v. 2.2 (1998/2002)
par Gabriel “Jîvasattha” Bittar, Dr en Sciences
chargé d’enseignement de phylogénétique aux Universités de Genève et Lausanne
intervenant à l’Université Bouddhique Européenne, Paris
cofondateur du Buddhâyatana
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A’niccâ vata san’khârâ
Copyright © 1998-2002 Gabriel Bittar
1. Le témoignage de Sunîta
2. Le Buddha, un pionnier des “droits de l’homme”
3. Les droits découlent des devoirs
4. L’espèce humaine n’a pas l’exclusivité des droits
Le témoignage de Sunîta
Dans une humble famille je suis né,
nous étions miséreux, nous avions souvent faim.
Mon métier aussi était bien humble :
je ramassais et balayais les fleurs fanées des autels.
J’étais négligé, méprisé, humilié,
et devant tous je m’inclinais.
Et puis un jour, je le vis, lui,
celui qui avait su parfaitement s’Éveiller,
entouré de nombre de ses disciples,
cet incomparable héros
entrait dans la cité des Magadha.
Alors je laissai tomber ma palanche
et m’approchant je m’inclinai devant lui.
Et lui, le surhomme, plein de compassion,
Il s’arrêta, pour moi.
Je me prosternai aux pieds du pédagogue,
puis me mettant sur le côté afin de ne pas le gêner,
je demandai à cet homme, le plus digne de tous,
de bien vouloir accepter que je le suive.
Alors le pédagogue miséricordieux,
dans son immense bienveillance,
s’adressant à moi, dit :
“Viens, ô moine”.
Ce fut là mon ordination.
Selon les instructions du pédagogue,
j’allai solitaire dans la forêt sauvage,
pratiquant ainsi qu’il me l’avait enseigné.
(...)
Souriant, le pédagogue dit :
“Par la volonté, la pureté,
la tempérance et le contrôle de soi,
on devient un homme réellement supérieur,
ceci est la voie vers la sainteté”.
Sunîta Thera-gâthâ (“Versets de Sunîta l’Ancien”), Theragâthâ XII, 2, Khuddaka-Nikâya, Sutta-Pitaka.
Cet émouvant poème, simple et direct, est un des nombreux témoignages de ces hommes et de ces femmes qui avaient suivi dans sa démarche Siddhârtha Gautama (v. 580 - v. 500 AEC), le Buddha. Le poème représente un archétype de la démarche psycho-sociale de ce dernier : l’Éveillé ne fait pas de discours social flamboyant sur les ‘droits’ supposés des uns ou des autres, mais accueille chacun et chacune avec tout le respect dû à un individu, individu qu’il instruit selon la mesure de celui-ci, et auquel il rappelle que chacun est pleinement responsable de soi-même dans l’accomplissement ou non de son ‘devoir’ : le progrès sur la Voie.
v. 2.2 (1998/2002)
Sommaire
1. Le témoignage de Sunîta
2. Le Buddha, un pionnier des “droits de l’homme”
3. Les droits découlent des devoirs
4. L’espèce humaine n’a pas l’exclusivité des droits
Copyright © 1998-2002 Gabriel Bittar