BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Kalachakra
L’initiation de Kalachakra - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Raudra Chakrin, vingt-cinquième roi-kalkin de Shambhala - Sofia Stril-Rever
Kalachakra ou l’expérience du lien universel - Sa Sainteté le Dalaï Lama
L’Initiation de Kalachakra - Sofia Stril-Rever
Le mandala de Kalachakra est associé au royaume, à la communauté, à la société - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Le corps de Kalachakra : voie de l’éveil - Sofia Stril-Rever
Le corps de Kalachakra : miroir cosmique - Sofia Stril-Rever
Sofia Stril-Rever
On n’en finit pas de devenir humain, ou les leçons de vie du Dalaï-lama - Sofia Stril-Rever
Je n’aurai de cesse de dénoncer la détention du plus jeune prisonnier politique du monde... - Sofia Stril-Rever
Titre : « Atteindre l’Eveil en tant que femme » ou le destin singulier d’une jeune anglaise devenue nonne bouddhiste - Sofia Stril-Rever
Tenzin Dhargyal, dit Tendhar, peintre de Kalachakra - Sofia Stril-Rever
Ce que j’ai appris en recueillant l’Autobiographie spirituelle du Dalaï-lama - Sofia Stril-Rever
De coeur à coeur avec Jetsun Pema - Sofia Stril-Rever
La compassion, une énergie de guérison - Sofia Stril-Rever
Même rubrique

Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux - Roland Rech
Following the Path -
La conscience ordinaire - Joseph Goldstein
Rites funéraires : entre angoisse et sérénité - Michel Henri Dufour
Le maître est décédé, les grands frères sont là - Nyoen
Le garçon et les clous : un conte sur l’importance des amis - Fondation bouddhiste Vihara Lemanique
Le Buddha clarifie sa position quant à la consommation de chair animale - Dr Gabriel "Jîvasattha" Bittar
Autres textes
Rencontre avec mon maître spirituel - Matthieu Ricard
« Mes trois engagements de vie. » - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Calmer paroles et pensées - Maître Sheng-Yen
Débat islamo-chrétien : Jésus, de l’Evangile au Coran - José Pereira
Qu’est-ce que l’éducation au développement ? - Carmelina Carracillo
Violences de jeunes : violences expressives - Hugues Lagrange
La Méditation Vipassana - Bhante Henepola Gunaratana
Sofia Stril-Rever

"L’autobiographie spirituelle" du Dalaï-lama recueillie par Sofia Stril-Rever ou le bilan de 50 ans d’exil par Sofia Stril-Rever
Aller à Lhassa, oui, mais certainement pas en otage de la Chine par Sofia Stril-Rever
Aniruddha, vingt-deuxième et actuel roi-kalkin de Shambhala par Sofia Stril-Rever
Danses tibétaines interdites à Katmandou par les Chinois par Sofia Stril-Rever
De coeur à coeur avec soeur Emmanuelle par Sofia Stril-Rever
Dilgo Khyentsé Rinpotché, une montagne immuable par Sofia Stril-Rever
Entretien avec Nicole Lattès, éditeur de Matthieu Ricard par Sofia Stril-Rever

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Essais


Le don de Kalachakra au monde

Nous sommes la vieille femme au visage ridé avant l’âge, faute d’avoir su ouvrir les yeux sur la fraîcheur et l’éternelle jeunesse du « ciel de notre esprit, libre de nuages ». Saurons-nous jamais embrasser ce ciel intérieur, fusionner avec l’étendue de sa clarté et y demeurer, dans un état de « quiétude durable » ?

Par Sofia Stril-Rever

En 1989, le prix Nobel de la paix fut attribué au Dalaï-Lama, chef spirituel d’un peuple qui subit, depuis 1959, dans son pays occupé, une violation des droits de l’homme particulièrement cruelle et une destruction systématique de l’environnement, au profit exclusif de la nation chinoise. Le comité des Nobel insista sur le caractère constructif et précurseur des propositions de Sa Sainteté en matière de résolution des conflits internationaux, de droits de l’homme et d’écologie. Il fit ressortir que le Dalaï-Lama avait développé son action et sa philosophie « sur une immense attention à tout ce qui est animé par la vie et en se fondant sur le concept de la responsabilité universelle envers l’humanité et la nature. » Le Dalaï-Lama commenta l’attribution de ce prix, avec l’humilité qui le caractérise : « Le mérite ne revient pas à ce moine, Tenzin Gyatso, mais plutôt à la motivation sincère de l’altruisme. »

Fait rarissime, sinon unique dans l’histoire des nations, Sa Sainteté avait répondu à la violence de l’occupation de son pays, à l’extermination de plus d’un million de Tibétains et à l’exil forcé, par la définition d’une politique de la bonté, appelant les siens à le suivre sur la voie de la paix qui est la voie du cœur. Il ne condamna jamais ses « frères et sœurs chinois », il déplora l’ignorance qui les conduisait à opprimer le peuple tibétain, en commettant les atrocités que l’on sait.

L’ignorance, au sens bouddhiste, est « la racine des voiles » qui cachent à l’esprit sa véritable nature de sagesse lumineuse et aimante. Elle est le premier lien du processus de causalité interdépendante qui crée les causes et les effets nous enchaînant au retour sans fin dans le cycle des existences. Dans la roue de la vie, l’ignorance est figurée sous les traits d’une vieille femme aveugle qui avance à tâtons. Les yeux, qui ne voient pas, symbolisent notre état de « distraction fondamentale », notre décalage par rapport à la réalité, dans l’illusion de constructions mentales artificielles, fondées sur la pensée dualiste qui sépare, exclut, oppose. Vrai ou faux, bien ou mal, beau ou laid, nous n’avons pas appris à penser la réunion des contraires, vrai et faux, bien et mal. Nous n’avons pas appris non plus à penser au-delà des antagonistes, ni vrai ni faux, ni bien ni mal, ou encore ni ni vrai ni faux, ni ni bien ni mal.

Nous sommes la vieille femme au visage ridé avant l’âge, faute d’avoir su ouvrir les yeux sur la fraîcheur et l’éternelle jeunesse du « ciel de notre esprit, libre de nuages ». Saurons-nous jamais embrasser ce ciel intérieur, fusionner avec l’étendue de sa clarté et y demeurer, dans un état de « quiétude durable » ? Les nuages de nos constructions intellectuelles, ces fabrications laborieuses, plombent notre regard sous une réalité artificielle, établie à partir de notre incompréhension foncière de la réalité absolue.

Nous ne sommes pas forcément conscients de notre ignorance de base. La plupart du temps, nous ignorons même notre ignorance. Nous croyons savoir, connaître, sans comprendre que nos prétendues connaissances ne sont jamais que des masques posés sur l’ignorance, en fait de l’ignorance qui cache l’ignorance de notre ignorance.

Au-delà de la saisie dualiste, se manifeste l’égalité méditative de la sagesse pareille au miroir, reflétant semblablement tous les phénomènes, source de la grande compassion, une fois qu’ont été abolies les notions de soi et d’autrui. La compassion du Dalaï-Lama provient de cette sagesse au-delà de l’ignorance – une sagesse qui a réalisé les plans subtils de l’ignorance innée et reconnu l’ignorance « imaginatrice ». Cette dernière forme de non-connaissance superpose l’identité d’un moi à la conscience qui perçoit les phénomènes, sur la base d’une opposition dualiste entre sujet et objet. Elle solidifie ainsi l’édifice trompeur d’une réalité externe et de l’intériorité d’un sujet pensant, aussi illusoires l’une que l’autre.

« Le visage de la lampe de la sagesse qui s’élève naturellement

dans la pureté primordiale… »

{{}}Au-delà de l’ignorance, la sagesse ne discrimine plus et la compassion est sans limite. Des leçons d’humanité venues de cet au-delà, non seulement le Dalaï-Lama, mais bien des Tibétains nous en ont donné. Notamment ces grands résistants qui, dans l’abomination des geôles chinoises et sous la torture, ont mis en pratique le cœur des enseignements du Bouddha.

Ani Patchèn, autrefois princesse du Kham oriental, devenue guerrière engagée dans la lutte contre l’envahisseur, puis capturée, enferrée, emmurée, emprisonnée vingt ans durant, et aujourd’hui libre, confiait en ces termes le secret de sa sérénité : « Si j’ai la paix en moi, je le dois à la bonté et à la bienveillance de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de mon maître spirituel, Guialtse Rinpoché. En prison, j’ai éprouvé dans ma chair la vérité de leurs enseignements. Et je les ai mis en pratique. J’ai appris à me détacher des émotions, la colère, la haine, l’exaltation, qui nous voilent la nature véritable de l’esprit. Aujourd’hui, je ne suis plus enthousiasmée par le bonheur, ni déprimée par les difficultés. J’ai appris à trouver une saveur unique à la souffrance et à la joie. C’est sur la base de cette sérénité que je peux développer ma pratique spirituelle. »

Ani Patchèn qui, à dix-sept ans, avait fait vœu de consacrer sa vie à la transformation de son ego limité « pour atteindre le corps d’arc-en-ciel du monde de pure lumière », explique comment elle apprit à prier sous la torture, dans un élan de compassion envers tous les êtres : « Mon visage et mon corps étaient couverts de bleus. Les coups faisaient monter ma colère. J’essayai de la transformer en prière et je priai : « Que je prenne sur moi la souffrance de tous ceux qui subissent le même traitement ! Que je porte leur douleur ! Que je sois la seule à souffrir et qu’ils soient épargnés ! »

Lopon la, moine de Namgyal, emprisonné lui aussi dans les pires conditions, fut inspiré de ce même esprit d’amour et de compassion, lui qui confia au Dalaï-Lama que durant ses années de prison « une chose le terrifiait : la possibilité de perdre sa compassion pour les bourreaux qui le torturèrent et le mutilèrent atrocement ».

Autre grande figure de compassion, Tenzin Choedrak fut le médecin personnel du Dalaï-Lama après sa libération. Il survécut aux mauvais traitements et aux tortures dans les camps d’internement où il passa près de trente ans, grâce aux racines et aux plantes dont sa science médicinale lui permettait de reconnaître les propriétés curatives. Il les ramassait en cachette, dans les carrières où il accomplissait des travaux forcés, et pouvait ainsi soigner et soulager ses compagnons prisonniers. Il dut, pour finir, sa liberté retrouvée au fait d’avoir guéri un officier chinois, que la médecine chinoise estimait perdu, mais qui recouvra la santé grâce aux connaissances en médecine traditionnelle du Dr Choedrak.

Ces leçons de vie non ordinaires illustrent la naissance de la grande compassion à la source de la sagesse, que Patrül Rinpoche, lama réalisé, décrit en ces termes : « Quand vous verrez le visage de la lampe de la sagesse qui s’élève naturellement dans la pureté primordiale, sa puissance flamboiera comme la vue pénétrante qui naît de la méditation ; alors l’immensité de votre sagesse débordera comme une rivière en crue, tandis que la nature de la vacuité se lèvera en tant que grande compassion aimante, qui ne connaît ni limites, ni préjugés. »

C’est dans un tel esprit de paix et d’amour, « illimité et relié à tout », que le Dalaï-Lama fait au monde le don de Kalachakra. C’est dans cet esprit qu’il nous faut apprendre à le recevoir. A plusieurs reprises, dans une attitude de compassion et de générosité suprêmes, Sa Sainteté a déclaré que son vœu le plus cher était de donner l’initiation de Kalachakra à Pékin, place Tiananmen ! Transmettre cette initiation aux Chinois, c’est faire à ceux que le Dalaï-Lama n’appelle pas ses « ennemis », mais ses « frères et sœurs », la meilleure, la plus précieuse des offrandes – le don sacré de l’enseignement qui libère de l’ignorance, qui purifie l’esprit contaminé par la haine, l’avidité, la colère, la jalousie, l’orgueil. Nous ne connaissons que trop bien ces poisons mentaux dont résultent confusion et agitation, dans l’attachement à l’idée fausse de l’ego qu’entretient le désir obsessionnel d’être plus, d’avoir plus.

Kalachakra, voie de notre transformation

{{}}Chaque initiation de Kalachakra est transmise par le Dalaï-Lama pour la paix dans le monde. Tous les ans, des dizaines de milliers de personnes reçoivent l’initiation de Kalachakra pour la paix dans le monde. La paix dans le monde se traduit par le silence des armes mais le Dalaï-Lama ne cesse de rappeler que le désarmement des nations commence par le désarmement intérieur. La paix dans le monde passe d’abord par la pacification de nos esprits tumultueux et enténébrés « dans la grande paix naturelle ». Or cet apaisement suppose un travail de transformation, une véritable révolution des habitudes mentales et de nos schémas névrotiques de comportement. Kalachakra est l’enseignement des méthodes, « les moyens habiles », sur le chemin diligent et constant de la transformation progressive de soi.

Si Kalachakra peut ainsi servir un objectif de paix, c’est que ce système de méditation représente une véritable science de l’esprit qui, depuis plus de dix ans, fait l’objet de travaux de recherche avancés en neurosciences. Le Tantra de Kalachakra nous révèle les modalités de fonctionnement de notre esprit ordinaire, de non-Bouddha, et nous indique la voie de transformation qui actualise le potentiel considérable et méconnu de notre nature de Bouddha. Les états et les modifications de la conscience sont en effet répertoriés en liaison avec l’activation des « quatre gouttes » qui, dans la physiologie subtile des tantras, sont des supports de conscience, situés aux quatre lotus du front, de la gorge, du cœur et du nombril. La goutte du front correspond à l’état de veille, la goutte de la gorge au rêve, la goutte du cœur au sommeil profond, et celle du nombril, à la félicité. Ces quatre gouttes sont associées à chacun des quatre visages de Kalachakra, devant lesquels se déroulent les phases successives de l’initiation .

De sorte qu’au terme de l’initiation, nous avons entrepris de purifier les potentialités de chaque goutte et donc des états de conscience qui leur sont corrélés. Et l’initiation dépose en nous les graines causales qui nous permettront, au stade du fruit, d’accomplir les activités d’un être Eveillé. Or un Bouddha a un pouvoir de pacification des êtres qui transmigrent, qu’on appelle « la bénédiction de l’apaisement complet », et il enseigne la voie de la paix.

La vacuité est le lien universel

La paix véritable est fondée sur le détachement, le lâcher-prise effectués graduellement, au fur et à mesure de la réalisation de la vacuité. La vacuité n’est pas le néant, cette incompréhension nihiliste du bouddhisme par les Occidentaux date du siècle dernier, mais on n’a pas pour autant assimilé aujourd’hui ce qu’est réellement la vacuité. Or si le Tantra de K€lachakra est considéré comme un système de connaissance suprême dans le bouddhisme tibétain, c’est qu’il envisage la vacuité avec une profondeur inégalée.

Kalachakra signifie « Roue du temps » et l’expression est ainsi commentée au Livre I du Tantra : « Kala, le temps, représente le monde des phénomènes. Chakra, la roue, représente la vacuité. » Donc Le Tantra de la Roue du temps est aussi « Le Tantra de la vacuité des phénomènes ». Si chakra, ou la roue, représente la vacuité, c’est que la vacuité est le lien fondamental, le lien universel qui englobe toute chose à l’image du cercle.

La vacuité est le lien universel, ou autrement dit l’interdépendance, parce que la vacuité est l’absence d’existence inhérente. Absence d’existence inhérente signifie que nous n’avons pas en nous la cause de notre existence, nous ne sommes pas ce que nous sommes ou, autrement dit, nous existons à partir de tout ce que nous ne sommes pas.

Nous ne sommes pas les os, la chair, le sang, la lymphe ou les organes de notre corps mais nous existons parce que nous réunissons en nous toutes ces choses que nous ne sommes pas. Nous ne sommes pas l’air que nous respirons, nous ne sommes pas la nourriture que nous mangeons, ni l’eau que nous buvons, mais nous existons parce que nous absorbons toutes ces choses que nous ne sommes pas. Nous sommes le lien avec tout ce qui n’est pas nous.

En disant que la vacuité est le lien universel, je veux parler de la vacuité telle que nous pouvons la vivre et l’incorporer dans notre vécu. Car « absence d’existence inhérente » n’est pas seulement une définition sèche et abstraite de la vacuité, elle recouvre aussi la vacuité sensible, concrète, prise au vif de l’expérience. Et cette vacuité vécue, nous n’en sommes pas forcément arrivés au point où nous pouvons la vivre nous-mêmes dans la totalité de sa dimension de vacuité. Mais c’est toujours un enseignement très profond de voir nos maîtres spirituels vivre la vacuité.

Les leçons de vie de Kalachakra

Un maître qui vit la vacuité, c’est par exemple Geshe Rabten qui, les larmes aux yeux, récite des prières pour les milliers d’insectes qu’un incendie de forêt est en train de détruire. Il vit si intensément le lien avec les plus infimes de ces créatures, qu’il a la capacité de ressentir leur douleur et qu’il pleure, en priant pour leur assurer une bonne renaissance.

Un maître qui vit la vacuité, c’est par exemple Kirti Tsenshab Rinpoche, qui a développé au cours de ses dix-sept années de retraite, une sensibilité lui permettant de connaître les positions des astres en observant les déplacements des énergies sur ses différents lotus subtils, à la manière des grands yogis de Kalachakra. Par la réalisation de la vacuité, il est relié à l’infiniment grand et il est arrivé qu’il me demande d’attendre le jour de la nouvelle lune pour commencer un enseignement, afin que toutes les conditions favorables soient réunies. Parce qu’en lune montante les déplacements de l’essence lunaire s’intensifient sur les lotus du corps subtil et que la réceptivité spirituelle en est augmentée.

La vacuité vécue, c’est encore le Dalaï-Lama, souhaitant donner l’initiation de Kalachakra place Tiananmen, à Pékin, ou ces gestes de compassion infinie à l’égard des Chinois de la part des prisonniers tibétains que nous avons cités. Car la compassion est le cœur du lien fondamental, l’expérience directe de l’absence d’existence inhérente – au point que l’on ne discrimine plus entre ami et ennemi, entre soi et autrui.

Inter-être

La compréhension de la vacuité implique un état de conscience non-duel dans lequel on vit le lien, ou l’inter-être, comme l’a merveilleusement formulé maître Thich Nhat Hanh, écrivant qu’ « Il n’y a pas eu de moment où nous n’avons inter-été ».

L’esprit du maître n’est pas séparé des insectes, les formes de vie élémentaires, ni des astres, les formes de vie macrocosmiques. Et le Livre II du Tantra de Kalachakra nous apprend que, sur le plan du corps subtil, nous sommes le lien avec la lune, avec le soleil et les étoiles, car la même énergie qui nous fait respirer fait aussi se déplacer les corps célestes.

Un grand nombre de chercheurs travaillent, à cet instant même, pour le développement de l’armement dans différents pays du monde, avec une finalité de destruction massive permettant d’anéantir toute forme de vie. Une somme immense de créativité, d’imagination, d’énergie mentale et d’intelligence est investie dans des travaux de recherche qui visent à assurer la suprématie absolue de quelques-uns, au risque d’exterminer l’espèce humaine et au prix d’une pollution irréversible de l’environnement par les déchets nucléaires ou chimiques. Le Dalaï-Lama, fit ce constat lors d’une conférence publique : « D’une part, les gouvernements dépensent des milliards pour l’armement, d’autre part, personne ne veut une vraie guerre, ni utiliser ces armes. Donc d’une part, nous nous évertuons à développer des armes de plus en plus puissantes et destructrices, d’autre part nous ne voulons pas les utiliser. C’est un gaspillage de tout cet argent et de toute cette énergie, et la seule chose qui en résulte est la peur. »

Les implications économiques du marché de l’armement sont telles qu’on se sent impuissant devant la situation de fait ainsi créée. Nous la subissons effectivement, mais ce serait une erreur de nous laisser accabler par un sentiment d’impuissance. Le Dalaï-Lama nous a enseigné que le véritable désarmement est intérieur. Chacun de nous, dans son domaine d’activité, à son niveau, peut, humblement mais expressément, devenir un acteur de la paix dans le monde, en faisant progresser la pleine conscience de l’interdépendance.

C’est en cultivant un esprit de paix, basé sur la compréhension du lien foncier qui nous unit à toutes les formes de vie, qu’une société de paix pourra advenir. La compassion est indissociable de la responsabilité et, dans une réalisation profonde de notre inter-être, nous constatons que notre responsabilité est universelle. Elle commence à présent, là où nous sommes, et elle est sans fin, promesse de germinations renouvelées et de moissons indéfiniment recommencées. Tout comme la graine, déposée en terre, donne des fruits qui se multiplient chaque saison.

Telles sont les leçons de vie de Kalachakra, au cœur de l’expérience de notre inter-être. Si chaque initiation de Kalachakra est donnée par le Dalaï-Lama pour la paix dans le monde, c’est que le monde, dans sa globalité, et la paix, au sens d’harmonie universelle, sont au cœur de l’enseignement de Kalachakra.

Extrait de l’Avant-Propos du livre de Sa Sainteté le Dalaï-Lama L’Initiation de Kalachakra pour la Paix dans le monde, ed. Desclée de Brouwer


http://www.buddhaline.net





Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling