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> Bouddhisme > Enseignements


Le Dharma du Bouddha : une voie de compréhension et de compassion

Le Dharma, l’enseignement du Bouddha, est selon l’étymologie tibétaine, « la tradition de l’intériorité » ou la « science de l’esprit ». Cette définition suggère que ce n’est pas un enseignement tourné vers l’extérieur, vers la maîtrise du monde, mais vers ce qui nous est intérieur, ce que nous sommes essentiellement : notre esprit.

Par Lama Denys

Cet esprit, dont nous sommes tous pourvus, est le lieu de toutes nos expériences : sa nature réalisée est l’Eveil ; sa nature ignorée est l’origine des illusions et des passions. Le connaître est reconnaître ce que nous sommes véritablement, et cette expérience nous libère des illusions et de leurs aliénations.

La voie spirituelle est celle de la réalisation de la nature de l’esprit : il s’agit de réaliser ce que "je" suis vraiment. Ainsi le Dharma du Bouddha nous concerne tous, il a un caractère universel, atemporel et transculturel : la connaissance de l’esprit et de la réalité qu’il propose est pertinente et d’actualité pour tous.

Le doigt qui montre la lune

Le Dharma du Bouddha n’est aucunement un dogme auquel il conviendrait d’adhérer par la croyance. Si son cheminement part bien, et nécessairement, de l’énoncé d’un enseignement, c’est pour conduire à une expérience qui ultimement dépasse le discours et la connaissance conceptuelle habituelle.

Une image traditionnelle illustre bien le rapport entre les formulations de l’enseignement et l’expérience qu’il propose : elle compare ses énoncés au doigt qui pointe vers la lune, et l’expérience dont il s’agit à la lune elle même. La métaphore suggère qu’il n’est que les sots pour prendre le doigt qui montre pour la lune ! En effet, l’énoncé de l’enseignement, ses mots, son texte, sont toujours relatifs et ne sont jamais "la vérité en soi". Les formes et les formulations de l’enseignement sont un appui, nécessaire mais relatif, permettant de s’ouvrir à une expérience silencieuse et immédiate au-delà du discours et des concepts du mental. C’est là un point très important, et l’on peut même dire que dans la perspective du Dharma, la valeur ultime d’une tradition spirituelle réside dans son aptitude à finalement dépasser ses propres formulations.

Compréhension relative et expérience immédiate

Le Dharma distingue deux modes de connaissance : la connaissance relative ou conceptuelle, et la compréhension ou intelligence immédiate.

L’intelligence ou compréhension essentielle est une expérience immédiate au double sens du terme. Elle est d’abord immédiate au sens d’instantanée, pleinement dans le présent ; c’est même l’état de présence d’instantanéité. Elle est aussi immédiate, non médiate, au sens où elle ne connaît pas, comme la connaissance dualiste habituelle, par l’intermédiaire ou le médium des interprétations du mental, au travers de ses images, représentations et concepts.

La connaissance conceptuelle juste est valable et valide, bien sûr, elle est même indispensable et il ne s’agit pas du tout de la renier, mais de comprendre qu’elle n’est que relative et que son champ est limité. La connaissance conceptuelle est celle du sujet qui saisit, appréhende, en termes de noms et de formes. Cette saisie conceptuelle est même ce qui constitue l’expérience dualiste sujet-objet. En effet, sujet et objet n’existent que dans le rapport qu’ils entretiennent l’un l’autre. Ils se posent, l’un en face de l’autre, dans la relation engendrée par la saisie conceptuelle. Ce mode cognitif est celui de la conscience habituelle, ou dit autrement, de l’expérience de l’ego.

Quoi qu’il en soit, le point essentiel est d’entendre que la connaissance conceptuelle n’est pas la seule ; il est au-delà de celle-ci un autre mode d’intelligence, immédiat, non conceptuel qui est la forme ultime de compréhension.

L’amour et la compassion au-delà de l’ego

Quel est le rapport entre cette compréhension et la compassion ? D’abord et en général, le dénominateur commun entre compassion et compréhension réside dans le dépassement de l’expérience égocentrée. La compassion authentique, tout comme la compréhension de l’expérience immédiate, est au-delà de l’ego et de l’égocentrisme.

L’égocentrisme est une attitude égoïste et passionnelle, mais c’est aussi, plus fondamentalement, l’expérience "ego-centrée", c’est-à-dire la perception que le sujet a du monde avec l’observateur intérieur, le moi-sujet au centre, et autour les objets extérieurs, les choses observées comme autres. C’est dans l’intervalle de cette expérience dualiste "moi-autre" que se développent toutes les attitudes passionnelles : le moi-ego - le point de référence central - veut attirer dans son territoire tout ce qu’il juge agréable et désirable, écarter de lui tout ce qu’il juge indésirable ou impropre, et ignorer ce qu’il considère comme indifférent. Ces trois attitudes : attraction, répulsion et indifférence, constituent "les trois poisons de l’esprit", les trois types de relations duelles et conflictuelles qui se développent entre les deux pôles de la dualité sujet-objet.

La compassion authentique, l’amour véritable de l’autre, est une attitude ouverte, réceptive et disponible à celui-ci. C’est dans l’ouverture du cocon de l’ego qu’il est possible de participer vraiment à la réalité de l’autre, de « com-pâtir », ce qui signifie étymologiquement "souffrir avec" ou "participer à la réalité de l’autre". C’est dans cette participation de réceptivité et de disponibilité que se perçoit ce dont l’autre a véritablement besoin, et qu’il est alors possible de lui répondre de façon bienveillante et intelligente. Sans cette dimension de non-ego, l’amour est exposé à toutes sortes de déviations. On peut, au nom de l’amour, essayer de transformer l’autre, de gré ou de force, en une réplique de son ego ; essayer de le convertir à ce que l’on croit être bon pour lui.

En bref, la compassion et l’amour authentiques se vivent dans un effacement de l’ego, une qualité d’abnégation, de don de soi, d’abandon et d’ouverture. Le niveau relatif, relationnel, de l’amour et de la compassion, consiste à renverser l’attitude égocentrée habituelle en apprenant à considérer l’autre comme aussi important et même plus important que soi-même. Les priorités "ego-centrées sont alors inversées en une attitude "allo-centrée ". Toutefois, cet amour relationnel, bien qu’ayant une dimension universelle, est encore relatif ou dualiste. La forme ultime de l’amour est une participation immédiate à la réalité de l’autre ; c’est une expérience au-delà du moi et de l’autre. C’est ce qui est nommé la grande Compassion, et à ce niveau, compassion et compréhension ne sont plus deux.

Les deux ailes de l’oiseau

Les enseignements du Dharma mettent l’accent sur la nécessité de toujours combiner compassion et compréhension ; une voie spirituelle qui ne développerait que la compréhension ou que la compassion, serait déséquilibrée et conduirait à toutes sortes de déviations. Une célèbre image compare la compréhension et la compassion aux deux ailes d’un oiseau qui sont l’une et l’autre indispensables pour s’envoler au firmament du grand Eveil.

Texte préparé à l’Institut Karma Ling à partir d’enseignements de Lama Denys

Février 2000

Institut Karma Ling
Hameau de St Hugon
F-73110 ARVILLARD
TEL. : 04.79.25.78.00 -
FAX : 04.79.25.78.08


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