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Djamgoeun Kongtrul

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La retraite de trois ans et trois quinzaines

Par Djamgoeun Kongtrul

Le Manuel de Retraite

Introduction de Djamgoeun Kongtrul

Au cours de vos vies passées vous avez accumulé beaucoup de mérite et vous avez su diriger vos actions avec une aspiration pure. Par la force de celle-ci, vous avez obtenu quelque chose de plus précieux encore que le joyau qui exauce tous les souhaits : votre vie actuelle, libre et bien pourvue - la meilleure vie qui soit. Vous avez pu rencontrer le coeur intime de l’enseignement du Bouddha, le Vajrayana du Mantra Secret. Vous pouvez vous en remettre au guide spirituel de votre choix, au détenteur de la lignée pleinement qualifié. Toutes les conditions favorables à la pratique des instructions pour le développement spirituel sont réunies (dans votre vie) et vous avez la possibilité de vous adonner au coeur de cette pratique. (Cette bonne fortune) peut vous sembler incroyable - comme un mendiant qui rêverait de trouver un joyau qui exauce tous les souhaits - et pourtant il en est bien ainsi : vous l’avez entre vos mains !

Ceci dit, dans votre for intérieur, vous avez peut-être simplement envie de devenir un lama, et vous vous contenteriez de pouvoir rester trois ans et trois quinzaines dans le centre de retraite. Mais sans une aspiration et une conduite parfaitement pures, et sans une pratique méditative adéquate, (vous ne ferez que) tromper la bonté des bienfaiteurs qui subviennent à vos besoins et le pratiquant (que vous êtes) n’aura pas su donner son sens véritable à sa vie. C’est pourquoi vous devez impérativement préparer une fondation sans faille (pour votre pratique).

Tous ceux qui demeurent en retraite ici doivent avoir comme base la confiance en les trois disciplines, et avoir étudié et réfléchi un peu sur les soutras et les tantras du Bouddha au cours d’une retraite des pluies. Plus particulièrement, devraient être admis en retraite ceux dont l’aspiration principale dans la pratique est (d’assurer les circonstances favorables) pour les vies futures et l’accomplissement de l’activité d’éveil libératrice. Un manque d’intérêt ou de discernement à ce propos ne pourra aboutir qu’au gaspillage du soutien matériel (venant des bienfaiteurs). Avant d’entrer en retraite, il convient donc d’avoir mûrement réfléchi.

Pour s’engager dans la retraite, il faut d’abord une bonne fondation : votre intention irréversible (de méditer avec enthousiasme). Ensuite, pendant votre retraite, vous devez réjouir autrui par votre mise en pratique de la vue, la méditation et la conduite de la pratique bouddhique. Enfin, vous devez faire en sorte que le résultat de votre pratique ne se perde pas. Voilà l’objet principal des règles de discipline (que nous allons décrire).

La Vie en retraite

La description de l’entraînement à la méditation en retraite comprend cinq parties :

1. Les pratiques méditatives spécifiques entreprises pendant les trois années et trois quinzaines,

2. Les quatre sessions de méditation quotidiennes,

3. Les rituels supplémentaires à pratiquer tous les mois ou tous les ans*,

4. Les méditations et récitations propres au lama du temple des protecteurs,

5. La description générale des règles de discipline et de conduite.


La durée de la retraite

L’année avant sa mort, le Bouddha Shakyamouni enseigna Le Kalachakra Tantra, Tantra de la Roue du Temps, réputé pour représenter l’essence de ses instructions. Dans ce tantra, le Bouddha décrit le rapport entre l’univers, le temps et le corps. Cet enseignement explique pourquoi la durée optimale d’une retraite de méditation est de trois ans et trois quinzaines.

En résumé, après la naissance, notre rapport le plus fondamental avec le monde extérieur passe par le souffle. Nous respirons : nous vivons. De plus, selon Le Kalachakra Tantra, notre respiration est naturellement liée à l’univers et au temps. Dans L’Encyclopédie du Bouddhisme, Djamgoeun Kongtrul affirme :

« Au niveau extérieur, il y a 21.600 "tchou tseu"* dans une année lunaire (360 jours) ; au niveau intérieur, nous respirons le même nombre de fois chaque jour. » (Volume 2, p. 639)

L’air que nous respirons entre dans notre corps et soutient la force vitale que nous partageons avec tous les êtres, appelé énergie karmique. D’après le point de vue tantrique, une petite partie du souffle soutient également notre potentiel spirituel, appelé énergie de sagesse. Djamgoeun Kongtrul explique :

« Un trente-deuxième de chaque respiration est énergie de sagesse... sa nature est l’esprit d’éveil indestructible. » (ibid., pp. 639-40.

Ce trente-deuxième d’une respiration qui soutient notre potentiel spirituel est, par définition, sans grande importance dans la vie de chaque jour. Son influence est limitée lorsque c’est "la vie mondaine", ou énergie karmique, qui prime, ce qui est généralement le cas. Le temps passé en retraite de méditation réduit considérablement la puissance de l’énergie karmique. Idéalement, le travail, les motivations, les émotions, les habitudes et styles de vie qui nous dominent dans le monde sont laissés au dehors de la retraite pour que puisse se développer librement l’énergie de sagesse - l’expérience de la quiétude, la béatitude et la clarté naturelles et spacieuses de l’esprit. Ainsi, à chaque respiration, la part qui soutient l’énergie karmique s’amenuise au profit de l’énergie de sagesse. L’aboutissement de ce processus est l’éveil, la transformation totale d’énergie karmique en énergie de sagesse.

D’après le Bouddhisme tantrique, l’espérance de vie d’un être humain à notre époque est de cent ans. C’est-à-dire que notre corps peut en principe subsister tout ce temps. Les trente-deuxièmes de chaque respiration qui sont énergie de sagesse, accumulés durant une telle période, équivalent aux respirations prises pendant trois ans et trois quinzaines de jours. On dit que c’est le temps minimum requis pour transformer entièrement l’énergie karmique en énergie de sagesse, pour atteindre le parfait éveil. Le symbole de cet état est l’aspect du Bouddha appelé Dordjé Tchang (Sct. Vajradhara), ou Détenteur du Vajra. Comme le dit Djamgoeun Kongtrul :

« Toute l’énergie de sagesse qui circule (avec le souffle) pendant cent ans équivaut à trois ans et trois quinzaines. Lorsque toute l’énergie karmique est transformée en énergie de sagesse, on atteint l’éveil. Voilà pourquoi l’on dit que l’état de bouddha Dordjé Tchang est atteint (grâce à la pratique de la méditation pendant une période de) trois ans et trois quinzaines. » (ibid. Vol. 2, p. 640)

Les retraites telles que celle décrite dans ce manuel sont souvent appelées en Occident "retraites de trois ans et trois mois". Si on n’emploie pas le mot "quinzaine", c’est peut être parce qu’il est peu usité dans la langue moderne, ou bien parce que la traduction n’est pas tout à fait juste. Le mot tibétain pour "quinzaine" veut dire précisément une demi lunaison - de la pleine lune à la nouvelle ou vice versa.

* C’est l’unité horaire au Tibet. Une journée contient 60 tchou tseu.

L’évolution du centre de retraite de Djamgoeun Kongtrul

Kalou Rinpotché a relaté la version suivante de l’élan initial qui a poussé Djamgoeun Kongtrul à fonder un centre de méditation, traduite ici par Lama Droubgyu Tenzin du Canada :

« Une fois, Djamgoeun Kongtrul le Grand, qui était déjà un lama important au monastère de Pelpoung, avait entrepris une retraite absolument fermée. Au cours de cette retraite, il apprit que le détenteur principal de la lignée Changpa, Lama Norbou Shenpen Euzer, allait visiter Pelpoung. Djamgoeun Kongtrul avait déjà une bonne connaissance de la tradition Changpa et éprouva un respect profond envers ces enseignements. Il avait aussi entendu dire que Lama Norbou était un individu extraordinaire. Il sentait que recevoir la transmission directement du véritable détenteur de la lignée était une occasion si prodigieusement rare, qu’il décida de rompre sa retraite afin de rencontrer cet homme.

Ayant appris l’arrivée de Lama Norbou, Djamgoeun Kongtrul sortit de sa retraite et chemina jusqu’aux appartements du visiteur afin de lui rendre hommage et de solliciter cette transmission. Djamgoeun Kongtrul pénétra dans la chambre de Lama Norbou, mais personne ne lui prêta la moindre attention. Il avait beau être un des lamas principaux du monastère, c’était comme s’il n’existait pas ! Djamgoeun Kongtrul fut accablé de constater que personne ne semblait remarquer sa présence, du début à la fin de sa visite.

Fortement ébranlé par cet événement, Djamgoeun Kongtrul retourna chez lui - il réfléchissait sur son infortune, se demandant quelles mauvaises actions il avait dû commettre dans le passé pour avoir brisé ainsi son lien avec la tradition Changpa et le détenteur de la lignée. A aucun moment n’a-t-il critiqué Lama Norbou dans ses pensées ; au contraire, il cherchait encore et encore ses propres défauts. Il en était tellement troublé qu’il passa une nuit blanche à revoir tous ses points faibles, à se confesser, se purifier et réciter le mantra de Dordjé Sempa.

Au point du jour, Djamgoeun Kongtrul eut une idée.

Peut-être qu’en proposant d’établir un centre de retraite entièrement voué à la transmission des enseignements de la lignée Changpa, il arriverait à expier ses fautes, et à établir une connexion personnelle fructueuse avec ces enseignements ! Plus il y pensait, plus il était convaincu que son idée était opportune.

En début de matinée, donc, Djamgoeun Kongtrul retourna vers les appartements de Lama Norbou, absorbé par ce projet. Il pénétra dans la pièce, mais avant qu’il n’ait pu dire un mot, Lama Norbou s’adressa à lui, disant : « Quelle excellente idée ! Là, je n’ai pas le temps de te donner toutes les transmissions, mais il faut mettre le projet en route. Je reviendrai dès que possible te conférer la transmission complète du cycle d’enseignements Changpa. »

Bien que cette histoire ne figure pas dans l’Autobiographie de Djamgoeun Kongtrul, il dit avoir rencontré ce maître la première fois en 1840, à l’âge de vingt-sept ans. A cette occasion peu d’instructions lui furent données. Il reçut la transmission complète de la lignée d’instruction Changpa Kagyu de Lama Norbou en 1843.

Yogi Ling
11 rue Proudhon 03100 Montluçon


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