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> Bouddhisme > Enseignements


Le Processus de la mort

Par Vénérable Lama Lodreu

Le nombre des êtres qui errent dans le samsara est infini et leurs perceptions sont aussi illimitées que le nombre de dharmas (phénomènes). Tous ces dharmas se résument en deux groupes : le Dharma mondain et le saint Dharma.

Le Dharma mondain est infini mais comme l’a dit le Bouddha, il est tout entier contenu dans les cinq skandhas, en tibétain Poungpo Nga : poung po signifie "tas" et on traduit par "agrégat" ; nga signifie "cinq".

Les cinq skandhas sont la corporalité, la sensation, la perception, la volition et la conscience. Les six organes sensoriels (yeux, oreilles, nez langue, corps et mental) et leurs objets (forme, son, odeur, saveur, tangible et pensée) forment ensemble les Douze Domaines d’Extensions, en tibétain Kyé Tché Tchou Nyi : kyé tché signifie "être né et s’étendre" ; tchou nyi signifie douze. Ce sont là les phénomènes de l’illusion du samsara.

Le Saint Dharma est infini mais il est tout entier contenu dans les enseignements Hinayana, Mahayana et Vajrayana du Bouddha. Dans notre cas précis, nous faisons référence à la pratique Vajrayana, particulièrement en ce qui concerne la mort et la renaissance. Par cette connaissance (des enseignements), les cinq skandhas et les cinq éléments se transcendent en les cinq Dhyanis Bouddhas (cinq familles de Bouddhas).

En tibétain, le terme Bardo signifie "intervalle". Il existe une classification de six Bardos :
- Le Bardo de la vie (Kyé Nes Bardo)
- Le Bardo du rêve (Milam Bardo)
- Le Bardo de la méditation (Samten Bardo)
- Le Bardo du processus de la mort (Chikai Bardo)
- Le Bardo de la réalité en soi (Tcheunyi Bardo)
- Le Bardo du devenir (Sipai Bardo)

Le Bardo de la vie (Kyé Nes Bardo) concerne l’expérience de l’illusion de la manifestation à l’état de veille. Il inclut toutes les actions positives et négatives accomplies pendant chaque période de la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort.

Le Bardo du rêve (Milam Bardo) inclut toutes les activités mentales pendant que le corps physique est endormi.

Le Bardo de la concentration (Samten Bardo) inclut les myriades d’expériences de méditations depuis les niveaux les plus bas de l’expérience jusqu’à l’obtention de l’éveil. Ces expériences de méditations s’alignent depuis la concentration uni-orientée (sur son objet) jusqu’aux états de non-méditation.

Le Bardo du processus de la mort (Chikai Bardo) nous attend tous. Nous devrions à partir de maintenant nous préparer pour les énormes difficultés, les peines et les angoisses que nous expérimenterons alors.

La plupart d’entre nous ne demandent pas à mourir, et beaucoup n’y pensent même pas. Cependant il est certain que nous devons tous mourir. Même le Bouddha, et ceux qui ont atteint l’Eveil après lui, ont trépassé. Comme eux, nous devrons tous mourir. Le grand yogi tibétain milarépa, qui fut un être éveillé et pouvait se transformer dans les quatre éléments, a dû également mourir. En fait, si nous examinions notre propre situation, nous verrions que nous sommes loin d’être libérés de l’illusion, de l’ignorance, de la haine et de tous les aspects négatifs qui peuvent être associés à l’existence humaine. Alors comment peut-on affirmer que nous ne mourrons pas ?

Même si nous savons la mort certaine, nous devons aussi nous souvenir qu’elle n’est pas sans douleur. Elle n’est pas comme la flamme d’une bougie qui s’éteint par le vent ou par l’eau. Très peu de personnes peuvent mourir dans une grande paix et dans la joie, même ceux qui pratiquent sincèrement et consciencieusement le Dharma et ont atteint, par la méditation, le grand pouvoir de dominer leur mental.

De ce fait, si la mort est certaine, nous devons aussi nous préparer aux conséquences. Comment pouvons nous le mieux faire face à notre destin ultime ? Il y a deux façons essentielles. La première est la pratique du Dharma avec une grande compassion pour le bien de tous les êtres vivants. La deuxième est d’obtenir le controle de notre mental par une intense dévotion. Avec ces deux méthodes, nous pouvons dépasser tous les obstacles.

Tout ce que nous possédons, famille, amis fortune, ne nous sera d’aucune utilité au moment de la mort. Pendant nos vies, tout ce que nous faisons pourvoit aux désirs de nos corps. Cependant, lorsque la mort intervient, nous devons quitter le corps qui nous a demandé tant d’efforts. Ce n’est qu’alors que notre conscience expérimente les résultats de nos actions passées. Lorsque nous sommes en vie, notre corps dépend, pour son existence, des cinq éléments de base. Nous savons que nous tombons malade ou que nous ne nous sentons pas bien s’il y a le moindre changement dans l’équilibre des cinq éléments. Par exemple, s’il fait trop chaud nous nous sentons mal ; de même s’il fait trop froid. A la mort, ces cinq éléments desquels nous dépendons sont abandonnés.

Notre existence physique repose sur les cinq éléments internes (chair, fluides corporels, chaleur corporelle, respiration et complexion corporelle) qui correspondent aux cinq éléments externes que sont la terre, l’eau, le feu, le vent et l’espace. Au moment de la mort les cinq éléments internes se résorbent graduellement l’un dans l’autre et afin de ne pas prendre peur à ce moment là, il vous faut reconnaitre à quelle étape en est la résorption. Résorption se dit Thim Rim en tibétain. Chacune de ces étapes de résorption a un aspect éveillé representé par chacun des cinq Bouddhas féminins. Le Bouddha féminin Sangyé Tchenma représente le pur élément transcendant la nature de la terre et, dans le système corporel, la chair. Le Bouddha féminin Mamaki est le pur élément transcendant de la nature de l’eau et , dans le système corporel, les fluides. Le Bouddha féminin Go Karmo est le pur élément transcendant de la nature du feu et , dans le système corporel, la chaleur du corps. Les Bouddhas féminins Damtsik Dreulma et Yingtchokma sont respectivement les purs éléments transcendants de l’air et de l’espace et , dans le système corporel, la respiration et la complexion corporelle.

Si durant votre vie vous avez expérimenté les phases de developpement et d’achèvement (Kyé Rim et Dzok Rim) en pratiquant la concentration méditative sur une divinité (yidam), alors dans le bardo, en réalisant que l’esprit lui-même est vacuité, vous pouvez reconnaitre les étapes de résorption et vous avez la faculté d’échapper à la souffrance et d’atteindre l’éveil.

Le processus commence quand l’élément terre se dissous et est absorbé par l’élément eau. Ceci est accompagné d’une perception intérieure où tous les phénomènes prennent une apparence jaune. Vous avez la vision et l’expérience extérieure que tout se désintègre sous des inondations et des tremblements de terre. Vous ne pouvez plus rester debout car vos forces s’amenuisent rapidement. A ce moment là il faut essayer d’identifier et de méditer que tout ce qui est vu jaune et votre propre esprit ne sont qu’un, sans existence indépendante. En d’autres termes, si vous pouvez transcender la dualité alors vous pouvez atteindre le niveau d’Eveil du Bouddha féminin Sangyé Tchenma. Si vous manquez cette grande opportunité, les pénibles expériences du samsara se poursuivront.

Dans la seconde phase, l’élément eau se dissout et est absorbé par l’élément feu. Ceci est associé à l’expérience intérieure où tous les phénomènes prennent une apparence blanche. Extérieurement, vous expérimentez que l’univers entier est inondé. Pendant ce temps votre entourage s’aperçoit que votre face et vos lèvres se dessèchent. Vous éprouvez une soif extrême. Si pendant que tout ceci se passe, vous pouvez méditer avec la plus ferme conviction que tout ce que vous percevez comme eau et blanc n’est que le produit de votre esprit ; sans aucune existence indépendante, vous obtenez l’Eveil et réalisez l’état du Bouddha féminin appelé Bouddha Mamaki.

Quand le troisième élément feu se disout dans l’élément air, vous avez l’espérience intérieure que tout est rouge, et vous expérimentez la sensation que tout brule autour de vous. Pendant ce temps, la chaleur de votre corps se retire. Si à ce moment là vous pouvez méditer d’une façon uni-orientée que les expériences extérieures et intérieures sont toutes une création de l’esprit et que rien n’existe indépendamment de lui, vous obtenez l’Eveil et réalisez l’état du Bouddha féminin appelé Go Karmo.

Cependant si vous n’atteignez pas ce stade, l’élément air se dissout dans l’élement espace. Lorsque ceci intervient, vous aurez l’expérience intérieure que tout est vert et l’expérience extérieure que tous les phénomènes de l’univers sont soufflés par les vents d’un puissant orage. Vous entendez un rugissment grinçant, semblable à celui d’un millier de tonerres. A ce moment là, méditez d’un façon uni-orientée que toutes les lumières, tous les sons et couleurs que vous expérimentez sont une création de votre esprit et que rien n’existe d’une façon indépendante. Si vous pouvez réaliser que l’esprit lui-même est vide, sans existence propre, alors vous obtenez l’Eveil et réalisez l’état du Bouddha féminin Damtsik Dreulma.

Si vous n’accomplissez pas cette étape, l’espace se dissout dans la conscience elle-même. A ce moment là vous entrez dans une profonde obscurité et perdez vos perceptions sensorielles. Méditez en un point et reconnaissez votre esprit comme étant de la nature de Dharmadhatu (sphère de la réalité ultime), ou Claire Lumière. Alors vous atteignez l’Eveil du Bouddha féminin Yingtchokma.

A ce point tous les cinq éléments sont dissous et vous ne pouvez remuer plus aucune partie de votre corps. D’abord, l’air extérieur ou le souffle s’éteint. Puis vous voyez un petit bindou ( tib. tiglé) blanc, la Bodhicitta qui apparait au front et en descend lentement ; C’est la bodhicitta masculine, symbole des moyens habiles. Lorsque le bindou blanc descend, vous voyez tous les phénomènes devenir blancs. C’est alors que toutes les trente trois conceptions issues de l’aversion s’évanouissent dans un éclair, tant bien que même si quelqu’un, par exemple tuait votre père, la colère que vous auriez éprouvé serait tout à fait éteinte. Au même moment vous faites l’espérience de la sagesse de joie qui est l’essence du Nirmanakaya ( Corps d’émanation ; tib. Toul Kou). C’est le corps (kaya) d’Eveil de la réincarnation et le corps de l’état spirituel dans lequel demeurent les grands Maîtres d’instructions et toutes les incarnations des bodhisattavas sur terre. Le Nirmanakaya représente la Sagesse de joie qui est au-delà de toute saisie dualiste. Si vous pouvez expérimenter et reconnaitre cette joie et cette sagesse, alors vous obtiendrez l’Eveil et atteindrez l’état de Dorjé Sempa, l’essence du corps de tous les Bouddhas. Alors vous n’êtes plus perdu dans le bardo.

Après vous voyez un bindou rouge d’élever lentement de votre nombril ; C’est la Bodhicitta féminine, symbole de la sagesse. Quand le bindou rouge s’élève, vous voyez tous les phénomènes autour de vous devenir rouges. Durant ce temps les quarante conceptions issues de l’attachement cessent et même si vous voyez le plus beau des dieux ou la plus attirante des déesses, vous n’éprouvrez aucun désir. A ce moment vous expérimentez la sagesse de la joie suprême, qui est l’essence du Sambhogakaya (corps de jouissance ; tib. Long Kou). La parole impure, de par la purification, devient le Sambhogakaya. C’est le corps d’Eveil du don parfait. Il symbolise l’état d’union dans lequel demeurent les Bodhisattvas, transcendant le domaine ordinaire. Le Sambhogakaya représente la joie suprême qui est une joie plus profonde et permanente. Si vous pouvez réaliser cette joie et cette sagesse extraordinaires, vous pouvez atteindre l’état d’Amitabha, l’essence de la parole de tous les Bouddhas, et vous ne vous perdrez pas dans le Bardo.

Si vous ne réussissez pas dans cette méditation et si vous n’obtenez pas l’Eveil à ce stade, vous voyez alors les bindous rouge et blanc s’approcher l’un de l’autre et fusionner dans le Chakra du coeur. Quand ils se rencontrent, vous faites l’expérience d’une obscurité opaque, comme celle d’une nuit de nouvelle lune - très sombre - et les sept sortes d’ignorance et d’illusion cessent. A ce moment, vous avez l’expérience de la sagesse au-delà de toute joie et immédiatement vous pouvez transformer et devenir l’ Esprit de tous les Bouddhas qu’ est Vairocana. L’esprit dualiste, par la purification, devient le Dharmakaya (corps de vacuité ; tib. Tcheu Kou).C’est la réalité fondamentale dans la quelle toutes le dualités se fondent dans l’unité transcendante ; elle est au-delà de toute perception sensorielle. Le Dharmakaya est la sagesse au-delà de la joie, au delà de toute conceptualisation, plus en profondeur et indestructible. A ce moment, il ne faut faire aucun effort pour méditer, cela vient naturellement, spontanément. Si vous ne pouvez pas réaliser l’essence de l’esprit de tous les Bouddhas (Vairocana) alors vous retombez dans le Samsara. Parcontre, si vous pouvez obtenir cette réalisation, vous pouvez vous éveiller et n’avoir plus besoin d’errer dans le Bardo.

L’essence du corps de tous les Bouddhas est Dorjé Sempa ; l’essence de la parole de tous les Bouddhas est Amithaba ; l’essence de l’esprit de tous les Bouddhas est Vairocana. Vairocana représente la source de tous les Bouddhas.

Si vous n’êtes pas capable d’atteindre l’Eveil à ce moment là, alors vous allez vous perdre dans le Tcheunyi Bardo. Errer dans le Bardo, ou atteindre l’étincelle de l’Eveil des trois états décrits, dépend de la pratique du Dharma et de la méditation faite durant la vie.

Tous les êtres humains ont en essence la même expérience lorsqu’ils meurent. Les différences dépendent de leur capacité à reconnaitre la vraie nature de ces diverses étapes. Tout ceci est fonction de l’entraînement et de la pratique méditative de chacun. Lorsque les Bodhicittas rouge et blanche se rejoignent au chakra du coeur, la personne qui durant sa vie, aura accompli une très profonde méditation, réalisera la vraie nature de l’esprit. Elle reconnaitra que l’esprit qui a médité sur la vacuité et que l’état de vacuité lui-même, sont une seule et même chose. Ils se reconnaitront mutuellement. L’esprit qui médite sur la vacuité pendant la vie est appelé le "Fils", et la réalité naturelle de l’esprit est appelée la "Mère". La personne qui a réalisé en profondeur la méditation expérimentera alors la fusion des deux (bindous) comme étant la rencontre entre une mère et son enfant perdu depuis longtemps. Lorsque la mère et l’enfant se rencontrent, la mère reconnait spontanément et naturellement son enfant et déborde d’une joie toute naturelle. Par la seule joie de reconnaitre et de rtrouver son enfant, elle va jusqu’à oublier tout ce qu’elle a pu endurer et éprouver. Lorsque vous réalisez la vacuité de l’esprit et aussi la vacuité de la réalisation, vous obtenez le suprême Eveil, le Dharmakaya. Au Tibet, certains grands Lamas et Yogis qui ont expérimenté l’état de Dharmakaya, peuvent s’asseoir dans la posture de méditation et rester ainsi pendant deux ou trois jours après leur mort. Lorsque ce sont des Lamas hautement réalisés, ils peuvent rester dans cette posture de méditation durant trois jours, voire même sept. Lorsque le méditation est achevée, ils ont réalisé l’Eveil, et le corps s’effondre. C’est là un des signes montrant qu’ils ont atteint la réalisation.

Il y a deux façons différentes d’obtenir l’Eveil quand on meurt. Elles dépendent de deux types de méditation, soit avec forme (Kyé Rim), soit sans forme (Dzok Rim). Si vous méditez avec forme vous obtiendrez l’Eveil de la façon suivante. Vous verrez la rencontre des deux bindous sous la forme de divinités (yidam). Par exemple, le bindou blanc peut être vu comme un yidam présentant des aspects masculins, (chakrasamvara). De même, vous expérimenterez le bindou rouge en tant que divinité féminine (Vajrayogini). Vous réaliserez que ces deux divinités -masculine et féminine- sont vos yidams racines et , en les priant avec foi et dévotion, vous recevrez leur accomplissement. A ce moment là, vous verrez avec intensité les formes des deux yidams et, lorsque la conscience se dissoudra dans le centre du coeur du yidam et deviendra inséparable de lui, vous obtiendrez l’Eveil. Vous recevrez les accomplissements intérieurs, extérieurs et secrets de ces deux yidams. Par la vertu et le pouvoir de votre dévotion et par le pouvoir de la compassion des yidams sur lesquels vous avez médité, vous obtiendrez l’Eveil. Ceci, évidemment, dépend de la profondeur de votre dévotion et de la longue expérience méditative sur les yidams.

Si vous méditez sur la non-forme vous expérimenterez l’Eveil comme la rencontre des deux Bodhicitta-bindous. C’est la réalisation des grands Lamas.

Les personnes non initiées qui voient la rencontre des deux bindous jettent un regard sur la forme de leur prochaine renaissance dans les six royaumes. Si elles renaissent en tant qu’êtres humains, animaux ou esprits avides (sct.Préta), elles auront la sensation que le bindou blanc est leur futur père et que le rouge est leur futur mère. Si elles doivent renaitre dans des états inférieurs de l’existence, elles réagiront avec épouvante et deviendront inconscientes pendant trois jours et demi, puis elles passeront au Tcheunyi Bardo où elles deviendront conscientes de leur mort.

D’après le Pandit Atisha et Ma Chik Labkyi Dreunma, dès que vous apercevez la forme d’une nouvelle naissance, vous apparaissent aussi des divinités terribles et des divinités paisibles. Si vous êtes capable de les reconnaitre à ce moment-là, vous ne vous séparerez plus d’elles et obtiendrez l’Eveil. Tout ceci dépend de votre méditation et de votre pratique du Dharma.

Cette description du Chikai Bardo ne se trouve pas dans les traductions du Bardo Theudreul. Les commentaires sont éparpillés dans plusieurs grands livres tibétains, mais ils n’existent pas édités de la manière présentée ici. Tout ce que j’ai dit est une partie de la transmission orale que j’ai reçue de mon Maître. Maintenant que vous avez reçu ces enseignements, vous êtes certain de votre avenir. Vous avez la liberté de faire des actions vertueuses ou négatives. C’est à vous de décider lesquelles vous seront plus profitables, sachant que les actions vertueuses conduisent au bonheur, et que les actions négatives au malheur. Maintenant je vous l’ai dit !...

Je remercie chaleureusement Neldjorpa Shérab, pour l’autorisation bienveillante de reproduction de cet enseignement. Le texte présenté ici est extrait de "Enseignement du Bardo, le sentier de la mort et de la renaissance", enseignement du Vénérable Lama Lodreu traduit en français par Betty Orain et Neldjorpa Shérab, paru aux éditions YOGI-LING.

Vous pouvez visiter le site de l’éditeur et y commander ce livre.

Ce texte a été reproduit du Portail du Bouddhisme Tibétain : http://www.dorje-ling.net/

Yogi Ling
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Tél. : 01 49 10 95 76


http://www.yogi-ling.net/





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