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Le compagnonnage

Dans une optique assez similaire à celle des arts martiaux, du Yoga ou de la religion, le Compagnonnage veut réaliser l’union de l’Esprit, de l’âme et du corps, en parvenant à la maîtrise du geste, à l’éducation de la sensibilité et au centrage sur le spirituel. C’est une voie initiatique, une recherche de la perfection.

Par Alexandre Koehler

Sommaire :

Une authentique méthode de développement personnel

Maîtrise du geste et travail a la chaîne

Le tour de France

Un modèle d’alternative

Les associations

Art du "geste essentiel", art de construire, l’activité compagnonnique est aussi vieille que le monde civilisé. Les Compagnons font traditionnellement remonter leur association à la fondation du Temple de Jérusalem, dans les années 960 avant J.C., où le légendaire Maître Architecte Hiram inscrivit dans la conscience collective l’exemple de la "mort-renaissance" par laquelle tout constructeur devait initiatiquement passer avant de pouvoir prétendre à la Maîtrise.

Aujourd’hui, dans notre monde anti-traditionaliste, le Compagnonnage existe encore, comme un des derniers vestiges des anciennes valeurs : altruisme, service, plénitude, dignité, droiture, respect du sacré... Il allie l’amour du métier, devenu si rare par ailleurs, et le ritualisme, voire un certain symbolisme, toutes notions complètement oubliées de nos jours.

Une authentique méthode de développement personnel

Dans le passé, le Compagnonnage marquait une indéniable avance sociale en préfigurant l’enseignement technique, le syndicat, ou la sécurité sociale. Cela étant, sa qualité essentielle, qui consiste dans l’opportunité qu’il donne à l’ouvrier de se dépasser, reste encore à conquérir par notre société moderne dont l’idéal semble plutôt tourné vers l’uniformisation des masses que vers l’épanouissement de l’individu.

Tout Compagnon digne de ce nom a effectivement pour objectif d’évoluer, de devenir plus conscient, de transcender les limites du vulgaire pour accéder à quelque chose d’universel. Chacune de ses œuvres se veut l’expression de cette quête de la perfection, le moyen d’accomplir son devoir et de cultiver sa foi.

Avant tout soucieux d’honnêteté, d’harmonie et de beauté, le Compagnon, par son travail, se démarque assez radicalement de l’affairisme corrompu et cynique - aussi bien que du "je m’en foutisme" - dont nous déplorons tous, quotidiennement, la prédominance dans les rapports socioprofessionnels actuels.

Le Compagnon est, en fait, aux antipodes extrêmes du robot !

Maîtrise du geste et travail a la chaîne

Dans notre monde obsédé par la rentabilité objective, on ne comprend plus très bien l’utilité d’améliorer l’Homme. Quelques uns d’entre nous pratiquent tout de même une discipline, telle le Yoga ou le Tai Chi, ou courent après les stages de développement personnel, mais à coté de cela, partent tous les matins au boulot comme on va à l’abattoir, soit en tant que "moutons", soit en tant que "bouchers". Notre société - qui ne mérite décidément pas le nom de civilisation - s’avère totalement incapable de combiner développement personnel et travail. D’ailleurs, le propos n’est plus tellement de travailler, mais bien de "faire du fric".

A quel point sommes-nous loin de cette maîtrise professionnelle qui conduisait le Compagnon à la discipline et à la transformation intérieures ! Et loin de la fraternité de cœur et d’esprit qui unissait tailleurs de pierre, menuisiers et forgerons !...

Le rite professionnel conscient des Compagnons qui, par leurs gestes parfaits, transmettaient à la matière l’influence spirituelle de leur tradition, n’avait, bien sûr, rien à voir avec les automatismes inconscients sur lesquels repose le bien nommé "travail à la chaîne". A travers le symbole vivant du marteau, c’étaient toutes les légendes et les mythes qui frappaient le métal ou la pierre pour forger et construire l’Homme.

Le bras programmé de la machine à souder des chaînes de montage automobile se chargera-t-il jamais d’un symbolisme aussi profond ?

Le tour de France

Pour se perfectionner, le Compagnon doit évidemment apprendre toutes sortes de techniques, et connaître toutes sortes de gens et de régions. C’est la raison pour laquelle ce mouvement ouvrier reste indéfectiblement lié à l’idée de voyage initiatique ou, plus exactement, de "Tour de France".

La tradition du Tour de France impose au Compagnon de quitter son village, sa famille, ses amis et ses amours pendant plusieurs années, afin de parcourir le pays, en suivant un itinéraire obligatoire, interrompu de haltes dans les "cayennes" des "villes de Devoir".

Ces cayennes sont de grands hôtels, avec chambres, restaurant, bibliothèque, musée, temple, ateliers et salles de cours, où le Compagnon sera hébergé durant le temps qu’il lui faudra pour atteindre son objectif de perfectionnement. Dirigées par des "Mères" (épouses de Compagnons et véritables symboles vivants), ces auberges de jeunesse traditionnelles sont soumises à une discipline très stricte, mais ne possèdent ni clés ni serrures aux portes ou aux placards, qui pourraient laisser planer le moindre doute quant à l’honnêteté absolue des Compagnons.

Au coté de ces Mères, un président administre la cayenne et procède aux initiations, secondé par un "rouleur" qui tient les registres.

Au cours de leur Tour de France, et dans les cayennes, les Compagnons sont amenés à sacrifier à certains usages tels que chansons, chaînes d’alliance la main dans la main, signes de reconnaissance et autres rituels, et surtout : réalisation de "chefs-d’œuvre".

A la fin de chaque séjour dans une cayenne, le Compagnon doit en effet présenter l’équivalent d’une thèse, sous forme d’une maquette dont la confection réunit toutes les difficultés techniques qu’il veut démontrer pouvoir résoudre. C’est le fameux "chef-d’œuvre" qui, quelquefois, sera présenté lors des concours du meilleur ouvrier de France.

Un modèle d’alternative

Le Compagnonnage reste un modèle dont beaucoup se sont inspiré, et dont on s’inspire encore. En lui-même, il pourra cependant paraître quelque peu désuet à certains ; et il est un fait que nombre de conservateurs, passéistes, nationalistes ou autres intégristes y trouvent refuge. Néanmoins, à l’heure où un indéniable besoin de renouveau de l’éthique se fait jour en Occident, aucune alternative à notre société, dont la corruption dépasse toute possibilité de description, ne doit être écartée.

Les Compagnons nous rappellent aux valeurs du passé. Sachons en tirer les leçons qui s’imposent, pour sortir le présent de l’indigence des deux uniques valeurs qui le caractérisent : acheter et vendre !

Les associations

* Association ouvrière des compagnons du tour de France ou du devoir

Fondée en 1941 sous Vichy, cette association classée d’utilité publique dispense des cours (une quinzaine d’heures par semaine) aux : boulangers, carrossiers, charpentiers, cordonniers, couvreur, plombiers, forgerons, maçons, mécaniciens, menuisiers, pâtissiers, plâtriers, seliers, serruriers, tailleurs de pierres, tisseurs et tonneliers.

Elle publie la revue : "Compagnonnage".

Adresse : 82 rue de l’Hôtel de Ville - 75004 Paris - Tel : 01 42 71 23 22

* Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment et autres activités

Créée en 1952, elle réunit, comme son nom l’indique, quatre sociétés en fédération :

- la Société des compagnons charpentiers des Devoirs du tour de France,

- la Société des Compagnons couvreurs, zingueurs et plâtriers du Devoir,

- la Société des Compagnons maçons tailleurs de pierre des Devoirs du tour de France,

- la Société des Compagnons menuisiers et serruriers du Devoir de Liberté.

Cette Fédération délivre un enseignement général (français et mathématiques) et des cours spécialisés en : charpentes, chauffage, coffrage, couverture et zinguerie, forge, maçonnerie et béton armé, peinture, plâtrerie, résistance des matériaux, serrurerie, taille de pierre, soudure. Elle forme également des chefs de chantier et des dessinateurs en bâtiment.

Elle publie la revue : "Compagnons et Maîtres d’œuvre".

Adresse : 161 Avenue Jean Jaurès - 75019 Paris - Tel : 01 42 40 22 04

* Union compagnonnique des compagnons du tour de France des devoirs unis

Créée en 1889, l’Union est non seulement l’association la plus ancienne mais aussi la plus complète. En plus du français, des mathématiques et de la pratique des ordinateurs, elle propose de nombreuses formations dans le cadre des corporations travaillant : le bois, la pierre, les métaux, le cuir, le textile, l’alimentation, ainsi qu’en : typographie, lithographie, reliure, peinture, décoration, sérigraphie, vannerie, prothèse, photographie, retouche, dorure, encadrement, froid..

Elle édite la revue : "Le Compagnonnage".

Adresse : 15 Champ Hagarde - 78000 Versailles - Tel : 01 39 50 85 01

Janvier 2001






Buddhaline

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