Le bouddhisme n’est pas une croyance au sens traditionnel du terme, c’est un mode de vie, une manière de se comporter vis-à-vis des choses, des personnes et des événements, en actions, paroles et pensées, une hygiène mentale radicale conduisant non pas à une “adaptation” au monde ou à un refus du monde, mais à une transcendance de celui-ci. Il n’impose pas de suivre aveuglément une série de propositions dogmatiques mais invite à “voir”, constater et comprendre par expérience personnelle, afin d’agir armé d’une sagesse toujours plus profonde.
Cette sagesse, dans son niveau ultime, consiste en la vision directe dans la véritable nature de tout ce qui existe : insatisfaction, non-permanence et vide de réelle substance ; elle seule nous permet d’aller jusqu’au bout dans l’implication de ces “trois Caractéristiques”. Elle conduit au détachement et à la disparition de toute notion du “moi” et permet de détruire les racines de toutes souffrances : haine, convoitise et illusion.
Être bouddhiste c’est :
– placer sa confiance (sa “foi”) dans les “trois Joyaux” (ou “Refuges”) :
* le Bouddha (celui-ci n’étant pas révéré en tant que personne historique mais comme représentation de la connaissance transcendante suprême, idéal de perfection accessible à chacun par ses propres efforts),
* l’Enseignement (Dhamma), en tant que Vérité ultime, nature intrinsèque de toutes choses,
* la Communauté des nobles Disciples (Sa“ngha), en tant qu’exemple de vie vertueuse,
et les prendre comme guides,
– accepter les principes de base enseignés par le Bouddha et travailler à leur vérification par la pratique de la culture mentale (ou méditation),
– avoir compris la nécessité de vivre selon les principes éthiques fondamentaux (siila) .
Principes de base :
– Les “quatre Vérités nobles” :
1. l’insatisfaction, la “souffrance”, issue de l’absence d’équilibre, d’harmonie, est omniprésente
2. l’origine de l’insatisfaction est l’attachement volontaire au désir, l’esclavage des désirs
3. cette insatisfaction peut cesser
4. le chemin qui conduit à cette cessation est le “noble Sentier aux huit Branches” reposant sur les trois fondations : Connaissance transcendante, Éthique, Culture mentale.
– Les “trois Caractéristiques” : tout ce qui existe dans l’univers conditionné est : non permanent, source d’insatisfaction ou de souffrance et vide de réelle substance (“non-soi”).
– La “Production conditionnée” : toute chose dans l’univers existe en raison de causes déterminantes et détermine à son tour d’autres choses ; rien n’est un commencement en soi ou une fin en soi (la seule exception étant l’être pleinement libéré, l’arahaa).
– Kamma : action volitionnelle consciente, intention. Elle peut être bénéfique et conduire à l’extinction de la souffrance ou mal orientée et source de souffrance. Les effets de kamma fonctionnent selon le principe d’action et réaction appliqué au domaine éthique.
– Renaissance : processus de réorganisation des énergies vitales en fonction des affinités développées dans le passé, conséquence des actions volontaires et consciemment acceptées ; elle suscite la manifestation d’êtres vivants à différents niveaux d’évolution.
– Nibbaana : extinction de la souffrance par extinction de la haine, de la convoitise et de l’illusion, mettant fin à toute possibilité de production d’énergies susceptibles de manifester des êtres vivants. C’est la Paix ultime dont la saveur peut être expérimentée dans cette vie même.
source : Samsâra