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Le zen en sommeil

"...je n’utilise qu’une seule forme de préparation mentale qui consiste à faire le vide dans ma tête en me laissant « envahir » par tous les bruits et les stimuli visuels autour de moi..."

Par Denis Verhoeven

Claude Pruvost, qu’est-ce que le Kendo ?

C’est une escrime japonaise. Elle est directement issue des combats des SAMOURAÏ de l’époque féodale japonaise. Le Kendo se pratique avec une arme de bambou (shinaï) et une armure qui protège les parties autorisées pour la frappe. Celle-ci doit impérativement être précise et puissante ; tout le corps doit participer à la frappe selon le principe de l’harmonie du corps, de l’esprit et du sabre.

Comment êtes vous arrivé à pratiquer le kendo ? Je suis venu du Judo et un jour de 1979, je suis entré dans le dojo de Kendo du CEPESJA, un club parisien, sur les conseils de mon professeur de Judo de l’époque. Je n’ai plus jamais quitté celui-ci depuis. Vraisemblablement, j’avais trouvé dans le Kendo ce que je cherchais dans le Judo.

Le sport est une forme d’accomplissement, que vous a apporté dans votre vie cet art martial ?

Beaucoup de joie et de satisfaction, une maîtrise de soi, une confiance en soi, une certaine assurance dans la relation avec un groupe, la conviction qu’il faut aller jusqu’au bout de ses décisions, tant qu’elles ne mettent pas l’intégrité physique et morale d’autrui en danger et si le projet s’avère viable au fil de sa mise en place, une vigilance par rapport à soi ,à autrui, aux évènements.

A quel moment et comment êtes-vous passé du statut de simple sportif à celui de pratiquant de haut niveau ? Quel a été le déclic ?

Le passage s’est fait pour moi sans déclic. Je pense que j’avais les capacités physiques et mentales requises.

Comment avez-vous géré votre investissement personnel pour la discipline et les sacrifices qui en découlent ?

J’espère au mieux pour mes proches. Je pense que l’on doit être égoïste pour mener à bien son projet sportif et ne pas avoir à regretter ses choix, notamment professionnels. Personnellement, je n’ai pas fait « carrière » mais je ne le regrette nullement, car la récompense suprême est la sérénité dans laquelle je me trouve lorsque j’imagine tout le chemin parcouru jusqu’à maintenant.

Dans le tandem préparation physique et préparation mentale, quelle place donnez-vous au mental ?

Tout dépend de la période. Au début de la réussite on axe sa préparation sur le physique. C’est lorsque l’on est confronté de nouveau au plus haut niveau que l’on doit chercher à savoir ce qui va permettre de réitérer la performance précédente et de la dépasser. C’est la pression des événements qui vous font évoluer ou chuter. L’expérience nous fait ensuite axer notre préparation à la fois sur le physique et le mental. La préparation mentale prend une place prépondérante au fur et à mesure que l’on se rapproche du jour de la compétition.

Avez-vous recours dans votre pratique sportive à une ou plusieurs formes de préparation mentale ?

Personnellement je n’utilise qu’une seule forme de préparation mentale qui consiste à faire le vide dans ma tête en me laissant « envahir » par tous les bruits et les stimuli visuels autour de moi, soit dans la position seïsa (à genoux) ou debout, puis quand vient le moment de s’équiper, je pense à mes points forts et à l’attitude qu’il me faut avoir pour les mettre à profit. Enfin juste avant de rentrer sur le shïajo (aire de compétition) je fais plusieurs rebonds rapides et une brève et forte expiration pour me stimuler physiquement.

En dehors de votre pratique sportive de quoi avez-vous besoin pour votre équilibre personnel ?

Je pense que la famille est un élément essentiel pour moi dans la mesure où elle représente l’opposé de ce qu’est la compétition. En effet, autant la compétition représente l’inconnu, autant la famille constitue la sécurité (affective, matérielle). Pour la détente ma pratique me suffit.

La carrière d’un sportif est toujours courte, une fois terminée, quelles sont vos aspirations pour cette nouvelle vie ?

Avoir des résultats sportifs dure plus ou moins longtemps, personnellement je n’ai jamais différencié ma pratique avec les résultats sportifs. Je m’explique : mes résultats sont venus naturellement parce que je me suis toujours investi totalement dans ma pratique de tous les jours. Je n’ai jamais pratiqué le Kendo dans le but de décrocher tel ou tel titre en compétition. Lorsque j’étais le meilleur, je gagnais et quand ce n’était pas le cas, je perdais. Maintenant mes moyens physiques ont diminués et donc je ne puis plus assurer les mêmes résultats sportifs. Cependant, je continue à m’entraîner sans penser le moins du monde à m’arrêter un jour. Je suis déterminé à continuer jusqu’à ce que mes jambes ne puissent plus me porter. Pour moi il n’y a pas de « nouvelle vie » mais simplement la vie qui continue avec à chaque instant une « nouvelle donne ».

Pour terminer, quelle est la question que vous aimeriez que je vous pose ?

Puis-je commencer le kendo maintenant ?

Septembre 2000






Buddhaline

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Cabinet Freling