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La pratique laïque

On devient pratiquant laïc, après avoir pris les trois Refuges, utilisés en tant que points d’ancrage, de référence, témoignage de l’engagement dans la Voie bouddhique

Par Michel Henri Dufour

La vie monastique n’est pas la seule voie offerte à celui qui désire s’engager dans la pratique bouddhique. Dans certains milieux il court l’étrange idée que le bouddhisme, en particulier l’école Theravaada, existe uniquement pour les moines. Rien ne peut être plus éloigné de la vérité. Il y a en réalité quelque chose à accomplir pour tout le monde, moine ou laïc. S’il est exact que de nombreux sermons du Bouddha soient adressés aux moines cela n’en interdit pas l’usage aux laïcs et la part d’enseignement bouddhique que chacun applique à sa vie, bien que dépendant dans une certaine mesure de l’environnement (métier, famille, etc. ) dans le cas du laïc, dépend plus largement de sa propre détermination et énergie. Le moine se trouve dans un ensemble de conditions plus propices à l’application de l’Enseignement du Bouddha puisqu’il est censé avoir moins de distractions que le laïc. Mais même parmi les moines l’habileté et l’intérêt varient naturellement, tout particulièrement lorsqu’ils sont aussi nombreux qu’en Thaïlande.

On devient pratiquant laïc (upasaaka et upaasikaa) littéralement “celui (celle) qui s’assoit auprès de (l’enseignant)”, après avoir pris les trois Refuges, utilisés en tant que points d’ancrage, de référence, témoignage de l’engagement dans la Voie bouddhique.

Cet engagement implique de prendre comme guides de la pratique : le Bouddha (en tant que représentation de la possibilité d’Éveil), le Dhamma (en tant que représentation de la Vérité ultime, accessible à chacun par ses propres efforts), la Sa“ngha (en tant que représentation de la conduite parfaite) ; de ne pas accepter aveuglément les enseignements du Bouddha mais les vérifier à la lumière de l’expérience personnelle par l’analyse et la contemplation de la réalité quotidienne, et de s’engager à vivre selon les principes éthiques fondamentaux (siila) conditions nécessaires à une pratique équilibrée.

Les trois Refuges (tisara.na)

Les Refuges représentent les points d’ancrage, de référence de tout bouddhiste. Ce sont des lieux sûrs dans un monde d’insécurité, des endroits élevés d’où l’on voit tout dans un monde qui rampe au ras du sol.

1. buddha“m sarana“m gacchaami (Je prends refuge dans l’Éveil suprême).

2. dhamma“m sarana“m gacchaami (Je prends refuge dans l’Ordre des choses).

3. sa“ngha“m sarana“m gacchaami (Je prends refuge dans la compagnie du Bien et du Beau).

dutiyampi buddha“m ... (Une deuxième fois ...)

dutiyampi dhamma“m ... (Une deuxième fois ...)

dutiyampi sa“ngha“m ... (Une deuxième fois ...)

tatiyampi buddha“m ... (Une troisième fois ... )

tatiyampi dhamma“m ... (Une troisième fois ... )

tatiyampi sa“ngha“m ... (Une troisième fois ...)

Les préceptes

Ce sont des règles de conduite de base recommandées par le Bouddha à ses disciples. Ces Préceptes concernent les actions volontaires et consciemment acceptées et non celles qui se produisent par inadvertance.

Ce ne sont pas des interdits édictés par une autorité quelconque, humaine ou divine, mais des règles de conduite observées parce que l’on possède un minimum de sagesse, de “conception correcte” en général. Ils comprennent les cinq Préceptes (pañca siila), observés quotidiennement, les huit Préceptes (a.t.tha“nga siila) observés par les laïcs en des occasions particulières, les “jours d’abstinence” (uposatha) par exemple, ainsi que par les “sans-foyer” (anagaarika), et les dix Préceptes (dasa siila), observés par les novices (saama.nera) et les nonnes (dasa siila mata).

Les cinq Préceptes de base :

1. paanaatipaataa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (Je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de léser toute vie).

2. adinnaadaanaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (Je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de m’approprier ce qui n’a pas été offert).

3. kaamesu micchaacaaraa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (Je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir d’excès dans les plaisirs des sens).

4. musaavaadaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (Je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de paroles fausses ou inconsidérées).

5. suraa meraya majja pamadaa.t.thaanaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (Je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de toute substance troublant la vigilance et la claire conscience).

Les trois piliers de la pratique

La totalité des enseignements du Bouddha peuvent se classer selon ces trois subdivisions : don, conduite éthique, développement mental (daana, siila, bhaavanaa). Bien que souvent considérés comme trois niveaux successifs de pratique ce sont en fait des éléments interdépendants constituant les soutiens permanents de toute discipline bouddhique équilibrée. D’une certaine manière, plus didactique, il est vrai que le don et la conduite éthique font office de prérequis au développement mental (en tant que conduite prescrite, pakati siila) ; ce sont également les fruits d’une culture de l’esprit bien dirigée (en tant que conduite naturelle, issue de la sagesse, paññatti siila).

daana

La générosité, le don, exemplifient le tout premier aspect de la pratique bouddhique, celui qui est immédiatement perceptible dans les pays largement influencés par l’Enseignement du Bouddha. Ce terme est souvent employé pour désigner une offrande, spécialement de nourriture, à la Communauté monastique. Il en existe deux sortes :

1. aamisadaana, offrande matérielle

2. dhammadaana, offrande de l’Enseignement (considéré comme le plus grand de tous les dons dans le bouddhisme).

Dans l’Enseignement du Bouddha le don n’est pas une simple pratique extérieure, en soi vaine, mais une attitude intérieure (avant tout volition) destinée à briser la tendance naturelle à l’appropriation.

siila

Préceptes d’éthique, code de conduite vertueuse. Ce qui met des limites aux exubérances, aux débordements de l’ego.

Pour les laïcs les Préceptes sont classifiés en :

pañca siila. Les cinq Préceptes, observance de base de tout bouddhiste laïc. Ils appartiennent à la vie de famille ordinaire et témoignent, avec les trois Refuges, de l’engagement dans la Voie bouddhique .

a.t.tha“nga siila. Les huit Préceptes observés par les bouddhistes laïcs en des occasions particulières et par les anagaarika.

Ils impliquent un renoncement plus important que les cinq Préceptes de base. Dans ces derniers le numéro 3 devient abrahmacariyaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de toute activité sexuelle), puis on ajoute :

6. vikaalabhojanaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de manger après le passage du soleil au zénith)

7. naccagiita vaadita visuukadassanaa maalaagandha vilepana dhaara.na ma.n.dana vibhuusana.t.thaanaa verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de danser et de chanter, d’écouter ou de jouer de la musique, d’aller au spectacle, de mettre des parfums ou des ornements),

8. uccaasayana mahaasayana verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de trop dormir (littéralement : “de couches hautes et imposantes”, trop confortables ou luxueuses).

dasa siila. Les dix Préceptes – fondements de la vie de renoncement, plus élaborée dans le Vinaya – observés par les novices (saama.nera) et les nonnes (dasa siila mata). À partir des huit Préceptes, la règle 7 se scinde en deux (7 et 8), la 8 devient la 9 et on ajoute :

10. jaata ruupa rajata verama.nii sikkhaapada“m samaadiyaami (je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir d’accepter de l’argent).

Dans un sens plus large le terme siila inclut toutes les actions corporelles ou verbales, qualifiées de positives ou négatives, suscitant plus ou moins de perturbations dans l’esprit.

En ce qui concerne les moines les règles de conduite sont bien entendu plus élaborées et s’appliquent à tous les aspects de la vie quotidienne jusque dans les moindres détails. L’esprit de ces règles ne diffère néanmoins pas de celui des préceptes liant tout bouddhiste laïc.

bhaavanaa

Ce terme désigne d’abord l’action de faire naître, faire apparaître ce qui caché, non révélé. Il ne s’agit donc pas de construire à partir du néant mais simplement de permettre à des qualités mentales existant potentiellement dans l’esprit de se manifester.

On le traduit généralement par développement ou culture (de l’esprit). Il est utilisé de façon spécifique (par exemple mettaa bhaavanaa, le développement de la bienveillance), ou plus généralement comme signifiant la pratique, la discipline que la vie spirituelle implique. Le terme “méditation” bien que largement usité, demeure insatisfaisant, pour désigner le processus bouddhique de développement mental, de maturation dynamique de la connaissance transcendante en son propre esprit.

Le Visuddhi Magga, le “Sentier de la Purification” (ouvrage de Buddhaghosa, moine cinghalais du Ve siècle), répertorie les “techniques” classiques de méditation, kamma.t.thaana, au nombre de quarante :

– les dix “artifices” (kasi.na) : terre, eau, feu, air, bleu, jaune, rouge, blanc, espace, conscience. Ils permettent l’acquisition de la stabilité de l’esprit (samaadhi).

– les dix considérations sur la non permanence du corps, sur le non attirant (asubha) : par la contemplation des divers états d’un cadavre cet exercice (peu praticable de nos jours !) combat les désirs sensuels.

– les dix remémorations (anussati) : des qualités du Bouddha, des qualités du Dhamma, des qualités de la Sa“ngha, de la conduite éthique (en soi-même), du don (en soi-même), des déités (en référence à sa propre vertu), de la mort, du corps (en ses trente-deux constituants), de la respiration, du calme (en tant qu’attribut du nibbaana).

– les quatre demeures sublimes (brahmavihaara) : amour bienveillant (mettaa), compassion (karunaa), sympathie pour la joie des autres (muditaa), équanimité (upekkhaa).

– les quatre sphères immatérielles ou “demeures sans forme” (aruupaayatana) : l’espace illimité, la conscience illimitée, la sphère où rien n’est, la sphère où il n’est ni perception ni non-perception.

– l’appréhension du caractère non attirant, non permanent de la nourriture (aahaarepatikkuulasaññaa)

– l’analyse des quatre Éléments (catudhaatuvava.t.thaana) : terre, eau, feu, air. Leur conjugaison constituant le corps, cette méditation permet de ne plus considérer le corps, et ensuite l’esprit, comme “mien” et “moi”.

Parmi toutes ces techniques, d’importance variable, et dont certaines ne sont à utiliser que dans des circonstances bien spécifiques et pour des types caractérologiques bien particuliers, la prépondérance est accordée à la vigilance portée à la respiration, ou remémoration appliquée au va-et-vient de la respiration (aa.naapaa.nasati). C’est un outil consistant en un premier temps à rassembler l’esprit et apaiser les facteurs mentaux en portant l’attention sur l’inspiration et/ou l’expiration, ou sur la respiration en général.

Cet outil fait partie des bases de l’établissement de l’attention (satipa.t.thaana), comprenant :

1. l’observation du corps (kaayaanupassanaa)

2. l’observation des sensations (vedanaanupassanaa)

3. l’observation de l’esprit (cittaanupassanaa)

4. l’observation des objets mentaux, des phénomènes (dhammaanupassanaa).

Satipa.t.thaana tient une place de toute première importance dans la pratique. Le Satipa.t.thaana Sutta déclare en effet :

« Il n’y a qu’un seul sentier, ô bhikkhus, conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à la destruction des souffrances physiques et morales, à l’acquisition de la conduite droite, à la réalisation du nibbaana, ce sont les quatre sortes d’établissements de l’attention. ».

Les fruits de la pratique de satipa.t.thaana sont deux qualités fondamentales de l’esprit : samatha (calme mental) et vipassanaa (vision intérieure non obstruée de la nature réelle de tous les phénomènes), qualités pouvant conduire à l’obtention de niveaux affinés de purification mentale ou jhaana.

Les jhaana représentent des états de conscience raffinés susceptibles d’être expérimentés comme l’un des résultats de la méditation profonde. Ce sont des stades avancés d’unification mentale, samaadhi, dans lesquels l’esprit devient absorbé dans le sujet de méditation.

Jhaana ne peut cependant pas être rendu vaguement par “méditation” ; c’est un terme technique désignant une expérience religieuse (non nécessairement liée à l’Enseignement du Bouddha) atteinte à un certain niveau d’états mentaux. Ces états sont de caractère purement mondain, par conséquent non indispensables à la libération de la souffrance.

Ils font référence à l’“absorption de la sphère matérielle subtile” (ruupajjhaana), et sont divisés en quatre niveaux, chacun progressivement plus raffiné que le précédent :

1. premier niveau d’absorption (pathama jhaana), caractérisé par : la considération et l’examen approfondi (vitakka vicaara), la joie (piiti), le bien-être (sukha), et l’unification mentale (samaadhi.

2. second niveau d’absorption (dutiya jhaana), caractérisé par : la joie (piiti), le bien-être (sukha), et l’équilibre mental (samaadhi).

3. troisième niveau d’absorption (tatiya jhaana), caractérisé par : le bien-être (sukha) et l’unification de l’esprit (samaadhi).

4. quatrième niveau d’absorption (catuttha jhaana), caractérisé par l’équanimité (upekkhaa).

Le terme jhaana peut inclure également l’“absorption de la sphère immatérielle” (aruupa jhaana) qui est une absorption méditative, de caractère impersonnel, dans un “objet” sans forme matérielle .

Les pratiques complémentaires

Les “quatre illimités” (brahmavihaara) constituent un complément indispensable pour une pratique équilibrée et évitent au pratiquant de sombrer dans une attitude égocentrique de "profit" spirituel. Dans un souci de cohérence entre la recherche de la sagesse et la pratique de la compassion, et d’harmonie entre développement intellectuel et émotionnel, tout bouddhiste est également invité à cultiver ce que l’on nomme les paaramii ou paaramitaa :

Signifiant littéralement “allé au-delà”, ces qualités ou vertus transcendantes, ou maîtrises, traditionnellement au nombre de dix, sont tout spécialement recommandées par le Bouddha pour ceux qui aspirent à l’Éveil : 1. don (daana), 2. conduite éthique (siila), 3. renoncement (à l’esclavage des plaisirs sensuels) (nekkhamma), 4. connaissance transcendante (paññaa), 5. effort bien orienté, énergie (viriya), 6. patience, endurance (khanti), 7. véracité (sacca), 8. résolution (adhi.t.thaana), 9. bienveillance (mettaa), 10. équanimité (upekkhaa).

Dans les Écritures bouddhiques il est donné d’autres techniques, d’autres classifications. Il est important de noter la nécessité d’un maître éclairé, ou tout au moins d’un compagnon avancé, car il n’est pas sans danger de se lancer seul dans des méthodes choisies au hasard, certaines étant en outre liées à un contexte socioculturel bien particulier.

source : Samsâra

Association Bouddhique Theravâda
c/o Michel Henri Dufour, 22 rue de la Grange Aubel, 71000 SANCÉ -
Tél. : 03 85 20 14 42


http://perso.club-internet.fr/mhd-abt/vivekarama





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