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Le Chemin de la compassion

"Vous ne pouvez demander à l’obscurité de partir, vous devez allumer la lumière." La lumière en nous correspond aux quatre pensées illimitées, amour, compassion, joie et équanimité. La méditation dans l’action consiste à laisser la compassion s’éveiller et couler librement en nous.

Par Sogyal Rinpoché

Sommaire : 1. La nature fondamentale que nous partageons avec tous les êtres, est la nature de Bouddha.

2. Les quatre pensées illimitées

3. Comment générer la compassion ?

4. Le Bodhisattva

1. La nature fondamentale que nous partageons avec tous les êtres

est la nature de Bouddha.

La compassion vient premièrement de la reconnaissance de notre lien fondamental avec les autres êtres. Chaque être a été notre père, notre mère, notre ami, notre ennemi au cours des temps immémoriaux, et en tant que père ou mère s’est soucié de nous avec la plus grande bonté, le plus grand amour. Même dans cette vie, nous sommes tous liés ensemble par le fait de vivre et de

partager la même situation de Samsara. Si seulement nous voulions bien nous en rendre compte.

Ce lien commun est particulièrement net dans l’âge présent, alors qu’il est plus évident que jamais qu’aucune société, aucun pays au monde n’est totalement indépendant, même au point de vue économique. Les barrières culturelles, religieuses, raciales, commencent à tomber, et comme l’homme progresse, il réalise le caractère identique de la situation humaine, le caractère identique de l’être humain fondamental.

Distortions et complications dans nos relations proviennent de l’attachement, l’aversion, l’indifférence… qui ne sont que des modes de relation. C’est parceque nous ne sommes pas libres de l’attachement et de l’aversion, et que nous ne comprenons pas vraiment l’objet de notre attachement et de notre aversion que se développent des liens aussi peu libres.

C’est pourquoi notre ennemi peut être notre plus grand maître. Parce qu’il nous montre nos points faibles, et pour cette raison nous pouvons le placer devant nous, sur un siége élevé, pendant notre méditation avec lui. Il reflète l’aspect de nous que nous ne pouvons pas voir et mieux vaut travailler avec cela que de le faire disparaître... Amis ou ennemis, il n’y a pas de différence.

La nature fondamentale que nous partageons avec tous les êtres est la nature de Bouddha. Nous voulons tous le bonheur, nous voulons tous éviter la souffrance. C’ est le refus de reconnaître notre nature commune qui cause la disharmonie. En examinant notre propre expérience, nous pouvons apprendre à sentir que les autres ne sont pas différents de nous et nous mettre un moment à leur place. Alors, la situation qui nous lie ensemble peut aussi nous libérer.

Le lien que nous partageons avec chacun est très profond et tout à fait surprenant. La compassion est une émotion humaine naturelle qui nous libère et qui est produite par un changement du coeur plutôt que par un changement de notre compréhension intellectuelle . Le respect pour les autres suit la reconnaissance de notre lien avec eux. Alors les relations deviennent plus aisées, la communication coule mieux.

C’est parce que nous n’avons pas résolu le problème de notre attachement et de notre aversion dans nos relations aux autres que l’expression de notre nature de Bouddha est entravée. Cependant si le sentiment de compassion ne coule pas librement et naturellement, il est difficile de le créer. C’est une chose subtile. Le moyen habile de faire naître la compassion pour autrui est la méditation assise.

2. Les quatre pensées illimitées.

La méditation assise crée l’ espace et l’ opportunité pour l’expression de

notre vraie nature humaine qui est compassion ; elle permet à l’ attitude éveillée

de surgir et à un changement fondamental du cœur de prendre place.

Après vous être assis, vous vous sentez bien et quand vous vous sentez bien en vous même vous vous sentez bien disposé à l’égard des autres. Charité bien ordonnée commence par soi-même et la méditation assise est le meilleur moyen de commencer avec la compassion. C’est pourquoi le bouddhisme n’insiste pas tellement sur la générosité qui consiste à faire la charité, mais plutôt sur le bénéfice qu’ il y a à travailler sur soi même et à développer la charité à l’ intérieur en se donnant l’ espace intérieur où elle commence. La lumière doit venir du dedans. Vous ne pouvez demandez à l’ obscurité de partir, vous devez allumer la lumière.

S’asseoir est la seule manière de générer cette ouverture. Quand vous vous asseyez, votre tendance à vous accrocher tombe et lorsque cela se produit, vous atteignez un certain état d’ouverture. Cette ouverture est merveilleuse, il y a une joie immense c’ est pourquoi le premier stade du Chemin du Boddhisattva est très joyeux. Quoique l’ouverture puisse ne se produire qu’ une fraction de seconde, pendant la méditation assise, c’est pourtant le passage, la fissure par laquelle les Bouddhas se sont échappés et se sont libérés du Samsara. L’ouverture est le véhicule des Bouddhas et avec l’ouverture se produit une chaleur fondamentale.

Le développement et la direction de cette chaleur provient des « quatre

motivations » ou « quatre pensées illimitées » qui sont l’amour , la compassion,

la joie et l’ équanimité. Souhaiter réellement que tous les êtres aient le bonheur, c’ est l’ amour. C’est une pratique qui contre balance l’ attachement et l’agression.

La compassion est le désir que tous soient libres de la douleur et des causes de la douleur. Elle subjugue tous nos désirs, nos passions et notre confusion.

La joie est une pratique qui contrecarre l’envie et la jalousie. Dans ce sens particulier, la joie est la célébration et participation au bonheur d’ autrui. Un tel sentiment est si fort et si puissant que non seulement il vous fait vous sentir bien, mais, comme il est dit dans le Bodhicharyvatara de Shantideva, en faisant cette pratique vous partagez la vie de l’ autre personne ; vous devenez des associés.

La quatrième motivation est l’ équanimité qui est très importante. C’est la pratique qui est l’antidote de l’arrogance et de l’ignorance. L’essence de l’équanimité est de voir l’égalité de tout ce qui vit, voir que tous les êtres ont la nature de Bouddha.

Parfois ces pensées peuvent s’élever très spontanément. Certaines situations dans la vie quotidienne peuvent inspirer une compassion naturelle : rencontrer un vieux mendiant, un ivrogne ou quelqu’un dans une situation réellement désespérée. Alors, quand vous faites cette rencontre, le sentiment de compassion s’écoule spontanément, vous ouvrez votre cœur et vous vous oubliez pour un moment. C’est là un moment excellent pour pratiquer. Cependant, ce qui arrive souvent, c’est que nous nous ouvrons complètement pendant une seconde. Puis nous commençons à mettre des limites, à nous demander combien d’aide donner, combien d’argent donner, et nous considérons nos propres intérêts. Et l’aide ainsi donnée se trouve ainsi limitée, nous nous mettons à calculer le mérite de notre action, espérant que les autres la reconnaîtront.

En premier lieu, donc, quand quelqu’un vous inspire cette ouverture, vous devriez considérer cette personne comme le Bouddha. Ce peut être le cas. Il y a beaucoup d’histoires de personnes qui n’avaient développé aucune compassion bien qu’elles aient pratiqué pendant fort longtemps. Les Bouddhas essayaient toutes sortes de manières de leur enseigner la compassion, et l’une de celles-ci consistait à se manifester comme mendiant. Ainsi, la compassion est éveillée et coule en vous. Ne la retenez pas : ouvrez-vous.

3. « Comment générer la compassion ? »

Il y a deux pratiques principales pour cultiver la compassion .La première, c’est par « l’échange ».Comme vous expirez vous considérer toutes les bonnes dont vous jouissez (votre santé, votre bonheur, votre mérite, leurs causes) et vous les donner considérant que tous les êtres qui souffrent les reçoivent. Et lorsque vous inspirez vous prenez sur vous toute la souffrance des autres. C’est une pratique très puissante et qui ne doit pas être mal comprise. Il n’ est pas question de prendre sur soi toute la négativité d’ autrui, mais sa souffrance. En donnant votre mérite il s’accroît par le fait d’ être donné et il vous rend d’ autant plus riche. C’est alors comme un trésor sans limite. La capacité à prendre sur vous et à transmuter la souffrance d’autrui s’accroît, et à votre tour vous pouvez donner toujours plus.

La deuxième manière de générer la compassion se fait par notre propre expérience de la souffrance. Souvent on trouvent que les pauvres, ou ceux qui ont connu la souffrance, sont plus ouverts, plus heureux . Ceux qui ont aidés les réfugiés Tibétains par exemple, n’étaient pas les riches ou les gens à leur aise, mais ceux qui était pauvres et avaient eux même des vies difficiles. Ils savaient ce que c’ était de souffrir et d’ avoir faim et à cause de cela ils étaient capables d’ aider. Ceux qui n’ ont pas l’expérience de la souffrance ne peuvent pas être aussi ouverts. La compassion devrait s’étendre aussi aux êtres qui ne peuvent expérimenter la compassion, qui ne comprennent pas réellement la souffrance et leur propre nature.

Ainsi l’ amour et la compassion sont une pratique, une pratique réelle et non une simple idée . Si vous dites OM MANI PADME HUNG 100 fois ou même une seule , dédiez au bénéfice des autres le bien qui en provient , partagez le avec eux : c’ est très puissant. Il est dit dans un sutra que ce n’est pas la taille d’un acte mais la motivation qui crée la puissance du résultat. Chaque situation est fluide, la direction est déterminée par la motivation et c’est elle qui injecte de l’énergie dans l’action. C’est pourquoi une fraction de secondes de compassion a de plus grands résultats qu’un an de méditation où l’on se préoccupe d’abord de soi.

Nous craignons, en nous ouvrant, d’être blessés mais, dans l’ ouverture, il n’y a pas de risque de blessure. C’est lorsque nous nous ouvrons à demi que nous sommes blessés. une blessure vient du fait de se retenir de s’ouvrir naturellement.

Les maîtres les plus hautement réalisés pourraient être comparer à de « vieux chiens ». Ils se donnent si complètement qu’ils n’ont rien à perdre et peuvent être utilisés complètement. Si vous atteignez cet état mental, nul ne peut abuser de vous. Des personnes peuvent vous utiliser à leur profit, mais elles ne peuvent pas abuser de vous.

4. Le Bodhisattva

Bodhi signifie « quelqu’un qui est éveillé, ouvert, sans égoïsme, sans ego ». Sattva désigne un guerrier, courageux, sans peur, quelqu’un qui a renoncé totalement, qui peut s’ ouvrir sans crainte d’ être blessé.

Bouddha est un exemple d’une personne complètement ouverte. Il était un être humain comme chacun d’entre nous, mais il a brisé le cercle vicieux. Il s’éveilla. Il nous a laissé sa stratégie, partageant avec nous son expérience, pour nous montrer comme il s’ est libéré. Sa stratégie c’était la compassion. L’esprit illuminé, l’ esprit éveillé est compassion.

La compassion est plus puissante que n’importe quelle pratique de méditation ou quel acte d’adoration. Quand cette ouverture se produit vous vous perdez vous même et il y a un lien direct avec les êtres qui ne sont plus « autres » et « en dehors de soi ».La plupart du temps nous ne voyons que nos propres problèmes et nous sommes in sensibles et fermés. Mais personne n’ est libre de la souffrance.

C’est l’ignorance, le manque de conscience claire, et notre perception dualiste qui obscurcissent notre nature de Bouddha. Pire que tout, c’est le concept de « je » et « les autres », de sujet et d’objet. Quand vous vous ouvrez et vous oubliez vous-même, vous avez en fait coupé à travers ce dualisme du « je » et de « l’autre ». Vous pouvez alors communiquer directement avec n’importe quel autre être, avec tous les êtres, directement, en tant que un et non pas deux. C’est puissant parce que c’est un, direct, et ça touche le cœur.

On coupe à travers toute notre confusion et cela a le pouvoir de la vérité. Vous pouvez réellement sentir les changements chimiques et physiques dans votre corps lorsque la compassion coule en vous.

Il y a quatre vers bien connus qui offrent une perspective complète sur la compassion :

« A cause de la variété des apparences qui sont comme la lune dans l’eau,

Les êtres sont fourvoyés dans la chaîne sans fin du Samsara.

Voyant cela, pour les ramener à se reposer dans leur propre nature,

Je générerai les quatre pensées illimitées »

Les phénomènes sont comme des reflets dans l’eau. Si vous avez cent bols d’eau vous voyez le reflet de cent lunes. Dans votre ignorance vous êtes comme des enfants qui sautent dans l’eau pensant que la lune est entrain de se noyer. Nous pouvons commencer à voir que la vraie souffrance du Samsara ce n’est pas tant qu’il est douloureux, pas tant qu’il est ennuyeux pas tant qu’il est misérable, pas tant qu’il est joyeux ; mais c’est qu’il est une totale perte de temps. Il est tellement sans raison que c’ est comme courir sur place, s’épuiser réellement en pensant que vous êtes en train d’aller quelque part. C’est pourquoi,

par compassion, les Bouddhas ne peuvent s’empêcher d’agir et d’enseigner la compassion.

1980

LÉRAB LING
l’Engayresque
34 650 Roqueredonde
Tél : 04 67 88 46 00


http://www.rigpafrance.org





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