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> Bouddhisme > Essais


Le Bouddha, pionner des droits de l’homme

Selon le Bouddha, dans la société brahmanique de l’Inde organisée en castes, l’origine sociale comptait moins que les qualités de clairvoyance et de bienveillance.

Par Dr Gabriel "Jîvasattha" Bittar

Dans une humble famille je suis né,
nous étions miséreux, nous avions souvent faim.
Mon métier aussi était bien humble :
je ramassais et balayais les fleurs fanées des autels.
J’étais négligé, méprisé, humilié,
et devant tous je m’inclinais.

Et puis un jour, je le vis, lui,
celui qui avait su parfaitement s’Éveiller,
entouré de nombre de ses disciples,
cet incomparable héros
entrait dans la cité des Magadha.

Alors je laissai tomber ma palanche
et m’approchant je m’inclinai devant lui.
Et lui, le surhomme, plein de compassion,
Il s’arrêta, pour moi.

Je me prosternai aux pieds du pédagogue,
puis me mettant sur le côté afin de ne pas le gêner,
je demandai à cet homme, le plus digne de tous,
de bien vouloir accepter que je le suive.

Alors le pédagogue miséricordieux,
dans son immense bienveillance,
s’adressant à moi, dit :
“Viens, ô moine”.
Ce fut là mon ordination.

Selon les instructions du pédagogue,
j’allai solitaire dans la forêt sauvage,
pratiquant ainsi qu’il me l’avait enseigné.

(...)
Souriant, le pédagogue dit :
“Par la volonté, la pureté,
la tempérance et le contrôle de soi,
on devient un homme réellement supérieur,
ceci est la voie vers la sainteté”.

Sunîta Thera-gâthâ (“Versets de Sunîta l’Ancien”), Theragâthâ XII, 2, Khuddaka-Nikâya, Sutta-Pitaka.

Cet émouvant poème, simple et direct, est un des nombreux témoignages de ces hommes et de ces femmes qui avaient suivi dans sa démarche Siddhârtha Gautama (v. 580 - v. 500 AEC), le Buddha, l’Éveillé. En cette fin du sixième siècle avant notre ère, la société brahmanique de l’Inde était depuis longtemps organisée en castes. Sunîta faisait partie de la caste la plus basse, mais le Buddha, bien qu’originaire de la caste des nobles seigneurs, n’en avait cure ; pour lui, seules comptaient les qualités intérieures et la volonté de progresser de ceux qu’il approchait et qui l’approchaient.

Ainsi, venus de tous les horizons sociaux, hommes et femmes trouvaient auprès du Buddha un frère et un maître qui, bien que venu lui-même d’une des deux classes sociales supérieures, démontrait encore et encore, par ses enseignements et son comportement, que la vraie supériorité d’un être humain ne pouvait pas résider dans ses origines sociales, dans sa puissance ou sa richesse matérielles, mais dans son aptitude à voir le monde avec clairvoyance et bienveillance, et dans sa force à pratiquer la vertu.

Le Sermon sur l’Inférieur social

Ainsi ai-je entendu :

En ce temps là le Bienheureux demeurait au monastère entretenu par Anâthapindika, situé dans le parc mis à disposition par Jeta, près de Sâvatthi. Dans la matinée, ayant revêtu ses robes et pris son bol pour recueillir sa nourriture du jour, il entra dans la ville pour faire sa tournée d’aumônes. Allant ainsi de maison en maison, le Bienheureux arriva à la demeure du religieux Bhâradvâja, qui était un adorateur du feu (de haute lignée) et se disposait à faire ses offrandes. Voyant s’approcher le Bienheureux, Bhâradvâja, (craignant pour la pureté de ses offrandes), s’écria : “Arrête-toi, tête rasée, arrête-toi, misérable ascète, n’avance pas, être inférieur !”.

Entendant cela, le Buddha lui demanda simplement et paisiblement : “Dis-moi, religieux, sais-tu vraiment reconnaître ce qui fait de quelqu’un un être inférieur ?”. (Quelque peu confus), Bhâradvâja dut reconnaître que non et demanda à Gotama de l’éclairer.

“Celui-là est un être inférieur, celui qui est coléreux et haineux, méchant et envieux, celui qui est habité par les illusions, ou qui est plein de fausseté.

Celui qui fait du mal aux êtres vivants, mammifères, oiseaux, reptiles, poissons ou autres, celui qui ne ressent pas d’empathie envers les êtres vivants.

Celui qui attaque et détruit des propriétés et des lieux d’habitation, qui se conduit en vandale.

Où que ce soit, celui qui s’approprie ce qui ne lui appartient pas, ou qui ne lui a pas été donné.

Celui qui refuse de rembourser ses dettes.

Celui qui fait du mal à un voyageur et le détrousse.

Celui qui, par intérêt personnel ou pour satisfaire un autre, porte un faux témoignage.

Celui qui a des relations incorrectes avec la partenaire d’un proche ou d’un ami, même si c’est à l’instigation de celle-ci.

Celui qui, bien qu’il en ait les moyens, ne prend pas soin de ses vieux parents.

Celui qui blesse en actes ou en paroles ses proches.

Celui qui, alors qu’on lui demande conseille, sciemment donne de mauvais conseils, ou sciemment s’exprime en termes obscurs.

Celui qui commet le mal en cachette et se comporte en hypocrite.

Celui qui ne rend pas l’hospitalité.

Celui qui ment à un religieux, prêtre, moine ou ascète.

Celui qui brutalise par ses paroles un religieux, prêtre, moine ou ascète, et ne sait pas l’accueillir.

Celui qui, bien que profondément ignorant, se permet de dire n’importe quoi, espérant en retirer quelque chose.

Celui qui, aveuglé par la vanité, se glorifie et abaisse les autres.

Celui qui sème la zizanie, ou fait preuve d’avarice, celui qui a des désirs malsains, celui qui est envieux et égoïste, celui qui est sans scrupules et malveillant.

Celui qui injurie un Éveillé ou son disciple, ou tout être consacré à une vie de simplicité et de pureté.

Celui qui prétend avec imposture être un saint, celui-là est le plus grand des voleurs, celui-là est l’être le plus bas qui soit.

(...) Ce n’est pas par sa naissance que l’on est un être inférieur ou supérieur, c’est par ses actes qu’on le devient.”

Vasala Sutta (“Sermon sur l’Inférieur social”), Sutta-Nipâta I, 7, Khuddaka-Nikâya, Sutta-Pitaka.

Le Sermon sur le Sauvage

Cette notion de qualité, mentale, morale et spirituelle, et de qualité des actions commises, était très importante pour le Buddha. Elle permettait de surmonter les préjugés de classe ou de race, et le Buddha ne se faisait pas faute de le rappeler dans ses sermons et ses enseignements. Il faut savoir que de son temps déjà il y avait socialement pire qu’être membre de la caste la plus basse, il y avait les hors-castes, ou candâla, littéralement les “sauvages”, considérés comme carrément “intouchables”. Pourtant, indifférents à tous les préjugés sociaux ou raciaux, dans un court enseignement le Buddha exprime ce qu’est pour lui un vrai sauvage, et à l’opposé un véritable disciple de son enseignement.

“Un vrai sauvage se reconnaît par cinq défauts. Il ne comprend pas et ne sait pas être déterminé. Il ne pratique pas les vertus. Il se complaît dans les superstitions de toutes sortes, recherchant la magie et les envoûtements. Et il croit en ceux-ci, au lieu de reconnaître les relations psychologiques et physiques de causes à effets. Il préfère flatter de ses dons ceux qui ne le méritent pas, plutôt que d’aider par ses dons les membres de la Congrégation.

Un vrai adepte se reconnaît au contraire par les cinq qualités opposées. Il comprend et sait être déterminé. Il pratique les vertus. Il ne se reconnaît pas dans les superstitions de toutes sortes, il ne croit pas en la magie et aux envoûtements. Et s’il ne croit pas en ceux-ci, il sait par contre reconnaître les relations psychologiques et physiques de causes à effets. Enfin, plutôt que de flatter de ses dons ceux qui ne le méritent pas, il aide par ses dons les membres de la Congrégation.”

Candâla Sutta (“Sermon sur le Sauvage”), Anguttara-Nikâya V.175, Sutta-Pi aka.

Le savoir et la vertu font l’être supérieur

De cette façon très pédagogique, sans ostentation mais fermement, à chaque fois que l’occasion s’en présentait, le Buddha dénonçait le système des castes. Bien que ce message fût scandaleux pour l’époque (et il l’est toujours en Inde, et même encore plus depuis sa complexification et sa rigidification lors du passage du brahmanisme à l’hindouisme au cours du premier millénaire de notre ère !), on l’écoutait respectueusement le plus souvent, du fait de son charisme, de sa vie exemplaire... et de sa redoutable logique. Le Buddha n’aimait pas se lancer dans des joutes verbales, mais lorsque sa participation à celles-ci s’avérait nécessaire il s’en sortait aisément à son avantage grâce à son intelligence aiguë et à son imperturbable sérénité.

Ainsi, le jeune Ambattha, issu de la plus haute caste et bien éduqué, et désapprouvant l’attitude du Buddha en matière de castes, s’était permis de se conduire avec beaucoup d’impolitesse à l’égard de l’Éveillé, ce que celui-ci avait relevé en s’interrogeant sur l’éducation du jeune homme. Furieux, Ambattha avait alors tenté d’humilier socialement le Buddha. Mal lui en avait pris, car ce dernier, bien informé, avait simplement retourné les propres arguments du jeune brahmane, lui démontrant que même la famille de celui-ci, si on remontait assez haut dans le temps, pouvait trouver une tache déshonorante dans sa généalogie. Une fois rabattu le caquet du jeune homme, le Buddha lui avait tendu la main, car il ne voulait pas que celui-ci fût humilié. Ce qu’il souhaitait, c’était faire comprendre que les critères de statut social étaient bien inférieurs à ceux de la connaissance et de la vertu : “Le noble est au-dessus de tous ceux qui prennent comme référence leur lignée ; mais celui qui est doté de savoir et de vertu, celui-là est supérieur parmi tous les humains comme parmi les dieux” - Ambattha Sutta (“Sermon à Ambattha”), Dîgha-Nikâya 3, Sutta-Pitaka.

Les variations biologiques au sein de l’espèce humaine sont minimes

Cette attitude à la fois ferme et paisible était une constante chez le Buddha. Même s’il désapprouvait fortement un comportement ou une coutume, jamais, malgré son habileté, il ne tentait de soulever une émotion susceptible d’entraîner une action allant dans son sens mais violente. Pour autant, quand il estimait devoir s’exprimer, il ne se taisait pas devant la stupidité ou l’injustice. Très en avance sur son temps, le Buddha avait su reconnaître que les différences biologiques entre êtres humains étaient pratiquement nulles. Ainsi, lorsque le jeune brahmane Vâsettha, qui estimait, à l’encontre d’un autre membre de sa caste moins ouvert que lui, que le vrai brahmane devait se reconnaître à la valeur de ses actes et non à sa naissance, avait pris le Buddha à témoin, celui-ci lui avait alors donné raison, en ces termes : “À la différence de la plupart des plantes et des autres animaux, les variations biologiques au sein de l’espèce humaine sont si minimes que l’on peut les considérer comme largement conventionnelles.” - Vâsettha Sutta (“Sermon pour Vâsettha”), in Majjhima-Nikâya 98, et in Sutta-Nipâta III, 9, Khuddaka-Nikâya.

De la légitimité des organisations sociales

Le Buddha se donnait beaucoup de peine pour convaincre ses interlocuteurs du caractère erroné de leurs vues sociales et raciales (les unes et les autres étant intimement liées dans la société de son temps). Nombreux sont les enseignements du Buddha en ce sens, et les débats engagés par lui à ce sujet. Mais toujours, le Buddha était animé du désir de convaincre, et non de vaincre.

Ainsi, le jeune Assallâyana, issu de la plus haute caste et bien éduqué, particulièrement doué dans l’expression verbale, avait été envoyé par ses pairs brahmanes pour confronter le Buddha dans les idées subversives de celui-ci en matière de castes. Selon eux, il était impensable que chacun puisse, par ses propres efforts, accéder à la pureté simplement par la pratique de la vertu, car le destin de chacun était prédéterminé par ses origines. Lors du débat, le Buddha lui démontra la relativité historique et le caractère changeant des organisations sociales chez les êtres humains, évoquant entre autres les pratiques différentes dans l’État (déjà quelque peu hellénisant) de Bactriane (dans l’actuel Afghanistan). Il démontra également à Assallâyana qu’en définitive tous les argument de celui-ci étaient des arguments d’autorité, et que par ailleurs les sources d’autorité en question avaient une légitimité douteuse. Le Buddha ayant ainsi démontré le caractère invalide et non fiable de la légitimité d’autorité par filiation, Assallâyana s’était rabattu sur les textes sacrés (les Veda mantra) ; mais le Buddha avait alors tout aussi aisément démontré le caractère non fiable de leur légitimité.

À bout d’arguments, Assallâyana s’était raccroché à des notions de “droit naturel”, en l’occurence la pureté naturelle des brahmanes... et ce à la grande satisfaction du Buddha, puisqu’il lui était dans ces conditions aisé de contre-argumenter que la pureté se définissait par un état d’esprit et des actes réels, et que donc elle était accessible à chacun, en dehors de toute contrainte de caste ! Assallâyana, subjugué, décida alors de joindre la communauté du Buddha, une communauté où toutes les barrières sociales avaient été abolies - Assallâyana Sutta (“Sermon à Assallâyana”), Majjhima-Nikâya 93, Sutta-Pi aka.

Les bhikkhunî, premières moniales de l’histoire

Incontestablement, on peut très bien considérer le Buddha comme étant historiquement le premier grand maître en matière de justice sociale, ou de ce qui, depuis la Révolution Française, est désigné sous le vocable général de “droits de l’homme”. En effet, et comme on l’a vu, non seulement il s’est attaqué aux préjugés sociaux et raciaux de castes, mais il a également permis la création du premier ordre connu de moniales. Certaines de celles-ci enseignaient aux hommes, et le Buddha ne cachait pas sa haute appréciation de leur intelligence. Situation pour le moins extraordinaire quand on se replace dans le contexte culturel et social, très fortement patriarcal, de son époque ! Mais comme on l’a dit, l’homme Gautama lui-même, fondateur de la première religion universelle, était extraordinaire.

Les droits découlent des devoirs

De fait, le Buddha allait bien au-delà de la simple notion de “droits de l’homme”, et ce sur deux plans. Premièrement, dans le contexte dharmique et toujours dans le respect de la Voie Médiane (Majjhimâ-Pati’padâ), il prônait aussi bien les devoirs que les droits, en un binôme indissociable, les uns ne pouvant pas aller sans les autres. De fait, on constate, à la lecture des enseignements du Buddha, que dans le Dhamma les devoirs priment sur les droits, non pas que ces derniers aient moins d’importance intrinsèque que les premiers, mais simplement parce que les droits découlent du respect et de l’accomplissement des devoirs. Près de deux millénaires et demi plus tard, la philosophe chrétienne Simone Weil [Paris 1909 - Londres 1943] exprimera-t-elle à son tour, en langage moderne, cette évidence, dans les premières pages de son ultime ouvrage (“L’Enracinement - prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain”).

Conséquemment, si les droits sont fruits des devoirs et leur déni revient à cultiver des arbres stériles, évidemment il ne peut y avoir fruits sans arbres. Aussi, la société actuelle, consumériste et irresponsable, n’aurait-elle pas trouvé grâce aux yeux de l’Éveillé, comme la lecture de ses enseignements le prouve sans détour. Partant, si le Buddha s’était retrouvé à l’œuvre dans une société aussi narcissique et hédoniste que celle qui est la nôtre actuellement, il aurait sûrement été considéré comme un dangereux subversif par les tenants de l’idéologie dominante, mais probablement pour des raisons opposées à celles de son propre temps ! Mais ceci est une autre histoire...

L’espèce humaine n’a pas l’exclusivité des droits

Deuxièmement, s’il est certain que le Buddha aurait fermement approuvé certains aspects concrets du combat pour les “droits de l’homme” commencé au Siècle des Lumières, il est tout aussi certain qu’il aurait trouvé celui-ci fort incomplet, de par l’escamotage, comme nous l’avons vu, du premier pan du binôme droits/devoirs, celui des devoirs, mais aussi de par la restriction de ces “droits” aux seuls êtres humains. Car pour l’Éveillé, tous les êtres vivants avaient des “droits”. Et sans nul doute, de la même façon qu’il combattait les sacrifices d’animaux et les souffrances qui étaient infligés à ceux-ci, que ce soit à titre religieux ou alimentaire (cf. l’Aggi Sutta, Anguttara-Nikâya, et le Jîvaka Sutta, Majjhima-Nikâya 55), aurait-il certainement condamné l’attitude insensible, avide et irresponsable des sociétés humaines actuelles à l’égard de la nature. Il aurait trouvé abjects les élevages industriels et les usines à viande, au sein desquels chaque année des dizaines de milliards d’animaux connaissent une vie de cauchemar, pour en fin de compte subir une mort indigne - et il aurait été horrifié de voir de combien d’autres façons encore les animaux sont maltraités actuellement ! Le Buddha aurait aussi trouvé affreux que chaque jour, par sa surextension planétaire et sa surconsommation des ressources naturelles, l’être humain soit la cause de la disparition irréversible de dizaines d’espèces vivantes. Mais ceci également est une autre histoire...

2000

Docteur en Sciences chargé d’enseignement de phylogénétique aux Universités de Genève et Lausanne
Buddhâyatana
PO box 281, American River, Kangaroo Island, South Australia 5221






Buddhaline

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