari et en vieux bengali (gaudi). Ces photographies sont en la possession de la B.R. Research Society au Bihar. Aujourd’hui, 28 textes bouddhiques sont publiés mais un très grand nombre n’ont pas été déchiffrés. Par exemple le SatosahasriLa Prajnaparamita qui comme le Mahabharato contient cent mille vers. L’lndira Gandhi National Centre for Arts (IGNCA) a préparé la publication de cette oeuvre monumentale.

Quelles sont les écritures anciennes en sanscrit et en pali grâce auxquelles la tradition bouddhique s’est perpétuée ?

En sanscrit, il existe Sept écritures principales : brahmi de l’époque Goupta, Kharosti, brahmi de l’époque Goupta tardive, Siddhamtrika, brehmi de l’Asie Centrale avec plusieurs variantes, Newari, et Gaudi. En pali, nous avons les écritures cingalaise, birmane, thaïlandaise, laotienne. Ces manuscrits en pali sont sur feuilles de palmier. Ici, il est important de noter qu’à l’exception de l’écriture Kharosti, toutes les autres écritures en sanscrit et en pali ont évolué à partir du brahmi, l’écriture des édits d’Ashoka.

L’écriture est un véhicule important pour la propagation et l’expansion de la religion et de la culture bouddhiques en Asie du sud-est. En tant que linguiste, qu’en pensez-vous ?

C’est une question irnportante. Si une culture ou une philosophie n’est pas préservée par un peuple, il ne peut y avoir de développement philosophique ou du système de pensée. Avant l’avènement du bouddhisme, il n’y avait pas d’écriture pour codifier la pensée bouddhique. On a donc créé des écritures et plus tard, on a rédigé des commentaires pour répandre la littérature de ces lieux. En fait, le Bouddhisme ébranla l’esprit de la tradition orale en créant une tradition textuelle vibrante. lusqu’au VIII siècle après J.-C., les Tibétains n’avaient pas d’écriture. Puis, Thumi Sambhota vint avec son équipe en Inde du Nord pour développer une écriture à partir du brahmi avec l’aide des érudits indiens. Ceci mena à un plus grand développement de la tradition littéraire bouddhique.

Entre le Illème, et le Ier siècle avant J.-C., la tradition orale bouddhique florissait au Sri-Lanka. Au ler siècle, le canon bouddhique Tripitaka fut écrit en brahmi au Sri Lanka. Entre le VIème, et le VIIIème siècle après J.-C., la version du brahmi qui fut développée dans l’Inde du sud entra au Cambodge où il se transforma en Khmer à partir duquel évoluèrent les écritures birmane, thaïlandaise, laotienne et indonésienne. Ces manuscrits étaient écrits en pali ainsi que dans les langues régionales grâce auxquelles la religion et la culture bouddhiques se sont répandues. Le bouddhisme apporta à ces régions la lecture et l’écriture, donnant un essor à la littérature, à l’art et à une culture socio-religeuse.

Quelles sont les étapes importantes dans la tradition littéraire bouddhique ?

En kharosti, nous avons le manuscrit Gandhari Dharmapada qui date du Ième siècle après J.-C. Le Kalpanamanditila du IVème siècle après J.-C. en brahmi est une autre étape importante. Depuis le Ier siècle après J.-C. nous trouvons des textes canoniques bouddhiques de l’Inde du nord, rédigés en brahmi d’une époque postérieure. Selon Aureal Stein, ces manuscrits, connus sous le nom de Collection Gilgit, sont très précieux. Parmi d’autres manuscrits figurent le Turfan qui date du IVème au Vlllème siècle. Ecrit en brahmi de l’époque Goupta et ses variantes d’Asie Centrale, il contient les textes canoniques bouddhiques : les Jatakas et les Asadanas. Un autre ouvrage en newari, découvert au Népal, l’Asvaphosa, contient des oeuvres telles que le Buddhacaita et le Sanadaran du IIIème siècle après J.-C. Un autre manuscrit important du XIIIème et XIVème siècle découvert au Tibet est le Pramanavartiba, ouvrage de logique bouddhique écrit au VIII siècle.

En tant qu’historien de la religion, pouvez-vous comparer le bouddhisme et l’hindouisme ? On nous dit que le Bouddha fut un critique des Védas et son mouvement religieux une révolte contre la religion de son époque. Partagez-vous cette opinion ?

Brièvement le bouddhisme et l’hindouisme ne sont pas deux croyances différentes comme l’islam et le christianisme. Dans l’hindouisme on trouve l’importance de Dieu sur deux niveaux : spirituel et cosmique. Dans le bouddhisme, Dieu est remplacé par la personnalité du Bouddha. Plus tard, le Bouddha lui-même devint une icône. En fait Gautama Bouddha établit les anciennes valeurs védiques et montra la voie du moksha (salut). Selon l’hindouisme il existe quatre pour ashartha : dharma, artha, kama et moksha. Le bouddhisme, religion monastique, n’a pour but que le moksha.

La tradition bouddhique enseigne-t-elle l’Avatarabada ou la théorie de l’incarnation ?

Oui. Les deux religions (bouddhisme et l’hindouisme) croient à la propagation du dharma en un premier temps, suivi par son épanouissement, et ensuite viennent les déviations. Ainsi il y a la chute du vrai chemin et les vices. Afin de faire revivre le dharma un surhomme est nécessaire. Dans l’hindouisme, c’est Vishnou qui s’incarne, tandis que dans le Bouddhisme c’est Samyaksambudha qui descend sur terre pour mettre de l’ordre. On croit qu’avant la naissance de Gautama Bouddha, il y a eu 25 bouddhas. Et ce processus d’incarnations continue. Dans l’hindouisme, on trouve le Hiranyagarba transcendantal qui est omnipotent, la cause et le résultat de tout. De même, le bouddhisme parle de l’Adi Bouddha transcendantal.

Aujourd’hui, la connaissance des écritures disparaît et l’accès direct aux sources devient difficile pour les chercheurs...

Pour les études indologiques et bouddhiques, l’accès aux manuscrits originaux est très important. Il est vrai aussi que les chercheurs n’ont pas suffisamment de connaissance des écritures. En Inde, 90% des indologues ne savent pas déchiffrer certaines langues, et l’interprétation devient difficile. Vers la fin du XIXème, bien plus d’indiens apprenaient ces écritures. Quand j’étais étudiant, tous ceux qui étudiaient le pâli savaient lire plusieurs langues. Mais aujourd’hui, les chercheurs ne connaissent que leur écriture régionale et le devnaguiri. Dans les universités indiennes, les étudiants du pâli utilisent le devnaguiri ou les caractères romains avec les signes diacritiques. Nous sommes en train de donner à nos chercheurs les bases de diverses écritures. Par exemple, l’IGNCA, en collaboration avec des universités et des institutions académiques, organise des ateliers pour enseigner ces écritures aux chercheurs. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Source : Discover India

Avril 2000





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