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> Bouddhisme > Enseignements


Le Roi Guésar de Ling ou l’art du guerrier

Par Michèle Béran

Paru dans Bouddhisme Actualités de juillet 2003

Historique, légendaire, mythologique, spirituel, Guésar de Ling et son royaume de Shambala nous ouvrent la voie du cheminement et de la transformation intérieure : la voie sacrée du guerrier qui nous conduit vers la sagesse et la libération.

Déjà connu en occident grâce aux enseignements de ChögyamTrungpa (1) sur le thème, le symbole du roi Guésar de Ling est plus que jamais d’actualité dans notre monde moderne, chaotique, déchiré par la violence et écartelé par ses contradictions. Dans ce monde aveuglé par l’ignorance et la haine, l’être humain souffre, s’interroge sur le sens de son existence . Il cherche une solution. Le chemin ouvert par Guésar de Ling est l’une des voies privilégiées du bouddhisme tibétain afin que chacun puisse trouver le chemin intérieur de la libération de sa souffrance et de celle de tous les êtres sensibles.

Considéré comme l’incarnation guerrière de Padmasambhava venu au Tibet au 8ème siècle pour y importer le bouddhisme et subjuguer les forces négatives, Guésar est né à Ling dans le Kham ( Tibet oriental). Fils du roi Singlen et de Gokza Lhamo, il part en guerre contre les rois démons dans les 4 directions . Sa vie, riche en épisodes, fait l’objet de nombreux chants peu à peu fixés par écrit et qui représentent une abondante littérature populaire. Mais au-delà de cet aspect historique et populaire, Guésar de Ling incarne l’idéal du boddhisattva sous l’aspect du guerrier spirituel en lutte contre les passions, Guésar de Ling est aussi le protecteur du dharma invoqué au Tibet et en Mongolie. Il propose une démarche profonde à l’usage de ceux qui sont en recherche du sacré et de la dignité.

Cette démarche est fondée sur l’art du guerrier tels que l’ont incarné les anciennes civilisations de l’Inde, du Tibet, de la Chine, du Japon et de la Corée. Cet art a pour base les principes qui nous montrent comment vivre avec courage et joie, sans se détruire et sans détruire les autres.

La quête de notre Bonté fondamentale

“ Le chemin du guerrier ne nous apprend pas la façon de devenir puissant ou brave tel qu’on l’entend au niveau ordinaire du mot guerrier. Il nous apprend la bravoure qui consiste à avoir le courage de nous affronter nous-même. Ce qui doit être conquis dans cette guerre, ce ne sont pas des royaumes physiques ou géographiques mais notre ennemi : l’ignorance. L’éveil du guerrier ne va pas à l’encontre de la vie. Au contraire, il la rehausse, il l’éveille en lui donnant une touche de beauté, de grâce de dignité”. C’est ainsi que Gyétrul Jigmé Rinpotché présente la voie du guerrier. De son côté, Dilgo Khyentsé Rinpoché précise au cours de l’un de ses enseignements en dordogne en I990 : “Ici, le combat du guerrier ne doit pas être pris comme une lutte extérieure animée par l’attachement et l’aversion, mais comme une volonté de vaincre sans retour les poisons qui affligent la plupart des êtres : désir, haine, obscurité mentale, orgueil, jalousie et peur”.
Pour découvrir en soi cette bonté fondamentale, s’ouvrir à soi-même, pour retrouver l’authenticité, la joie de vivre, l’ouverture et la douceur, pour enfin apprendre à cultiver la tendresse envers nous-même, il faut sortir de notre cocon. Cet attachement au cocon si douillet, c’est la peur : “ ce qu’il y a à conquérir ici” -explique Gyétrul Jigmé Rinpoché- “c’est la peur de nous même. Cette peur liée à l’ignorance, c’est cela qui nous a transformé en lâche. Le chemin du guerrier nous donne le courage de faire face à cette peur et de la dépasser”. Dans le cocon du lâche, il n’y a aucune dignité, aucune lumière, le soleil n’y pénètre pas. On n’y trouve aucune beauté. Ce cocon au sein duquel on est à la recherche d’un sentiment de sécurité, fait penser à une grenouille persuadée que le monde se limite aux murs du puit dans lequel elle se trouve et qui ne peut imaginer l’immensité de la mer. La voie du guerrier intérieur, c’est l’opposé de la lâcheté, de cette lâcheté qui consiste à nous enfoncer dans notre cocon pour y perpétuer nos processus habituels, constamment occupés que nous sommes à reproduire nos schémas et nos conduites de pensée.

“Le lâche prend refuge dans une arme, un pistolet en se croyant un guerrier, le véritable guerrier prend refuge dans sa propre bonté. Il n’est ni arrogant, ni agressif. Il est doux, ouvert et pourtant ferme et solide. Doux comme le calme de la mer, ouvert comme le ciel, ferme et solide comme la montagne. Nous devons sortir du cocon et nous aventurer dans l’espace” (GyétrulJigmé Rinpoché) .

Un lien avec le monde sacré

Mais, pour nous engager dans ce combat, nous avons besoin d’aide. De l’aide Guésar de Ling et du monde sacré auquel il est lié. Guésar est en effet le chef des dieux guerriers, les dralhas et des assemblées de déités : werma . Il est aussi le maître du Cheval du Souffle qui orne tous les drapeaux de prière.

Véritables guerriers cosmiques, les dralhas sont les gardiens de tout ce qui est bon dans l’univers, de toute beauté, grâce et dignité. Les invoquer, c’est invoquer notre propre bonté, développer la dimension sacrée qui est en nous, développer aussi notre beauté physique, verbale et mentale. Pour cela, il nous faut invoquer ces guerriers cosmiques et le werma, ce guerrier éveillé représenté par Guésar qui incarne douceur, compassion et sagesse.

Michèle Béran pour Padma Ling Paris

(1) Shambala, La voie sacrée du guerrier - Chögyam Trungpa collection points-sagesse

Encadré : Présentation des deux Maîtres

Son Eminence le Vidyadhara Tertön Namkhar Drimé Rabjam Rinpoché - l’un des derniers tertëuns vivants, Son Eminence a été reconnu comme le Régent vivant de Padmasambhava et du Roi Guésar de Ling par de nombreuses hautes autorités du Bouddhisme tibétain telles que SS le Dalaï-Lama, SS Dudjom Rinpoché, SS Dilgo Khyentsé. Il est, de plus le Maître actuel de la lignée héréditaire Ripa.

Son Eminence Gyétrul Jigmé Rinpoché -Maître de la jeune génération du bouddhisme tibétain, Son Eminence appartient aux lignées Nyingmapa et Drukpa Kagyu. Reconnu par S S Dudjom Rinpotché comme l’incarnation du grand Saint Tertön Péma Lingpa, Gyétrul Jigmé Rinpotché est également le VII détenteur de la lignée Ripa . Ses Maîtres principaux furent : Leurs Saintetés Dudjom Rinpotché, Dilgo Khyentsé et le XII ème Gyalwang Drukpa. Il a aussi reçu des transmissions de Sa Sainteté Kalou Rinpotché.

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