D’après le recueil « En ramassant des feuilles de l’arbre Bodhi » du moine Thich Thanh Tu
QUATRE CONSEILS
À un disciple qui part diriger un temple un maître adresse ces recommandations :
Il ne faut pas goûter le bonheur jusqu’au bout,
sinon le malheur arrivera sûrement.
Il ne faut pas exercer l’autorité jusqu’au bout,
sinon la désobéissance sera inévitable.
Il ne faut pas appliquer les règles jusqu’au bout,
sinon les disciples ne resteront pas.
Il ne faut pas tout expliquer en détail,
sinon les secrets seront divulgués.
NéGLIGER L’HOMME
Il pleut des cordes, un maître demande à son disciple :
— Quel est ce bruit ?
Le disciple répond sans malice :
— C’est la pluie que nous entendons.
Le maître commente :
— Négliger l’homme et suivre l’objet !
LA CHOSE
Rudement battu par des jaloux, un moine refuse de dénoncer les coupables.
Alité, il reçoit la visite du maître :
— On m’a frappé et je supporte mes blessures, tout ceci n’a rien à voir avec la chose.
Le maître l’encourage :
— Ta patience surpasse la mienne.
QU’A-T-IL REALISE ?
Un empereur de la dynastie Song posait toujours la même question aux moines bouddhistes de son temps.
— Le Bouddha quitte le palais, il recherche la Voie puis devient l’Eveillé, qu’a-t-il réalisé ?
Un maître Zen a répondu :
— J’ose prétendre que Votre Majesté a oublié.
LA LOI DU BOUDDHA
Un moine répond à un poète sur la Loi du Bouddha :
— Ne pas commettre le mal, faire le bien.
Le poète n’est pas satisfait :
— Même un enfant de huit ans sait cela.
Le moine rectifie :
— Même un vieillard de quatre-vingts ans n’est pas capable de le mettre en pratique.
Avril 2001